Editions : Stock
Parution : Mai 2009
236 pages
17 €
Chant d’amour ou plutôt chant du cygne, tel pourrait être interprété « Un temps fou » où Maud l’écrivain en mal d’écriture s’épanche sans s’arrêter à cause d’un homme qu’elle aime malgré elle. Séducteur au plus haut point, ce cinéaste n’hésite pas à l’appeler six ans après un brusque départ et à faire des allers-retours incessants : il a besoin d’une rédactrice pour ses films. Peu importe si elle n’a jamais fait d’écriture cinématographique, il l’a cernée aussitôt, l’important c’est de l’envelopper de son regard. Pas de prénom donné à cet homme aimé car il représente la gente masculine qui désarme, qui bouscule, qui rappelle un père, qui inspire des pages vides et qui, dans un paysage toujours blanc de neige, transforme la femme en Icare. Les phrases de Laurence Tardieu peuvent ne comporter que deux mots comme se poursuivre pendant presque trois pages. Il y a trop à dire quand la vie sort d’un rêve, quand à la peur de revoir l’autre succède le désir de le garder et l’incompréhension de ne le voir que passer, pour ne finir par entendre que des mots de séduction adressés à quelqu’un d’autre. Livre à conseiller à toute jeune fille en mal d’amour car si « un temps fou » est un souffle qui secoue de la torpeur de l’innocence, un fantasme qui réveille et fait apprécier « le bonheur d’être tout simplement en vie » ,il peut être aussi un vaudeville, un cataclysme qui fait de celle-ci « une toupie affolée » …
Brigitte Clavel