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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 15:27

                                     « ELEFTHERIA »  par Murielle Szac

 

Editions : Emmanuelle Collas

Parution : Août 2022

352 pages

19 €

Quand on aime la Crête , comment ne pas se pencher sur son passé, sur ses paysages et ses habitants ?  Murielle Szac s’y consacre avec dextérité,  se limitant aux années 1940  où l ’île grouille de vie, de soleil ardent , d’histoires familiales ,  le tout recouvert par un esprit religieux qu’il soit juif ou chrétien . Peu importe pour le rabbin si  la jolie Stella épouse un goy, et si Rebecca a des relations hors mariage.  Il y a des sujets plus brûlants, les Allemands approchent , les évènements se précipitent, les placards anti-juifs recouvrent peu à peu les rues, les parachutistes et les bombes nazis tombent du ciel sans qu’on y  ait vraiment cru. Certes  les choix  des habitants  sont différents,  mais tous sont soumis au même sort, celui de la guerre, et aux mêmes aspirations, celles de la liberté, éponyme du titre grec du livre. La narration de Murielle Szac est fragmentée, sans toujours des liens logiques, par des portraits, des anecdotes, des impressions qui se gravent dans l’appareil  du photographe polonais en même temps que dans la mémoire du lecteur. Livre qui fait revivre maints héros ou traîtres, fuyards ou espions, artistes ou simplement protecteurs des plus faibles et dont les souffrances n'enlèvent rien  à la beauté de la Crête .

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31 décembre 2022 6 31 /12 /décembre /2022 10:29

« VIVRE VITE »  par Brigitte GIRAUD

 

Editions : Flammarion

Parution : Août 2022

206 pages

20 €

 Si il y’a quelque chose  que je n’aime pas c’est de jauger le destin avec des “si”, de remonter le temps avec remords . Et pourtant Brigitte Giraud  s’y exerce à merveille . Car si  je n’avais pas lu “Vivre vite” je n’aurais jamais réalisé comme  l’humour est plus fort que les lamentations, comme  la vérité  est supérieure au déni, comme un départ sans au revoir laisse anéanti, comme le goût du risque est grisant ou un coup de fil utile, et comme après vingt d’absence le vide est toujours là. Livre réaliste où inconsciemment on dépanne un petit frère même une fois adulte,  où on confie des petits riens à une mère intrusive, où  le souvenir de la musique pop et de la jolie maison  égaie encore le présent.  L’auteure n’a rien oublié de cette société « bien huilée » où chacun reste à sa place.  Et si le   bien aimé la protégeait à son insu , si c’était son souffle qui lui avait dicté ce livre,  peut -être qu’ à force de scruter le ciel  Brigitte Giraud finirait par prouver  qu’il y a bien  une vie au-delà du terrestre.  En attendant  le prix Goncourt est une grande consolation et pour le lecteur une belle leçon de vivre vite intensément…

 

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30 décembre 2022 5 30 /12 /décembre /2022 10:59

                              « La gloire des petites choses »  par Denis Grozdanovitch

Editions : Grasset

Parution : Novembre 2022

221 pages

20 €

 

Pas étonnant, selon  Denis Grozdanovitch,  que la poésie soit de nos jours tant délaissée !  La prétention intellectuelle et  le désir d’obscurantisme  n’ont  rien d’attractif. « Ne fermez pas vos portes, orgueilleuses bibliothèques… ». L’art abstrait n’attire pas celui  qui attend une révélation en osmose avec le réel.   L’ expression, souvent bien trop conceptualisante, outrage celui qui ne la comprend pas. Or la mission de l’artiste  est de partager cette transe poétique ressentie  à la vue des petites choses, d’apaiser l’angoisse suscitée par le passage du temps en redonnant  sens  à l’intime et sa raison d’être à l’empathie. L’auteur  se défend de toute idéologie. Il présente en vrac  toutes ses expériences vécues, ses découvertes poétiques, ses intimes impressions. Il en conclut que l’absurdisme de l’existence a pour   antidote  les « éphémères vermeilles du quotidien » et que seul un vaillant courage peut contrer le nihilisme ambiant engendré par une société ultra-technicisée. Le lecteur est en droit de regretter que ce livre évolue plus dans le sens d’une critique littéraire que vers une création poétique personnalisée. Puisse le prochain livre du professeur d’échecs et de philosophie être  exclusivement un recueil de poèmes ! Car c’est indéniable, D. Grozdanovitch a l’âme d’un poète-jardinier qui rêve d'embellir la terre d'ici-bas...

B Clavel Delsol .  

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26 décembre 2022 1 26 /12 /décembre /2022 18:30

« Le Paradis est épars » par Chantal Delsol

 

Editions du Cerf

Parution : Janvier 2023

169 pages                                                                                                                                       

18 €

La montagne est à l’honneur  dans les romans d’aujourd’hui. Après  Sylvain Tesson et Valentine Goby,  elle inspire Chantal Delsol, autant par la   beauté de ses sommets que par la sagesse de ses habitants.  Chris, son héros,   court  à toute allure dans ce beau massif des Ecrins dont il semble connaître à merveille les moindres recoins, car le temps est compté, il faut  retrouver un ami disparu.  Sa frénésie des sommets ne l’empêche pas de relater savamment l’historique de son  petit village de Vallouise, la fierté de ses ancêtres protestants,  à son ami Lorenzo jeune touriste italien. Au physique fragile de Lorenzo s’ajoute   un mal-être romantique que  Chris se promet bien de guérir.  Car la montagne n’offre -t-elle pas toutes  les joies de la liberté  et du risque qui font grandir ? Si les épreuves de la vie n’épargnent pas les  deux  protagonistes, la montagne les réunit toujours, jusqu’au jour où Lorenzo part seul, trop confiant dans ce paysage majestueux où Chris cherche à le rejoindre. La joyeuse insouciance du début du livre s’estompe peu à peu au profit d’une sagesse mûrie par les évènements.   La montagne interroge. Y aurait-il de la suffisance à vouloir narguer crevasses et ciel menaçant, du masochisme  à se forcer d’aller toujours  plus haut ? La montagne a sa réponse. Si crapahuter est un jeu d’enfants, l’esprit de conquête se transforme vite en quête spirituelle.  Car le fil conducteur du guide n’est autre que celui de la responsabilité des autres où qu’ils soient, au fin fond des villes comme au cœur des Ecrins. Livre plaisant et plein d’audace  qui plaira à toutes générations confondues.  

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23 décembre 2022 5 23 /12 /décembre /2022 11:40

« Un enfant sans histoire »   par Minh Tran Huy

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2022

205 pages

21,50 €

 

« Un enfant sans histoire » est  l’histoire tragique du petit garçon  autiste de Min Tran Huy qui  conte tous ses combats de mère : diagnostics médicaux pessimistes, théorie de traumatismes psychanalytiques  culpabilisants, énormes  efforts financiers de prise en charge , quotidien invivable de jour comme de nuit. Il faut une forte santé mentale et un amour incommensurable pour aider son enfant à sortir de l’isolement et à acquérir son autonomie. Mais  la romancière ne désespère pas.  Temple Grandin,  issue d’une grande famille américaine avec le même handicap que le petit Paul, n’a-t-elle pas fini par effectuer un magnifique parcours professionnel ?  Si l’opiniâtreté de sa mère est à l’origine des quelques progrès  de Temple, le ranch de sa tante va être le facteur déclenchant de son ouverture au monde.   L ’empathie de la jeune fille pour les animaux lui révèle ses propres frayeurs et l’incite à lutter désormais pour un meilleur bien-être du bétail aux abattoirs.  Sa thèse de doctorat en science animale aura des répercussions sur toute l’Amérique et fera de Temple une héroïne. Qu’en sera-t-il du petit Paul pour lequel sa mère a tout essayé ?  Si les efforts déployés par celle-ci n’ont guère de résultat, sa  profonde tristesse  finit par faire de ce  petit garçon bouclé l’âme  de ce beau livre qui force à penser que « l’autisme n’est pas un ennemi à abattre », mais la source d’une réflexion sur la dimension de la souffrance humaine et le sacré de la vie . 

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20 décembre 2022 2 20 /12 /décembre /2022 17:13

                                   « L’ILE HAUTE »     par     Valentine GOBY

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2022

268 pages

21,50 €

 

Les paysages de montagne de  Valentine Goby sur les hauteurs de Chamonix et plus précisément de Vallorcine sont  de  véritables peintures. Ils font oublier à Vincent, petit parisien de passage venu soit disant soigner son asthme, la séparation des siens. Tout rayonne et resplendit.  La blancheur de la neige, le rouge  flamboyant des sommets, le bleu des yeux de l’aveugle,  le vert  des champs qui fonce avec les saisons l’émerveillent. Même les  cloches des troupeaux et  les sonorités des mots nouveaux   se revêtissent des couleurs des tableaux de Kandinsky. C’est le temps des découvertes, de la contemplation, de l’insouciance. Mais derrière tant d’émerveillement  et d’innocence se cache une ombre. L'absence de Blanche, les sorties d'Eloi dans la nuit, le départ d'Olga, la nuée de piérides font resurgir l'angoisse refoulée.  Les dessins de Vincent n’ont pas la magie du paysage mais comportent des taches noires  pleine de stries inquiétantes. La féerie  des lieux va-t-elle durer ? Un jour Vincent devra redevenir Vadim, fuir les nazis en rejoignant  la frontière suisse. Car on est en pleine guerre mondiale , ce que la famille adoptive de Vincent lui a consciemment fait oublier.  Ce livre plein de lumière dans un contexte historique tragique est un hommage rendu autant à la beauté des montagnes qu’à la noblesse de cœur   de ces  familles qui savaient braver les ennemis autant que la rudesse du climat et les cruautés de la vie. Livre magnifique où le style de l’auteur fait preuve de la même délicatesse que ces Justes de France inspirés par  le silence des montagnes.

 B.   Clavel Delsol

 

 

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18 décembre 2022 7 18 /12 /décembre /2022 16:27

                                                              « LA ROBE DE Hannah »

                                                                 Berlin 1904-2014

                                                                    par Pascale HUGUES

Editions des Arènes , 2014

 Editions J’ai lu chez Poche , 2016

344 pages

7,50 €

Comment s’enraciner  pendant vingt-cinq ans dans une rue berlinoise sans connaître son passé ? Cette rue est si ordinaire que son nom ne sera jamais mentionné. Mais quand les façades sont trop lisses, ne cherchent elles pas à cacher quelque chose, une tristesse, un mystère ? Sans doute la profonde  déception de n’avoir pas eu le temps après la victoire de 1870  de rivaliser avec Paris ou Vienne, alors qu’elle était peuplée principalement de  Juifs aisés !  Alors Pascale Hugues  lance un avis de recherche   pour rassembler les témoignages des habitants aujourd’hui dispersés. Les résultats sont inespérés, les réponses arrivent de tout côté,  de l’immeuble voisin ou celui d’en face,  de la maison de retraite du quartier, et même  depuis Haïfa et de  New York . Tous sont encore meurtris  des réquisitions et des horreurs subies par les nazis,  mais  tous préfèrent  envelopper le passé  de la douceur des  rares moments heureux et de leur espoir dans un exil possible. La plume très discrète de l’auteure semble écarter toute haine et désir de vengeance, comme si la rareté du bonheur voulait pérenniser la beauté de la vie.  La robe d’Hannah ou les meubles d’Ursula suffisent à témoigner des beaux jours. Les  bons  souvenirs ressurgissent , le goût de la vie revient, les décombres finissent par se transformer en buttes verdoyantes d’herbes folles , et  l’exemple des « femmes des ruines » en  moteur de l’économie allemande !  Puis le style de Pascale Hugues devient rapide et nerveux.  Elle constate que sa rue connaît  un  rythme effréné d’expulsions au profit de riches résidences, la colère des écologistes augmente, le  promoteur immobilier se révèle être  celui-là même qui construisit le bunker du Führer . Ainsi la roue tourne, la paix ne dure pas, seuls les souvenirs demeurent !  Très joli livre qui révèle l’incompatibilité du rêve et de la réalité…B. Clavel Delsol

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9 décembre 2022 5 09 /12 /décembre /2022 11:11

                            « ROMAN FLEUVE »            
                                           par                                           

                               Philibert HUMM 

 

Editions : Equateurs

Parution : Novembre 2022

281 pages

19 €

 

Ce périple à peine crédible doit son succès à l’humeur toujours joyeuse de l’auteur  qui depuis Paris, s’embarque sur la Seine pour le Havre.   Un  canoé  de fortune avec pour  mât une tringle de rideau et pour pavillon une simple chaussette débouche non pas sur le ridicule , mais sur un comique indéniable. Philibert Humm n’a qu’une envie : faire de la vie un jeu et donner « du fard au teint blême » ! Craignant d’ennuyer le lecteur, il multiplie les péripéties,  croque les gens du cru  et ses deux compagnons de voyage  avec beaucoup d'humour non démuni d’affection.  L’importance apportée au moindre détail ajoute du réalisme sans cacher les hauts et les bas du moral de chacun  et leurs  sauts d’humeur à la hauteur des risques encourus.  Derrière la fantaisie du texte se cache un cheminement de la pensée.  Peu importe si et comment  nos trois aventuriers parviennent jusqu’à la mer. Ce qui est certain, c’est qu’ils veulent braver la mode du moment , celle du risque zéro,   donner envie  de garder l'esprit d'aventure, l'amour de la liberté, le sens des responsabilités, avec toujours le fanion au cœur! Livre d’une très grande finesse de style et d'esprit !

B. Clavel Delsol

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4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 21:06

« La valse de l’adieu »  par Philippe de Villiers

  

Editions : Plon

Parution : Septembre 2022   

559 pages

22,90€

                                                                                                                               

Un cours d’Histoire de France à partir d’une histoire  « authentique », tel est le dernier livre de Philippe de Villiers.  Jean Rogronille,  luthier de profession et maire de son petit  village,  ose avouer sa neutralité politique à Napoléon  de passage en Vendée. Les Bleus n’ont-ils pas tué son petit frère et fermé le couvent d’où ils ont chassé sa sœur aînée ? Comment  accepter plus longtemps d’être un mandataire du Régime, un valet de la République ? D’ailleurs n’a-t-il pas falsifié des archives paroissiales pour ne pas trahir ses frères vendéens ? Mais aujourd’hui ce sont ses frères qui semblent le trahir. Les chouans vendéens sont devenus " chouans de l’Empire " : le cortège impérial est  prometteur de richesses. Le luthier  délaissé par ses clients nouveaux riches n'a plus que son violondaulne pour survivre   en animant quelques mariages paysans. C’est là que Ph. de Villiers séduit le lecteur  par  sa connaissance de l’âme humaine , girouette qui suit le sens du vent. Il dissimule sa déception   par un humour  qu’il  enveloppe d’un patois  consolateur. Heureusement  « Un bon vielleux ne peut être un mauvais homme » et la Providence va le prouver. Enrôlé malgré lui dans la Grande Armée impériale pour la campagne de Russie, Jean Regronille  reçoit le titre  de  fifre d’honneur dont la mission est d’encourager les soldats à traverser la descente aux enfers. Tandis que la neige devient  linceul et son fifre simple bâton de glace , sa musique continue  à émettre un  « filet de vie », et même un flot de miracles.   Car Jean va devenir  le musicien réclamé  de tous les  antirévolutionnaires exilés, le témoin des tentatives d’une dernière chouannerie fantasque, et mieux encore, l’invité du roi Louis-Philippe qui lui réserve une bien touchante récompense. Le livre est bouleversant par la noblesse  des sentiments auxquels l’auteur semble attaché, tant ce petit joueur de violondaulne aux côtés de La Rochejacquelein et de son épouse Félicie symbolise le cœur  de la Vendée.

B. Clavel Delsol   

 

 

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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 11:18

« Le Jardin des Cendres »

                 par Françoise Chandernagor

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Octobre 2022

569 pages

23,90 €

 

 Françoise Chandernagor  poursuit sa trilogie avec toujours autant de truculence romanesque et de probité historique. Séléné, fille de Cléopâtre et Marc Antoine, hier enfant victime des cruautés de César,  est aujourd'hui un modèle de femme : son titre de reine de Mauritanie  ne lui fait pas  ignorer les atrocités du Principat ni la défaite des trois légions de Varus trahi par l'un des siens dans une forêt d'outre-Rhin.  Témoin  de la course au pouvoir des Julii et des Claudii, des unions consanguines qu'Auguste se complait à faire et défaire, Séléné veut un fils. Celui-ci pourrait assurer la descendance du roi Juba et venger ses ancêtres,  rendant ainsi la liberté aux pays occupés par les Romains et la pérennité à la dynastie  égyptienne. Après le Triomphe de Tibère, son  ami d’enfance, Séléné espère des jours  meilleurs. Car Tibère est un républicain.  Mais une  « république à genoux » ne  vaut guère mieux qu’une « république prosternée ». Le but de l’auteure n’est pas de présenter une généalogie labyrinthique mais de montrer combien la tyrannie à force de rivalités, taxations, conscriptions et confiscations  amène aux crimes, aux révoltes, à la folie, au désastre politique. Ainsi «il n’y aura jamais de Paix universelle. Pas plus qu’il n’y a de mondialisation heureuse » affirme l’auteure.  Néanmoins par sa très belle plume où elle entremêle les sentiments les plus cruels Françoise Chandernagor parvient à faire du  "Jardin des Cendres" de Séléné un "Jardin de vie", belle allégorie du monde d’aujourd’hui , quand l'espérance est l'étrier du désir. 

B. Clavel Delsol

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