26 avril 2023
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"Conscience contre violence"
par Stefan ZWEIG
Editions : Poche
Parution : 2018
261 pages
6?70 €
En 1936, précisément quatre siècles après la victoire de la Religion Réformée et en pleine montée du nazisme, Jean Calvin inspire Stefan Zweig à démasquer les vrais ressorts du despotisme. Le ”médecin des âmes”, comme Calvin se définit lui-même, n’est pas, à l'origine, un mauvais homme. Plutôt peureux de nature, c'est son souci obsessionnel de gérer les chrétiens qui l’incitera à condamner ceux qu‘il juge hérétiques et opposés à son pouvoir théocratique. Zweig révèle alors la lâcheté du tyran de Genève qui, pour sauver sa réputation et son autorité, livre Michel Servet à l‘Inquisition Catholique sous prétexte de ne pas croire en la Sainte Trinité et Sébastien Castellion au Conseil d État pour avoir traité de criminels les ministres de l’Eglise. Très documenté, Zweig parvient à transformer ces événements historiques en une réflexion philosophique: ce qui importe c'est la nécessité de rappeler sans cesse au monde les véritables héros de l'humanité, non pas ceux qui créent des empires sur des tombes, mais ceux qui luttent solitaires pour la liberté et le bonheur des hommes. La religion ne doit pas être une prison dogmatique mais le creuset sans cesse renouvelé d'un humanisme profond, seul véritable écho de la voix céleste. Livre intemporel où le style noble et raffiné de Zweig rappelle la valeur mystique de la vie.
B. Clavel Delsol
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2018
28 septembre 2022
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« Ponce Pilate mon frère » par Dominique DECHERF
Editions : France-Empire
Parution : 2018
86 pages
9 €
Nombreuses sont les raisons qui inspirent Dominique Decherf à faire revivre Ponce Pilate dans sa toge rouge en train de débattre sur le sort de Jésus avec le grand prêtre Caïphe tout de noir vêtu . Certes ce préfet romain en Judée, connu pour sa droiture, a un rôle déterminant dans la passion du Christ. Sans lui, rien de ce qui était annoncé dans les Ecritures ne serait arrivé. Face au Crucifié qui apportait au monde ce dont il avait besoin, une autre dimension que la laïcité, le temporel et "la vérité extérieure", à savoir le religieux, le spirituel, la vérité intérieure, le fonctionnaire était dépassé par sa mission. Et c’est en cela qu’il nous ressemble et qu’il reste peut-être la personne des Ecritures la plus proche de nous. Car ce préfet de Judée voué à la raison d’Etat voulait éviter le désordre à l’Empire autant qu'aux autorités juives. Comment alors prendre parti ? Le cœur du problème n’est pas l’attribution de la responsabilité mais la connivence implicite du Romain et du Juif qui optent pour la mort d’un seul homme au profit de la paix. L’auteur dénonce cette complicité comme un adage fondamentalement faux et criminel, éternellement présent dans les grandes tragédies humaines. Ainsi Pilate demeure toujours d’actualité, témoin faible et impuissant entre politique et religion. D’où ce nouveau livre qui lui est consacré, lui qui sans doute ne fut « pas dénudé d’affect » quand il se lava les mains …B.C.D.
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2018
27 janvier 2022
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« La lettre à Helga » par BERGSVEINN BIRGISSON
Editions : ZULMA
Parution : 2018
131 pages
8,95€
Rien de plus franc , de plus libre, de plus sensuel que cette lettre à Helga. C’est tout le sauvage de l’Islande qu’on y retrouve, avec ses troupeaux de moutons, ses orages, ses fjords et ses villageois qui vivent autant en s’entraidant qu’en cancanant. La civilisation est loin, et le peu qu’elle apporte rend complètement esclave de la consommation, de la mode éphémère, parfois du grotesque et du contre-nature. Si le style est plein de lyrisme , il n’en est pas pour autant dépourvu d’humour, de scènes comiques et de profondes réflexions existentielles. La vie a forgé le vieillard : elle lui a fait comprendre que la terre était sa seule bien aimée, et que le bonheur résidait toujours dans la décision première.. Le style est magnifique, des rayons de lumière filtrent à plusieurs reprises à travers les planches, comme pour métamorphoser les impuretés de l’amoureux . On retrouve chez l’auteur toute l’utopie rousseauiste qui n’est certes pas sans danger, mais on retrouve aussi chez son protagoniste un homme qui en sait plus que quiconque sur les lois de la nature et du cœur …
B.C.D.
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2018
12 juin 2021
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« De loin j’aperçois mon pays » par Mahmud Nasimi
Récit d’une migration
Kaboul-Bruxelles en 730 jours
Editions : Le livre en papier
Parution : Février 2018
139 pages
15 €
Mahmud Nasimi est un Afghan qui fait parler de lui. Son arrivée en Europe relève du miracle. Au printemps 2013, interne dans un centre d’entraînement des forces de l’ordre à Kaboul, il se voit contraint de fuir son pays. Pas un mot sur la barbarie des Talibans, juste un départ forcé dû au fait qu’il voulait servir son pays. Ce premier livre est le récit chronologique de sa fuite vers l’Europe pendant les deux années de laquelle il connut les pires humiliations. Plus qu’un voyage, c’est une chasse à l’homme qu’il subit. Victime de passeurs malhonnêtes, il se ruine en faux papiers pour se voir sans cesse refoulé aux frontières, incarcéré et dépouillé jusqu’à expérimenter les pires souffrances de la faim et de la solitude. Le style est sobre comme l’auteur, même si ce sont les sentiments de peur et d’impuissance qui dominent. Jusqu’au jour où il découvre Paris, le cimetière du Père-Lachaise et ses célébrités qui lui font découvrir la langue française et l’inspirent à écrire « Un Afghan à Paris » (Editions duPalais, Avril 2021) qui lui vaut être invité à « la Grande Librairie ». Surpris que la France ignore tout de son pays d’origine, Mahmud Nasimi saura-t-il mettre son écriture au service de son pays où sa mère avait le sens de la prière, ses tantes le goût de la liberté, et surtout mettre en garde l’Europe contre le fanatisme qui l'a bouté hors de chez lui ?
B. Clavel Delsol
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2018
21 mars 2020
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« PARTIS PRIS Littérature, esthétique, politique » par Marc FUMAROLI
Editions : Robert Laffont
Parution : Décembre 2018
1037 pages
32 €
Cette anthologie de la littérature est pleine de promesses : la culture de Marc Fumaroli est imparable et laisse entrevoir la pérennité de la créativité depuis l’Antiquité. Que ce soit Ovide qui sut faire la synthèse des légendes sacrées ou Pétrarque qui évoque « l’usage de soi » dans « l’ère du vide », le fondement de la langue est là et ne cesse de croître jusqu’à faire « l’Eloge de la Folie » et annoncer les extravagances de Rabelais. De même les fables animalières d’Esope reprises par La Fontaine courent sur de bien nombreux bas-reliefs d’églises et de châteaux de France. Ainsi la vie rustique demeure source de la culture gréco-latine, en attendant que la politique moderne fasse peu à peu son entrée dans la littérature et dévoile la fresque de la « vanité des vanités ». M. Fumaroli révèle alors cette misère humaine chère à Pascal, heureusement relevée par la grandeur d’âme des personnages cornéliens et raciniens. C’est cette quête de la sagesse qui mène aux fables apologues de La Fontaine qui, comme Socrate sous le voile des mythes, dit la vérité sous forme allégorique. C’est le rire du grec Démocrite qui se retrouve dans l’optimisme de Voltaire, comme la tristesse d’Héraclite dans le pessimisme de Rousseau. Mais c’est l’extrême sensibilité de Goethe qui annonce le déclin, c’est Werther qui préfère la mort à la vie, c’est le libéralisme romantique de Stendhal et l’homme à l’état naturel de Rousseau qui annoncent une désacralisation de la littérature, le retour au sauvage, le triomphe de la barbarie. La nature humaine dans sa comédie est mise à nu par Balzac qui prophétise le suicide de l’Art avec son démon de peintre Frenhofer qui veut se substituer à Dieu, tandis que la commedia dell’arte est le théâtre d’Avignon d’aujourd’hui … Le voyage dans le temps de Marc Fumaroli est labyrinthique, mais son chemin rejoint celui de Jacqueline de Romilly, souffrante du marasme intellectuel et du flot montant de l’ignorance littéraire au profit du savoir scientifique. Il s’achemine vers des institutions qu’il souhaite nombreuses et variées et non pas régentées par un centralisme démocratique, jaloux et idéologique. Car le malaise est grand, le « spirituel dans l’art » invoqué par Kandinsky en 1910 n’inspire plus... Ce que recherche nos contemporains, ce n’est pas la beauté pure mais le reflet de fantasmes que toute communauté porte en elle. Et Marc Fumaroli de conclure que l’opéra Garnier, symbole d’un passé élitiste est le bouc émissaire à sacrifier : l’opéra Bastille est une réussite républicaine mais pas artistique !
B. Clavel Delsol
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2018
23 février 2020
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17:00
« Un moine en otage » par Jacques Mourad avec A. Guillem
Editions Emmanuel
Parution : 2018
17,90 €
213 pages
L’œuvre d’Orient a décerné son prix littéraire 2019 à un ouvrage sans pareil : un témoignage bouleversant du père syro-catholique Jacques Mourad retranscrit en direct par Amaury Guillem, directeur RCF Aix-Marseille, auteur de plusieurs ouvrages profondément marqués par sa foi en Dieu et dans les hommes. Si le récit du père Mourad alterne entre les souvenirs heureux lors de la reconstruction des monastères de May Moussa et de Mar Elian et un douloureux enlèvement par les djihadistes où il subit une torture autant physique que psychologique, l’importance de ce livre réside dans le renfort et le salut que peuvent apporter la solidarité entre croyants de diverses confessions. Car comment réagir devant des fanatiques qui accusent d’œuvre du diable l’école de musique fondée par le père Mourad, détruisent ses deux monastères et prônent le massacre des mécréants ? Il est connu que Dieu ne fait des miracles qu’avec la participation des hommes. Et c’est ce que démontre le livre. En effet grâce à l'aide de jeunes musulmans qui le paieront de leur vie et à la constance de ses prières, le père Mourad, après cinq mois de dure captivité, retrouve miraculeusement la liberté. Puissent les pays chrétiens apporter la compréhension et l’amour du prochain quel qu’il soit! tel est le souhait de ces deux co-auteurs qui s’en réfèrent au Dieu unique et remplacent les différends dogmatiques par une sagesse toute spirituelle. Le livre s’achève par une supplication du père Mourad au retour à la prière, seul moyen de pallier à l’urgence du dialogue et de l’évangélisation et de chasser la peur de ceux qui font régner la terreur. Conseil à divulguer!
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2018
15 janvier 2020
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« Judas le coupable idéal » par Anne Soupa
Editions : Albin Michel
Parution : Février 2018
214 pages
15 €
Il y a des chrétiens qui se tiennent vent debout contre toute interprétation personnelle des Evangiles. Anne Soupa n’en fait pas partie. Au contraire ses convictions réformistes contre l’institution trop rigoriste de l’Eglise l’inspirent à enquêter sur la condamnation ancestrale de Judas Iscariote. A la différence de l’Evangile de St Jean, elle révèle un Judas ni félon, ni cupide, ni déicide, ni suicidaire. Selon elle, la prophétie de la trahison et le rapide repentir de Judas ne font qu’innocenter celui-ci. Ainsi le Christ respecte le plan divin comme le libre-arbitre de son disciple infidèle. Si les disciples sont témoins de l’attachement maladif de Judas à l’argent, Anne Soupa y voit la cause première de son erreur. Celui-ci a mis son espoir en Jésus parce qu’il Le croyait grand sauveur de la puissance et de la gloire terrestre d’Israël. Alors le repas pascal et le lavage des pieds ne lui disent rien qui vaille, le doute l’assaille, et Satan, l’ange de la désunion, gagne la bataille. De même que les prêtres du temple ne font preuve d’aucune compassion pour son repentir, de même une telle brebis galeuse ne peut trouver sa place dans « la pastorale de la peur ». Alors Anne Soupa ôte l’auréole noire de la tête de Judas. Celui-ci ne serait que le bouc émissaire de la dérive anti-juive qui dure depuis plus de 2000 ans. Sa faute devient universelle, elle se résume dans le désespoir d’un pardon du maître de la Miséricorde. Livre passionnant où le mal se révèle consubstantiel à la nature humaine qui a besoin d’un Sauveur…
B .C.D.
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2018
16 octobre 2019
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« Au bonheur des fautes » par Muriel Gilbert
Editions : Vuibert
Parution : Avril 2018
249 pages
17,90 €
Ce livre est truculent. Muriel Gilbert est correctrice de rédaction au journal « Le Monde ». On est en droit d’attendre d’elle une rigueur imparable mais c’est tout le contraire. Son amour de la phrase, où la forme est inséparable du fond, où la ponctuation comme l’orthographe se révèlent les vecteurs de la pensée, en fait une amoureuse de l’écriture. Et quand on aime, on n'occulte pas les fautes, on en rit, on aide à les corriger, on en cherche les raisons. Car elles sont multiples : fautes typographiques, de grammaire ou d’étourderie, barbarismes ou faux-sens, toutes ont leur raison d’être sauf d’humilier celui qui écrit. Ainsi Muriel Gilbert avec beaucoup d’humour donne de précieux conseils mémo-techniques, décomplexe le distrait comme le mauvais en orthographe, avoue humblement ses propres faiblesses de correctrice. Lecture conseillée aux stressés et complexés de tout âge, car l’orthographe ne doit pas être une bête noire, mais le plaisir de donner vie au mot en unissant originalité et précision, ce que l’informatique ne saura jamais faire.... B.C.D.
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2018
12 juin 2019
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« Des jours d’une stupéfiante clarté » par Aharon Appelfeld
Editions de l’Olivier 2018
Editions Points : Janvier 2019
280 pages
7,40 €
Théo est un jeune autrichien juif rescapé des camps nazis de Roumanie. Du jour au lendemain il se retrouve libre, errant sur la route du retour à Sternberg, partagé entre une envie de solitude pour oublier l’enfer et le désir de secourir ses compagnons d’infortune qui l’ont sauvé du typhus. Si la guerre est finie, la violence persiste, les collabos martyrisés offrent à leur tour un tableau de misère. L’errance de Théo est hantée par des visions incessantes où les superpositions temporelles induisent un flou chronologique des plus poétiques. Soit il se croit encore poursuivi par des gardiens de prison, soit il est assailli d’images de son enfance choyée. Heureusement des rencontres impromptues lui permettent de découvrir des personnes de grande simplicité pleines de générosité et de piété qui le protègent, l’incitent à poursuivre son retour et être fidèle à ses aïeux. Le temps est ressenti à la fois comme une promesse et une angoisse, le souvenir du beau visage de sa mère n'efface pas l'image du wagon à bestiaux qui l'emporta avec son père. Comme l’indique le titre, pas la moindre lamentation. Mais une interrogation sans réponse : Théo retrouvera-t-il ses parents vivants ? Yetti tour à tour exaltée et dépressive pressentait-elle le drame juif ? La souffrance physique de Madeleine était-elle le reflet de sa tristesse morale ? La « stupéfiante clarté des jours » est-elle une antiphrase ou une révélation divine ? En tout cas elle fait penser à la misère de Job qui n’est pas propre aux seuls Juifs mais à la condition humaine que seul l’amour peut sauver. Livre d’autant plus triste quand on sait qu'il est autobiographique et écrit peu avant que l'auteur s'éteigne . B.C.D.
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2018
7 avril 2019
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« Les prénoms épicènes » par Amélie Nothomb
Editions : Albin Michel
Parution : Août 2018
155 pages
17,50 €
Ce qui importe à Amélie Nothomb c’est d’offrir un roman distrayant en dédramatisant la pire des situations. Elle y parvient une fois encore avec « Les prénoms épicènes » où la fluidité du style adoucit le tragique du thème : le dédain d’une épouse dévouée, la haine paternelle, et tout cela au titre d’une vengeance amoureuse devenue l’objectif d’une vie. Du fait de son ignorance du mot épicène, et plus encore du « stratagème du coelacanthe », le lecteur se plonge sans hésitation dans l’écriture de cette séduisante « femme au chapeau » dont l’amour bien connu pour les bulles de champagne est aussi grand que sa détestation de l’aristocrate et du bourgeois. Alors A. Nothomb s’en donne à cœur joie en décrivant Claude comme la pire des espèces, l’arriviste snob qui a oublié d’avoir un cœur. Mais son épouse en a pour deux, sa fille Epicène ne sera pas « la femme silencieuse » de Ben Jonson, et le coelacanthe est en voie d’extinction! Le lecteur est ainsi bien soulagé d'éviter les abysses du désespoir et de constater que « la personne qui aime est toujours la plus forte » ! Livre léger mais qui se dévore, comme tous les écrits d' A.Nothomb...
B.C.D.
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2018