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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 20:08
« Le temps ordinaire » texte et peintures  par DENIS CLAVEL

« Le temps ordinaire » texte et peintures  par DENIS CLAVEL

 

 

 

Editions   Esope Chamonix

Parution : 1er trimestre 2020

21 pages

19 €

 

 

Le poète contemple,  "épouse ce qui vient"

Une danse de parfums, de fleurs  et de lumière

à laquelle se joignent le silence

  et la joie fait que la mort n’est pas une fin en soi

« Mourir n’empêche pas d’être éternel »

et s’il est dur de « donner un nom aux choses de la terre »

il est doux de sentir « Le soleil bat(tre) comme un cœur »

il est beau de voir « l’angoisse passe(r) par les yeux »

et de réaliser qu'« aimer c’est mourir à la place d’un autre »

il est merveilleux de confondre

« musique murmure et sanglot »

prière et silence, poésie et consolation

il est bon de rappeler

qu'un rien est « quelque chose de sacré »

la fête un  artifice

il est important de croire

que le présent est miracle

l’absence de rêve  enfer

le poème une feuille de papier

et la pensée une fleur…

 

telle est ma lecture de Denis Clavel

accompagnée de ses peintures aux couleurs insaisissables

que je vous laisse découvrir tant est beau

« Le temps ordinaire »...

B.C.Delsol

 

 

B.C.DELSOL

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 19:17
« L’ANOMALIE » par Hervé Le Tellier

« L’ANOMALIE » par Hervé Le Tellier

 

Editions : Gallimard

Parution : Juin  2020

327 pages                                                         

20 €

 

Le prix Goncourt 2020 a été discerné à un livre de fiction toute  ésotérique   pour ne pas dire irrationnelle, mais bien au goût du jour où l’homme se débat tant bien que mal. Le miroir de la société qu’offre  Hervé Le Tellier dans un premier temps est  réaliste. Pour les plus forts, seuls comptent la réussite et  les statistiques scientifiques plus fiables que les certitudes. Pour les plus vulnérables c’est l’angoisse de ne pas être maîtres de leur vie. Quand arrive l’anomalie  comme le cumulonimbus qui s’écrase sur le Boeing, s'agit-il d'une blague, l'avion ayant  atterri trois mois plus tôt?  Mais quand tombe le protocole des mandats d’arrêt, c'est le couperet.  Les voyageurs  se retrouvent mis à nus par des psychologues de service, réduits à un état de dédoublement jamais vu, avec une nouvelle identité numérique toute transparente.  L’anomalie est à son paroxysme lors de la confrontation  de ces êtres dédoublés pour ne pas dire rénovés,  après qu’un conseil œcuménique ait débattu sur l’existence ou non de leur âme ! Humour noir sur l'asservissement de l'homme,  éradication de son mystère , grotesque du religieux, tel semble être l’avenir : des lendemains qui déchantent au son d'une technologie faillible et d'un totalitarisme d’Etat infaillible! Amateurs de la robotique, vous pouvez embarquer ! Mais vous les raisonneurs , accrochez votre ceinture pour  ne pas atterrir dans cette vie," lessiveuse" qui finit dans un tourbillon abyssal au son de « la chanson du néant »… . Comédie ou tragédie? En tout cas voyage bien angoissant!

Brigitte Clavel Delsol

 

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 10:08
« Mémoire de soie » par Adrien Borne

« Mémoire de soie » par Adrien Borne

 

Editions : JCLattès

Parution : Août 2020

245 pages

19 €

Le style parfois abrupte,   parfois plein de douceur, correspond à merveille  aux  différents personnages de la magnanerie familiale et à cet horrible bombyx du mûrier dont les oeufs offrent les plus beaux fils de soie.  Dans les années 1900  la sériculture est encore à ses balbutiements dans le petit village de La Cordot à côté de Montélimar. Il faut former les jeunes à élever les cocons  puis  à  les dérouler avec minutie. Mais ceci ne se fait pas sans peine quand Auguste l’ainé de la famille est né manchot ou que la future bru bien que formée  à l’usine-orphelinat se trouve face à une vieille acariâtre. L’atmosphère malgré tout pourrait être  douce et pleine d’espoir.  Mais c’est oublier la disparité de deux frères, la haine, qui va jusqu’à accuser et faire enfermer l’intruse innocente,  et  tous les impromptus de la vie, la guerre, la fièvre espagnole, la méfiance du voisinage face à l’épidémie … Au milieu de cette triste atmosphère le jeune Emile, à son  départ du service militaire,  demande des comptes en  soulevant le tabou d’une paternité inconnue. Ce qui frappe dans ce roman c’est le réalisme des descriptions et des sentiments,  la dureté des vieux éprouvés par la vie et la  délicatesse paysanne qui a du mal à percer un corps trop rustre et à transmettre tout ce qu'elle devrait. Très joli livre qui montre l'éternel combat pour survivre aux tristesses du monde... 

B Clavel Delsol

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 18:07
« Héritage » par Miguel Bonnefoy

« Héritage » par Miguel Bonnefoy

 

 

Editions : Rivages

Parution : Juin 2020

207 pages

19,50 €

 

S’il fallait définir ce beau roman en un seul mot, ce serait celui de l’enchantement, où par le biais de  portraits pleins de poésie et d'illusions, l’auteur parvient à transcender la fatalité. En 1870 un vigneron de Lons-le-Saunier voit ses vignobles ravagés par le phylloxera. Malgré l’amour de  sa terre du  Jura, il  s’embarque pour la Californie qu’il n’atteindra jamais, ayant contracté  à bord la fièvre typhoïde, ce qui lui valut d’être débarqué à Valparaiso du Chili. A partir de ce moment la saga familiale se passe  à mi-chemin entre  l’Europe et Santiago, entre le ciel et la terre, entre les rêves et la réalité. La  première guerre mondiale, à laquelle veulent participer les trois  fils de la première génération, révèle une Europe à feu et à sang,  un enfer qui contraste avec le  soleil chilien, avec la musique du maestro, la volière d’une épouse et les tentatives d’envol d’une fille aviatrice. Mais le Chili lui aussi ne sera  pas longtemps épargné. Il vient un jour où le temps heureux des citronniers et des oiseaux en surnombre est remplacé  par les autodafés des livres marxistes et les tortures de la dictature des carabineros. Grâce à une atmosphère toute exotique et une variété de   tempéraments où les hommes sont pleins de convictions et les femmes de courage, Miguel Bonnefoy parvient à faire aimer ce destin oscillant entre les couleurs chatoyantes  du folklore local et  l’austère désir  de rester fidèle à ses idéaux,   lourd héritage du sang qui permet  à Margot de survoler la Cordillère des Andes  et fait dire à Lazare  « je veux acheter un voyage »  … Livre magnifique qui pourrait bien remporter le Prix Goncourt des lycéens !

B. Clavel Delsol

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5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 10:21
« La Société des Belles Personnes »  par Tobie Nathan

« La Société des Belles Personnes »  par Tobie Nathan

Editions : Stock

Parution : Août 2020

420 pages

22 €

La force de ce roman réside dans la fusion entre réalité historique et sentiments de l’auteur soucieux de transmettre ce qu’il advint aux Juifs égyptiens  après la seconde guerre mondiale. Dans les années 50  l’Egypte est aussi déséquilibrée que  son roi. Elle accueille d’anciens nazis  sous prétexte de bouter les Anglais hors du pays,  « la danse des Seigneurs » y est dénigrée par les militaires putschistes et interdite par les Frères musulmans. C‘est «  La Société des Belles Personnes » au cœur du Caire  que veut ressusciter l’auteur, là où est né le vieux Zohar Zohar : elle sait danser aux fêtes de la kudiya,  croit en Esther plus proche des djinns que des hommes, admire Doudou investir le minaret d’un chant biblique!  La première page de ce livre  commence avec l’enterrement à Pontin du vieux  Zohar Zohar,  qui n’a « pas perdu un seul fragment de son âme » malgré l’expulsion, l’exil,  le martyr de ses parents, ni oublié la vengeance promise aux siens.  Tobie Nathan va le faire revivre aux yeux de son fils François Zohar car ce dernier n’a pas pris encore  conscience des souffrances de ses ancêtres. Et c’est alors que le roman devient chasse aux nazis,  course à l’argent, course aux plaisirs, chasse aux cauchemars…Car Zohar Zohar forma avec ses trois amis juifs une famille d’inconsolables orphelins, désireux mais bien incapables d’embrasser le monde.  «Si Dieu pardonne tout, les hommes, rien », jusqu’à ce que la Providence ramène leurs pas à « La Société des Belles Personnes », là où on naît dans les pleurs mais où on meurt dans la joie, là où les youyous finissent par estomper la peur…Magnifique voyage au cœur du monde et de l’homme !

B. Clavel Delsol 

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 10:50
                                    « IMPOSSIBLE » par Erri DELUCA

                                    « IMPOSSIBLE » par Erri DELUCA

 

 Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2020

172 pages

16,50 €

 

 

Peu importe si l’accusé est coupable ou non. D’ailleurs le lecteur ne le saura jamais, pas plus que le magistrat qui l’accuse. Tout coïncide pour le crime parfait car la victime après avoir été un ami proche pendant les années révolutionnaires de l’Italie  fut un délateur. Cependant  l’inculpé fait preuve de rares  honnêteté de cœur et  probité d’esprit si bien que le magistrat donne l’impression de ne plus  chercher à savoir la vérité mais  plutôt à confirmer  ce dont il est sûr. Le but de l’auteur serait-il de remettre en cause la  justice en tant que telle? Il ne le semble pas car il souligne les dangers d’une vengeance personnelle toute relative. En fait ce paysage grandiose des Dolomites incite  l’auteur à  rester libre, libre vis à vis d’une justice qui pénalise un groupe et non l’individu, vis à vis des préjugés  des classes sociales et de leurs complexes, vis à vis d’un Etat totalitaire où les résultats de la procédure  ne sont que des approximations qui n’ont rien à voir  avec la vérité loyale du cœur humain. Peut être veut-il aussi justifier ses erreurs de jeunesse ? Heureusement son amour de la montagne apporte à cette technique d’ introspection  une précieuse  distanciation avec le monde en même temps que l'assurance de la bonne conscience ! Très beau livre où la tension dramatique est compensée par le lyrisme propre à Erri De Lucca et  par le fait que l’idéalisme n‘a pas  systématiquement le monopole de « l’impossible »…    

B. Clavel Delsol

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 16:58
« Fantaisie allemande » par Philippe Claudel

« Fantaisie allemande » par Philippe Claudel

Editions : Stock

Parution : Septembre 2020

170 pages

18 €

Le dernier livre de Philippe Claudel prête plus à la réflexion qu’au divertissement. Les  descriptions d’une Allemagne nazie ne pourraient justifier ce titre, ô combien déroutant, si l’auteur ne révélait pas l’essence même de la nature humaine. En effet  qu’ils soient acteurs ou victimes, déserteurs ou embrigadés, responsables d’hôpitaux psychiatriques ou simples agents d’entretien, ils apparaissent  fétus de paille ou  fruits de coïncidences hasardeuses, comme un fantaisie musicale se nourrit d’impromptus! Ici c’est le temps de la peur et de la mort. Il  engendre  l’incapacité  de résister, de discerner le bien du mal, voire même de ne pas différencier un brouillon d’une œuvre d’art. Plus tard peut survenir  un désir de faire éclater  la vérité ou simplement de se venger d’une génération meurtrière. Ironie du sort : les protagonistes s’appellent tous  Viktor.  Mais la victoire espérée n’est pas à n’importe quel prix, c’est celui  de la cruauté et du sadisme,   du génocide,  sans le moindre repentir, car chacun des  Viktor a toujours fait ce qu’on lui a dit,  jusqu'à déposer une petite Juive dans une fosse de morts. Alors ils s’éteignent peu à peu  dans  le noir d’une conscience pas nette, voire inexistante, celle qui a subi, obéi, hérité comme par transmission familiale. A une  génération de séniles qui s’endort au son de la musique nazie   succède  une jeunesse parfois morte avant d’avoir vécu, parfois au contraire assoiffée de vie mais incapable de la moindre compassion. Philippe Claudel ne juge pas, il met en garde tout simplement !

Brigitte Clavel Delsol

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 09:16
« Sur la terre comme au ciel » par Christian Signol

« Sur la terre comme au ciel » par Christian Signol

 

Editions : Albin Michel

Parution : Octobre 2020

246 pages

19,90 €

 

Le bien connu chantre de  la terre ne se limite pas à la contemplation des arbres et des sillons mais se révèle ici un  ornithologue hors pair, amoureux des  plus fragiles créatures. Sa connaissance des oiseaux, de la  plus petite sarcelle jusqu’aux grands hérons cendrés, n’est pas celle d’un scientifique mais d’un vieux gardien vigilent d’un  parc naturel où viennent se reposer les oiseaux migrateurs. Alors quand le malheur frappe son fils parti  pour découvrir les espaces  plus grands et plus  sauvages du Nord du Québéc,  le vieillard perçoit la ressemblance entre la jeunesse et ces oiseaux, avides d’immensité et de liberté, dont il a toujours regretté  les passages trop brefs au-dessus de ses étangs du Touvois. Parviendra-t-il à  redonner goût à la vie à ce voyageur imprudent  par le simple amour de sa terre natale ? Saura-t-il retenir ce fils auquel il a transmis sa passion pour la nature ? Et s’il était lui même responsable de ce désir permanent de pousser toujours plus loin les frontières terrestres ? Telles sont les questions posées une fois de plus par Christian Signol, éternellement partagé entre la terre et le ciel …

B. Clavel Delsol

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 18:17
« Les caves du Potala »  par Dai Sijie

« Les caves du Potala »  par Dai Sijie

 

Editions : Gallimard

Parution : Juillet 2020

172 pages

18 €

A Lhassa, capitale du Tibet définitivement annexée par Mao, les communistes chinois  lors de la révolution culturelle de 1968 transforment  les caves du célèbre Palais du Potala  en prisons et lieux de tortures pour les contre-révolutionnaires. C’est là que se trouve Bstsn Pa,  vieux peintre du dalaï-lama, qui, pour tenter de résister à ses cruels tortionnaires, remonte le temps heureux où  il peignait ses tankas, rouleaux de peinture sur toile réservés à l’art sacré. Il revit ses chevauchées à travers un pays empli de monastères, revoit les chemins des pèlerins bordés de reliquaires et moulins à prières et la lumière du lac des Visions, à l ombre du plus haut toit du monde, qui inspirait  ses pinceaux. De même que le  régent du Tibet avait  pour mission de trouver l’enfant digne de la réincarnation du dalaï-lama,  de même le peintre se doit de réaliser l’union mystique entre le ciel et la terre, entre le charnel et le spirituel. Dans cet enfer communiste rien ne  peut  sauver Stan Pa. Mais grâce à l’écriture de Dai  Sijie, aux descriptions des fresques comme des paysages, les œuvres de Stan Pa resteront éternelles. Livre enrichissant, autant historiquement que philosophiquement. Le lecteur découvre la coexistence du beau et du mal, l’apaisement de l’âme malgré la souffrance physique, une liberté intérieure que nul ne peut atteindre et l’intérêt de l’art sacré qui permet au commun des mortels d’accéder au monde harmonieux de la méditation et du recueillement.

B. Clavel Delsol

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 14:27
« La fièvre » par Sébastien SPITZER

« La fièvre » par Sébastien SPITZER

« La fièvre » par Sébastien SPITZER

 

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2020

310 pages

19,90 €

 


 

La Fièvre jaune envahit Memphis le 4 Juillet 1878, jour de la fête nationale. A partir de cet événement qui a dévasté  la ville en quelques semaines  Sébastien Spitzer   parvient à faire  sur  la nature humaine une véritable étude  psychologique, révélant les diverses réactions humaines  engendrées  par une telle épidémie. Le  style est bref, sans détour, les dialogues très vivants,  la tonalité parfois  lyrique, parfois  drôle,  parfois tragique. Mais les phrases vont s’allonger et les tempéraments se brouiller au fur et à mesure que les évènements s’aggravent. La population fuit la ville, les pillards l’envahissent, le maire  minimise les événements, le couvent des religieuses fait plus preuve de maladresses que de bonne volonté, le jeune docteur charlatan est un lâche  tandis que le responsable du journal local fait des découvertes insoupçonnées qui vont changer le point de vue de son quotidien. Si le racisme comme le puritanisme subsistaient encore  dans ce Sud enrichi  par le coton, la Fièvre les chassera à jamais, car les sauveurs de Memphis sont ceux que l’on n’attendait pas : Anna Cook transforme son lupanar en hôpital et T.Brown l'ancien esclave prend les armes pour rendre à la ville la paix qu’elle mérite. Ce très joli livre fait revivre sans le moindre manichéisme des personnages qui ont véritablement existé et dont  la grandeur d’âme est  aussi imprévisible que  contagieuse .  Histoire opportune en ce temps de virus!

B. Clavel Delsol

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