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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 22:42

Editions : P.O.L

Parution : Août 2015

316 pages

17 €

Estimation : 4,5 / 5

 

 

La richesse du style de Nathalie Azoulai  prouve ce qu'elle veut démontrer: l'étude de l'âme humaine est le meilleur remède à tous les maux. Une déception amoureuse d'une dénommée Bérénice suffit à lui rappeler les affres universelles de l'amour chantées par Racine et à rédiger une magnifique biographie de notre plus grand auteur de tragédies. L'atmosphère de Port Royal marque le jeune orphelin plus attiré par la culture antique que par la religion janséniste. Eternellement écartelé entre le sens austère du devoir et les plaisirs de la vie, la rédaction des vers le grise encore plus que le vin. Mais rien ne l'épargne. Il tombe dans les filets de célèbres comédiennes qu'il aime autant qu'elles le feront souffrir, les faveurs du roi tournent comme le soleil , quand un frère Corneille meurt l'autre rivalise encore avec lui, les tourments de la mère abbesse sa tante ressuscitent les chants de Didon puis laissent place à ceux de la Maintenon. Seul Nicolas Boileau reste l' ami fidèle et seul l'espoir de la postérité posthume estompe l'angoisse du poète. Ce qui importe c'est le jeu de la versification , le rythme musical , le passage de la prose à la poésie, de la tirade au dialogue, et même du cantique au silence. Car impossible de mieux réconforter l'homme quand il est rongé tout à la fois par l'innocence et la culpabilité. Et c'est ainsi que  Racine  apaise un monarque  et console toutes les Bérénice...Livre d'une grande qualité littéraire qui a bien mérité le prix Médicis 2015.

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 16:48

 

Editions : Folio

Réédité en 2015

155 pages

6,40 €

 

Sans doute cet ouvrage  a-t-il été réédité cette année pour faire passer son  message intemporel ! Le paysage est celui d’une France rurale sous la botte allemande où la pauvreté de la terre s’ajoute à la  dureté de l’existence. C’est  alors avec douleur que le lecteur suit la vie de deux  femmes qui souffrent en silence sans avoir la possibilité d’être entendues  ni la capacité de s’exprimer. L’une est la mère défunte du narrateur, qui n’est autre que l’auteur lui-même, l’autre  sa mère adoptive, auxquelles celui-ci dédie ce livre. La première est accusée de schizophrénie, tandis que la seconde se noie dans le travail. Aucune tendresse ne sera jamais manifestée au petit paysan avant qu’il rejoigne « l’école d’enfants de troupe » où la sévérité ne fait qu’accroître ses craintes et scrupules de ne rien valoir. A défaut de pouvoir s’exprimer, le jeune homme  bâillonné court à sa perte, se révolte, tombe dans  la haine, la violence et la désespérance.  Alors, heureux celui qui,  comme Charles Juliet, avant de tomber en « lambeaux », se réfugie dans la lecture et l’écriture, étudie le sens des  mots avec précision,  cherche la sincérité de l’expression, la justesse de la phrase,  et découvre que la conquête du langage va de paire avec celle de la vie ! La lumière jaillit, une renaissance a lieu, le savoir est un privilège qui se doit d’être transmis… D’où un récit à la deuxième personne du début à la fin, car c’est  à tous ceux « jamais remis de leur enfance », « jamais aimés », « jamais écoutés » que Charles Juliet dédie aussi ce livre pour que, comme lui, ils parviennent à gagner leur liberté …

Brigitte Clavel Delsol

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 14:06

 

 Editions : S. Wespieser

Parution : Août 2015

461 pages

25 €

Estimation : 3/5

  Absolument rien de fictif, voire même un manque de romanesque dans cette biographie inextricable  des Mendelssohn  qui entraîne Diane Meur sur quatre continents du XVIIIème  siècle  à nos jours. Il est vrai que les talents multiples et variés de cette grande famille juive résume à elle seule l’histoire du monde en perpétuelle mouvance.  Si les qualités intellectuelles de Moses Mendelssohn, philosophe des Lumières, sont célèbres , comme  les dons  de  Félix Mendelssohn en tant que musicien , c’est Abraham, le fils du premier et le père du second, qui est le cœur du livre. Banquier au tempérament d’artiste, celui-ci n’aura de cesse  que  de respecter les pensées d’un père éclairé et de protéger ses  enfants talentueux. Alors les thèmes abordés par l’auteure sont multiples. Des allers-retours dans le temps ont lieu car, dans la chaîne familiale, chaque maillon a  son rôle.  Fidèles au nom d’origine ou à celui adapté à l’époque, juifs convaincus ou chrétiens convertis, allemands ancrés dans la Wehrmacht ou exilés, généreux donateurs ou rebelles, excentriques ou cloîtrés, l’arbre généalogique se ramifie à l’infini. Et si  Diane Meur semble épuisée par ses recherches, le lecteur est ragaillardi par ce beau nom de Mendelssohn qui signifie « fils de notre consolation » …

Brigitte Clavel Delsol

Parution : Août 2015

461 pages

25 €.

  Absolument rien de fictif, voire même un manque de romanesque dans cette biographie inextricable  des Mendelssohn  qui entraîne Diane Meur sur quatre continents du XVIIIème  siècle  à nos jours. Il est vrai que les talents multiples et variés de cette grande famille juive résume à elle seule l’histoire du monde en perpétuelle mouvance.  Si les qualités intellectuelles de Moses Mendelssohn, philosophe des Lumières, sont célèbres , comme  les dons  de  Félix Mendelssohn en tant que musicien , c’est Abraham, le fils du premier et le père du second, qui est le cœur du livre. Banquier au tempérament d’artiste, celui-ci n’aura de cesse  que  de respecter les pensées d’un père éclairé et de protéger ses  enfants talentueux. Alors les thèmes abordés par l’auteure sont multiples. Des allers-retours dans le temps ont lieu car, dans la chaîne familiale, chaque maillon a  son rôle.  Fidèles au nom d’origine ou à celui adapté à l’époque, juifs convaincus ou chrétiens convertis, allemands ancrés dans la Wehrmacht ou exilés, généreux donateurs ou rebelles, excentriques ou cloîtrés, l’arbre généalogique se ramifie à l’infini. Et si  Diane Meur semble épuisée par ses recherches, le lecteur est ragaillardi par ce beau nom de Mendelssohn qui signifie « fils de notre consolation » …

 Editions : S. Wespieser

Parution : Août 2015

461 pages

25 €.

  Absolument rien de fictif, voire même un manque de romanesque dans cette biographie inextricable  des Mendelssohn  qui entraîne Diane Meur sur quatre continents du XVIIIème  siècle  à nos jours. Il est vrai que les talents multiples et variés de cette grande famille juive résume à elle seule l’histoire du monde en perpétuelle mouvance.  Si les qualités intellectuelles de Moses Mendelssohn, philosophe des Lumières, sont célèbres , comme  les dons  de  Félix Mendelssohn en tant que musicien , c’est Abraham, le fils du premier et le père du second, qui est le cœur du livre. Banquier au tempérament d’artiste, celui-ci n’aura de cesse  que  de respecter les pensées d’un père éclairé et de protéger ses  enfants talentueux. Alors les thèmes abordés par l’auteure sont multiples. Des allers-retours dans le temps ont lieu car, dans la chaîne familiale, chaque maillon a  son rôle.  Fidèles au nom d’origine ou à celui adapté à l’époque, juifs convaincus ou chrétiens convertis, allemands ancrés dans la Wehrmacht ou exilés, généreux donateurs ou rebelles, excentriques ou cloîtrés, l’arbre généalogique se ramifie à l’infini. Et si  Diane Meur semble épuisée par ses recherches, le lecteur est ragaillardi par ce beau nom de Mendelssohn qui signifie « fils de notre consolation » …

 Editions : S. Wespieser

Parution : Août 2015

461 pages

25 €.

  Absolument rien de fictif, voire même un manque de romanesque dans cette biographie inextricable  des Mendelssohn  qui entraîne Diane Meur sur quatre continents du XVIIIème  siècle  à nos jours. Il est vrai que les talents multiples et variés de cette grande famille juive résume à elle seule l’histoire du monde en perpétuelle mouvance.  Si les qualités intellectuelles de Moses Mendelssohn, philosophe des Lumières, sont célèbres , comme  les dons  de  Félix Mendelssohn en tant que musicien , c’est Abraham, le fils du premier et le père du second, qui est le cœur du livre. Banquier au tempérament d’artiste, celui-ci n’aura de cesse  que  de respecter les pensées d’un père éclairé et de protéger ses  enfants talentueux. Alors les thèmes abordés par l’auteure sont multiples. Des allers-retours dans le temps ont lieu car, dans la chaîne familiale, chaque maillon a  son rôle.  Fidèles au nom d’origine ou à celui adapté à l’époque, juifs convaincus ou chrétiens convertis, allemands ancrés dans la Wehrmacht ou exilés, généreux donateurs ou rebelles, excentriques ou cloîtrés, l’arbre généalogique se ramifie à l’infini. Et si  Diane Meur semble épuisée par ses recherches, le lecteur est ragaillardi par ce beau nom de Mendelssohn qui signifie « fils de notre consolation » …

 Editions : S. Wespieser

Parution : Août 2015

461 pages

25 €.

  Absolument rien de fictif, voire même un manque de romanesque dans cette biographie inextricable  des Mendelssohn  qui entraîne Diane Meur sur quatre continents du XVIIIème  siècle  à nos jours. Il est vrai que les talents multiples et variés de cette grande famille juive résume à elle seule l’histoire du monde en perpétuelle mouvance.  Si les qualités intellectuelles de Moses Mendelssohn, philosophe des Lumières, sont célèbres , comme  les dons  de  Félix Mendelssohn en tant que musicien , c’est Abraham, le fils du premier et le père du second, qui est le cœur du livre. Banquier au tempérament d’artiste, celui-ci n’aura de cesse  que  de respecter les pensées d’un père éclairé et de protéger ses  enfants talentueux. Alors les thèmes abordés par l’auteure sont multiples. Des allers-retours dans le temps ont lieu car, dans la chaîne familiale, chaque maillon a  son rôle.  Fidèles au nom d’origine ou à celui adapté à l’époque, juifs convaincus ou chrétiens convertis, allemands ancrés dans la Wehrmacht ou exilés, généreux donateurs ou rebelles, excentriques ou cloîtrés, l’arbre généalogique se ramifie à l’infini. Et si  Diane Meur semble épuisée par ses recherches, le lecteur est ragaillardi par ce beau nom de Mendelssohn qui signifie « fils de notre consolation » …

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 17:29

 

 

 

Editions :Verticales

Parution : Septembre 2015

74 pages

7,50 €

Estimation : 4,75 / 5

 Un seul nom, celui  Lampedusa, suffit à la narratrice pour susciter en elle tout  un flot de pensées.  Lampedusa ne résonne  plus comme au temps du film de Visconti quand les palais siciliens  abritaient les plus beaux bals du monde. Il est plutôt l’écho de la pensée profonde  de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, lui-même auteur du roman posthume « Le Guépard », qui pressentait déjà  le déclin de l’aristocratie.  Le temps n’est plus au faste,  les rêves n’ont plus leur place, la richesse  de la  Sicile n’est plus qu’un souvenir, la Méditerranée est devenue un gouffre de pauvreté où se jettent  les migrants. Chaque chapitre commence comme  le titre du livre, « à ce stade de la nuit » car la narratrice  laisse libre cours à ses pensées nocturnes, tandis que  la terre est plongée dans l’obscurité, que  l’homme  n’y voit plus clair, s'enfuit et se perd.  Le temps des découvertes et des conquêtes est révolu,  la politique n’est rien d’autre qu’instinct de puissance, la richesse donne la nausée, jusqu’au jour  où dame nature n’offre  pour reflet que la décrépitude de l’homme lui-même. Alors, ce qui importe, c’est l’histoire de la terre, c’est le lien ancestral, c’est le chant du paysage,  c’est l’hospitalité  de l’île,  c’est la réconciliation  de l’écrivain avec le monde. Très joli livre, un brin trop court...

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 20:57

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2015

610 pages

23,50 €

Estimation : 3/5

 

Très beau roman qui  laisse derrière lui à la fois un sillage de tristesse mais aussi  un rayon d’espérance. Dans les années 40,  Marie-Laure est aveugle et n’a pour bonheur que l’amour d’un père suspecté par les Allemands d'être en possession d'un trésor du Musée de Sciences Naturelles de Paris où il travaillait. Réfugiée à Saint-Malo chez un grand-oncle résistant qui va l'initier à faire des radiodiffusions, la jeune fille malgré sa cécité,  le bruit des bottes dans la rue et les bombardements américains dans le ciel, fait preuve d'un sang froid qui va l'amener à faire de la résistance à son tour. A deux pas de là,   Werner,  enrôlé dans la Wehrmacht avant l’heure pour sa perspicacité à réparer les radios et intercepter les ondes de la zone occupée, est séduit par cette douce voix radiodiffusée qui contraste avec la cruauté de ses chefs et fera tout pour la retrouver.  Une fois  Saint-Malo libérée, quelle sera  l'attitude de Werner, fuir ou se rendre? Quand on a rencontré des êtres pleins de loyauté et de bonté , la vérité s'impose.  Tel est l'objectif de l'auteur , montrer l'influence des êtres pleins de bonté et de loyauté qui, par leur courage héroïque,  savent détourner le cours du destin.  Roman magnifique qui a inspiré un très beau film cinématographique.  

B Clavel Delsol 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 08:31


Éditions : Gallimard

Parution : Septembre  2015

274 pages 

Estimation : 4/5

 

Sous la forme apparente d'un roman," 2084"  n'est autre qu'un essai qui fait écho à G. Orwell: montrer les dangers du radicalisme idéologique propagé comme  religion sacrée. L’Abistan est un  pays où les habitants sont soumis comme des esclaves, élevés dans la peur d’être des mécréants et dans l’interdiction de discerner par eux-mêmes le bien du mal.  Suite à un long séjour dans une forteresse médiévale en guise de sanatorium, Ati découvre, en même temps que  les bienfaits de la réflexion personnelle, l'existence de pèlerins qu'il voit passer sans jamais revenir et d’un ghetto de renégats formellement interdit d’accès.  Alors naît en lui un désir  de liberté inavouable hors de "l'Appareil" dans lequel il doit se réinsérer.   De multiples dangers  l’attendent, de l’épreuve de vérité de « la sainte Examination » jusqu’à l’acharnement des « spécialistes de la manipulation mentale » et l’extermination de ses amis. Le  style a la lenteur orientale, le vocabulaire se veut religieux, mais la sonorité des mots sciemment gutturale rappelle à l’ordre de « la Pensée unique »…  Alors Ati s'enfonce dans la montagne enneigée  chercher cette  frontière qui  n'est pas un mythe et voir  l'horizon qui ouvre sur la réalité du monde. Roman dans la lignée de Voltaire, aux multiples détails qui méritent d’être lus et relus.

 

Brigitte Clavel Delsol

 

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 08:02

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2015

161 pages

16 €

 

L’âge avancé de F. Cheng ne l’empêche pas d’avancer d’un pas léger. Ce qui pourrait paraître cocasse n’est autre que,  signe, écho, correspondance. « Les bleus du ciel et de la mer »  reflètent « les bleus de l’âme » comme « la juste voix ne surgit / qu’au cœur de la voie ». Avec F. Cheng, impossible de se tromper de chemin. La pierre  comme le filet d’eau sont leçon de vie avant même que la fleur justifie la création et le fruit l’extase. Le centre de l’existence est là où le cœur bat et résonne, où la soif s’étanche, où le passant déchiffre plus qu’il ne nomme. Le ton devient de plus en plus plus grave.   Une « seconde enfance » est nécessairement « enfantée »  avant de se figer dans le silence des grandes choses où  résonne le pas  de celui qui avance et sait qu’il va partir sans ne vouloir rien oublier ni personne.  Alors il faut engranger sciemment les  beaux souvenirs comme les souffrances pour poursuivre sa voie,  les mains   et le cœur toujours pleins. Le vide hanté par la mort n’est que prétexte à se dépasser en créant, à métamorphoser l’effroi en gloire. Le texte  est si beau dans sa forme et si précieux sur le fond qu’il incite le lecteur à l’apprendre  par cœur.

Brigitte Clavel Delsol

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 11:37

 

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2015

76 pages

11 €

Estimation : 2,5 / 5

 

Le dernier livre de C. Bobin surprend : son format, plus grand que le traditionnel Gallimard, offre  des pages  à moitié blanches. Le vide ressenti se meuble peu à peu  d’ images  naïves en guise de mots.  « Noireclaire » est l’épanchement  d’ « un enfant au crâne rasé » avec entre les mains « un bouquet de fleurs mortuaires ». Depuis vingt ans Claire est  « une  fleur d’églantier déchirée » que Christian  Bobin continue de sentir à ses côtés.  Noire comme l’ombre certes,  mais une ombre protectrice qui rappelle les souvenirs heureux.  « Ange » d’avoir trop aimé la vie et « pécheresse »  de l’avoir quittée trop vite, Claire inspire ce « livre hanté »  qui n’est pas le premier depuis sa mort. Mais son sourire parvenant  à percer le « mur du temps »,    il  atténue la mauvaise conscience   de poursuivre l’existence. Il faut continuer à aimer chats et genêts, ciel et forêts, « le sourire étant la  seule preuve  de notre passage sur terre ».  

Brigitte Clavel Delsol

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 10:47

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2015

455 pages

23,90 €

Estimation : 4,75 / 5

 

Pas la moindre description stéréotypée dans cet atlas,  seulement les instantanés d’un globe-trotter, inquiet de révéler avec le plus de justesse possible la beauté des quatre coins du monde à travers les hommes,  la faune  et la flore. Le moindre indice est pour lui un  enseignement, une occasion de communier  avec une  terre étrangère. Ainsi l’ascétisme de l’habitant de l’île de Pâques  justifie à lui seul les rites ancestraux  de ce lieu aux mille statues de pierre.   Le  passage de l’ornithologue irlandais suffit  à transformer la pierre éphémère du  Grand Dragon  en un chant de terroir éternel.   Par sa peur de la baleine  à bosse, le nageur des bas-fonds découvre ce que peut être  l’indifférence abyssale, la  force   majestueuse d’une montagne ou  de l’albatros  pressentant un tsunami. Les événements  se multiplient et surprennent  par leur signification quasi divine. Ce n’est pas l’arancaria de quarante mètres de hauteur qui étonne, mais le menuisier brésilien auquel il manque un bras pour ensevelir au pied de l’arbre un défunt juif exilé. Ce n’est pas la beauté du monastère de Lambach qui surprend   le promeneur mais la paix qui s’en dégage.  A San Diego un phénomène astrologique rare est minimisé par un  incident infime qui transforme  une foule de  touristes impatients en cueilleurs d’étoiles pleins d’humanité. Une envie irrésistible s’empare du lecteur de voyager avec cet auteur qui déniche l’invisible et fait des quatre coins cardinaux un tabernacle où l’homme évolue dans la plus grande innocence.  

Brigitte Clavel Delsol

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 10:07

 

Editions : Grasset

Parution : Août 2015

316 pages

19 €

Estimation : 4/5

 

Autobiographique ou pas, peu importe. L’intérêt du livre, écrit par une plume émotive bouleversante,  est de montrer les répercussions de la guerre sur un déséquilibré  dont la folie engendre  des séquelles cruelles sur son environnement proche. Son épouse abêtie par la peur est complètement anéantie, et son  silence pour sauver la face fait preuve de la plus grande lâcheté. Leur fils, surnommé Picasso pour ses talents en dessin, se voit partagé entre une admiration feinte et une soumission forcée au rythme de menaces concrétisées en punitions sadiques.  Comme son père l’enfant finit par confondre fabulation et réalité, et, plus grave encore, à admirer son bourreau tout en  transposant le comportement machiavélique de celui-ci sur le plus faible de sa classe.  Déroulement  psychologique bien connu, aux blessures difficiles à cicatriser. La seule porte de sortie : la résilience, et avec elle la créativité. Le petit Picasso  devenu adulte se plaît à «réparer» les vieux tableaux. De même, par l’écriture,  S. Chalendon  métamorphose  la souffrance morale.   Très joli livre  où malheureusement la caricature dans ses retranchements les plus intimes  peut  rejoindre la réalité.

Brigitte Clavel Delsol

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