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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 17:10

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mai 2010

268 pages

 

 

 

L’intérêt de cet ouvrage réside dans la fascination et la vénération  pour une œuvre d’art. François Camerini n’est ni commerçant ni artiste dans l’âme : gentilhomme du  début du XVIII ème siècle, il fait comme a toujours fait son père, achète à bas prix des terres du Roussillon pour leurs pigments ocres qu’il vend avec succès  aux  peintres italiens. Enfant, il a refusé d’entendre parler de son grand-père, un dénommé Velasquez, dont il ne porte pas le nom. Or, en  voyageant pour affaires à Rome, il est fasciné, au palais des Pamphili, par un  portrait du célèbre peintre espagnol Velasquez. Pour la première fois il s’intéresse à l’artiste, lâche tout pour entreprendre un long voyage  jusqu’à Madrid où les ouvrages de Vélasquez l’attendent et éclatent de vérité : la capacité d’admirer est un état de grâce qui unit de façon indéfectible le créateur et son contemplateur.  L’auteur rend les tableaux si vivants que le lecteur se prend pour François Camerini et finit par se sentir « héritier d’un seigneur ».  Dommage que les émois amoureux de la jeune veuve Camerini pour le collègue de son fils, auquel celui-ci  doit une telle découverte, ne soit pas à la hauteur des émotions artistiques!  

Brigitte Clavel

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 16:50

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2010

360 pages

20 €

 

David souffre de voir sa mère veuve toujours très gaie devant les hommes sauf devant lui. En effet cette femme coquette, qui se fait appeler Marlène au lieu de «  maman », préfère de beaucoup  les  sorties nocturnes à la compagnie de son fils. David la juge malheureuse dans sa course aux divertissements  et se jure de la rendre heureuse. Malheureusement il ne parvient qu’à empirer une situation qui serait désespérée si des êtres généreux  ne venaient à son secours : un nouvel"Attrape-cœurs » bouleversant par sa spontanéité et son bon sens,  qui  fait réfléchir sur l’importance de l’amour maternel et de la solidarité humaine,pas toujours  présents là où on les attend…

Brigitte Clavel

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 13:15

Editions : Gallimard

Parution : Février 2010

355 pages

21 €

 

 

Romancière française d’origine russe, Olga Lossky est l’auteur d’un roman dont le sujet est tout à fait d’actualité. Si elle nous emmène au cœur de Moscou en 1917, là où les ouvriers crient misère pendant que prient les moines, elle a le courage de mettre en évidence que spiritualité et charité sont interdépendantes. Les moines du couvent Saint-Andronic  ne se limitent pas à la prière, à l’encens et aux icônes. Ils vivent de la culture de leurs terres et de leur usine de cierges qui malheureusement périclitent mais qui permettent d’offrir leur dernière soupe aux moscovites affamés. Tous les problèmes sont posés clairement : le rapport entre l’Esprit-Saint et les traditions apparemment figées de l’Eglise, l’amour de Jésus-Christ et le moralisme intransigeant du clergé, la bonté agissante de Dieu et l’horreur des situations humaines. Des personnages revivent la passion christique tandis que se déchaîne la révolution bolchévique. De même que l’icône du père Grégoire résiste au temps, ce livre est un miracle de la littérature contemporaine.

Brigitte Clavel    

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 13:13

                           

 

Editions : Liana  Levy

Parution : Janvier 2010

143 pages

14 €

 

La double signification du titre qui signifie «  ruisseau » en français et «  berceuse » en vietnamien donne à ce livre toute sa dimension. Souvenirs heureux et malheureux s’enchevêtrent dans cette autobiographie de Kim Thuy, vietnamienne miraculeusement rescapée des boat-people, qui, suite à une jeunesse pleine de promesses, connaît tous les effrois de la guerre, des camps de réfugiés et de l’immigration. Les images perçues enfant ressurgissent pêle-mêle avec l’interprétation mûre de l’adulte. Sans  la moindre impression de leçon ou d’amertume, Kim Thuy trouve avec poésie et justesse les mots simples qui font le bonheur de l’existence et lui rendent tout son sens. Tour à tour mélancolie et ironie ressuscitent des êtres chers, des situations cocasses, des attitudes héroïques qui transforment une vallée de larmes en un chant d’espérance.

Brigitte Clavel

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 13:09

 

 

Editions : Gallimard      

Parution : Janvier 2010

446 pages

22,50 €

 

 Le romantisme  de  Philippe Le Guillou est bien connu et « Le bateau brume »l’atteste. Le style est envoûtant, la sensibilité de l’auteur exacerbée, les différents thèmes tels que  la jalousie, le mal-être ou « l’amour-poison », comme le définit W.Blake, ne font qu’accroître  l’obscurité du paysage  et des mœurs. Guillaume est un artiste fragile,  à la différence de son jumeau Gilles à « la virilité massive ».Tout oppose ces deux frères : la politique et la richesse  attirent Gilles dont le riche mariage conventionnel rend jaloux Guillaume qui se réalise dorénavant dans une peinture sombre de christs défigurés, de cadavres ou nus masculins. Sonne alors l’heure de la fin de l’innocence. Guillaume découvre que l’église parisienne où il trouve refuge  est le  creuset d’une homosexualité à la mode à laquelle s’adonnent prêtres et jeunes laïcs. Gilles, lui, découvre la voracité du monde politique et des affaires. Lequel des deux remportera son pari ? Lequel des deux survivra aux difficultés rencontrées ? A quel prix gagneront-ils leur course au bonheur ? Une réponse est sûre : Ph. Le Guillou se perd dans un labyrinthe sans issue.

Brigitte Clavel       

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 13:02

 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mars 2010

155 pages

14,50

 

 

Ce livre est vivement conseillé pour tout amateur de voyages ou désireux d’évasions.  Avec un  style léger et poétique, Maxence Fermine nous fait suivre les  traces d’un jeune  explorateur  des années 1860 originaire de Montbéliard, Henri Mouhot. Avide de découvertes suite à de nombreuses lectures, celui-ci s’embarque d’abord pour la Russie en tant que précepteur puis  pour l’Indochine, aux frais de la Grande-Bretagne, avec pour mission de rapporter au botaniste de l’Académie Royale Britannique « le papillon de Siam » qui manque à la collection de sa Majesté. Henri Mouhot trouvera  bien davantage et procurera à l’Angleterre de nombreuses  découvertes qui font aujourd’hui toute la  grandeur historique et l’attrait touristique de cette terre lointaine. La passion de l’explorateur et les couleurs du paysage sont telles que le lecteur suit tous les dangers rencontrés et les interdits dépassés comme un  beau rêve. Hommage bien mérité  rendu à Henri Mouhot  jamais revenu de ses expéditions.

Brigitte Clavel

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 12:58

 

 

 

Editions : Grasset

Parution : Décembre 2009

300 pages

18 €

 

L’héroïne, Émilie Beaulieu, comme VéroniqueOlmi, a tout d’une adolescente prolongée. Jeune,elle a cru aimer un garçon séduisant au prénom

plus évocateur, plus méditerranéen que le sien,Dario Contadino. Aujourd’hui elle ressent le besoinde tout quitter, le temps d’un instant, pour

répondre à son appel. Au volant de sa voiture ellefait un incessant aller et retour entre le passé et leprésent. Les villages qu’elle traverse, les gens

qu’elle rencontre sont comme une initiation qui lui font remonter le temps où sa mère l’exaspérait par son sens démesuré du devoir tandis que Dario l’initiait à l’amour et à Chopin. Quelles seront ses découvertes au bout de ce voyage qu’elle qualifie elle-même d’ « égoïste et essentiel » ? Au titre

imposé par l’éditeur, Véronique Olmi aurait préféré celui du nom de la maison de Dario qui sentait le chocolat et la tendresse maternelle. Mais entre un coureur séduisant qui traverse la vie en  invito  et un mari qui la tient pendant que tout tangue autour d’eux, Emilie Beaulieu aura vite fait de comprendre

la vie .

Brigitte Clavel

 

 

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 09:53

 

 

 

Edition présentée par J-C Petitfils

Introduction de J.de Saint Victor

Editions : Equateurs

Parution : Novembre 2009

107 pages

19 €

 

 

 Deux éminents historiens, J-C Petitfils et J.de Saint Victor, ont jugé nécessaire de publier l’émouvant testament de Louis XVI rédigé dans la Prison du Temple avant son procès  ainsi que sa déclaration  écrite avant son arrestation à Varennes dont l’original, mystérieusement disparu pendant plus de deux siècles, vient d’être  retrouvé aux Etats-Unis en Mai 2009. Tout citoyen français doit  connaître ces manifestes, testament autant politique que moral, qui montre à quel point le roi n’était pas opposé à une Nouvelle Assemblée Constituante. Ce sont des témoignages historiques bouleversants qui attestent de la bonne foi du souverain, de sa volonté d’éviter à n’importe quel prix la guerre civile et de rester  fidèles à la religion Catholique universelle. Ni la moindre haine ni rancune de la part du roi pour son peuple, seulement un  souci de protéger les siens et ceux qui l’ont défendu jusque là, pas le moindre esprit de vengeance, simplement le désir de partir en retraite pour mieux revenir, en harmonie avec ses convictions, servir son pays.

Brigitte Clavel

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 09:45

 

 

Editions : Pocket

Réédition : Février 2010

253 pages

4 €

 

Pourquoi ne pas rendre un dernier hommage à J.D.Salinger décédé le 27 Janvier 2010 en relisant « L’attrape-cœurs » ? Ce livre, au langage direct de l’adolescence, a connu un succès mondial dans les années 50. Il  permet aujourd’hui  de mieux comprendre cet écrivain qui a préféré l’isolement à la notoriété. Roman certes initiatique autant qu’autobiographique, en tout cas idéaliste. Le jeune  Holden est un pur qui a du mal à supporter  l’injustice et l’hypocrisie, où le snobisme des apparences est la première règle. Il fugue de son collège huppé, sans oser rentrer chez ses parents, bourgeois new-yorkais dont il se sent incompris. Il erre désespéré pendant trois jours et trois nuits, rêvant de pureté, de nature et d’amour. Il a pitié des faibles, des fragiles, des innocents. Il ne rêve que d’une cabane au fond d’un bois, comme Salinger lui-même qui, une fois devenu célèbre, s’enferma dans une solitude totale. Puisse la mort de Salinger nous révéler des écrits inédits  pour qu’il vive au-delà de son silence délibéré !

Brigitte Clavel  

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 09:40

 

  Editions : Gallimard

Parution : Janvier 2010

238 pages

21 €

 

 

 

 Livre d’actualité : en Islande, pays de l’auteur, la destinée des hommes ne tient qu’au bon vouloir de la mer et de la montagne. Dans un village à l’extrémité d’un fjord, en plein XIX ème siècle, des pêcheurs essaient, chacun à leur façon, de « cogner la mort pour la faire fuir ». Certains iront « ramer profond » pour la chasse à la morue, d’autres puiseront leurs forces dans l’amour d’une femme, l’alcool  ou la poésie de Milton. Mais la mort omniprésente fait apprécier les bons instants, comme un délice trop doux. Et si la certitude du bonheur se résume au bienfait d’une tasse de café ou d’un poème, il s’agit pour l’auteur d’arracher l’incertitude,  puissance qui détruit et donne envie de mourir. Le lecteur suit alors le parcours d’un « gamin »  qui a tout perdu : la mer vient de lui enlever le seul être qui lui restait. Il découvre avec lui le vieux capitaine ivrogne, le  pécheur aveugle à force d’avoir trop lu et la tenancière du café  aux mœurs légères. Ceux-ci doivent ils  continuer sans cesse le combat de la vie ? Ce livre fascine par la description  des  attitudes humaines et des phénomènes naturels qui peuvent geler les corps comme les espérances, mais aussi redonner miraculeusement une flamme à l’existence. C’est plus qu’un voyage en Islande, c’est un voyage initiatique, subjuguant par son style poétique, où se côtoient rêve et réel, situations désespérées et  impression de « vivre un roman » comme le dit celui qui finit par ne plus être un «gamin » et par comprendre que nos regards «  peuvent aussi bien être des fusils que des notes de musique, un chant d’oiseau qu’un cri de guerre ».

Brigitte Clavel

 

 

 

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