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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:56

 

 

Editions : Sabine Wespieser

Parution : Mai 2009

149 pages

17 €

 

 

Dans « Le Canapé Rouge » Michèle Lesbre  retrace le voyage intérieur effectué lors d’une escapade dans le transsibérien.  Dans « Sur le sable » elle nous emmène dans une irruption de souvenirs qui ne peut s’arrêter. Un homme et une femme se rencontrent une nuit sur la plage, celui-là recroquevillé sur ses souvenirs, celle-ci à l’écoute comme elle l’a toujours fait pour les héros de ses lectures qu’elle a préférés à ceux qui l’entouraient. En le laissant retourner au « vestiaire de son enfance », elle va elle aussi retourner dans ce passé qu’elle n’a pas pu saisir à temps, mais dont les fantômes ne l’ont jamais quittés. Cet inconnu la subjugue jusqu’à le poursuivre à Bologne dans un imbroglio où tout prête à confusion : le lecteur réalise combien les situations sont toujours identiques, comme il est dur de s’immiscer dans la vie des autres et de remonter la pente quand la mort est la seule compagne. Dommage que la toile de  fond ait des couleurs politiques aux odeurs fétides ! Heureusement, la vision apocalyptique voisine avec la poésie,  les attentats, la torture et la mort avec les êtres aimés,  et le bonheur avec les  souvenirs !  

Brigitte Clavel

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:54

 

 

 

Editions : Stock

Parution : Mai 2009

236 pages

17 €

 

 

Chant d’amour ou plutôt chant du cygne, tel pourrait être interprété « Un temps fou » où Maud l’écrivain en mal d’écriture s’épanche sans s’arrêter à cause d’un homme  qu’elle aime malgré elle. Séducteur au plus haut point, ce cinéaste  n’hésite pas  à l’appeler six ans après un brusque départ et à faire des allers-retours incessants : il a besoin d’une rédactrice pour ses films. Peu importe si elle n’a jamais fait d’écriture cinématographique, il l’a cernée aussitôt, l’important c’est de l’envelopper de son regard. Pas de prénom donné à cet homme aimé car il représente la gente masculine qui désarme, qui bouscule, qui rappelle un père, qui inspire des pages vides et qui, dans un paysage toujours blanc de neige, transforme la femme en Icare. Les phrases de Laurence Tardieu peuvent ne comporter que deux  mots comme se poursuivre pendant presque trois pages. Il y a trop à dire quand la vie sort d’un rêve, quand à la peur de revoir l’autre succède le désir de le garder et l’incompréhension de ne le voir que passer, pour ne finir par entendre que des mots de séduction adressés à quelqu’un d’autre. Livre à conseiller à toute jeune fille en mal d’amour car si «  un temps fou » est un souffle qui secoue de la torpeur de l’innocence, un fantasme qui réveille et fait apprécier « le bonheur d’être tout simplement en vie » ,il peut être aussi un vaudeville, un cataclysme qui fait de celle-ci « une toupie affolée » …

Brigitte Clavel 
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:50
« LES INVITES » de Pierre Assouline

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Mars 2009

206 pages

17,90 €

 

Cette parodie d’un dîner parisien est pleine d’un humour noir et cruel. Pour répondre une fois de plus aux obligations professionnelles de son époux,  Sophie du Vivier, qui confond amitié et mondanité, s’efforce d’inviter ses connaissances les plus brillantes. Le lecteur prend place à ce dîner où le perfectionnisme réputé de la maîtresse de maison ne peut faire face  à tout l’imprévu qui l’attend. Elle va, de même que ses invités, de surprise en surprise. Des incidents  aussi cocasses qu’incongrus font tomber le masque rigide que portait chacun à l’arrivée. Eclatent alors au grand jour les pensées  racistes des  uns, les frayeurs irraisonnées des autres, la finesse des étrangers, la lâcheté des plus beaux parleurs. Petit à petit, les situations sont totalement inversées : l’invité d’honneur n’est plus celui qu’on croit, les domestiques et les maîtres des lieux non plus, la femme qui a le plus de charme n’est pas celle qui a les lèvres refaites, ceux qui aiment le plus la France ne sont pas les plus enracinés ni les chrétiens les plus charitables, les discussions futiles deviennent sanglots au souvenir d’un père déporté ou  fous rires dans un ascenseur bloqué ! La  soirée se termine en même temps que « la comédie des apparences » ! Pierre Assouline, professeur à Sciences Po., ne limite pas sa critique aux dîners parisiens mais vise tous les non-dits de la société française. Le lecteur passe un moment très amusant mais ne peut s’empêcher de se demander si ce pastiche anti- bourgeois n’est pas primaire et bien révolu, sans parler de sa page pornographique écrite juste pour le plaisir de provoquer.

Brigitte Clavel 

 

 

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:39
« JEANNE D’ARC Vérités et Légendes » de Colette Beaune

 

 

Editions : Perrin                                                                

 Parution : Septembre 2008

234 pages

13,90 €



L’ouvrage de Colette Beaune est le prototype même de la probité intellectuelle. L’historienne déplore que nos contemporains aient comme idée de  Jeanne d’Arc l’image de la superwoman que nous offre le metteur en scène Luc Besson  ou bien les propos médiatiques du journaliste Marcel Gay pour qui  « l’affaire Jeanne d’Arc n’est rien d’autre qu’une opération de services secrets… un stratagème pour sauver le royaume ».En tant que médiéviste reconnue, elle se doit de faire part de ses recherches, car « il n’y a pas deux Jeanne d’Arc, l’une pour l’élite et l’autre pour le vulgaire ».Elle  donne un grand coup de balai dans tout ce qui est romans, rumeurs, mythes et légendes qui induisent en erreur ceux qu’elle nomme «  mythographes ». Ceux-ci sont en effet conditionnés par l’origine de leurs sources, par les intérêts politico-religieux de l’époque,  par l’influence intellectuelle de leur temps, jusqu’à remettre en cause la naissance et la mort de Jeanne d’Arc ! C’est avec prudence que Colette Beaune avance dans son raisonnement. A chaque thèse apportée correspond une claire explication et une savante vérification quant au contexte et à la véracité des faits. Le malheur, selon elle, est que le complot contre Jeanne d’Arc continue : est taxé de « fondamentalisme » celui qui ose encore rendre grâce à Jeanne d’Arc d’avoir contribué à chasser de France  les Anglais !

Brigitte Clavel

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:34

 

 

 

Editions : Fayard

Parution : Février 2009

283 pages

18 €

 

Ce livre n’est pas un roman, il est la transcription  pure et simple de la vie des jeunes couples d’aujourd’hui qui sont trop heureux de se retrouver entre copains. Sous une apparence triviale et épicurienne se cache l’angoisse des liens du mariage. Incompréhension, échec, insatisfaction, excitation, tels sont  les sentiments des époux qui ressemblent plus à des adolescents qu’à des hommes mûrs. Divorce signifie liberté et mariage manque d’aventure et routine désespérante. Recours au psychologue, astrologue, rencontres sur internet, scènes de séduction, tentative de suicide, refuge dans le silence et le divorce : les personnages essaient tout pour se sentir  aimés. Petit à petit la solution trouvera son chemin.  Dommage qu’il faille laisser tant de temps au temps et que les conjoints se brûlent les ailes au lieu de les ouvrir ! Dommage que Madeleine Chapsal réduise le  mariage à un contrat, alors que l’amour est le seul  pilier vivant de l’existence ! 

Brigitte Clavel-Delsol

 

 

 

 

 

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:31

 

 

Editions : NiL

Parution : Février 2009

205 pages

18 €

 

 

 

Pour qui aime la nature, ce livre est un heureux refuge. Mieux qu’une tanière, ce sont des hectares d’un petit val perdu de la Creuse que le narrateur se plaît à aménager. Liberté, liberté chérie, il n’attend pas passivement  un héritage qui arriverait trop tard ni même un permis de construire. L’imagination  est « le seul voyage qui vaille ». Loin de se renfermer entre quatre murs, le maître d’œuvre aux dons innés se lance dans la construction d’un abri dans lequel les règles traditionnelles de la maçonnerie seront systématiquement écartées, les parois n’auront pas de rupture, les angles seront arrondis, la salle de bain sera là où passe la rivière, et le jardin potager aura la priorité. Les charmes serviront d’échafaudage, une branche de la châtaigneraie fournira l’escalier intérieur, ce n’est pas la maison qui surgira dans la nature mais l’univers qui entrera de partout : les animaux de la forêt, la musique du ciel, une plante du Caucase qui prête son nom au salon comme au livre. La créativité est le seul apaisement pour un homme révolté par un conformisme pesant, une civilisation consommatrice, un père autoritaire, des règles d’aménagement trop strictes. « Fêter l’ordinaire », donner vie à tout ce dont on ne prend pas le temps de contempler, opter pour la fantaisie de l’amateurisme tout en finissant par reconnaître le bien-fondé des techniques professionnelles, partir en voyage une fois la maison achevée pour mieux revenir y déposer ses souvenirs, tel est l’itinéraire de ce naturaliste qui paradoxalement finira par fêter sa maison par un somptueux feu d’artifice et ne refusera pas le titre de l’un des plus célèbres paysagistes de son temps.

Brigitte Clavel-Delsol

(Gilles Clément a conçu les jardins du Musée du quai Branly, du parc André-Citroën à Paris, de l’abbaye de Valloires(80) et de la Grande Arche de la Défense). 
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:29

 

 

 

 

 

 

Editions : Grasset

Parution : Avril 2009

213 pages

16 €

 

« On ne devient pas psychotique. On naît psychotique ». Telle est l’idée de Philippe Grimbert, à la fois romancier et psychanaliste. Dès leur plus jeune âge Mando et Loup sont liés par une amitié indéfectible. Tout les réunit, les jeux de sable au parc Monceau, les promenades au cimetière du père Lachaise, les vacances au sport d’hiver, les discussions métaphysiques, les séances spirites, jusqu’au jour où leur choix diverge, Mando vers le droit et l’économie , Loup vers la psychanalyse .Mais plus que leurs études c’est le tempérament des deux garçons qui les sépare :Loup est un tendre, un doux, adoré et choyé, si ce n’est par sa mère, du moins par d’autres femmes auxquelles il ne peut rester entièrement  dévoué.  Mando ne supporte pas une telle  indépendance. Jaloux, exclusif à l’excès, méchamment replié sur lui-même, il finit par faire peur et avoir tout du déséquilibré mental. Ainsi P.Grimbert aborde les différentes formes de l’amour, présente le scrupule jusqu’au remords, le dévouement jusqu’au secours impuissant, et nous fait penser aux poèmes de William Blake qui dénonce le côté destructeur de la passion dévorante. Mais plus encore  il nous laisse sur notre soif d’infini, sans apporter la moindre espérance, Dieu n’étant pour Mando comme pour Loup que « silence obstiné », cause du mal infligé aux hommes, ne réservant la vie éternelle qu’aux croyants. Livre magnifiquement écrit qui incite à la réflexion.

Brigitte Clavel-Delsol      

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:20

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Mars 2009

189 pages

16,90 €

 

C’est avec simplicité que Ben Jelloun transcrit les angoisses d’un immigré  en France. Mohamed aime son travail, il le considère  comme une routine nécessaire pour être heureux, un refuge qui permet  d’oublier la violence environnante et l’émancipation incontrôlable  de ses enfants. Une fois à la retraite, il se trouve  totalement démuni. Alors il retourne au Maroc, non pas pour tirer profit des touristes comme il est d’usage, mais pour construire une maison. Son rêve : voir tous les siens réunis autour de lui. Absorbés par leur travail et leur vie personnelle, ses enfants  viendront-ils le rejoindre dans ce havre de paix ? Dommage que ceux restés au pays rendent coupables la France de la fin tragique de Mohamed  et que Ben Jalloun ne souligne pas que nous sommes tous ici bas des immigrés ! Car, par la pureté de ses sentiments  et sa difficulté d’être, Mahomed rejoint l’universelle condition humaine.

Brigitte Clavel-Delsol      

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:13

 

 

Editions : Flammarion

Parution : Mars 2009

375 pages

19 €

 

 

Il est grand temps de passer au peigne fin ce livre au titre séduisant, aux idées consensuelles très politiquement correctes où   il faut un tueur en séries pour parvenir à faire réagir le lecteur. C’est un tableau de la société du monde d’aujourd’hui que veut nous offrir Paulo Coelho avec tout ce qu’elle comporte d’arrivisme, d’intérêt  matérialiste et mercantile, de course au bonheur et de rêve de gloire. Les forts  écrasent les faibles non seulement de leurs richesses mais de leur vedettariat et de leur bonheur feint. La jeunesse sacrifie tout pour ce miroir aux alouettes, et le millionnaire russe  comme le simple  détective las de  « la maladie de l’âme » n’hésitent pas  éliminer ceux qui en souffrent. L’ange et le démon ne font plus qu’un,  et si les puissants écrasent les faibles, on assiste surtout à un faible qui élimine des innocents avec la  bonne conscience et le sang froid du protagoniste de « Parfum »  mais sans le style poétique de Patrick Süskind.  Néanmoins doux rêveur, Paulo Coelho fait preuve d’un subtil mélange d’éclairs de vérités et d’inepties à la mode qui font passer un excellent moment : sans doute lui aussi fait-il appel aux « cabinets de tendance  » dont il ironise !

Brigitte Clavel-Delsol

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:10

 

Editions : Buchet-Chastel

Parution : Avril 2009

333 pages

23 €

 

 

Livre plein d’humour et de tendresse à prendre au second degré. Seuls les fanatiques d’art moderne auront quelques vexations  de voir leurs peintres fétiches si facilement copiés. Les deux protagonistes Lucia et Martin sont deux amants. Ils ont le même nom de famille Lopez Lopez, se ressemblent physiquement, se font passer  pour frère et sœur, ont les mêmes talents d’artistes peintres, sont tous deux victimes d’une enfance malheureuse et mènent alors une course éperdue pour survivre. Mariage d’argent, contrefaçons, ventes au marché noir, l’auteur ironise sur le commerce de l’art moderne et tout ce qu’il engendre. Le bidonville de Madrid pullule d’escrocs qui n’hésitent pas à tuer, et le quartier résidentiel de détectives frauduleux, d’avocats véreux, de bourgeois stupides. Il ne s’agit pas de fustiger la nature humaine : au contraire l’auteur nous rappelle sa fragilité quand un conformisme mondain règne chez les riches, le sexe et l’alcool chez les malchanceux et le crime chez les  parias.

Brigitte Clavel.        

 

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