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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 09:30

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mars 2010

230 pages

18 €

 

 

Le dernier livre d’E-E Schmitt nous offre quatre nouvelles, toutes aussi originales et palpitantes  les unes que les autres. Outre un plaisant moment de lecture, l’auteur offre une réflexion intéressante : chacun de ses contes est sous l’égide de sainte Rita, patronne des causes désespérées, mais surtout  chacun montre que le désir du bien comme celui du mal émane de l’homme. Parfois seule la volonté semble s’exercer en toute liberté, d’autres fois une Providence inexplicable vient bouleverser tout plan humain. Certains personnages  optent pour la lumière de l’amour et du salut, d’autres préfèrent s’enfoncer dans la haine ou le désespoir. Les intentions de cet auteur chrétien sont claires : rappeler à l’homme sa liberté, la puissance de sa  volonté, sa permanente tentation entre rédemption ou damnation, ce qui implique une force divine implacable. Avec sa grande  habilité à sonder  le cœur humain et sa profonde spiritualité, Eric-Emmanuel Schmitt nous rappelle François Mauriac…

Brigitte Clavel  
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 19:58

 

 

 

Editions : Télémaque

Parution :

1er tome : Octobre 2009 : Les années de bohème   21€ - 256 pages

2ème tome : Janvier 2010 : Les Encyclopédistes   21€ -  315 pages

 

 

 

 

 Après le succès de ses  biographies de peintres du quattrocento, Sophie Chauveau se lance un nouveau défi : rendre à  Denis Diderot la place qui lui revient. Sa  passion du détail et la vivacité de son récit donnent à ses deux tomes  une allure de roman. Au-delà du rationalisme du philosophe éclairé, elle tient compte du labeur persistant du chef de file de l’Encyclopédie, de sa soif non seulement de savoir mais de liberté de pensée et d’action,  et de son souci de servir l’humanité…à sa façon !  Rien ne fait peur à cet homme brillant, ni l’autorité d’un père intransigeant, ni la censure, ni les obligations familiales et amicales. Observateur impénitent, il est fidèle à lui-même avant tout, nul ne l’arrête, tout l’inspire. Un voyageur de passage  sera « Jacques le Fataliste », son ingrat protégé  « Le Neveu de Rameau », son alter ego. Moderniste avant l’heure, il défend la musique italienne et le théâtre moderne, présente les planches scientifiques de son ami Watelet comme nécessaires à l’éducation sexuelle des jeunes filles. Il secoue l’autorité cléricale avec « La Religieuse »,  trouve plaisir à choquer avec son roman érotique «Bijoux indiscrets », multiplie les aventures amoureuses jusqu’à se partager les trois sœurs Volland tout en écrivant avec bonne conscience  « Père de famille ». Personne, ni même Catherine II, ne peut influencer cet homme qui «  a de l’esprit comme un diable », disait Voltaire. Denis Diderot  posera pour la postérité sans perruque et débraillé, éternel bohème, corrupteur intellectuel et moral : « Mes pensées sont mes catins ». Malheureusement il  n’a pas voulu entendre tambouriner la révolution française et a continué à danser «  la vile pantomine »…

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 19:51

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Décembre 2009

148 pages

15 €

 

 Eric Fottorino est journaliste et romancier. Dans ses romans il a toujours été hanté par la figure du père. Enfant illégitime lui-même, il aura le bonheur d’avoir, à l’âge de sept ans, un père adoptif qui lui léguera non seulement son nom mais le goût de la vie et auquel il dédie ce livre. Le style correspond à ce qu’ils  ont vécu  ensemble : une vie simple mais  pleine d’heureux moments intenses. De souche tunisienne Michel Fottorino apparait à cet enfant élevé entre une mère et une grand-mère catholiques comme le Zorro de son enfance : la messe du dimanche et le Carême sont remplacés par des courses folles à vélo  et des baignades périlleuses. Peu importe si Eric ne ressemble pas à Michel, s’il n’est pas un champion cycliste. L’essentiel est de « transmettre le feu sacré ». Michel le sportif ne brisera pas les rêves du jeune intellectuel, au contraire il les nourrira. C’est pourquoi Eric Fottorino  rend un hommage public à ce père « aux mains de sauveur », qui « aimait tout bas », dans l’ombre, et qui ne fut pas secouru à temps…

Brigitte Clavel

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 19:46

Editions : Salvator

Parution : Novembre 2009

172 pages

16 €

 

Pour qui veut comprendre la dichotomie entre franc-maçonnerie et religions chrétiennes ce livre est plein d’intérêt .Il relate le cheminement spirituel de l’auteur qui après avoir été franc-maçon, se convertit d’abord à la religion orthodoxe puis catholique, grâce à l’effusion de l’Esprit Saint.

  Maurice Caillet  raconte  son «  initiation » à la Loge du Grand Orient de France dont le caractère occulte et l’engagement indéfectible semblent être les deux piliers de la porte d’entrée. A l’heure de la loi autorisant l’Interruption Volontaire de Grossesse, votée unanimement par la franc-maçonnerie, il applique en tant que chirurgien gynécologue  cette intervention qu’il trouve vite antinaturelle.  Promu « Vénérable » de la Loge,  « Membre du Chapitre », séduit par un esprit qui s’adresse exclusivement à l’intelligence, il accepte un poste administratif dans la Santé, privilège qu’il doit à un « frère », directeur de la Sécurité Sociale. Il se rend compte alors que l’esprit de fraternité qu’il recherchait est au prix de sa liberté. Cette constatation provoque en lui un désir  soudain d’indépendance et de vérité. Il prend la route de Lourdes, puis celle de la conversion à l’église orthodoxe. Ce qu’il veut c’est une doctrine  qui «  étanche sa soif spirituelle ». Il la trouve  dans le mouvement du Renouveau charismatique qui répond  non seulement à sa raison mais à son cœur et à son corps. Dorénavant il n’a plus peur de rien, pas même de l’exigence de la religion catholique universelle qui n’accepte pas le divorce. Le rayonnement de Jean-Paul II  et l’esprit d’ouverture de Vatican II vont faire  à Maurice Caillet la plus grande des révélations : celle de l’indulgence de l’amour, là où il n’y a pas de place pour l’intolérance. L’esprit de charité retrouve sa place première, bien au-dessus de la seule raison humaine qui tôt ou tard méprise Dieu.

A noter cependant une sensibilité exacerbée de l’auteur qui  ne rend pas  ses expériences intimes toujours crédibles.

Brigitte Clavel
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 19:42

 

Editions : Julliard

Parution : Décembre 2009

232 pages

18 €


 
Yasmina  Khadra a acquis sa réputation par la beauté  de son style et la prise de conscience de deux mondes, l’un où on ne fait pas de cadeau, l’autre où tout est gratuit. Il a choisi, comme toile de fond pour son dernier roman,  un terrain vague entre la mer et une décharge publique. Parmi ses personnages qui pataugent dans les détritus, certains exhortent à la survie, d’autres aux vices, d’autres ne comprennent rien à l’existence et suivent le premier  venu ; mais  tous rejettent à leur manière les règles de la société : le travail, l’argent, le confort. Jusqu’au jour où Ben Adam tente de leur redonner goût à la vie sociale. Le vieux Ach, qui avait fait jurer à son protégé qu’il n’irait jamais en ville, change alors d’avis et l’encourage  à partir tenter sa chance. Malheureusement ce faible va-nu-pieds  ne connaitra que le bagne…Khadra nous présente deux mondes qui se côtoient et qui s’entrechoquent. L’un s’enferme dans l’égoïsme où il est impossible d’entrer, l’autre dans la misère dont il est impossible de sortir. Fin psychologue,  Khadra est aussi poète : les magnifiques passages décrivant la mer déchaînée, le désespoir des cœurs ou l’apologie de l’existence ne peuvent laisser le lecteur insensible.

Brigitte Clavel

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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 11:42

Editions : Albin Michel

Parution : Novembre 2009

150 pages

14 €

 

Un tel titre ajouté à la fibre poétique bien connue de Catherine Clément est séduisant pour les insomniaques. Ce livre les  apaisera-t-il ?  Telle est la question qu’on est en droit de se poser quand on considère cet « éloge pour la nuit » où s’alternent mythologie et histoire, science et légendes.  Amoureuse de la nuit, Catherine Clément ne la sublime pas de façon simpliste. Elle nous la définit « fille du Chaos » mais «  mère d’Ether, Lumière du Jour ». Elle s’adresse à elle avec un respectueux vouvoiement mais une certaine ironie, consciente que celle-ci est à double tranchant. Elle remonte alors le temps pour nous la révéler plus apaisante et complice que cruelle. Elle la nomme «  la mère du négatif » celle qui nie et qui divise, celle qui refuse et se révolte, mais celle sans laquelle le monde serait morne et les poètes ne sauraient exister. Elle lui oppose la lumière aveuglante du XXème siècle, qui fait souffrir les prisonniers de la Bande à Baader et transforme en grand jour les nuits américaines.  Dommage  que ce genre de  réflexions politiques s’immisce dans une  plaidoirie pour la beauté du manteau étoilé! Heureusement le livre s’achève avec  la voix de la sainte nuit  de Noël dans un  style digne du poète Marie Noël : « Je suis celle des nuits qui résume les autres, celle qui réunit l’ancien monde et le neuf ... ».   

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 22:13

Editions : Albin Michel

Parution : Janvier 2010

165 pages

15 €

 

 

 

 

Peu d’ouvrages ont été consacrés aux Catholiques allemands qui se sont opposés au nazisme. C’est ce que se propose de faire Roger Bichelberger suite au témoignage d’un déserteur  de la Wehrmacht, dénommé Ansgar, fait prisonnier de guerre en Août 45  par les Américains au camp de Fourcaville en Normandie. A partir des notes de celui-ci rédigées lors de son incarcération, Roger Bichelberger imagine un journal intime. Elevé au cœur d’une famille pleine de foi et d’esprit de discernement, Ansgar n’aura d’autre souci que de résister à l’idéologie ravageuse de «  Mein Kampf ». Une fois les prières et les crucifix supprimés des écoles, rien ne peut plus arrêter  la folie meurtrière  d’un tyran et la terreur incontrôlable qui en découlent. Seuls l’esprit de justice d’un père et la résistance silencieuse d’une mère et d’une grand-mère permettront à Ansgar de garder sa liberté intérieure.Livre magnifique. 

 Brigitte Clavel

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 08:41

Editions : Télémaque

Parution : Novembre 2009

336 pages

22 €

 

Journaliste, écrivain, animateur culturel, Gonzague Saint Bris, à l’occasion du quatrième centenaire de la mort d’Henri IV, nous offre un ouvrage aussi riche en anecdotes qu’en références historiques et littéraires. Il s’agit d’une biographie qui se lit comme un roman léger. L’amour de la vie d’Henri le Béarnais se confond  avec sa passion pour la France : rendre heureux les  habitants de ce pays déchiré par les guerres de religions  en leur apportant la paix et améliorant leur niveau de vie, tel est le but de ce roi qui semble avoir petit à petit  annexé la France à sa Navarre natale. Il fera la guerre dans l’unique but d’apporter la paix, il se convertira pour faire preuve d’esprit de tolérance et de réconciliation,  il aura soin de réhabiliter le statut des protestants, de respecter les paysans, d’enrichir toujours plus cette terre de France qu’il s’approprie et  aime  avec la même avidité que ses innombrables maîtresses et enfants illégitimes. Bref le roi le plus apte à devenir président de la République !

       

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 08:36

Editions : Gallimard

Parution : Octobre 2009

328 pages

20 € 

 

 

Ce cinéaste d’origine américaine, mais plus français qu’un Français,  se propose, par ce roman, de nous faire rire sur les sujets les plus graves. Il met en scène le jeune Peyrat au prénom basque de Gotzon pour lequel son père a dû soudoyer le secrétaire de mairie de Saint-Jean-Pied-de Port dont il est originaire. Elevé dans le  dialecte basque  par une grand-mère   superstitieuse, Gotzon  souffre de vivre  dans un monde régi par les serviteurs de la République et d’assister à la disparition régulière  des langues régionales minoritaires comme des croyances religieuses, à l’envahissement de tourisme et surtout à l’ignorance de l’histoire de France comme  du bel usage du subjonctif imparfait, car qui « patoise » a le plus grand respect pour la langue mère. Le Pays Basque va être la métaphore à partir de laquelle se développe ce roman : passé et futur se confondent, réalité et fiction s’entremêlent. Le trop sensible  Gotzon finit par passer pour un terroriste de l’UTA, alors qu’il n’a pour guides que son humour de farceur et son  ange gardien. Dommage que le dénouement soit aussi fantasque que l’auteur ! Ou peut-être  tant mieux : il prouve la nécessité de savoir être ici-bas à la fois basque et normand !  

Brigitte Clavel

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 08:30

Editions : Sabine Wespieser

Parution : Janvier 2010

19 €

214 pages

 

C’est le  jour de son quatre-vingt-dixième anniversaire et Tamouna ne peut s’empêcher de voir sa vie défiler à rebours. Le lecteur assiste à un magnifique va-et-vient entre une vieille dame exilée à Paris entourée de sa descendance  et une jeune Géorgienne pleine d’insouciance au cœur de la révolution. La joie de la réunion familiale organisée à son intention la transpose dans un passé où l’exil salvateur fut  au prix de l’abandon de ceux qu’elle chérissait. A la sublimation d’un amour de jeunesse va succéder l’appréhension de le revoir, car Tamaz qu’elle n’a cessé d’aimer  a promis qu’il se joindrait à cette fête. La sensibilité toute slave de Tamouna, sa  confidence à cœur ouvert dévoilent toute une vie de lutte et «  d’efforts  pour être gaie ». Et la soirée d’anniversaire  passe, avec juste assez d’oxygène dans les poumons pour insuffler le message d’espérance qu’attendent les plus jeunes : « la gaieté est une obligation que nous devons aux disparus et à la Georgie. »

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