12 décembre 2009
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Editions : ALBIN MICHEL
Parution : 1er Octobre 2009
633 pages
22 €
Dans « Le miroir de Cassandre » le lecteur a le plaisir de retrouver l’auteur de la trilogie des FOURMIS avec les mêmes intentions : penser autrement, être responsable du futur et des générations à venir en éclairant le présent. Plus que visionnaire, B.Werber se révèle cette fois « rédemptionais » comme ses héros eux-mêmes. Il donne plein d’heureux conseils de savoir vivre, éclaire sur le mystère de la vie, sur cet « Arbre du Temps » qui prend racine dans le passé et bourgeonne de multiples feuilles du possible. Il révèle les limites du savoir et les ressources du cœur humain. Cassandre Katzenberg l’héroïne, sait faire fi de la fatalité comme de l’emprise de son prénom sur son propre destin. Elle ne mourra pas vainement comme son frère dans la démence désespérée. Lui ne connaissait le futur que par le moyen de la statistique. Cassandre ressent le devoir d’assumer de lourdes responsabilités. Orpheline d’une mère scientifique et d’un père politicien, autiste poursuivie par la police pour fugue et incendie de son orphelinat, elle rejoint des parias qu’elle transforme en armée de super-héros. Elle ne craint pas de prédire que n’importe qui peut chuter, que personne n’est épargné. Selon elle tous les mots sont des étiquettes qui emprisonnent et réduisent. Enfant née de la science mais privée de mémoire, elle sait que son bonheur est au prix de la connaissance du passé ; alors c’est à ce prix qu’elle retrouvera la joie de vivre qu’il faut inculquer à tous. Car tous méritent le bonheur, la bêtise humaine n’existe pas, seuls manquent l’empathie et un bon enseignement. Ce livre, à la fois plein d’aventures naïves et de réflexions profondes, nous fait passer de situations fictives à des pensées dignes d’un conte philosophique. Il a pour objectif de nous faire réagir contre la barbarie et l’autodestruction qui sont en chacun de nous et d’oublier l’impuissance de la Cassandre antique … Brigitte Clavel
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« LIVRE DU REPOS » de DENIS CLAVEL
Editions : Edimontagne
Parution : Septembre 2009
93 pages
10 €
Denis Clavel a toujours condamné le lyrisme confidentiel et préféré le silence au grands discours. C’est pourquoi il choisit la poésie pour s’exprimer . Des ambitions il n’en a pas : « le poète ne dit rien de ce que les gens aiment.. ». Il n’a en offrande que le secret de la paix intérieure. Il ôte le voile des malentendus :« quand on ne s’entend plus avec les hommes / ce qu’on ne peut dire il faut le chanter ». Alors il chante en toute lucidité, même s’il n’est pas toujours gai. Pas un seul point de ponctuation : il est trop pressé de nous révéler sa recette du bonheur. En rien matérialiste, il loue la vie, la nature et le verbe, le don d’ amour, seules murailles à l’angoisse « d’être ou ne pas être », car « le verbe est de faire et non de parler ».Il prend alors le chemin inverse du commun des mortels, selon lui « le futur est en arrière », il « parle quand il est sûr qu’on ne l’entend pas », il se plait à dire « ce qui n’est pas », et à répéter que « venir au monde est de même nature que mourir ». Au "calendrier des étrennes" il ne demande ni neige ni soleil, mais "paix et pardon". C’est ainsi que Denis Clavel nous éclaire sur la confusion trop fréquente entre immortel et éternel, entre mourir et disparaître, entre le souci de sagesse et de sainteté, entre poésie et ésotérisme. Voilà un beau cadeau !
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« UN CŒUR INTELLIGENT » d’ALAIN FINKIELKRAUT
Editions : Stock/Flammarion
Parution : Septembre 2009
28O pages
20 €
Le roman n’est pas « un genre faux » ni une simple créativité fantastique. La littérature est révélatrice de la nature humaine dans toute sa dimension. Si l’intérêt qu’elle suscitait hier s’atténue au fur et à mesure que l’audio-visuel nous inonde d’images traumatisantes, l’Histoire la rattrape et s’immisce dans la vie de tout un chacun. C’est ainsi qu’Alain Finkielkraut nous révèle ses romans préférés comme la source de ses réflexions philosophiques. Chacun des personnages rencontrés, dénonciateur ou martyre, correspond à notre propre identité, manichéenne et totalitaire, « embrigadée » et « désindividualisée » par des poncifs ou préjugés. La souffrance de l’échec personnel de Lord Jim de Joseph Conrad est un lot bien commun. Une simple« plaisanterie » politique d’un héros de Kundera comme l’accusation injuste de racisme d’un protagoniste de Philip Roth rappellent les conséquences tragiques de la délation au nom d’une idéologie. La souillure de l’homme reste indélébile. L’assassin va tranquillement à la pêche pendant que la victime lutte à mort sur le chemin de la vérité. Karen Blixen réconcilie la création avec la vie. Babette ne se dépouille pas comme une sainte ; si elle met sa fortune dans son « festin », c’est un acte gratuit, c’est un désir de créativité qui fait aimer la terre et annonce le ciel. Les exemples pullulent et avec eux non seulement l’amour de l’art et de la vérité, mais l’amour intelligent qui fait le bonheur des autres et avec lui l’amour de la littérature.
Brigitte Clavel
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Editions : Verdier
Parution : Avril 2009
137 pages
14 €
Le grand prix du roman de l’Académie française interpelle. La puissance du style de Pierre Michon et la véracité de ses personnages nous donnent envie de courir au Louvre voir cette toile de la Cène des Onze ou d’ouvrir le Larousse pour savoir si son auteur François-Elie Corentin a bien existé. Une fois lu le lecteur a envie de relire ce livre à l’envers, puis à l’endroit de nouveau, tant la nature humaine se montre comme une bête qui sait s’adapter au temps nouveau. Alors le lecteur s’adapte aussi. Il découvre les Onze membres du Comité du salut public sans pouvoir s’empêcher de penser aux apôtres du Christ dont Judas est exclu, car la trahison n’est pas nécessaire. Auparavant il a fait connaissance avec le grand père Corentin, vieux Limousin inculte qui vit des temps durs où « Dieu est un chien ». Ces mêmes temps durs feront de son fils un intellectuel qui jugera bon d’ajouter à son nom une particule et de son petit fils un peintre, mais pas n’importe quel peintre, un peintre au service des Onze qui représentera Robespierre à la fois tyran et prince afin que les évènements leur donnent raison. Littéraire, artistique, historique ou philosophique, le lecteur ne sait pas qualifier ce livre. Il préfère l’adjectif atemporel où l’homme a envie de s’engouffrer dans l’art comme l’autruche sous son aile et de confondre les Corentin limousins avec les célèbres Tiepolo vénitiens.
Brigitte Clavel
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Editions : L’Herme
Parution : Novembre 2009
140 pages
12€
Editions : L’Herme
Parution : Novembre 2009
140 pages
12€
Par ce petit journal, jamais encore publié, Michel Déon l’insulaire se révèle grand voyageur. Amateur de littérature et de peinture, de théâtre et de cinéma qui lui font oublier les affres de la Libération et de la guerre d’Algérie, il court le monde pour voir les terres qui ont inspiré ses artistes préférés. Les paysages bucoliques de la Suisse qu’il traverse en I947 le mènent jusqu’à Venise, puis la Grèce, sans lui faire oublier Paris, les Etats-Unis, le Portugal avant de se retirer dans son vieux presbytère de Tynagh en Irlande. Une carte de journaliste lui permet d’aborder diverses personnalités mais c’est surtout ses amitiés fidèles qui l’attirent. Livre laconique qui ressemble à son auteur : point d’épanchement, beaucoup de réflexion, de franchise et de courage politique, une allure d’aristocrate comme pour camoufler un penchant à l’épicurisme, car il faut bien se consoler des déboires de l’histoire…
Brigitte Clavel
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Editions : GRASSET
Parution : Septembre 2009
280 pages
18€
Au moment où son frère aîné reçoit la Légion d’honneur, Frédéric Beigbeder se fait incarcérer pour prise de stupéfiants et troubles à l’ordre civil. C’est alors qu’il remonte le temps, cherche à comprendre la raison des paradis artificiels et parvient petit à petit à mieux comprendre le monde qui l’entoure. C’est dans une atmosphère rimbaldienne qu’il rédige cette autobiographie au prétexte d’ « un roman français ». Il y mélange fierté familiale et esprit de révolte. Il révèle sa sensibilité symbolisée par le bel angelot de la couverture qui souffre des divorces dont il a souffert. Mais il se nourrit de revendications perpétuelles contre nos diverses institutions, l’armée française, la police, la justice. Le prix Renaudot va-t-il guérir à tout jamais Frédéric Beigbeder de ses récriminations post-soixante-huitardes et lui permettre de sortir enfin de sa chrysalide ? Car, bien que semblant gravir le chemin de la maturité, il ne parvient pas à se ressaisir et tient à s’affirmer perpétuel révolté et anarchiste : « Je ne serai jamais des vôtres ; j’ai choisi l’autre camp » et prend plaisir à citer Baudelaire : « Je me trouve fort à l’aise sous ma flétrissure ».
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Editions : Gallimard
Parution : Septembre 2009
317 pages
19 €
Le prix Goncourt 2009 est un évènement dans notre littérature française : un style aussi puissant qu’oppressant s’acharne à nous montrer l’horreur de la misère dans les pays pauvres, la cruauté qu’elle engendre chez certains et la lutte pour la dignité chez d’autres. Trois parties dans ce livre, trois histoires différentes et tragiques, des noms qui s’entrecoupent comme par fatalité, des phrases extrêmement longues au rythme d’une conscience sinueuse et torturée. Norah fait face à un père despote, non seulement incapable d’amour, mais tyrannique jusqu’au crime et à la fausse dénonciation. Fanta tente de s’évader et hante Rudy Descas aussi faible que démoniaque : sous le poids d’une hérédité trop lourde il échoue tout ce qu’il fait à en devenir fou. Khady, la veuve sans enfant, annihilée puis poussée à l’exil par sa belle-famille, finira par trouver une liberté intérieure. Tel est le but de l'auteur, inciter l’homme, prédateur ou animal traqué, à se souvenir de « son inaltérable humanité », encourager le lecteur à songer aux bienfaits d’une société digne de ce nom. Dommage que Marie Ndiaye n'apprécie pas davantage la France!
Brigitte Clavel
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Editions : JCLattès
Parution : Août 2009
300 pages
17€
Comme elle en a l’habitude, c’est dans le monde actuel que Delphine de Vigan trouve son inspiration : harcèlement moral au travail, lâcheté des uns, indifférence des autres. L’atmosphère est « agressive ». Permettra-t-elle à deux êtres qui se ressemblent et se croisent de se reconnaître ? Mathilde s’épuise à faire des kilomètres en métro pour se rendre au travail, comme Thibault en voiture dans son métier de « SOS Médecin ». Jusqu’ici elle a eu la force de surmonter la mort de son mari comme lui la mort de ses patients. Mais il y a un moment où l’amour réclame son dû et malheureusement « il n’y a rien, rien d’autre que le vide et, s’il y a une lumière, ce n’est qu’une étincelle aussitôt dissipée ». Pas étonnant que le nihilisme soit la philosophie d’une société qui n’a pour souci que la rentabilité et pour consolation qu’une image enfantine du « Défenseur de l’Aube d’Argent » : sans doute est-ce un appel de la part de l’auteur à réagir face à un monde de solitude, sans référence ni secours !
Brigitte Clavel
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11 novembre 2009
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Editions : Gallimard
Parution : Juin 2009
200 pages
16 €
Nathalie a tout pour être heureuse jusqu’au jour où son mari décède, renversé par une voiture lors de son jogging dominical. Après une retraite prolongée elle retourne au travail, plus belle et carriériste que jamais. Et c’est à partir de ce moment que l’auteur nous présente toute une panoplie de personnages désireux de faire le bonheur de Nathalie malgré elle : des parents étouffants, un directeur très séducteur, une collègue entremetteuse. L’homme auquel elle donnera un baiser irraisonné n’a rien de séduisant. Histoire qui fera cancaner tout le personnel de la société. David Foenkinos offre une image de l’amour dans toute sa simplicité : hymne à «la délicatesse» dans le monde du travail qui l’ignore trop souvent. S’il nous fait penser à ce verset de la Bible : « Heureux les cœurs purs … », rien de suranné dans son livre extrêmement original par de multiples références qui concilient réalisme et actualité.
Brigitte Clavel
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2009
10 novembre 2009
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Editions : Héloïse d’Ormesson
Parution : Août 2009
172 pages
17 €
Julia désire tant être enceinte qu’elle s’enivre de parfums, de promenades solitaires sur la plage, de rêves de liaisons amoureuses et de vies cauchemardesques avec la charge d’un adolescent. Elle finit par se décider pour l’adoption, pas par ces filières officielles qui vous jaugent du regard et n’offrent que des incertitudes, mais grâce à un inconnu qui lui extorque de l’argent. Elle part à Lima. Elle va de désillusion en désillusion, puis de sacrifice en sacrifice…Rien n’arrêtera Julia : ni l’incompréhension de son entourage, ni les difficultés engendrées par sa décision. Mais la récompense est grande quand confiance et détermination parviennent à remuer les montagnes ! Brigitte Clavel
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2009