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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 09:30

 Editions : Actes Sud

Parution : Février 2012

214 pages

18,50 €

 

 

Si ce  livre débute  par l’enterrement d’Adèle, vielle juive polonaise exilée en France « à défaut d’Amérique », deux voix s’alternent pour la faire revivre. D’abord celle de Suzan, avocate juive américaine,  qui remémore l’amour d’Adèle pour son  vieux père quand il était un jeune Yankee. Puis celle de l’arrière-petite-fille d’Adèle, Fleur, qui porte le poids d’un lourd passé féminin et se réjouit de n’avoir engendré que des garçons. Car le thème de ce livre porte essentiellement sur la vocation féminine. Les nombreuses femmes qui habitent ce roman  sont toutes différentes les unes des autres. Mais, en remontant le temps, l’auteur ne fait qu’accroître la similitude de leur existence au milieu des guerres, pogromes, exil, racisme ou conformisme bourgeois selon le lieu et l'époque.  Cependant, quels que soient le choix de vie  et le continent habité,  leur attitude vaillante ou leur nature tourmentée, leur esprit d’indépendance ou de soumission, leur cœur généreux ou profiteur, un thème récurrent  domine ce roman : le  désir, chez chacune, de vivre intensément, de «se réinventer sans cesse et changer quelque chose au monde »… Le lecteur ne perd pas son temps à lire ce joli livre plein de psychologie, où, comme le dit l’auteur, « il en va de la littérature comme des êtres humains ».

Brigitte Clavel

 

 

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 21:05

 

 

 

 

Editions :  Albin Michel

Parution : Avril 2012

115 pages

12 €

 

 

 Comme tout romancier prolixe E-E Schmitt ne craint pas d’aller chercher son inspiration en d’autres lieux et ne se  limite pas à une narration fictive, même si elle en a tout l’air. « La Chine, c’est un secret plus qu’un pays ». Et c’est précisément ce secret  qu’E-E Schmitt  veut élucider. Bien que la natalité  soit strictement contrôlée dans ce pays totalitaire, une femme a osé braver la loi. Mais  Mme Ming a-t-elle vraiment eu les dix enfants qu’elle dépeints et façonne avec amour ? La sagesse qui perce dans ses moindres propos, comme dans l’échine courbée des travailleurs, reflète l’âme de son pays: la philosophie de Confucius. Ainsi ni le communisme ni le mercantilisme ne semblent satisfaire la Chine profonde et silencieuse qui puise son courage dans un spiritualisme respectueux de l’homme et une probité qui lui fait préférer l’incertitude à la vérité officielle….

Brigitte Clavel

 

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 09:04


 

 

 

Editions : Grasset

Parution : Mars 2012

278 pages

18,50 €

 

C’est toute l’âme de la sainte Russie que nous présente Elisabeth Barillé à travers son triple désir: retrouver la terre natale que son grand-père maternel Georges Sapounoff a dû fuir,  marcher dans les pas de  Rilke et  Lou Andreas-Salomé,  enfin écrire  pour faire revivre tout ce que ses aïeux lui ont légué. Sans hésitation aucune, l’héroïne se lance dans ce voyage car elle sait  que,  si l’esprit slave a été étouffé, il n’est pas mort. Quatre chapitres dépeignent Saint-Pétersbourg la belle, Moscou l’effrontée, la Volga ensorceleuse, Koursk au parfum de tilleuls. Chacun de ces lieux parcourus  apparaît comme une  « nouvelle Jérusalem », terre promise où le pèlerin avance, avec pour seul guide, le secret de l’exil forcé. Et ce n’est que petit à petit qu’Elisabeth Barillé  découvre  enfin ce qu’elle est venue chercher : sous le  désordre  apparent  des choses,  la raison de toute existence, un besoin de réconciliation, d’identification peut-être, de libération sans doute, d’écriture très certainement…en tout cas une vraie légende littéraire,emplie autant d'émotions que de réalisme historique !

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 16:39

                  

 

 

 

Un dixième de millénaire mesure une vie

Vingt centenaires font deux mille ans

J’ai toujours cru maintenant je sais

l’homme n’est pas créature parmi d’autres

 

Il existe moins de mots dans le dictionnaire

qu’il n’y a d’espèces inventées par la vie

L’âge d’un grillon peut être de trois-cent mille ans

ou même de plusieurs millions d’années

 

Le coq de bruyère est un animal fabuleux

Un jour viendra il deviendra fossile

L’homme lui n’est pas toujours merveilleux

mais son Esprit inspire le livre du temps

 

Chaque homme est unique au monde

Le don est d’offrir l’amour qu’il a reçu

Les sédiments anciens ne sont que des archives

Les matières ordinaires composent une pierre précieuse

 

La substance de l’âme imprime l’invisible

Comment trouver dans l’inventaire des espèces

les restes de pensée d’un seul homme sur la terre

Depuis des milliards d’années pourtant la Pensée vivait

 

La « vicariance »est une valse entre deux continents

du temps où les créatures chantaient le cantique

des genèses promises comme autant de tragédies

Car l’homme avant de naître « était » depuis longtemps

 

On a tort de confondre la durée et le temps

Le temps est le présent que nous firent les âges

comme un cadeau qu’on n’en finit pas d’ouvrir

pour à la fin connaître qui l’avait envoyé

 

La valse des créatures improvise pour nous

l’infiniment Complexe de l’aventure humaine

entre infiniment grand et infiniment petit

L’Infinition enseigne à aimer l’Univers

 

Il est étrange que ce mot manque au dictionnaire

Infinitif est le mode que la pensée préfère

L’impératif adieu y cherche son destin

Le savant y découvre que la mort n’existe pas

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 15:13

                                     

                                   "L'odeur de la ville mouillée"

 

                                   par Marie Causse

 

 

 

Editions : L’Arpenteur

Parution : Avril 2012

165 pages

13,90 €

 

 

 

Ces dix-sept nouvelles font penser aux descriptions de Zweig car Marie Causse présente avec beaucoup de finesse une série d’instantanés, où physique et habitudes sont toujours reflets de l’âme. Chacun des personnages se fond dans  la ville. Celle-ci est grise et humide. Ceux-là, même habillés de couleurs, passent inaperçus et  mêlent  en silence leurs pleurs à la pluie, sans doute à cause  de déceptions refoulées. Comme le lecteur ils ont  hâte d’entrevoir un petit coin de ciel bleu. Mais l’auteur ne change pas de cap : même au milieu d’une histoire d’amour, ou devant un piano, un sentiment d’échec colle à la peau. Néanmoins tous avancent avec détermination sur le bitume, où les souvenirs heureux stagnent comme les flaques d’eau. Car le champ fleuri de vacances enfantines, la course des nuages, l’odeur de tabac froid d’une chevelure aimée ou une simple affiche publicitaire sont suffisants pour procurer l’état de grâce tant recherché…

Brigitte Clavel Delsol

 

 

 

 

 

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:32

                                     

 

 

 

 

Editions du Seuil

Parution : Mai 2012

247 pages

20 €

 

Après avoir traduit en français  dix-huit sermons, dont dix inédits,  de Maître Eckart, Eric Mangin semble vouloir remettre à l’honneur ce prêcheur  dont la  poétique mystique peut envoûter notre siècle autant que le Moyen-Age. En effet philosophe et  théologien, Eric Mangin cache, sous sa culture éclectique, un souci certain d’apporter  une ouverture d’esprit, voire un élan  de l’âme, en incitant ses lecteurs  à suivre maître Eckhart dans « la profondeur de l’intime », dans ce « fond sans fond » qui élucide bien des mystères, car plus guère de personnes aujourd’hui ne ressentent la présence  de Dieu dans leur vie.  La solution de maître Eckhart est d’acquérir une « solitude intérieure », non pas en  fuyant  le monde, mais simplement  en changeant sa façon de le regarder. Selon celui-ci, un détachement total s’impose jusqu’à « la triple déprise » : dépossession du monde, de  Dieu et de  soi. C’est ainsi seulement que naît le Verbe dans l’intime. Et si, à force de sonder cette âme, celui-ci venait à se dérober, c’est simplement parce que le sujet d’amour, dans la vie ordinaire, comme dans la vie spirituelle, est inappropriable, inaccessible. Et c’est là que maître Eckhart et Eric Mangin laissent tomber leur rôle de théologien, préférant être poètes , celui-là chantant le silence de l’âme, espace infini, lieu de rencontre avec Dieu, celui-ci  prônant une  fusion avec le monde, théorie plus contemporaine. Mais le lecteur  reste sur sa faim,  il n’a pas trouvé dans cette lecture  le Dieu transcendant qu’il espérait.

Brigitte Clavel   

 

 

 

 

 

 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 18:30
« CE QUE JE CROIS » par Jacqueline de Romilly

 

 Editions de Fallois

Parution : Avril 2012

153 pages

16 €

 

 

`

Ce livre inédit est autant un cours de civisme que d’espoir. Il fut écrit quelques années après la crise de 68 et sa parution aujourd’hui paraît plus que jamais opportune. Consciente du malaise de notre époque, Jacqueline de Romilly se sentait le devoir d’y remédier. Rien de pessimiste dans son analyse, bien au contraire. La liste de ses « Ce que je crois »est longue. Sa sensibilité à fleur de peau décèle l’importance, dans la vie, de l’esprit de "gentillesse"  et "solidarité" qui apporte  à lui seul le courage de vivre. Sa vocation d’enseignante souligne la   nécessité  de la connaissance, grâce à laquelle s’obtient la victoire de l'esprit, à savoir l'acquisition d'une "liberté gagnée et non octroyée". La beauté de la littérature comme toute autre forme d’art  ne se limite pas à une métamorphose  du réel, mais reflète les innombrables possibilités d’invention qui font avancer l’humanité. Car le danger est dans l’incapacité de communication qui aboutit à la violence, dans le déterminisme moderne qui a pour conséquence la démission, dans le désir de couper tout lien entre l’homme d’hier et celui d’aujourd’hui. Ainsi l'helléniste a plaisir  à rappeler que ce sont les philosophes grecs du IVème siècle avant J-C qui ont distingué deux égalités : l’égalité arithmétique qui donne à chacun la même part et l’égalité géométrique qui donne à chacun selon ses mérites, distinction sciemment  mise à la trappe par l’égalitarisme marxiste... Dans cet ouvrage, rien de pessimiste peut-être, à la condition seulement que l'homme réagisse devant une "léthargie" contagieuse qui fait peur. En nous rappelant les moyens d'être maîtres de notre destin, Jacqueline de Romilly ne pouvait pas nous laisser un plus bel héritage. 

Brigitte Clavel

 

 

 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 12:41

 

 

Editions : J-C Lattès

Parution : Février 2012

186 pages

16 €

 

 

 

Le style est celui d’un langage familier, naïf, parfois très  cru, où la spontanéité est mêlée d’humour ou de déception, mais toujours de lucidité. Jocelyne Guerbette est mercière à Arras où les aléas de la vie la mettent en face de situations totalement inattendues : son corps ne ressemble pas à son psychique, ni son mari au « chevalier blanc sur un cheval blanc » dont elle rêve encore à l’approche de la cinquantaine, sa boutique végète  et ses deux  enfants sont partis faire leur vie. Son unique chance: un billet gagnant d'Euro-Millions de 18 547 301 euros et 28 centimes ! Mais cet heureux hasard lui apportera-t-il le bonheur escompté ? En tout cas il lui permettra de découvrir la nature humaine  et, plus que « la liste de (s)es envies », un désir inassouvi d’aimer…Mais peut-on  encore aimer quand on a tout donné ??? Heureusement, l'auteur a le dernier mot! 

Brigitte Clavel

 

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 07:40

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mars 2012

219 pages

16 €

  

Une belle occasion pour larguer les amarres : Romane Bréjeance se trouve en Thaïlande pour un voyage professionnel, lorsque survient le terrible tsunami. Miraculeusement épargnée, elle n’a aucune raison selon elle  de faire signe à son mari et à sa fille qui ont tendance à l’exclure de  leur  complicité  enfantine. Une magnifique description de ce pays ravagé  devance une folle  décision : prendre l’identité d’une malheureuse victime et courir le monde où ceux que l’on croit aimer ne sont pas toujours ceux qui le méritent…Roman très divertissant qui révèle la nature humaine sous toutes ses apparences, avec une écriture aussi  précise et décidée que l’héroïne elle-même, même si l’aventure revient toujours au point de départ …

Brigitte Clavel

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 14:31

                             

 

 

Editions : Desclée  de Brouwer

Parution : Janvier 2012

147 pages

15 €

 

 

Ce tout petit ouvrage, sans prétention intellectuelle, est une  leçon de rêves en même temps que de confiance en l'existence. De tragiques évènements ont marqué Maryline, jeune libraire que seuls ses livres consolent. Mais son passé la rattrape sans pitié,  au cœur même de sa librairie où un dernier livre paru relate une phase de sa jeunesse qu'elle voulait oublier. Ainsi les mots ont le merveilleux pouvoir d’éclairer la réalité, de nouer des liens, de redonner goût à la vie… Bel hommage à l’écriture, même si ce livre comporte quelques dialogues familiers,d'un style pas toujours aussi littéraire que le voudrait un bon libraire, mais qui remet le lecteur dans la réalité du quotidien!

Brigitte Clavel

 

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