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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 08:23

 

                                           

 

 

 

 

 

Editions : Albin Michel –Terre d’Amérique

Parution : Février 2011

195 pages

19 €

 

 

 

Ce titre « Danses de guerre » révèle  parfaitement l’esprit de son auteur. Sherman Alexie est un écrivain indo-américain dont le style prolixe valse entre  nouvelles, récits et poèmes sur des  sujets réalistes  tels  la maladie, le racisme, l’homosexualité, l’idéologie  politique, les rites religieux … Mais l’humour est  omniprésent. Le recul et la lucidité sont les antidotes des difficultés relationnelles, l’ironie du sort et  les comiques de situation font oublier la gravité de l’événement. L’universitaire, un blanc mortifié par le génocide des Indiens,  est tourné en dérision : son aptitude  à « se prendre pour le nouveau Jésus » amuse  son auditoire.  Le présumé hydrocéphale qui se retrouve à l’hôpital non pas pour ses symptômes angoissants  mais pour l’agonie de  son père alcoolique tandis que sa femme voyage  finit par faire  rire le lecteur. Le meurtrier accusé de racisme est fier de proclamer  publiquement ses origines indiennes pour débouter les médias. L’écrivain impuissant se libère en trompant son voisin, preuve indéniable d’imagination. Les exemples sont aussi nombreux que cocasses. Livre à la fois  drôle et poignant, il est écrit par un artiste  qui préfère les histoires vraies aux grandes idées, le rire au larmoiement.

Brigitte Clavel

 

 

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 10:23

                                   

 

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Septembre 2011

424 pages

23 €

             

Historien passionné par la Gaule antique, C. Goudineau offre un roman à suspens sur la pire époque qu’ait connue l’Empire romain. Il met en scène un dénommé  Charmolaos, professeur en philosophie,  réputé pour sa probité intellectuelle et  chargé par le premier magistrat de Massalia, notre Marseille actuelle,  de  rendre à l’empereur Claude un rapport objectif sur la personnalité de Valérius Asiaticus. En effet ce dernier  pâtit d’une réputation ambiguë: pour certains c’est un ivrogne enrichi, plein de cruauté et  d’ambition, pour d’autres au contraire  le prince des Allobroges au service de l’Empire. Comment  le naïf et loyal Charmolaos va-t-il se sortir d’une mission aussi risquée? Et c’est là où C. Goudineau séduit le lecteur: un mélange de style familier et grandiloquent rend authentique la démarche de Charmolaos qui sait lire autant les signes providentiels que faire référence à ses maîtres de la pensée. Le lecteur découvre en même temps que lui les intrigues insoupçonnées  de la cour impériale, la beauté intarissable des textes d’Eschyle et Platon, et la magnificence de  Vienne sur Rhône aussi riche que  la Rome éternelle …

B.C

 

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 09:05

                                                            

Un panorama de lectures est sensé se concentrer sur l’écriture, mode d’expression le plus usuel. Aujourd’hui la 11ème Biennale de Lyon  occupe quatre  musées et il serait difficile de la passer sous silence, car c’est l’imagination qui fait avancer le monde. Si l’on considère la définition du musée comme établissement public où sont conservées et exposées des collections d’objets qui représentent un intérêt artistique, historique, scientifique ou technique, le visiteur de la Biennale  est en droit de lui trouver  un   intérêt  hautement sociologique, le reflet de son époque. Il part, bon pied bon œil, comme d’innombrables groupes scolaires du primaire à la terminale, pour entendre de la voix de jeunes  guides consciencieux, trop heureux d’avoir du travail et de répéter aveuglément ce dont on leur a bourré le crâne, à savoir que tout est utopie, que ce soit la politique, l’art ou la religion. Mais comme à cette affirmation ils ajoutent que tout homme est créateur et mérite d’être exposé, le visiteur ne perd pas espoir.  Certes  un personnage  de Lynette  Yiadom-Boakie, un portrait de Hannah van Bart, ou les esquisses d’Alberto Giacometti et bien d’autres encore méritent sans discussion leur appartenance à cette exposition. Mais quand le visiteur se trouve face à un amoncellement de cercueils représentant les différents pays d’Afrique, aux mimiques obscènes de Tracey Rose, quand il s’entremêle les pieds  dans une épaisseur de filets jonchés au sol sous prétexte qu’ils représentent les affres de la vie, quand il lui faut poser son regard sur  un  nu en chair et en os harnaché  symbolisant l’esclavage ou le mythe de Sisyphe , ou une forme en résine  sans forme véritable, ou un ensembles de tongs accrochées sur un panneau, quand il se trouve devant le petit monstre hybride de Christian Lhopital déjà trop présent dans les films télévisés pour enfants, et la liste est malheureusement bien plus longue que celle des belles œuvres, il n’hésite pas  à reconnaître qu’il aurait mieux fait de profiter des couleurs automnales offertes par le ciel plutôt que  ces représentations à la mode qu’il  paie avec ses deniers , à l’entrée et  avec  ses impôts. Et il repart amer, attristé par le  reflet  d’une  société psycho-dépressive qui ôte le goût de vivre et conduit au désespoir.

Brigitte Clavel
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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 08:58

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Octobre 2011

346 pages

22 €

 

Le livre ressemble à son auteur, sa pensée à son style, son ironie à son titre incongru. Une tonalité  hautaine, pour celui qui ne sait pas apprécier la singularité de l’être, juxtapose une sensibilité à fleur de peau, réceptive à la beauté de la vie comme aux grandes souffrances de l’existence. Il s’agit d’une poésie en prose quidonne envie de lire à voix haute et même de chanter: « Gens qui vont, gens qui viennent, pensez à tous ceux qui ne savent pas qu’il y a des étoiles au ciel ». Ces nouvelles sont  des histoires simples, mais lourdes de messages, car Le Clézio n’aime pas ceux qui parlent pour ne rien dire. Du début à la fin, résonne le vacarme omniprésent d’une civilisation bruyante ou d’une âme maltraitée. Alors le lecteur court sans cesse, avec Ujine vers l’amour, avec Watson vers l’exil, avec Mari vers l’arbre Yama, avec Laetitia Landon vers l’Océan, avec Andréa vers la prison des filles, avec Viram seul à croire encore au bonheur. Les pieds sont toujours légers et les pas toujours souples quand ils courent vers la vérité. Malheureusement ils finissent dans le métro, chaussés, se pressent, bousculent, avancent en permanence, sans savoir pourquoi. Seules les araignées sont maîtresses du temps, tisseuses du silence. La raison est simple : elles ont huit pattes, mais pas de pied….

Brigitte Clavel

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 10:19

                            

 

 

 

Editions : JC Lattès

Parution : Juin 2011

476 pages

22,50 €

 

 

 « L’enquête prussienne », comme « Critique de la raison criminelle » paru en  2008 sous le même pseudonyme, est plus qu’une excellente  enquête policière. L’histoire, comme l’indique le titre, se passe en Prusse orientale juste après la bataille d’Iéna. Le pays, dans une misère effroyable, est déchiré  et les crimes  se perpétuent. Certains prussiens se préparent à une cruelle vengeance contre l’envahisseur tout en faisant preuve d’un antisémitisme sans pitié, d’autres préfèrent une digne coopération pour adoucir l’après-guerre et reconnaître, comme le préconise la loi napoléonienne, l’égalité des races.Mais des rumeurs accablantes  courent au sujet des rites juifs et les évènements leur donneraient  raison si  deux enquêteurs ne se chargeaient pas d’élucider  avec sérieux un crime innommable, celui de trois enfants retrouvés morts, mutilés.  Le narrateur, Hanno Stiffeniis, magistrat prussien est  chargé de l’enquête, sous l’escorte du criminologue attaché à l’armée française Serge Lavedrine. Tous deux fidèles disciples de Kant ne vont cesser de se battre chacun à leur manière  pour la vérité, Lavedrine  faisant preuve d’un rigorisme sans merci, Stiffeniis ayant recours à une intuition qui n’a d’autre nom que le respect de l’accusé. Les détails parfois bien lugubres et les circonstances  horrifiantes ne découragent pas le lecteur, qui sous la violence,  découvre  la fragilité humaine comme auteur du crime.

Brigitte Clavel

 

 

 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:01


 

 

Editions : JC Lattès

Parution : Septembre 2011

437 pages

19 €

 

 

Delphine de Vigan a envie de « raconter sa mère », Lucile Poirier, qui vient de se suicider. Pour se rapprocher d’elle, elle s’enfonce  dans l’écriture,  qu’elle veut  quête de vérité et hommage filial, étude psychanalytique autant qu’autobiographique. Car les détails réalistes et fantasmatiques s’entrecroisent.  Pour comprendre l’inconsistance de Lucile, il faut tenir compte de sa beauté  aussi grande que sa fragilité psycholo­gique et  remonter le temps de son enfance. Dans cette famille nombreuse, les joies et les chagrins s’alternaient à vive allure grâce à l’amour  rayonnant de   Liane et Georges, parents  de neuf  enfants dont Lucile, et grands-parents maternels  de Delphine de Vigan. Malheureusement il y a le revers de la mé­daille : à l’âge adulte, le mal-être de Lucile, à peine perçu jusque là, éclate au grand jour, ses drames personnels  se multiplient  jusqu’à lui faire perdre la raison.  Alors il faut en trouver la  cause. Les amants successifs, la drogue et l’alcool sont des pis-aller. Mais la toute puissance du pater familias et le rayonnement  d’une mère fantaisiste  ont vite fait d’être dénoncés comme responsables. La fascination que Lucile enfant  ressentait  pour son père se transforme en haine, l’amour filial devient accusateur d’actes innommables. Comme Lucile, le livre perd de sa beauté et Delphine  de Vigan  de sa lucidité. Un style narratif relate avec banalité les allers et retours de Lucile entre l’hôpital psychiatrique et ses crises de folie. Ses investigations lui permettent de  trouver dans sa famille autant de maniaco-dépressifs  incurables que  de témoignages d’incestes sans preuve. Delphine de Vigan veut  justifier sa mère, épouse sa cause jusqu’ à ne faire plus qu’un avec elle, sonde aveuglément les inclinations de chacun et ne veut rien laisser sous silence. Le livre arrive à son paroxysme quand Lucile,  sous prétexte d’avoir trouvé  la paix, choisit posément de se donner la mort. C’est ainsi que le prix Renaudot des Lycéens reflète le pessimisme ambiant d’une jeunesse en bien mauvaise santé, pour qui la famille est devenue une institution bien peu fiable.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 23:42
L’art français de la guerre » par Alexis JENNI

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2011

632 pages

 21 €

Alexis Jenni est né un an après l’accord d’Evian. Son problème est  celui du narrateur anonyme, son alter ego : il ne  comprend pas  la France,  il ne connaît rien à la guerre, il est encore tout « emballé » de son éducation qui protège certes,  « mais vivre emballé n’est pas une vie ». Alors, en tant que professeur, Alexis Jenni veut  transmettre aux générations à venir « des trucs qu’on n’apprend pas aux écoles ». Les soldats qui partent à la guerre  ont-ils  un coeur ? Un autre moyen que « la  force de l’ordre » n’existerait-il pas pour établir la paix ?  Comment rester aveugle devant tant de morts anonymes ? A quoi sert de « s ‘entraîner à tirer juste », quand la réalité est toute de hasard, d’incompréhension  et d’éternel recommencement? Car les bonnes volontés sont nombreuses, mais bien vaines.  A de telles questions, lourdes d’angoisse  et de mauvaise conscience, le vieux Savagnon répond avec la lucidité d’un homme d’expérience. Il a fait trois guerres, celles de  40, d’Indochine et d’Algérie, mais il les a faites  en innocent.  Ses talents en peinture lui permettaient de « recoudre » au fur et à mesure ce que le monde déchirait, à la différence des autres, déchirés  à jamais. Et leur liste est infinie. Et c’est là que « L’art français de la guerre »fait mal. Il ressasse les crimes du XXème siècle dans "le  labyrinthe" infernal de l’écriture, il amalgame les guerres coloniales passées et celles actuelles des  banlieues, il offre un tableau de personnages tous aussi diversifiés les uns que les autres mais tous impliqués dans une spirale d’incompréhension mutuelle et de cruauté, dont l’origine, selon l’auteur, est « la pourriture coloniale », le refus de la différence  culturelle et religieuse, le partage inéquitable des richesses. Si la vraie raison de la littérature est d’attribuer à la vie le tragique de la guerre, de présenter l’amour charnel comme seul délice et la peinture noire comme seule lumière, pas étonnant que A.Jenni ait remporté le prix Goncourt: son style magnifique, lent et rythmé, reste le triste écho des idées qui ont le vent en poupe. Mais heureusement, au travers de son souci viscéral de paix, subsiste une  flamme d'espérance.

Brigitte Clavel

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 10:09

 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Novembre 2011

262 pages

18 €

Catherine Ecole-Boivin recèle toute la sensibilité d’une romancière moderne  pour qui la culture mythologique est source d’inspiration. Peut-être est-ce notre monde civilisé, plein de confort et d’idéologies,  qui  l’incite à se plonger  au cœur de  la vie rude de sa Normandie natale du siècle dernier où déjà  cléricalisme et patriotisme étaient, selon elle, bien décevants. Historienne de formation, elle se concentre, dans ce dernier roman, sur des pauvres êtres,  « les bergers blancs », anciens navigateurs devenus bergers errants. Ceux-ci font peur avec leur physique d’albinos détrempés, aux pieds nus et à la longue chevelure blanche. Mais Léo, leur chef, par ses dons de guérisseur, son détachement des richesses et son sens de responsabilité pour les plus démunis, force le respect. Tout en envoûtant le lecteur par le charme  des couleurs pâles de ce pays où se confondent ciel et mer, Catherine Ecole-Boivin rappelle que  les bienfaits de la civilisation  n’apportent pas toujours  le bonheur.

Brigitte Clavel 

 

 

 

 

 

 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 20:22

 

 

Editions : P.O.L

Parution : Août 2011

489 pages

20€

 

Biographie romancée, ancrée dans  la Russie poststalinienne, « Limonov »révèle deux hommes : le héros et l’auteur du livre, et si l ‘amalgame des deux est le gage de la réussite, ce livre en est une. Tous deux de la même génération, ils ont la même conviction: un pays au Parti unique engendre non seulement « la pauvreté, la crasse » mais « cette méfiance butée, cette bassesse, cette trouille mauvaise répandues sur les visages ». Carrère a hérité de sa mère l’esprit  d’analyse, mais il n’en possède pas moins  une âme tourmentée. Comme Limonov, il a du mal à oublier un grand–père maternel destitué par le KGB ou un amour éconduit. Son admiration est alors indéniable pour cet anarchiste  qui ne manque pas d' énergie et d'arrivisme. Grâce au succès d’un roman pornographique, Limonov sort de son milieu défavorisé, devient « roi de la bohême moscovite » à New-York. Mais bien vite il se lasse  des Trotskistes américains qu’il traite de « mollusques » et s’engage comme soldat au côté des Serbes lors des guerres de Yougoslavie. Les voix de Carrère et Limonov ne font plus qu’une : «  La guerre est sale, c’est vrai ….Mais le neutre est un pleutre….. ». Jusqu’au jour où Limonov découvre dans les Balkans la grandeur morale  des minorités.  Il fonde alors le parti national-bolchevik, galvanise la jeunesse, et se retrouve prisonnier politique. Mais  son altruisme et ses talents d’écrivain effacent sa réputation de terroriste. Fiction ou réalité, peu importe : Carrère lui apporte la postérité dont il rêvait et fait en même temps la sienne.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 19:04

               

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Juin 2011

267 pages

17,90 €

L’auteur de ce journal intime est un globe-trotteur reconnu. Parisien amoureux des grands espaces naturels, Sylvain Tesson décide de se retirer pendant six mois au bord du lac Baïkal dans une cabane totalement isolée. Il ne  souffre point du syndrome de la tour d’ivoire, mais  veut réconcilier la civilisation et la nature,  le ciel et la terre. Le fil de ses pensées est semblable aux veinures de la glace et sa sensibilité poétique  aussi profonde  que les tempêtes de Sibérie. Qu’il marche dans la taïga ou se réchauffe à la vodka et à la lecture, Sylvain Tesson, stimulé par l’instinct de survie, fait preuve de courage et de lucidité. Loin du monde civilisé, il le comprend mieux, mais ne le regrette pas. Seule la grandeur des éléments naturels et la petitesse de gestes rituels du quotidien lui apportent la paix. Si la vie paraît terne, il suffit de la colorer en changeant d’horizon. Eloge du temps maîtrisé et du silence, encouragement aux bonheurs simples, ce livre a tous les atouts pour faire aimer l’existence aux « grands enfants déçus de la société de consommation », qui, selon lui, ignorent les souffrances de «la société de la  pénurie »…

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

 

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