30 novembre 2023
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10:48
« VEILLER SUR ELLE » par Jean-Baptiste ANDREA
Editions : L’Iconoclaste
Parution : Août 2023
581 pages
22,50 €
Tout le roman tourne autour de la Pieta Vitaliani. Cette sculpture dérobée à la vue de tous tant elle causa de troubles partout où elle fut exposée, est maintenant dissimulée dans les soubassements de l’église de Pietra d’Alba, petit village du Piémont. Avant de la découvrir, le lecteur traverse toutes les embuches, les espoirs déçus, les souffrances de son créateur. Celui-ci se fait appeler Mimo, bien que baptisé sous le beau nom prémonitoire de Michelangelo Vitaliani. Le nanisme dont il souffre est heureusement compensé par ses dons de sculpteur hérités d’un père mort à la guerre mais dont il ressent l’influence quand il taille la pierre. Son histoire est liée à celle de Viola Orsini née sous les plus heureux auspices. Elle a la beauté, l’intelligence, la richesse, la volonté de tout savoir, tout connaître, tout maîtriser. Mimo n’a ni sa beauté, ni sa richesse, ni sa culture. Où veut en venir l’auteur qui passe allègrement sa narration d’un moine mourant à un nabot traînant dans la fange de Florence ou de Rome où il revient un jour en grand seigneur car, dorénavant célèbre, tout le monde s’arrache ses sculptures? Longtemps protégé des Orsini, ardents arrivistes auprès du saint Siège et des chemises noires de Mussolini, Mimo saura-t-il garder sa grandeur d’âme et toute sa liberté de penser ? Lui qui réalisa un Saint Pierre aux traits pleins de douceur et fragilité, édifiera-t-il la statue de "l’Homme nouveau" commandé par un régime totalitaire qui interne ses vieux amis juifs ? J-B Andrea parvient à faire une œuvre d’art en faisant d’un nain un grand homme tout en entremêlant les passions politiques et amoureuses. Son romantisme, plein de contrastes comme l’âme de ce sculpteur, est teinté d’une mélancolie qui n’empêche pas la victoire de l’amour sur la mort. Prix Goncourt bien mérité, car si Vitaliani n’a pas existé , il demeure la main de l’éternel divin créateur.
Brigitte Clavel Delsol
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2023
2013
21 juin 2023
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" La Formule de Dieu "
par J.R.Dos Santos
Editions : Poche
Parution : Mai 2013
717 pages
L’ambition de Dos Santos est grande : allier les théories du déterminisme et de l’indéterminisme de l’univers, résoudre les problèmes du libre arbitre et du fatalisme de l’existence humaine et ce, sans argumentations savantes qui décourageraient le lecteur, mais avec une simple enquête policière , celle d’un protagoniste qui n’a rien d’un héros ni d’un grand scientifique. Historien cryptologue, Tomas Noronha, de nationalité portugaise, est appelé à décrypter un message secret par deux commanditaires, la professeur Ariana, belle Iranienne, chercheuse en physique nucléaire au service de son pays, et Bellamy, membre de la CIA , arriviste sans la moindre empathie pour ceux qu’il utilise. Alors le roman prend une tournure semblable au caractère déterministe mais indéterminable des microparticules de l’atome ! Tout vient contrarier la quête de Thomas. La police secrète iranienne est à ses trousses sans jamais l’épargner. De plus elle a fait disparaître Siza, un grand astrophysicien, dont le savoir proche de celui d’Einstein est susceptible d’apporter la clef de l’énigme. Le récit des évènements semble concourir à la démonstration des systèmes chaotiques de l’existence selon la physique quantique. Et si le message d’Einstein n’avait rien à voir avec le nucléaire ? Et s’il portait sur quelque chose de bien plus important que cela ? C'est-ce que va découvrir Thomas en se rendant au Tibet auprès d’un ami du professeur Siza. Là, le sage bouddhiste expose une thèse poétique qui semblerait rapprocher la spiritualité orientale de la physique occidentale. Certes si l’univers se meut par le dynamisme des opposés, le yin et le yang, il obéit en fait à des règles bien définies. Mais le rythme cyclique du Big Bang et du Big Crunch, propre au principe de réincarnation bouddhiste, ne peut satisfaire notre enquêteur. C’est alors que le roman se transforme en science-fiction. A la fin de l’univers qui d’autre que l’intelligence artificielle peut survivre à l’ intelligence créatrice ? C’est ce qu’on appelle en littérature une chute, dénouement abrupte pour finir une roman de plus de 700 pages qui fait certes réfléchir , mais ne révèle pas le sens de la formule de Dieu ...
B.C.D.
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2013
8 avril 2023
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« Le lotus et le cosmos » par Trinh Xuan Thuan
Editions : Poche
1ere publication : 2013
256 pages
8,20 €
L’astronomie est loin d’être une science exclusivement rationnelle. C'est pourquoi ce célèbre astrophysicien n’a de cesse de faire de la recherche pour montrer la beauté de la nature, sa cohérence et son ordre malgré les découvertes de la physique quantique qui aboutissent à la théorie de la relativité. Vietnamien d’origine, il se réfugie pendant la guerre d’Ho Chi Minh aux Etats-Unis où il trouve un environnement propice pour découvrir la formation et l’évolution des galaxies. Son souci : vulgariser cette science jugée à tort trop rationnelle et ennuyeuse avec ses trous noirs, ses quasars et autres pulsars. Selon lui, le langage mathématique ne tue pas le mystère scientifique. La théorie du chaos, qui n’est autre que l’absence de prévisibilité à long terme, ne fait qu’accroître une plus large connaissance de l’origine du cosmos ainsi que les questions métaphysiques qu’elle engendre. En mêlant vie privée et recherche professionnelle, émerveillements scientifique et poétique, non pas par autocentrisme mais par pur souci philanthropique, Trinh Xuan Thuan prône cette théorie du chaos, trop souvent faussement interprétée, car elle permet aux lois immuables de la nature de participer à l’évolution perpétuelle de l’univers. Telle est la mission de ce bouddhiste contemplateur du firmament , qui, comme le poète William Blake, "voit l'univers dans un grain de sable" et confirme que « nous sommes tous des poussières d’étoiles ». Mais l'essence même de l'homme ne recèle-t-elle pas davantage? B. C. D.
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2013
2 février 2023
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« LES HERITIERS DE KERVALON » par Inès de Kertanguy
Editions : Albin Michel
Parution : 2013
585 pages
Cette saga familiale des Kervalon endeuillée par les deux guerres mondiales du début du XXème est incontournable, même si le sujet fut abordée maintes fois et entre autres plus récemment et magnifiquement par Alice Ferney. Les générations se succèdent, mais les problèmes sont toujours les mêmes. En 1900 un sens obsessionnel de l’honneur et du devoir règne et, quand il s’ajoute au tempérament froid du vieux comte Anastase de Kervalon, cette autorité pèse longtemps sur ses descendants, surtout quand ceux-ci héritent aussi de la profonde sensibilité artistique et spirituelle de la baronne son épouse. Zola ne disait il pas que « l’ hérédité a ses lois comme la pesanteur » ? Mais la guerre à deux reprises coupe court à tout malentendu. Elle ôte à Apolline ceux qu’elle aime, la laisse avec deux fils aux réactions très antinomiques face à la montée d’Hitler, comme déjà ses oncles s’opposaient violemment sur l’affaire Dreyfus. Le message d’Inès de Kertanguy se trouve dans cette singularité des personnages. A une époque où les préjugés aveuglent, où les idéologies politiques affluent, un désir unanime de liberté se fait ressentir à tous les niveaux. Le roman prend une tournure biblique quand le père s’oppose au fils , que ce soit chez les Kervalon ou dans la famille allemande von Reinecker, quand les frères eux-mêmes s’entredéchirent pour un héritage ou des opinions adverses. Heureusement la bonté du baron de Saint-Eliph, patron d’une entreprise familiale, et du docteur Jean Garancière, comme le courage non sans risque des villageois de la France occupée, laissent percevoir une classe sociale émergeante pleine de souci humanitaire. Tout l'art d'I. de Kertanguy est dans ses descriptions certes à valeur sociologique mais aussi métaphysique. La vie s'acharne sur ses nombreux personnages jusqu’à atteindre une surréalité implacable et tragique qui est bien l’image de cette première moitié du XXème siècle. Les histoires intimes mêlées aux évènements extérieurs sont le pur reflet de l’existence, apparaissant parfois même plus vraies que la réalité. « Je ne trempe pas ma plume dans un encrier , mais dans la vie » disait Blaise Cendras qu’Inès de Kertanguy met en exergue au début de son livre. Et si un arbre généalogiques est nécessaire pour suivre la lignée des Kervalon, il rappelle que toute famille est un roman, que la guerre n’est jamais loin, et que seul l’enracinement permet à la verticale d’atteindre le ciel…
B . Clavel Delsol
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2013
28 janvier 2023
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19:59
« FRED ASTAIRE, LA HAUTE SOCIETE DU SPECTACLE »
par Timothée GERARDIN
Editions : Playlist Society
Parution : Janvier 2023
109 pages
14 €
Ce livre de Timothée Gérardin sur Fred Astaire est époustouflant . Le critique de cinéma relate les comédies musicales de l'artiste hollywoodien avec une profonde connaissance et une interprétation toute lyrique. Certes l'acteur, chanteur, danseur, chorégraphe est un fantaisiste mais il est bien plus que cela. Son amour de la vie fait vibrer tout ce que capte son œil, les objets parlent par eux-mêmes autant que les êtres vivants. L’important c’est que le spectacle soit séduisant et il ne le sera qu’à la condition que les acteurs restent eux-mêmes. Si la spontanéité est requise elle ne dispense pas d’un travail préalable. Certes son pas de danse est révélateur , mais il n’est pas débutant ni hésitant. Il est le reflet de son état d’âme quand la quiétude succède au trac, quand la futilité de la séduction fait place à l'authenticité des sentiments et le talent devient naturel. Nul besoin d’une technique trop sophistiquée qui brouille le message, voire le supprime. Le décor est relayé au deuxième plan. Ce qui importe c’est la pensée qui s’exprime par le chant et la danse, c’est la joie qui émane de la scène, c’est l’art de la bascule qui donne le mal de mer ou l’ivresse du tournoiement. Si Aster chante sa solitude ou sa crainte d'obsolescence, l’autodérision est toujours présente et nous fait encore rire. Merci à T. Gérardin qui fait revivre la comédie musicale dont on a tant besoin. Il ressuscite un artiste qui ne s’est jamais pris au sérieux et nous divertit encore au-delà du temps. Car Aster est un magicien qui crée à partir de ce qu'il a à portée de main : tel est son secret dont le cinéphile éclairé sait percevoir la morale autant que la beauté…
B. Clavel Delsol
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2013
9 novembre 2022
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« Et le Ciel devient familier »
par Béatrice et François MORINIERE
Editions : Poche
Collection : Le Passeur
Parution : 2019
231 pages
7,90 €
Il y a neuf ans Sophie Morinière laissait sa vie dans un accident de car en Guyane alors qu’elle se rendait aux JMJ de Rio. Un livre à cinq voix, celles de ses deux parents, frères et sœur, témoigne du cheminement de chacun d’eux après une telle épreuve. Souci de reconstruction certes , mais aussi partage d’espérance . En effet dans un tel moment , il y a deux solutions : révolte et bannissement de Dieu ou au contraire recours et espérance en Dieu. Si, à plus ou moins court terme, la famille a choisi cette deuxième option c’est qu’elle sut décrypter dans le Ciel plus d’un signe. A la culpabilité de François qui a influencé sa fille pour un tel pèlerinage, succède le miracle de l'omniprésence divine. François découvre, à travers des rencontres compatissantes et des évènements inattendus, la consolation du Tout-Puissant. De même une lumière éclaire Béatrice: la vie soudain lui apparaît bien plus forte que la mort. Elle qui croyait connaître sa fille découvre la foi pudique que celle-ci confiait à ses amis et qui remplissait son quotidien. Son souci immédiat est alors de révéler à la jeunesse d'aujourd'hui l'importance des petits actes fraternels. Les Morinière ne sont ni moralisateurs ni théologiens , simplement pèlerins d'Emmaüs qui marchent dans les traces de Sophie. Tous les cinq dorénavant répondent présents là où se trouve leur destin. Leur leitmotiv : Dieu n’est en rien responsable des catastrophes. Au contraire Il met sur leur chemin des Simon de Cyrène désireux d'alléger leur peine et de lire sur le visage l’expression de la joie retrouvée. Livre à mettre entre les mains de toute personne souffrante d’un deuil. Brigitte Clavel Delsol
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2013
4 septembre 2020
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« La véritable tragédie de Panaït Istrati » par Eleni Samios-Kazantzaki
Editions : LIGNES/IMEC
Parution : Février 2013
335 pages
24 €
Ce journal de voyage des années 1930 est tout en finesse. Ils sont quatre jeunes, Panaït Istrati le Roumain, Nikos Kazantzaki le Crêtois et leurs compagnes respectives dont Eleni Samios-Kazantzaki, l’auteure de ce récit, à vouloir améliorer le monde et témoigner de visu la réalisation de leur rêve commun. Fervents sympathisants de Staline ils partent visiter l’Union soviétique avec l’espoir de découvrir le pays idéal. La désillusion est telle que Eleni Samios-Kazantzaki tient à témoigner de la tristesse profonde qui tuera à petit feu l’écrivain Istrati, renié par le tout Paris intellectuel et même le monde entier. Plein d’utopie, de joie de vivre, de générosité spontanée, ce vagabond éternellement inquiet du bonheur des pauvres était persuadé que le communisme qu’il nommait « la grande Idée » était le seul remède à tous les maux de la terre. Mais bien vite ce sympathique « chevalier de l’Amitié et de la Justice » découvre la tragique vérité, la haine des koulaks et des moujiks, la destruction systématique des églises, l’accusation à tort de son cher ami marxiste Victor Serge. Alors il se bat seul contre « la Machine infernale » sans ménager ses efforts ni ses amitiés, reprochant même à Nikos Kazantzaki auteur de « La liberté et la mort » sa froideur du cœur que son épouse récuse par leurs derniers échanges de courrier. Livre bouleversant qui révèle un monde où la voix des révoltés de l’injustice est trop souvent étouffée…
Brigitte Clavel Delsol
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2013
29 avril 2020
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« L’ombre d’Hannibal » par Paolo Rumiz
Editions : Folio
Parution : 2013
274 pages
Paolo Rumiz, comme Sylvain Tesson, aime voyager dans les paysages où l’Histoire a laissé des traces. Lors d’une excursion au col Clapier perché au milieu des pics enneigés des Alpes, l’écrivain italien est frappé de ne trouver au milieu des lichens qu’un petite plaque témoignant du « passage probable » du grand Carthaginois. Une telle minimisation de la célèbre équipée d'Hannibal avec ses éléphants incite Paolo Rumiz à mettre ses pas dans ceux de ce chef militaire invincible. Son rêve devient réalité, son point de départ est la Sardaigne, même si Hannibal n’y est jamais allé, car elle est le cœur de la puissance méditerranéenne, symbole de l’impossible entente entre les deux empire romain et carthaginois. Carthage, la cité sublime que Rome a balayée, est le miroir même d’Hannibal. Comme lui, elle est ensevelie dans les ténèbres pour avoir trop brillé. Alors le vent pousse notre voyageur jusqu’aux aux Colonnes d’Hercule, là même où Hannibal célébra son départ pour sa grande aventure, sans doute pour être confondu dans l’Histoire avec le tueur des monstres et le fondateur des villes. C’est à partir de ce moment que Paolo Rumiz va se référer autant à Tite-Live, Xénophon et Polybe que se fier aux rencontres fortuites et à son intuition. Une fois les Pyrénées franchies, montagne à laquelle Hercule donna le nom de sa bien aimée Pyrène, les voies sont multiples pour aller en Italie. Et si Hannibal avait fait comme Frédéric Barberousse, réparti ses hommes sur quatre cols différents ? Enfin pourquoi, après tant de combats féroces et de victoires éclatantes contre Rome, Hannibal n’a-t-il jamais été reconnu vainqueur, n’a reçu ni stèle ni couronne ? C’est à toutes ces questions que Paolo Rumiz répond, dans un style plein de poésie, au fur et à mesure qu’il avance dans ce monde des guerres puniques si ressemblant au monde d’aujourd’hui. Quête de Graal fructueuse qui donne envie de découvrir ce beau pourtour méditerranéen.
B. Clavel Delsol
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2013
2 juin 2017
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Editions : Albin Michel
Parution : Août 2013
462 pages
22,50 €
« Dans le silence du vent » par Louise Erdrich
Editions : Albin Michel
Parution : Août 2013
462 pages
22,50 €
Ce livre est recommandé à tous les amoureux de l’Amérique profonde, de ses paysages intenses où s’enfoncent les meilleurs justiciers comme les pires assassins, de ses tribus indiennes où « il ne faut presque rien pour être heureux». Son titre évoque parfaitement la belle histoire de Joe devenu adulte dans le plus grand des silences. Car sa mère, avocate et épouse d’un juge de la Réserve, a été gravement violentée et sa cliente assassinée, et c’est Joe lui-même qui s’aventure dangereusement sur les traces du criminel. La plume profondément américaine de Louise Erdrich abonde en détails précieux et touchants. Ses descriptions vont jusqu’à décrypter les rêves inavoués de vieux Indiens d’où émerge l’âme de ces territoires si fidèles aux traditions ancestrales, la force morale d’une enfant handicapée, les liens indéfectibles de l’amitié comme ceux de l’amour mutuel d’un père et d’un fils. Derrière des passages parfois très drôles parfois très émouvants s’instaure le débat de l’intervention de la justice fédérale sur les réserves indiennes. Ainsi le livre se poursuit comme il a débuté: un enfant qui a pour passe-temps l’arrachage de plants dans les fentes de sa maison vétuste devient un adulte féru de justice, et ce dans une atmosphère joyeuse et aimante pour nettoyer la société de son iniquité.
B. C. D.
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2013
12 janvier 2016
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Editions : Odile Jacob
Parution : Janvier 2013
289 pages
23,90 €
L’explication de la Bible par A. Laferrère est brillantissime. Après une telle lecture, impossible d’accuser le judaïsme et le christianisme de tyrannie, car la Bible se révèle être quête de vérité pour devenir creuset de liberté. Après que « Le livre des Juges » ait montré qu’un pouvoir faible ne peut pas fonctionner, les « Livres de Samuel » reconnaissent les dangers d’une monarchie totalitaire. En effet, en mettant en évidence la part du mal dans la nature humaine, le pouvoir des dirigeants eux-mêmes se doit d’être non seulement surveillé mais limité. C’est ainsi que naissent la légitimité du droit de l’individu unique et son devoir de défendre sa dignité ainsi que la survie du groupe auquel il appartient. Car, créée à l’image du Dieu créateur, l’humanité est appelée à changer le monde, à l’améliorer, à distinguer le bien du mal, et même à l’enrichir en mêlant les liens du sang. Aux leçons de morale du livre des « Proverbes » qui ne garantissent pas le bonheur ici-bas succède la sagesse intime de « l’Ecclésiaste » pour finir par le « Cantique des Cantiques», le plus beau poème qui ait jamais été écrit. Alors le règne de la Loi se voit renforcé par la Règle d’Or de Jésus, les Dix Commandements par les Béatitudes, le Royaume des Cieux par le résultat du travail des hommes. La première Eglise de Jérusalem va peu à peu s’ouvrir aux Gentils, et ce, grâce à St Paul, opposé au repliement de l’Eglise sur elle-même, mais fervent défenseur de son ancrage dans la société. Ainsi le lecteur acquiert la certitude que « partie à la recherche de Dieu, la Bible a trouvé la liberté ».
Brigitte Clavel Delsol
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2013