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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 09:10
« MON ENFANT DE BERLIN » d’Anne WIAZEMSKY

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Juin 2009

248 pages

17,50 €

 

François  Mauriac n’est pas mort avec le siècle dernier. La petite-fille du célèbre écrivain trouve son inspiration dans l’histoire d’amour toute simple de sa mère Claire Mauriac et fait ainsi revivre  cette famille aux valeurs traditionnelles tout en décrivant la France et  Berlin  des années 40-45. Choyée mais avide de liberté et désireuse de se rendre utile,  Claire s’engage  en tant qu’ambulancière de la Croix-Rouge. Dans un premier temps elle se trouve à Béziers où son courage la fait participer à la Résistance,  puis à Berlin dans les camps de transit où un demi-million de rescapés de toute part  se réfugient. Dans ce monde d’horreur elle trouvera sa raison d’être, en oubliera son fiancé, et nous laissera l’image d’un membre  de  la Croix-Rouge comme tant d’autres qui ont connu un vrai bonheur à se sentir solidaires d’une humanité en souffrance.

Brigitte Clavel     

 

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 15:46

 

 

Editions : Le Seuil

Parution : Mars 2009

170 pages

15 €

 

 

Un petit garçon ébaubi par un aïeul grand bourgeois, un frère aîné protecteur, une maison en bord de mer  bondée de monde où il se sent seul, telle est la situation initiale de ce roman plein de poésie  où les moments heureux sont comptés pour le protagoniste qui perd à la Résistance les êtres qui lui sont les plus chers. Comme les galets sont polis par la mer, le cœur du héros est fouetté par  les réminiscences d’un passé  toujours tourmenté. Lui-même journaliste, il va s’absenter à son tour, voir de près la guerre d’Algérie et, comme ceux qui l’ont précédé, ne répondre que par des silences à sa fille. Comme lui elle aime la vie et surtout elle veut comprendre. Elle connaît les mêmes désillusions mais aussi le même amour de la mer, toujours recommencée qui n’en finit pas de mourir. « Moi, il me suffit de regarder la mer, et je ne m’ennuie pas » disait la grand-mère insulaire, sans dire que sa passion était la connaissance des oiseaux marins. Un amour sensuel de l’existence d’où sont exclues toutes recettes de bonheur, toutes réflexions et moyens d’espérer. Toujours le même silence de la part des aînés,  comme s’ils voulaient cacher les horreurs de la guerre, des amours achevés, de la mort qui rôde. C’est pourquoi mieux que quiconque  le critique littéraire Frédéric Ferney définit l’auteur : « François Maspero ou bonjour tristesse ! » Une sensibilité à fleur de peau qui n’engendre qu’émotions mais un bien beau livre !

Brigitte Clavel

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 14:53

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Juin 2009

280 pages

18,50 €

 

  

 

 «  Large bande de solitude et d’abandon »telle est la définition que donne P.Péju à son titre «La  diagonale du vide ».C’est ce que va découvrir Marc Travenne après le décès de son ami et associé. Il abandonne «  la jungle de béton et d’acier » où il a fait fortune pour se retirer dans un coin perdu d’Ardèche. Là, les souvenirs l’assaillent,  la mort rôde et le vide  l’angoisse. Ses secrétaires s’inquiètent, sa mère réclame de retourner à Saint-Euvert, son village natal, pour y voir «  la progression du vide ». Mais c’est surtout une mystérieuse randonneuse qui accapare ses pensées et l’entraîne sur cette diagonale. Son nom reste énigmatique : Lucie, Marion, capitaine Keller ou Elisabeth Walter ? Quatre noms pour une même femme, deux coupes de cheveux, poursuivante et  poursuivie ; celle-ci aura à peine le temps de lui confier qu’elle fait partie des services secrets en Afghanistan, qu’elle est capable de tuer  comme de cultiver des roses anciennes, « adoratrice courbée », fugitive soumise."La diagonale du vide » ne s’arrête pas là : Irène, un vieil amour oublié, lui revient de New York, cancéreuse et mourante, suite aux attentats du 11 Septembre. La solitude est alors partout, d’Afghanistan aux Etats-Unis, jusque dans les dessins de l’adolescent ou des souvenirs d’enfance. Pourtant P.Péju décèle « l’étoile du réconfort » qui est faible, certes, mais qui est bien là : dans la couleur d’une chevelure, dans la timidité d’un amour inavoué, dans l’accueil d’un cafetier, dans les lueurs pâles du ciel comme des visages sacrifiés, dans le parfum d' une école abandonnée... Les descriptions  sont empreintes de finesse et de beauté, jusqu’à nous faire oublier la cruauté sadique du capitaine Francis.

Brigitte Clavel     

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 14:49

 

 

 

 

 

Editions : Mille et une nuits

Parution : Mars 2009

211 pages

15 €

Le style et la démarche spirituelle de ce livre qui aboutit à son apogée avec une lettre adressée à « Chère dissociée, chair désunie » sont dignes d’un Paul Claudel. Malgré les intentions de l’auteur qui se propose d’être le défenseur de la messe du dimanche, ce livre, plein de sensibilité et d’esprit d’écoute, est présenté comme un  roman. C’est en effet dans une véritable aventure que nous entraîne l’auteur. A une époque où l’on parlemente sur le travail le jour du dimanche, le narrateur, dans la tristesse de son divorce, décide d’abandonner le chemin du centre commercial pour prendre celui de la messe dominicale. Dimanche après dimanche il se nourrit de la parole divine. La Bible est lue et commentée comme un livre, dont il se rend vite compte qu’il ne peut se passer : à chaque lecture il y a une suite, un suspense dans le temps. Le fidèle est tout ouïe pour cette succession de paraboles au génie poétique qui lui permettent d’atteindre un niveau inaccessible à la raison et étranger au langage du monde actuel: le pragmatisme et l’égalitarisme ambiants laissent place à une mansuétude d’où le Christ n’est pas exclu mais au contraire en est l’origine et la fin, à « une folie de l’amour qui ne s’accomplit que désarmé ». Livre magnifique qui, en présentant les bienfaits de la messe catholique, invite à la seule violence valable et la seule prière digne : tuer la routine en nous et « faire place nette au bon vouloir de Dieu », faire preuve de miséricorde « qui n’est pas le pardon ni l’amnistie »mais le synonyme de « vouloir pur, vouloir saint, vouloir divin », unique remède à un mariage heureux entre un époux et une épouse, entre morts et vivants,  entre l’Eglise et les fidèles, chacun étant le Sauveur de l’autre. Livre à lire et à offrir autour de soi pour le bonheur de tous!

Brigitte Clavel 

 

 

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 14:45

                                         

 

Edition : Flammarion

Parution : janvier 2009

317 pages

20 €

Ce titre « En bas, les nuages »  résume la pensée de Marc Dugain. La société n’a plus de repère. Le monde est sens dessus dessous et l’homme en souffre. Sept histoires nous le démontrent. La stupidité des uns va entraîner un désir d’isolement des autres, l’insatisfaction amoureuse provoquer des situations aussi cocasses que tragiques, le snobisme révéler la bêtise humaine ; le besoin d’épater ira jusqu’à se faire une autre idée de soi-même. Sept nouvelles qui se passent sous des cieux divers mais où la nature humaine reste égale à elle-même, si utopique dans tous les domaines, qu’ils soient politiques, économiques ou familiaux,  qu’elle se désagrège. Nouvelles très plaisantes où le narrateur laisse s’épancher les divers personnages avec authenticité. Mais l’ironie est sous-jacente : à force de rechercher le paradis sur terre ceux-ci  passent sans voir l’essentiel, sans vivre à la mesure de ce qu’ils sont vraiment. Rappel  urgent  à la réflexion, afin que les hommes regardent vers le  haut et non vers le bas, car, selon Marc Dugain, personne n’échappe à l’ambition, à la solitude et à la mort, même Dieu !    

Brigitte Clavel   

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 14:33

 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2009

222 pages

15 €

 

 

Caricature toute ironique d’un couple qui part en voyage de noces, « Un été à la mer » ne plaira pas au lecteur sans humour. La crudité de certaines descriptions montre à quel point les couples actuels s’éloignent malgré eux du sentiment de l’amour. La jeune Benedetta veut à tout prix un enfant mais ses centres d’intérêt sont aussi futiles que ceux de Luca, quadragénaire particulièrement stressé.Tous deux sont absorbés par les problèmes actuels de société montés en épingle par les médias que Luca lit assidument. Il s’en suit des aventures où quiproquos et hasards vont éloigner les deux époux qui auront bien du mal à concevoir le fruit tant désiré de leur union. Dommage que G.Culicchia se complaise à décrire des scènes où la pornographie atteint le summum de l’insupportable. En fait  son but est de montrer le néant de la vie quand l’homme est incapable de bâtir sur le long terme, de surmonter ses instincts, d’aimer tout simplement.   

Brigitte Clavel    

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 14:24

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mai 2009

316 pages

19,50 €

 

 

Bien peu de beauté dans ce livre, si ce n’est la découverte de la Toscane par une adolescente en compagnie de son père.  Certes campagne et jardins en espalier regorgent de fleurs et parfums, « Le Duomo »  de Sienne comme « l’Academia » de Florence donnent à première vue  envie de se joindre aux protagonistes. Mais ceux-ci  fréquentent des familles les plus huppées aux mœurs si dépravées que le lecteur trouve vite bien peu d’intérêt à les suivre dans ce voyage, initiatique pour l’un et retour dans le passé pour l’autre. Les détails de ce qui se trouvent dans les assiettes ou les réflexions et attitudes grossières d’un milieu qui ne sait que faire de ses richesses  sont vraiment  sans aucun intérêt littéraire.

Brigitte Clavel

           

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 14:17

 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2009

196 pages

15 €

 

 

 

Le jeu de Sylvie Germain entre réalisme et idéalisme est bien connu. Dans son dernier livre celle-ci ajoute à ses talents de poète ceux d’un fin psychologue. Son héros, dénommé Aurélien, est plus précisément le prototype de l’anti-héros. Le livre commence par une image Kafkaïenne : Aurélien se réveille avec le sentiment d’ « un gros insecte, un crabe, une tortue » sur l’abdomen. Dans son appartement  tout part en désuétude. Seules lui importent la réparation d’une vieille visionneuse pour soulager d’images un frère paralysé et l’impression du journal intime de ce dernier avant qu’il n’ait été réduit à perpétuité à un esprit inerte. Aurélien fait partie de ces êtres contemplatifs et aimants à tel point qu’il se dénigre lui-même et se fait oublier de tous. C’est alors qu’une métaphore filée transcrit petit à petit son départ progressif de la terre où il souffre trop de la  « goujaterie générale » et ne trouve plus sa place. A l’opacité d’un monde certes joyeux d’apparence mais où rôdent ennui et mélancolie s’opposent la lumière des yeux du paralysé, des images d’enfance enneigée, «  un chant du monde » prometteur  qu’Aurélien aurait voulu perpétuer. Livre conseillé pour ceux qui ignorent comme Aurélien que « l’éternel est un combat ».

Brigitte Clavel   

 

 

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:59

 

 

 

Editions : Plon

Parution : Juin 2009

181 pages

18,90 €

     

 

 

C’est avec une grande simplicité que cette pianiste mondialement reconnue  rend hommage à tous les êtres auxquels elle doit sa réussite. D’abord à sa sœur Mado, violoniste émérite, malheureusement trop vite décédée. A ses parents qui ont accepté l’éloignement au profit du meilleur enseignement musical. A son célèbre  professeur  Dieter Weber, réincarnation de Beethoven. A Mstislav Rostropovitch qui avait cessé de se produire en duo et lui fait l’honneur de reprendre la sonate avec elle. Et à bien d’autres encore, musiciens ou non, auxquels  elle voue une fidèle amitié. Car la musique c’est vivre avant tout. Rien n’est omis : le trac des artistes,  la nécessité de la rigueur qui n’exclut pas la liberté de l’interprétation, la diversité des chefs d’orchestre comme des auditoires, les charmes de l’Europe, ses origines québécoises. Le plus touchant c’est qu’elle termine son livre par les talents musicaux de son époux, alors qu’il est reconnu comme un des plus grands entrepreneurs de France. Elle ne tombe pas dans la presse-people, elle garde des valeurs sûres. Elle sait que la musique ni ne s’achète  ni ne dure, « est libre et reste un miracle. Comme la vie. »

Brigitte Clavel -Delsol

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 20:56

 

 

Editions : Sabine Wespieser

Parution : Mai 2009

149 pages

17 €

 

 

Dans « Le Canapé Rouge » Michèle Lesbre  retrace le voyage intérieur effectué lors d’une escapade dans le transsibérien.  Dans « Sur le sable » elle nous emmène dans une irruption de souvenirs qui ne peut s’arrêter. Un homme et une femme se rencontrent une nuit sur la plage, celui-là recroquevillé sur ses souvenirs, celle-ci à l’écoute comme elle l’a toujours fait pour les héros de ses lectures qu’elle a préférés à ceux qui l’entouraient. En le laissant retourner au « vestiaire de son enfance », elle va elle aussi retourner dans ce passé qu’elle n’a pas pu saisir à temps, mais dont les fantômes ne l’ont jamais quittés. Cet inconnu la subjugue jusqu’à le poursuivre à Bologne dans un imbroglio où tout prête à confusion : le lecteur réalise combien les situations sont toujours identiques, comme il est dur de s’immiscer dans la vie des autres et de remonter la pente quand la mort est la seule compagne. Dommage que la toile de  fond ait des couleurs politiques aux odeurs fétides ! Heureusement, la vision apocalyptique voisine avec la poésie,  les attentats, la torture et la mort avec les êtres aimés,  et le bonheur avec les  souvenirs !  

Brigitte Clavel

 

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