Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 07:30

 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2012

535 pages

22,90 € 

 

 

 

 Comme dans son précédent  roman, l’auteur semble  hanté par  les drames personnels qui lui font dire que « nos vies ne nous appartiennent pas ». Et si Joseph Kaplan, son protagoniste, parvenait, lui, malgré les horreurs de la guerre en Europe  et la misère des bleds perdus de l’Afrique du Nord, à être maître de son destin ? Descendant d’une lignée de médecins juifs de Prague, ce jeune utopiste rêve de socialisme. Passionné  de  tango et de femmes, il finit par s’assagir et se  lance dans  des études brillantes de médecine qui l’amènent à Paris avant de se rendre  en Algérie,  tandis qu’Hitler envahit la France. J-M Guénassia y dresse alors un  tableau  d’  Alger digne de Camus. Mais Kaplan est rattrapé par l’antisémitisme nazi, s’enfuit au fin fond de l’Algérie, où ses talents utiles  de médecin et chercheur en pathologie infectieuse le consolent d’être vivant, tandis que le Débarquement en Normandie ne compte plus ses  morts.  Avec la Libération, c’est le retour en Tchécoslovaquie, les retrouvailles avec le communisme,  les désillusions politiques et les déchirements personnels. J-M Guénassia entremêle évènements historiques et histoires d’amour. Les trahisons ne sont pas un leurre, mais  le bonheur n’est pas une honte. Enjoint de guérir le Che, Kaplan, par son dévouement incessant, convainc celui-ci  que le progrès n’est  pas dans une  révolution sanguinaire,  mais dans un humanisme profond et dans  les chansons de Carlos Gardel sur lesquelles aimaient  danser leur mères respectives  ….

B.C

 

 

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 18:18


 Editions : Actes Sud

Parution : Août 2012

186 pages

18 €

 

 

 

 

 

Le Grand Alexandre se meurt. Ses acolytes hésitent entre une guerre de succession  ou la  conquête des pays de l’Est. Mais la flamme d’Alexandre n’est pas éteinte et sa voix d’outre-tombe ne va cesser de  guider  ses amis. Dans un premier temps ceux-ci vont  rechercher la fille de Darius le vaincu, Dryptéis au cœur de reine, retirée dans un couvent, lasse de tant de maux mais consciente de tant de grandeur. Puis commence un long  cortège derrière le catafalque d’or pour retourner en Macédoine. Mais le souffle d’Alexandre ne s’éteint pas, un magnifique dialogue s’instaure entre lui et ses fidèles.  Ne pas retourner dans le pays d’origine où règnent la peur des guerres offensives et la honte des guerres intestines, s’unir à  la poussière des chevauchées plutôt que rester enfermé dans un mausolée d’or,  oser traverser l’Indus et  avancer bien au-delà sans jamais se presser, telle est la mission soufflée  par le grand Alexandre, qui recommande : « Prenez votre temps, mes compagnons, et regardez le monde tandis que vous avancez ». Echappée au temps, délivrance du temps, avancée dans l’éternité, tels auraient pu être les titres de cet ouvrage qui a la vie pour seul cortège. L’épique devient romantique, c’est toute la force de Laurent Gaudé qui fait des moments de l’Histoire  un éternel humain dans un éternel présent. 

B.C

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 11:47

 

Editions : Albin Michel

Paerution : Août 2012

460 pages 

22,;50 €

 

 

 

 

 

 Dommage que « Swamplandia » n’ait pas paru plus tôt car il avait tous les atouts pour être le livre de l’été!  Roman américain, il a le même charme que ceux de Katherine Pancol  et d’Harry Potter: un style fluide, réaliste, plein d’humour et surtout de symboles. L’histoire n’est pas gaie et l’environnement lugubre, semblables à bien des vies ; mais vus et racontés par Ava, jeune fille de 13 ans, aussi spontanée que confiante et courageuse, ils prennent une tournure passionnante, où la fraicheur de la jeunesse tente de donner un coup de balai sur les drames de l’existence. Swamplandia est un parc d’attractions, plus précisément une entreprise familiale en faillite. Mais rien n’a jamais fait peur à cette famille de  "toujours contents », ni les concurrents voisins dénommés « Monde de l’Obscur », ni les marécages environnants habités d’alligators, ni cette drague de fonds occupée par  des soi-disant fantômes, ni « l’Oiseleur » à l’aspect changeant. « La foi, c’était une force intérieure et le doute, un corps étranger, une poussière dans l’œil ». Et c’est ainsi que la famille Bigtree prend une signification toute allégorique. Chaque force obscure a un corps, une force naturelle et un esprit surnaturel. Sous un univers imagé c’est l’éternelle cruauté de la vie qui est dessinée. Les images de couleurs sombres ou criardes font que le lecteur a bien du mal à quitter ce roman si peu conventionnel mais si plein de  tristes  et belles vérités

 

B.C

Partager cet article
Repost0
25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 21:06


 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mai 2012

149 pages

15 €

 

 

 

 

 Jean-Paul II est mort, Rome est plus belle que jamais, un journaliste d’un quotidien parisien est envoyé sur les lieux pour   faire un rapport sur l’atmosphère qui règne dans la cité du Vatican. Il est  rejoint par  la femme qu’il aime, mais la froideur des sentiments de celle-ci est un obstacle à la rédaction de l’article et de ce fait à sa vie professionnelle. Ouvrage qui fait penser à une nouvelle de Baudelaire où « l’imperméabilité des sentiments » entrave toute communicabilité des amants. Le style de l’auteur, aussi inspiré que celui du  journaliste ne l’est plus, rachète la banalité de ces amours et donne envie au lecteur de suivre cette promende dans la Cité éternelle si joliment décrite. 

B.C

Partager cet article
Repost0
24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 17:05

 

 

 

 

                       "QUATRE PETITS BOUTS DE PAIN"

                                par Magda HOLLANDER-LAFON

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mars 2012

130 pages

13 €

 

 

Et si la Shoah était une apocalypse, dans le  sens propre du terme, à savoir le dévoilement de la nature humaine sous toutes ses formes ? C’est le sentiment qui ressort de ce très bel ouvrage de l’auteur, miraculeusement épargnée non seulement des camps nazis mais aussi d’une haine et d’un  désespoir que la faim, le vol, la violence des kapos et le travail forcé auraient bien justifiés. Poésie en prose ou en vers irréguliers, elle avance au rythme d’une renaissance au  seul service  de l’humanité.  Car, plus qu’un atroce témoignage, elle se veut leçon de courage, chemin de pacification, source de glorification pour ces millions d’innocents  qui,  par leur sacrifice, ont connu  la souffrance à son paroxysme et demeurent piliers d’espérance.

B.  C.

Partager cet article
Repost0
23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 21:49


 Editions : Gallimard

Parution : Avril 2012

103 pages

11 €

 

On  ne demande pas à un poète pourquoi il écrit de la  poésie, de même il semble inopportun  de  demander à Erri De Luca pourquoi il retranscrit  le Décalogue à sa façon. Sans doute un besoin de faire sien ce testament divin inscrit en lettres de feu du haut du mont Sinaï, lui l’amoureux des sommets comme il l’a magnifiquement prouvé dans « Le poids du papillon ». Sans doute aussi pour incarner des préceptes moraux qu’il juge indispensables en ce XXIème siècle. Mais surtout pour tirer vers le haut toute sa famille qu’est l’humanité afin qu’elle ressente,  non pas le vertige  du vide, mais la présence du divin et qu’elle sache « où finit le monde et où commence le temps ». L’esclavage du Pharaon une fois  fini, la voix du Sinaï se devait d’être transmise aux générations à venir par l’intermédiaire de l’amour. Ainsi il semble vrai, une fois encore, qu ‘ « Au commencement était le Verbe et le Verbe s’est fait chair ».

B.C

 

Partager cet article
Repost0
11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 21:57

 

 

 

Editions Kirographaires

Parution : Mars 2012

234 pages

19,95  pages

 

 

 

 

La couverture du livre  comme la trame  de l’histoire,  où les rites  de la culture indienne prennent le pas sur le vraisemblable, ont tout du livre initiatique. Le style envoûtant de l’auteur, plein de poésie et de sensibilité devant la misère humaine ou de la beauté de la lumière, a vite fait de révéler le but de ce professeur de lycée : une leçon de bonheur sur une terre sans pitié. Amaleo est un jeune métis de Caracas.Ses parents habitent un village perdu de campagne, et si leur maison est pauvre, elle le rassure, « c’est chaud comme un corps », jusqu’au jour où le village entier est absorbé par une coulée de boue dont il échappe miraculeusement avec son père.  Tous deux se retrouvent dans le Dakota du Sud  où leur condition d’immigrés les enfonce un peu plus dans le malheur. Dans son réalisme l’auteur n’a  oublié ni la faim qui taraude, ni les souvenirs heureux qui ressurgissent comme des mirages, ni l’humiliation des indigènes qui se raccrochent aux usages obsolètes d’une civilisation perdue. Le bonheur  est rendu à partir du moment où se fait  la réconciliation avec la nature et où la dignité humaine est  reconnue.  C’est la pureté de Kimimila et la confiance aveugle d’Amaleo pour Jimmy le hors-la-loi qui font de celui-ci tout à la fois un sauveur et un homme sauvé. A noter qu'un certain manichéisme anti-blanc est largement compensé par la beauté du style que l'auteur maîtrise avec art et son souci de pédagogue pour lequel l'amour se mérite par les épreuves. 

 B.Clavel



Partager cet article
Repost0
31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 14:13

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Mai 2012

318 pages

24 €

 

   

 

Dans ce beau roman, Livaneli  ouvre les portes d’Istanbul et ses secrets. Présent et passé s ‘entremêlent comme une tentative de  réconciliation entre deux mondes : celui des aristocrates de l’Empire ottoman et des nouveaux  riches avides de revanche, celui   des rives du Bosphore  dont les palais font rêver   et  le quartier  de Cihangir  habité  par des artistes fauchés.  La « Grande Dame » Leyla  fait partie de ces  familles aristocratiques  de  Roumélie , province perdue lors de la guerre des Balkans. Du  palais  istanbuliote de ses ancêtres, il ne lui reste plus qu’une petite maison au fond du parc d’où elle est expulsée. Mais un jeune journaliste qui l’admire depuis sa tendre enfance fera tout pour l’aider. Et c ‘est ainsi que Leyla par son éducation humaniste et cultivée parviendra à sauver ceux qui pensent la sauver. Cette très  jolie histoire semble  intemporelle : superstitions, conformisme, arrivisme, jalousie, rébellion ou magouilles, tout est subtilement relaté pour déboucher sur une fin pleine d’espoir : seul  l’amour désintéressé, à ses risques et périls, procure le vrai bonheur.

B.Clavel

Partager cet article
Repost0
8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 09:49


 

Edition : Flammarion

Parution : Mars 2012

291 pages

20€

 

Quel  bonheur d’entrer au «  Studio de l’inutilité » de Simon Leys ! Le lecteur y retrouve toutes ses illusions perdues. Peu importe si Michaux n’a jamais fait les voyages qu’il a racontés car « poète imaginatif »  il l’a toujours été et le restera. Le seul regret, c’est qu’il ait toujours souffert de n’être pas «  monsieur tout le monde ». Voilà à quoi Simon Leys  invite le lecteur : ne pas vouloir devenir un « idiot utile » qui épouse l’air du temps, ni un intellectuel désincarné  que  l’idéologie écarte du chemin poétique  de la vraie vie. Car, comme le dit  le prince de Ligne, le seul art qui compte est « l’art de vivre ». La considération pour toute créature et l’intérêt pour tout bâtisseur ont alors priorité. Et comme le proclame Orwell, « la brutalité intellectuelle est impossible quand on connaît la personne ». Mais Simon Leys rappelle le désespoir de Milosz qui vécut  simultanément le nazisme et le communisme et dénonça la sottise et l’aveuglement des Français incapables de réaliser « que si quelque chose existe quelque part, elle existera n’importe où ». Et Milosz de conclure  « l’horreur est la loi du monde des créatures vivantes, et l’objet de la civilisation est de masquer cette vérité. » Telle est la fragilité humaine que Simon Leys se plaît à nous rappeler comme un prophète éconduit à cause de trop de franchise. Car ce qui  s’est passé en  Chine en vingt ans  s’est passé aussi au Cambodge en trois ans : la dictature révolutionnaire, avec tout ce qu’elle comporte de crimes  et de  mensonges, est universelle. Alors il est temps de quitter le studio de Leys car « l’envie de silence en forme de discours spécial » propre à Barthès gagne le visiteur attristé par tant de cruautés innommables  et l’incognito de tant de dignités  humaines …Mais Simon Leys ne le laisse pas partir sans conseils : « Quelle sorte d’avenir peut-on bâtir sur l’ignorance obligatoire du passé récent ? » Il recommande  alors de ne pas enfouir ces horreurs dans l’oubli car « c’est aussi  de nous qu’il s’agit » et non d’une planète lointaine. Heureusement, quel que soit l’environnement, l’art persiste quand l’artiste a le souci d’être vrai, les naufragés survivent quand ils mêlent l’espoir à la bonne volonté,  et la grâce de Dieu demeure si l’élite intellectuelle n’est pas une usine à fabriquer des  diplômes mais une  école qui forge des hommes.

Brigitte Clavel

Partager cet article
Repost0
27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 08:32

 

 

 

Editions : De Borée

Parution : Juillet 2012

283 pages

20 €

 

 

Catherine Ecole-Boivin est une historienne peu banale. Au lieu de relater  l’héroïsme des grands de l’Histoire, elle préfère dévoiler la vie de ceux qui ont souffert en silence. Dans ce livre où elle aborde le sujet du viol en cherchant les causes et en exposant les conséquences,elle semble vouloir dans un premier temps proclamer haut et fort ce qui a l’habitude d’être dissimulé, bannir superstitions et secrets de famille afin que l’être humain puisse s’épanouir comme il se doit. Car comment se construire quand il n’y a ni amour ni vérité ? Et si la responsable n’était autre que la Seconde Guerre mondiale,  et le silence  la plus grande preuve d’amour ?  Des dates précises ponctuent ce roman et en font une histoire vraie. Mais réalité ou fiction, peu importe. L’essentiel est de savoir que « dans ce renouvellement constant, ce mouvement perpétuel, rien de ce que l’on donne à la vie n’est vain… tout se répare. »

B.C

Partager cet article
Repost0