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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 17:57

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Mars 2015

387 pages

21 €

Évaluation : 3/

Le dernier livre de Jean-Christophe RUFIN est un véritable « club des cinq » pour adultes,  aux péripéties crédibles grâce à un  cadre géographique réaliste et un  contexte historique précis, la Bosnie en 1995. Un convoi d’ONG français part approvisionner, dans ce cœur des Balkans, les habitants de Kakanj obligés de se réfugier dans les fours désaffectés de leur réserve minière. Mais qui sont ces cinq  humanitaires tous aussi différents les uns des autres ? Car si le lecteur s’enfonce dans l’ex-Yougoslavie déchirée par la guerre, où les voisins d’hier s’entretuent quand ils ne sont pas paralysés de froid aux check-points enneigés, il découvre en même temps des bénévoles idéalistes qui, malgré leurs liens d’amitié, vont de désenchantements en désenchantements mutuels pour ne finir qu’en une « tragique équipée ». Un beau panel de personnages de tout âge  est hanté par des frontières à défendre ou par des sentiments  intimes incompréhensibles. Pas une minute d’ennui dans ce roman d’aventure  riche en action et en psychologie, où malheureusement le caritatif est rattrapé par la violence. Souvenirs personnels de l’auteur, pionnier de l’humanitaire « sans frontières » où  il connut quelques déceptions? En tout cas sous la plume de l’écrivain subsiste l'humaniste dont le premier rôle est de porter secours, conscient de la diversité des hommes qui se côtoient sans jamais bien se connaître. La cruauté semble aussi stupide qu’inhumaine, alors que l’amour paraît  si simple ...

Brigitte Clavel Delsol

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 14:05


 Éditions : Flammarion 
Parution : Mai 2015
231 pages 
19 € 

 

 


 Le lecteur a vite fait de comprendre le titre éponyme de ce livre. La narratrice a honte de sa grand mère paternelle Aravni. Les habitudes de celle-ci, étrangère aux coutumes françaises et  à la mode parisienne, lui sont concédées pour l'unique raison d être "une rescapée du génocide  arménien". Mais personne ne sait vraiment ce qu'a enduré Aravni et sa petite fille Valérie va la faire parler.  Ce roman, aussi biographique qu'historique, montre  alors toutes les horreurs et cruautés de la déportation des Arméniens qui ne fut autre qu'une tactique des Jeunes-Turcs nouvellement arrivés au pouvoir pour exterminer ce peuple chrétien. A la fin du roman, l'étrangère devient l'essence même de la femme vouée à résister  et à faire aimer la vie malgré tout. Le diplôme miraculeusement sauvegardé d'un époux à peine connu par cette apatride traquée et dépouillée symbolise la grandeur de la culture, unique richesse face à la barbarie, unique espoir d'une reconstruction possible. Sans doute ce livre trouve-t-il son inspiration dans une belle et vraie histoire familiale, mais aussi dans une actualité brûlante qui rappelle un passé trop ignoré et qui incarne une fois de plus les horreurs d'un nationalisme fanatique.

Brigitte Clavel Delsol 

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 21:56

 Éditions :Arthaud
P arution: Avril 2015
163 pages 
15 €




 Au début de ce roman la tonalité est allègre et spontanée , pleine d'humour  comme si les longues  phrases s'échappaient du  subconscient du personnage principal, journaliste  original , voire un peu loufoque . Ses regrets:  ne pas avoir choisi son lieu et son époque de naissance  , et ne pas avoir su profiter d'occasions qui ne se renouvelleront jamais. Alors quand le petit Ricardo croit qu il est son père, notre voyageur qui débarque  au Brésil  ne le dément pas . "Être n'importe qui. Et  n'importe quand. Et  n'importe où", être enfin reconnu comme quelqu'un , jouer sa vie et singer le bonheur , quoi de plus passionnant? Le lecteur  s'attache à lui tandis que tous les villageois de Belém s'efforcent de retrouver en lui Luis Carlos, coureur de jupons violent  et chercheur d'or bien peu sympathique.  " En disant oui , j étais entré dans mon pays",  reconnaît notre gentil usurpateur. En se faisant passer pour un autre, celui-ci  va peu à peu trouver son identité propre :  rendre un temps heureuse Maria de Lurdes, oublier toute ambition professionnelle en étant un modeste marchand de poissons, apprivoiser  Belém, ses rues sombres et ses nuits tranquilles, ses favelas et ses chants magnifiques. Tel est l'acheminement de notre héros qui "naît dans le pays qu'il découvre", belle invitation au voyage de la vie, où l'imprévu bouleverse toujours le quotidien..

Brigitte Clavel Delsol

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 10:29

 

 
Éditions : Denoël
Parution : Mars 2015 

482 pages

21,90 €

Évaluation :  1/5

 
 
Ce joli titre est bien justifié. L'histoire est simple, c'est celle d'une bibliothèque ouverte par Sara Lindqvist, jeune suédoise qui se retrouve au fin fond de l'Iowa, avec pour seul amour celui des livres et pour seule amie Amy Harris, une vielle américaine défunte. Comment s´occuper à Broken Wheel, ville morte à cause  de la disparition des petites propriétés agricoles et du petit commerce, si ce n'est en se plongeant dans les livres d'Amy Harris?  Que donner à ces villageois au cœur cabossé par le marasme économique en échange de leur accueil chaleureux  si ce n'est  le plaisir de la lecture? Sara désire alors ouvrir une bibliothèque avec les livres d'Amy Harris qui devrait attirer  plus de monde que le bar de Grace, dernière  boutique survivante où se noient tous les problèmes amoureux des Broken Wheeliens. L'auteure sait manier humour et tendresse, décrire des sentiments intimes tout en proclamant des pontifes politiquement corrects. Sa critique du capitalisme et de la religion au travers d'un anticonformisme sympathique lui inspire des personnages qui frisent la caricature . Ceux-ci, si  vulnérables, s'enfoncent dans  le désespoir . Sara, la touriste de passage,apparaît comme leur dernière bouée de sauvetage. Selon elle comme selon l'auteure, seuls les livres apportent le goût de la vie et l'énergie nécessaire pour réagir. La bibliothèque  de Sara  parviendra-t-elle à réveiller Broken Wheel? Ce qui est sûr c'est que ce roman de Katarina Bivald est plaisant,  - en dépit d' une traduction parfois maladroite- , d'autant plus qu'il prouve a contrario que la liberté  du commerce apporte plus de joie profonde que la liberté des mœurs. Ce livre  reste avant tout un bel éloge à une littérature sans autre prétention que celle d'apporter l'envie de lire ...
B Clavel Delsol 
 
 
 
 
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"La librairie des cœurs cabossés" par Katarina Bivald
 
Éditions : Denoël
Parution : Mars 2015 
482 pages
21,90 €
 
Ce joli titre est bien justifié. L histoire est simple, c'est celle d'une librairie ouverte par Sara Lindqvist, jeune suédoise qui se retrouve au fin fond de l'Iowa, avec pour seul amour celui des livres et pour seule amie Amy Harris, une vielle dame défunte. Comment s ´occuper à Broken Wheel, ville morte à cause  de la disparition des petites propriétés agricoles et du petit commerce, si ce n'est en se plongeant dans les livres d'Amy Harris?  Que donner à ces villageois au cœur  cabossé par le marasme économique en échange de leur accueil chaleureux  si ce n'est  le plaisir de la lecture? Sara désire alors ouvrir une librairie avec les livres d'Amy Harris qui devrait attirer  plus de monde que le bar de Grace, dernière  boutique survivante où se noient tous les problèmes amoureux des Broken Wheeliens. L'auteure sait manier humour et tendresse, décrire des sentiments intimes tout en proclamant des pontifes politiquement corrects. Sa critique du capitalisme et de la religion  au travers d'un anticonformisme sympathique lui inspire des personnages qui frisent la caricature . Ceux-ci, si  vulnérables, s'enfoncent dans  le désespoir . Sara la touriste de passage apparaît comme leur dernière bouée de sauvetage. Selon elle comme selon l'auteure,seuls les livres apportent le goût de la vie et l énergie nécessaire à réagir. La librairie de Sara  parviendra t elle à réveiller Broken Wheel? Ce qui est sûr c'est que ce roman de Katarina Bivald est plaisant,  - en dépit d une traduction parfois maladroite- , d autant plus qu'il prouve en définitive que la liberté  du commerce apporte plus de joie profonde que la liberté des mœurs. Ce livre  reste avant tout un bel éloge à une littérature sans autre prétention que celle d'apporter l'envie de lire ...B Clavel Delsol 
 
 
 
 
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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 14:52

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mars 2015

391 pages

 

Ce n’est pas le premier roman inspiré par le coma profond d’un être cher, mais l’originalité de "Si tu m'entends" réside dans la réceptivité  du comateux face à l’attitude de chacun de ses proches, qu’il soit soignant ou familial. Si David Novak, suite à une chute d’un échafaudage, n’a plus aucune sensation physique apparente, il semble qu’un sixième sens, reconnu aujourd’hui par tout neurophysiologiste, se développe en lui, à tel point qu’un échange silencieux s’effectue avec ceux qui veulent bien l’entendre. Point de faux-semblant. Ceux qui ont la chance de rester naturels vont transformer ceux paralysés par le chagrin et tous à leur manière rejoignent David dans son monde inconscient. Livre qui révèle à la fois  la puissance de l’amour dans de telles circonstances et les limites de la médecine. Si « tout est sous contrôle », la communion entre les êtres ne l’est pas, chacun  à sa façon manifeste ses impressions, et le tableau de famille est riche en diversité. Tandis que David Novak se retrouve seul un instant, apaisé, sa chambre s'emplit de lumière, il se sent expulsé hors d’un long tunnel, là où «  tout est ouvert ».  L’auteur a réussi son pari, elle nous convainc que  « L’autre bout du monde, après tout, se trouve à nos pieds ».  B. Clavel Delsol.

 

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 11:15

 

 

Editions : HC

Parution : 1er trim. 2015

439 pages

22€

 

Tout lecteur de ce joli roman ne pourra dorénavant visiter les cathédrales de Chartres, de Bourges, de Burgos ou de Léon sans penser à leurs maîtres d’œuvre, aux deux frères Rouen et  tout spécialement à Henri de Rouen, fils et neveu de ces deux derniers. Au début du XIIIème siècle, les cathédrales de France éblouissent le monde entier et Henri de Rouen est appelé à poursuivre les travaux de la cathédrale de Burgos commencés par son oncle, qui d’autorité avait exclu l’art de la peinture murale au profit de la lumière. Que vont devenir Arnaud de Randol et sa fille Térésa, deux célèbres artistes peintres, cathares d’origine, réfugiés secrètement en Espagne, si leur art est relégué au second plan et leurs mœurs interdites ?  Ainsi  J.L. Corral, avec pour  simple prétexte le respect  du « nombre de Dieu » seul capable de réaliser l’harmonie divine selon les architectes de l’époque, entremêle fiction et réalité. Un regard anachronique va juger l’Histoire avec les yeux du présent. Au nom du Christ, le roi Ferdinand combat les musulmans, les chrétiens d’Occident éliminent les « Parfaits », les évêques confondent leur ambition personnelle avec celle de leur église, et les impôts réservés à la guerre font la gloire du roi plus que celle du peuple. Mais Térésa n’a rien d’une sorcière, même si elle envoûte Henri de Rouen. Elle se veut simplement libre de tout lien, désireuse d’égalité comme Henri de Rouen lui-même quand il engage de jeunes sculpteurs  musulmans. Un livre passionnant où la volonté personnelle combat en permanence les idées toutes faites, ce que seul l’art gothique parvient à réaliser.

B Clavel Delsol

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 18:00

 

Editions : Sabine Wespieser

Parution : Février 2015

142pages

16 €

 

 « Nous ne sommes pas assez attentifs aux signes que nous envoie la nature », alors Michèle Lesbre décide une fois encore de se laisser mener au fil du temps. Un simple livre  de Murger sur les genoux d’un inconnu lui rappelle son père, l’invite à sa vie de bohême et c’est sur les traces du souvenir qu’elle avance. Plein de chemins s’ouvrent alors à elle. Ceux d’un paysage  doux et radieux le long de la Loire où passé et présent vont s’alterner, où les maisons successives de l’enfance  s’estompent comme la plupart des amis de jeunesse, tandis que des rencontres impromptues l’incitent à poursuivre sa route et à vaincre  la défaite de son histoire intime. Car les heureux moments laissent des traces lumineuses aux heures des chagrins. Une simple photo posée sur une table de nuit  suffit à effacer les disputes parentales qui ombrageaient les pensées de l’enfant qu’elle n’est plus. Errance de la mémoire et des sentiments qui apaise, lecture initiatique qui donne envie de flâner, désir de faire perdurer le bonheur  éphémère, tel est  le charme de cette écriture propre à  Michèle Lesbre.

Brigitte Clavel Delsol

 

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 19:12

 

Editions : Gallimard

Parution : Février 2015

30 pages

7 €

 

L’authenticité du  discours de Patrick Modiano à l’Académie suédoise a marqué le monde des Lettres. Les admirateurs de cet écrivain à l’élocution difficile apprécient plus que tout  cette  modestie  sans faille  qui fait reconnaître  à l’écrivain ses ratures  sur papier aussi nombreuses que ses bafouilles orales. Car, homme sensible et modeste, P. Modiano reste marqué par sa souffrance d’enfant jamais écouté ni considéré. En 1945, époque où il est né, le monde des adultes a d’autres préoccupations que celle d’un petit garçon dérangeant, né de la guerre. Mais l’espoir habite P.Modiano, non seulement pour lui même, mais pour le monde de l’écriture. Car la littérature est le refuge éternel. Que ce soit la fusion avec un monde hypnotisant ou l’attrait pour les mystères de l’âme humaine, ou le désir de faire revivre le passé, tout est source d’inspiration et de création.

Brigitte Clavel Delsol

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 18:19

Éditions : Albin Michel 

Parution : Mars 2015
292 pages 
19,50 €

 

Rien de mièvre ni de romancė dans cette biographie osée de Thérèse d'Avila. Avec l'érudition et la probité qui caractérisent Christiane Rancé et de surcroît un style plein de nuances et de lyrisme prudent,  celle ci parvient à justifier le titre de docteur de l'Église à cette passionnaria de Jésus trop longtemps critiquée, voire condamnée. C'est dans son contexte historique et familial qu'est présentée la jeune  Thérèse aux multiples attraits . Cette mondaine irrésistible, amoureuse de la vie, a vite fait de discerner les dangers des valeurs immuables de l'aristocratie et de l'église espagnoles, à une époque où découvertes scientifiques et géographiques ôtent à Dieu sa place au cœur du monde. Thérèse se bat alors pour fonder  une succession de monastères où le titre d'admissibilité n'est plus  le sens de l'honneur traditionnel , mais celui de l'humilité . Une chapelet de couvents de carmes déchaux à travers toute l'Espagne conduit les pas du lecteur dans ceux de cette sainte , pour qui "aimer beaucoup" importait plus que tout. Car à l obscurantisme et aux persécutions de l'Inquisition Thérèse sut opposer une mystique de l'amour et de la liberté que Christiane Rancé a l'intelligence de faire revivre, tout comme le Pape François a le souhait de la revigorer.
Brigitte Clavel Delsol
 
 
 
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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 17:00

Editions : JCLattès

Parution : Mars 2015

395 pages

 

Burn-out ou schizophrénie ? Comment expliquer les voix intérieures de Julia Win, brillante avocate parisienne ? Un voyage précipité en Birmanie, pays d’origine de son père défunt, lui apportera-t-il la quiétude tant recherchée ? Dans un premier temps Julia   constate que  tout, là-bas, diffère de l’Occident. Une pauvreté extrême engendre un  détachement total  des choses matérielles ;  la  violence militaire contraste avec la douceur des mœurs birmanes et la croyance générale en la métempsycose n’est qu’un subterfuge  pour expliquer la vie. Mais Julia va découvrir des êtres de valeur  et de grande force intérieure  qui savent réagir face à la cruauté des uns  et au fatalisme des autres. Car, contrairement à ce que dit Bouddha, vivre ce n’est pas souffrir, c’est aimer. Et c’est ainsi que petit à petit « l’île de la mort» devient pour Julia « île d’amour » : la délicatesse de son demi-frère est toute d'  empathie et de compassion,  la force du mari de Nu Nu  comme celle de son fils Thar Thar  sont   enièrement   dévouées à leurs proches. Telle est la leçon que Nu Nu et Julia avaient besoin d’entendre : « il n’existe aucune captivité dont nous ne puissions nous délivrer nous-mêmes », "on n'est pas impuissant face au destin, mais on peut au contraire le déterminer". Très joli roman qui traite plus d' un sujet  d'actualité, et tout particulièrement le rôle premier  de l'amour dans la religion  chrétienne

Brigitte Clavel Delsol

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