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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 08:14

 

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2009

175 pages

18 €

 

 

 

Violente Haïti où flux et reflux des sentiments méritent de rappeler le « Yanvalou », chant national qui salue cette île de misère ! Avant qu’elle soit touchée par ce récent séisme inqualifiable, Lyonnel Trouillot, haïtien lui-même, avait éprouvé le besoin de nous la faire connaître, à la fois  avec un réalisme percutant et une compassion croissante. Le protagoniste, Dieutor, qui s’est rebaptisé Mathurin D.Saint-Fort, est un avocat d’affaires reconnu à Port-au-Prince. Son passé, qu’il a rayé sciemment, le rattrape un jour au galop aussi impromptu que les cyclones de son pays et l’arrivée du jeune Charlie dans lequel il se retrouve. Mathurin se voit contraint de dévoiler  avec cynisme son enfance sordide avant de laisser la parole à Charlie. Celui-ci vient solliciter son aide, après un mauvais coup qui s’est mal terminé. Espoir et révolte se côtoient : le  père Edmond  prêche la morale aux délinquants tandis que deux  jeunes  révolutionnaires attisent la haine de Nathanaël, leader de bande complètement dépassé. Tout un monde de misère se révèle : les enfants  rêvent d’un butin comme d’une étoile partagée à n’importe quel prix. S’ouvre alors un chemin salvateur pour Mathurin  qui ose enfin regarder la vérité en face. L’amour existe encore sur cette île… 

Brigitte Clavel  

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 20:23

 

 

Editions : A.C.T.E.  Association pour la Création Théâtrale Européenne

Parution : Août 2007

76 pages

10 €

 

 

Sénèque revient en force dans la littérature actuelle. Romain Sardou a magnifiquement redonné vie à ses échanges épistolaires. Xavier Jaillard, tout à la fois auteur de pièces de théâtre et acteur, le met en scène, visitant Saint Paul dans sa cellule de prison où Néron l’a incarcéré suite à l’incendie de Rome. S’instaure alors un débat véhément  entre le philosophe romain et le juif devenu disciple du Christ. Les intentions de chacun d’eux  sont  claires : Sénèque le stoïcien veut sauver  Paul eu lui montrant les dangers de sa passion mystique, Paul, lui, veut convaincre  le philosophe de la supériorité de l’amour sur la vertu personnelle. Et il ne semble pas avoir tort, car le stoïcisme de Sénèque a ses limites : le philosophe a peur de la mort et a besoin des amis de Paul autant que Paul a besoin des relations de celui-ci. Cette mise en scène, aussi belle que sobre, est représentée au théâtre Petit Hebertot  (78 Bvd des Batignolles 75017 Paris ) depuis plusieurs mois et  sa représentation  ne cesse d’être prolongée. Car ce qui s’est passé il y a deux mille ans ressemble fort à ce qui se passe encore aujourd’hui …

Brigitte Clavel

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 16:53

 

 

Editions : Mercure de France

Parution : Mai 2009

150 pages

14,50 €

 

 

La littérature française comporte déjà de nombreux anti-héros et le lecteur  a le droit de se demander pourquoi Philippe Delerm vient en rajouter un supplémentaire  en la personne d’Arnold Spitzweg. Rien de plus banal en effet que ce protagoniste : à la fois suffisant et solitaire, médiocre en tout et sans aucune ambition,  il a «  quelque chose en lui de  Bartelby », personnage de Melville qui refuse toute incartade à la routine  en répétant « je préfèrerais pas ». Arnold Spitzweg refuse toute attache sentimentale, ses voyages se limitent  au jardin du Luxembourg ou aux  fresques  murales du « Train Bleu ». S’il est spontanément opposé à l’hyperactivité ambiante qui est selon lui preuve d’ « angoisse métaphysique » et à une  technologie de plus en plus envahissante, il finit par devenir un blogger émérite dont le blog a pour titre www.antiaction.com. La simplicité de son expression remporte un tel succès que c’est là où commence le dilemme d’Arnold  Spitzweg : écrit-il pour lui ou pour la gloire ?  Car si on parle de lui à la radio, il ne se reconnaît pas, ou mieux il ne veut pas se  reconnaître. Se sentir «  réduit, exposé, résumable » est inacceptable. Saura-t-il longtemps résister à la notoriété et aux tentations de ses admiratrices ? Et si  son blog était  le seul moyen d’exister ? La loyauté de Philippe Delerm est suffisamment connue. Non, son héros comme lui  ne sont pas   faits pour jouer la comédie humaine… 

Brigitte Clavel Delsol

 

 

 

 

 

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 16:51

 

 

Editions de l’Olivier

Parution : Août 2009

293 pages

19 €

 

Dans un coin perdu de l’Amérique du Sud,  Rose Bustamante, la grand-mère, Violette, sa fille, et Vera Candida, sa petite-fille, sont abusées par des hommes qui n’en ont que le nom, à défaut d’attitude respectueuse. Seule Vera Candida saura réagir face aux vices de ceux-ci, fera appel à un journaliste emprunt d’esprit de justice et d’amour, retournera sur son île natale qu’elle a fuie pour débusquer les coupables. Un mélange de style cru et poétique, d’hommes vicieux  et de justiciers délicats, de femmes  annihilées et d’autres  non soumises, tel est le conte de Véronique Ovaldé qui a remporté le prix Renaudot des Lycéens 2009. Le cadre environnant est aussi féerique que l’homme  y est sadique et la femme candide. Une belle leçon de courage de la part d’une grand-mère qui recommande à sa descendance de ne pas pactiser avec des tyrans, de ne pas abandonner sa colère et encore moins de culpabiliser…

Brigitte Clavel      

 

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 16:38

 

Editions : Robert Laffont

Parution : Août 2009

538 pages

22 €

 

Soif d’écriture, d’obscurantisme, d’énigmes policières, d’amours impossibles, tels sont les thèmes de ce livre. Le lecteur retrouve l’atmosphère de Barcelone d’avant guerre  qui fit le succès de « L’ombre du vent », le précédent roman  de  Zafon. Les sentiments sont aussi impénétrables, la palette des personnages aussi variée, et  l’intrigue encore plus complexe.  Le désintérêt des hommes de lettres ne suffit pas à compenser la cruauté des arrivistes et des  stars déchues.  Le sympathique  David rêve de succès littéraire pour arriver à vivre. Mais, sans raison apparente, il est renvoyé  du journal dans lequel il écrivait avec succès. Son vieil ami  libraire Sempere l’incite alors à déposer son livre  méconnu au fameux  « Cimetière des livres oubliés  » dans le quartier gothique de Barcelone. Et c’est à partir de ce moment que l’écrivain en herbe devient détective malgré lui. Pourquoi ses deux éditeurs meurent dans l’incendie de leur boutique après que David ait signé un contrat exclusif avec eux ?  Pourquoi, au même moment, Corelli, un troisième éditeur spécialisé en religion, lui fait des propositions séduisantes ? Le hasard, la tentation de la fortune, l’amour des vieilles demeures et surtout le désir d’élucider des mystères vont alimenter les péripéties de notre héros. Autant de raisons qui nous donnent envie de tourner les pages de ce gros volume dont  le style nous emporte avec toute la finesse et l’allégresse d’une sensibilité espagnole. Mais cet enchantement a ses limites : Zafon, comme ses nombreux personnages, ressent le  besoin d’écrire et, si son style est envoûtant, il faut reconnaitre que ses rebondissements  multiples et inextricables sont un vrai  labyrinthe entre réalisme et imaginaire.

Brigitte Clavel

 

 

 

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 16:55

Editions : Gallimard
Collection : Folio à 2 €
Parution : Octobre 2009
124 pages

 

Alors que règnent  le politiquement correct et la frilosité catholique,  Patrick Kéchichian, journaliste et critique littéraire au « Monde » nous révèle en toute simplicité sa récente conversion au catholicisme. Il ne s’agit pas d’une conquête racontée avec un style triomphant, mais du souci de partager son bonheur, la foi n’étant pas une affaire privée. Ce désir de faire un « petit éloge de catholicisme », il le doit à un esprit d’ouverture et d’amour, car les liens  entre les hommes ne se résument pas à une simple civilité.  Imbu de liberté, Patrick Kéchichian a l’audace de révéler les bienfaits des dogmes catholiques qui ne font pas plier la raison mais lui délimitent ses frontières en lui offrant une ouverture infinie. Bien peu aujourd’hui osent comme lui proclamer qu’il faut « réapprendre à nous agenouiller », à ne pas hésiter à «  entrer dans l’immensité du diamètre des sacrifices ».Mais cette pratique est  comme l’art baroque : elle est « un héroïsme de la foi », menée  par un élan du cœur, « vertu de bonne humeur », qui seule sait aimer les hommes et sans laquelle ne  peuvent être fondées  les bases de l’Eglise. Brigitte Clavel.

 

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 16:47

 

Editions : Zulma

Parution : Avril 2009

212 pages

18 €

 

 Le prix Courrier International du meilleur livre Etranger 2009 est composé de cinq nouvelles où l’auteur se plaît à sonder les cœurs dans une atmosphère toute orientale. Conciliabules féminins, amitiés indicibles, histoires d’amour qui se font et se défont, déceptions ou humiliations  dues à trop de fidélité à la tradition,  rêves d’émancipation et de  liberté, tels sont les thèmes peints avec un style aussi spontané que réaliste. Le plus important de l’existence réside dans le détail de l’instant. Les images se succèdent avec véracité. Aux bavardages des femmes s’oppose le silence ou l’insouciance de l’homme, au savoir des plus âgés  la naïveté  ou l’esprit de provocation des plus jeunes. Si l’objectif de l’existence  est un  mariage réussi ou le legs d’une maison trop aimée, la déception n’en est  que plus grande. Seul secours pour résister à la tristesse ambiante : l’amour inavoué, la passion des fleurs, le son d’un harmonica, le goût âpre des kakis. Epicurisme  pas exclusivement oriental, mais bien universel...

Brigitte Clavel  

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 16:30

 

 

 

 

XOEDITIONS

Parution : Novembre 2009

170 pages

17,90 €

 

C’est avec grand art que Romain Sardou marie intrigue romanesque et vérité historique. A partir d’une vingtaine de lettres de  Sénèque, il invente un interlocuteur dénommé  Marcus. Celui-ci est un jeune sénateur, opposé à Néron et trahi par ses partisans avant même que son discours soit divulgué au sénat. Sénèque lui apporte alors une aide financière pour s’enfuir en province et  tous les conseils nécessaires pour accéder à une réflexion digne d’un grand philosophe. Maintes  recommandations utiles lui sont faites,  de l’importance du discernement préalable à l’amitié, de la grandeur de la pauvreté joyeuse, jusqu’à savoir aimer l’inévitable mort et pardonner. Et c’est là que le disciple dépasse le maître, preuve même de la réussite et de l’amour du maître…

Brigitte Clavel                                                         

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 08:52

 

 

Editions : Stock

Parution : Septembre 2009

198 pages

16,50 €

 

Une mauvaise mère ne peut qu’engendrer une « mauvaise fille » : telle est la crainte qui parcourt le dernier livre de Justine Lévy. Autobiographie peut-être encore plus que roman, ce témoignage est dicté par la colère. La narratrice Louise, comme Justine Lévy, a passé son enfance aux côtés d’une mère libertine et débauchée, ruinant son mari pour des parasites de la société au nom des grands principes de Mai 68. Souvenirs non seulement inaltérables, mais qui engendrent scrupules et angoisses : scrupules de n’avoir pas assez aimé cette femme qui n’avait rien de maternel et angoisses de ne pas savoir aimer à son tour l’enfant qu’elle attend. Au chevet de sa mère mourante qui ironise sur son propre sort, Louise pourra-t-elle transformer sa rancœur en amour filial ? Et une fois sa mère décédée, retrouvera-t-elle l’équilibre nécessaire à une grossesse ? Heureusement Pablo est là…Brigitte Clavel

   

 

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 08:49

 

                               

na

 

Editions : Gallimard

Parution : Mai 2009

187 pages

16,50 €

 

 

C’est le film « Shoah » de Claude Lanzman puis  les mémoires de Jan Karski  qui ont inspiré ce livre à Yannick Haenel. Celui-ci veut  témoigner à son tour de la folie meurtrière  de la 2ème guerre mondiale. Il fait revivre alors le jeune Polonais Jan Karski. D’abord incrédule à l’annonce de la  déclaration de guerre, Karski se rend vite compte de la débâcle tragique  de l’armée de son pays. Prisonnier de l’Armée Rouge puis des Allemands, il découvre l’enfer nazi dont il parvient à s’échapper miraculeusement. De retour à Varsovie occupée par les Allemands, il s’associe au  courage héroïque  des résistants polonais et dénonce les horreurs innommables infligées aux Juifs. Il se rend utile en acceptant la mission dangereuse de faire passer aux Alliés les documents et plans de l’Etat secret polonais.  Il rencontre alors toutes les personnalités politiques de Grande-Bretagne, d’Espagne et des Etats-Unis pour leur dire la vérité. Mais il ne semble pas être écouté. Commencé pour défendre la cause juive  et polonaise, ce livre termine malheureusement par l’accusation des Alliés, leur indifférence, leur lâcheté, les mensonges d’Etats. Comme si l’Europe s’était libérée seule du joug nazi…

 

            Brigitte Clavel

 

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