21 juillet 2019
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« Sans jamais atteindre le sommet » par Paolo COGNETTI
Editions : Stock
Parution : : Avril 2019
159 pages
17,50 €
Satis Kumar n’est pas le seul à vouloir réconcilier la terre, l’âme et la société. C’est ce que parvient à faire Paolo Cognetti par son très beau récit de voyage dans l’Himalaya où l’important n’est pas d’atteindre le sommet mais de se sentir en symbiose avec cette nature tantôt revêche tantôt apaisante pour mieux comprendre le sens de l’existence. La vallée du Dolpo est un petit Tibet dans le coin le plus reculé du Népal qui subsiste au grand Tibet avalé par la Chine. Malgré ses léopards de neige et ses chèvres bleues, ses séracs aux couleurs des nuages, elle lui rappelle ses Alpes d’autrefois, qui de plus en plus urbanisées aujourd’hui, reflètent depuis toujours le sort inévitable des habitants de la montagne. Pour seule compagnie de l’auteur quelques rares amis et porteurs , un chien errant, un crayon pour notes et croquis ainsi que le livre lu et relu de Peter Matthiessen, inspirateur de ce voyage malgré les « démons » annoncés, le froid et surtout le vertige qui n’épargna pas P. Cognetti. Livre magnifiquement écrit où l’échange des montagnards avec les marcheurs avides d’un thé chaud ou d’un simple sourire révèle l'immensité de la nature face à la fragilité humaine. Lecture qui passionnera tous les férus des hauts sommets et incitera les autres à rêver de l'Himalaya, " la bien nommée demeure des neiges". B. C. D.
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2019
17 juillet 2019
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Christian BOBIN
« Un livre inutile »
Editions : Fata Morgana
67 pages
« La muraille de Chine »
Editions : Collection entre 4 yeux
56 pages
Avril 2019
Les deux derniers ouvrages de Christian Bobin sont aussi brefs qu’intenses. Ils vont droit à l’essentiel, à savoir ne pas parler ni dire, mais montrer, regarder, contempler et se taire. Tel est le concept de la poésie qui se heurte au mur des mots et des apparences semblable à la muraille de Chine qui coupe les horizons et les frontières entre les hommes autant qu’entre le ciel et la terre. Avec un esprit semblable à celui du « Petit Prince » pour qui les hommes trop attachés à leur besogne ne savent plus voir l’invisible, Christian Bobin nous révèle la face ignorée de quelques écrivains, leur âme d’enfant enveloppée dans leur chair d’homme. Ainsi Paul Claudel sous une apparence de « gras ambassadeur, de gris catholique, de gros poète » ne ressemble en rien au petit Paul écartelé entre deux femmes, entre deux mondes, celui de l’infime et de l’immensité, entre l’éphémère et l’éternel. « Tu aurais dû te défendre contre le succès », conseille Kafka pour qui l’élégance de la poésie n’est pas dans la forme mais dans la transparence de la vie dont Ramuz sait révéler l’importance des choses qui se moquent du sérieux des doctes et des savants. L’écriture de C. Bobin est comparable à « l’élixir du docteur Ponge », elle sait ouvrir les fenêtres, s’envoler avec le vent, secouer les ombres de l’anxiété, pour aimer la vie des vivants comme des morts en ressuscitant la lecture du monde …Deux petits livres reposants à lire dans l'air léger de l'été !
B.C.D.
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2019
20 juin 2019
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« Robert B. Sept nuances de gris » par François Jonquères
Editions : Pierre Guillaume De Roux
Parution : Février 2019
277 pages
Le pari de F. Jonquères est grand : réhabiliter par un roman non pas le polémiste de « Je suis partout » mais le poète et romancier talentueux que fut R. Brasillach. Il plonge alors le lecteur dans une aventure où ses protagonistes Valérius, Esther et André ressemblent étonnamment aux personnages de « La conquérante » ou des « Sept couleurs ». En effet Esther a l’âme de Brigitte ou celle de Catherine, partagée entre les deux hommes qu’elle aime. De plus Valérius et André sont deux provinciaux qui aiment leur Roussillon natal comme Brasillach l’aima. Malheureusement Valérius s’y ennuie à tel point que dans les années 40 il s’aventure à faire passer des Juifs en Espagne pour dans un premier temps les spolier puis les livrer à la Gestapo, actes immondes que l’extrême sensibilité de Brasillach aurait bien été incapable de réaliser. Peu importe la suite des événements qui finissent par entraîner le milicien Valérius dans la guerre d’Indochine et André dans celle d’Algérie. Car, comme dans les romans de Brasillach, "Tout, sauf les Rouges" et "tout pour la Patrie". Mais il vient un jour où le remords est à son paroxysme, où l’homme de guerre demande pardon, et les pages de F. Jonquères se confondent avec les poèmes de Fresnes. Le poteau d’exécution n’a pas sa raison d’être. C’est le pardon d’Esther, la jeune Juive, qui permet la rédemption des deux hommes. Les « Sept nuances de gris » qui assombrissent la France depuis la Libération peuvent se parer des " Sept couleurs". Ce livre se lit comme on passe "une nuit à Tolède", dans les transes les plus grandes où la quiétude se révèle impossible. Livre qui passionnera les inconditionnels de Brasillach et permettra aux autres de mieux approcher ce fantôme de la littérature française. B.C.D.
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2019
17 juin 2019
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« Les étoiles s’éteignent à l’aube » par Richard Wagamese
Editions : Zoé, 2016
Editions: Poche 2017
308 pages
Richard Wagamese en écrivant ce livre offre un aperçu très réaliste de la Colombie–Britannique à l’extrémité ouest du Canada dans les années 1950. Entre l’Océan pacifique et les Montagnes Rocheuses, la terre révèle son âpreté et les boulots saisonniers à la ville papetière de Parson’s Gap ne suffisent pas à combler la pauvreté. Alors Eldon Starlight s’enrôle dans la guerre de Corée, croyant échapper ainsi à un sort trop dur. Mais le retour est plus dur encore et, pour oublier les terribles épreuves subies, il s’autodétruit en s’imbibant d’alcool. Heureusement un « vieil homme », dont le nom ne sera révélé qu’à la fin de ce joli roman, prend en charge Franklin, le fils d’Eldon, et lui apprend les secrets de la nature et les bonheurs d’une vie simple. C’est dans la beauté des grands espaces que s’apaisent la douleur et le désespoir du jeune Franklin jusqu’au jour où son père lui demande de l’accompagner dans sa dernière demeure pour être enterré comme ses aïeux indiens. Une longue montée dans la montagne a lieu, où la souffrance physique du père extirpe la honte de son passé en racontant à l’enfant ce qu’il n’a jamais osé avouer à personne. Le silence se rompt, un vulgaire argot plein de sincères remords s’oppose aux froides réparties de Frank qui se transforment peu à peu en une infinie tendresse. Un bel ouvrage où deux sang-mêlé finissent par découvrir la beauté de l’aube qui se lève sur l’Amérique. B.C.D.
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2016
12 juin 2019
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« Des jours d’une stupéfiante clarté » par Aharon Appelfeld
Editions de l’Olivier 2018
Editions Points : Janvier 2019
280 pages
7,40 €
Théo est un jeune autrichien juif rescapé des camps nazis de Roumanie. Du jour au lendemain il se retrouve libre, errant sur la route du retour à Sternberg, partagé entre une envie de solitude pour oublier l’enfer et le désir de secourir ses compagnons d’infortune qui l’ont sauvé du typhus. Si la guerre est finie, la violence persiste, les collabos martyrisés offrent à leur tour un tableau de misère. L’errance de Théo est hantée par des visions incessantes où les superpositions temporelles induisent un flou chronologique des plus poétiques. Soit il se croit encore poursuivi par des gardiens de prison, soit il est assailli d’images de son enfance choyée. Heureusement des rencontres impromptues lui permettent de découvrir des personnes de grande simplicité pleines de générosité et de piété qui le protègent, l’incitent à poursuivre son retour et être fidèle à ses aïeux. Le temps est ressenti à la fois comme une promesse et une angoisse, le souvenir du beau visage de sa mère n'efface pas l'image du wagon à bestiaux qui l'emporta avec son père. Comme l’indique le titre, pas la moindre lamentation. Mais une interrogation sans réponse : Théo retrouvera-t-il ses parents vivants ? Yetti tour à tour exaltée et dépressive pressentait-elle le drame juif ? La souffrance physique de Madeleine était-elle le reflet de sa tristesse morale ? La « stupéfiante clarté des jours » est-elle une antiphrase ou une révélation divine ? En tout cas elle fait penser à la misère de Job qui n’est pas propre aux seuls Juifs mais à la condition humaine que seul l’amour peut sauver. Livre d’autant plus triste quand on sait qu'il est autobiographique et écrit peu avant que l'auteur s'éteigne . B.C.D.
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2018
8 juin 2019
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« La nuit des enfants qui dansent » par Franc Pavloff
Editions : Albin Michel
Parution : Juin 2017
280 pages
19 ,50 €
Le thème de ce roman de F. Pavloff ressemble étonnamment à celui du dernier livre de Sylvie Germain: les douloureuses séquelles de la barbarie brune et de la terreur rouge subies au début du XXème siècle au cœur de l'Europe centrale. F. Pavloff met en scène deux hongrois, le jeune Zâl, orphelin de guerre qui ignore tout de la résistance hongroise et le vieil Andras qui y a perdu tous les siens. La folle chevelure de Zâl entourée de ses oiseaux comme son métier à haut risque de funambule sur élastique contrastent avec le costume sombre et laminé d’Andras et sa peur de l'avenir pour cette jeunesse frivole sur la route de la fête de la musique. Car les jeunes d'aujourd'hui ne veulent pas entendre parler du passé, "ils en savent plus sur les dinosaures que sur Hitler et Staline" et le tragique des vieux leur fait peur. Pour eux « seul le présent compte ». Heureusement sous le réalisme du roman se cachent une poésie et une pudeur dans les sentiments grâce auxquelles le face à face de deux générations aussi différentes soient-elles pourra les réconcilier. Au Salzbourg de Mozart où le vieux Andras a pris refuge lors de la chute du Mur, Zâl préfère le Sziget, festival de musique électronique qui rassemble toute la jeunesse occidentale sur les îles de la liberté face à Budapest. Mais le chemin de l’insouciance est de courte durée, le passé historique rattrape le présent, les bombardements de l’Orient résonnent jusqu’au cœur de l’Europe envahie à son tour par une foule d’immigrants en errance. Très beau livre dont le titre résume à lui seul l’espérance d’une jeunesse en souffrance et laisse espérer pour la rentrée littéraire un prochain roman aussi beau que celui-ci. B.C.D.
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2017
3 juin 2019
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« Puccini l’aimait » par Brigitte HOOL
Editions : L’Âge d’Homme
Imprimé par PULSIO à Sofia, Bulgarie
Parution : Juin 2016
277pages
18 €
Brigitte Hool est une Soprano reconnue qui aime chanter Puccini et c’est de cette musique dont se nourrit son premier livre. Car plus que les amours de Puccini, c’est la source d’inspiration du maestro qu’elle a plaisir à sonder, son mélange d’innocence et de savoir, semblable à ceux de la petite Doria qui l’aima comme une créature peut aimer son créateur. Dans la « Bohême » c’est Puccini que B. Hool retrouve en Colline. Celle-ci feint de pleurer un manteau lors de la mort d’une amie, comme le musicien pleure sa carrière lors de l’agonie de Doria : « Ruiné. Je suis ruiné. Je suis fini. » Ainsi la biographe révèle un homme qui veut dissimuler à tout prix ses sentiments profonds. « Cette pudeur c’est toi », s’entendra dire Puccini par son amie Sybil « toujours un humain qui rampe ….même ton Scarpia n’est pas haïssable ». La jalousie obsessionnelle de Floria Tosca est celle d'Elvira, épouse de Puccini. Et comment ne pas reconnaître celui-ci dans l’hymne à la liberté de Cavaradossi ? Car s’il refuse de parler politique avec des hommes sans cœur, il pleure profondément la misère du peuple. Et quand le drame familial survient, c’est le désarroi total de Johnson dans la pièce « Fanciulla del West » qui transperce : « je ne sais plus bien qui je suis ». Si un temps la musique est résilience avec Minnie qui représente la femme de caractère du Nouveau Monde, libre, sans préjugés bourgeois et plein d’optimisme, « Turandot », la toute dernière œuvre, est fidèle à Doria, la toute sainte : « …avant l’aube je fermerai les yeux, fatiguée …» . Cette biographie de B. Hool est un véritable opéra. En dépassant le triangle amoureux, elle perce un secret des plus inattendus et permet une meilleure compréhension des œuvres de ce musicien trop aimé des femmes... B.C.D.
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2016
28 mai 2019
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Editions : Gallimard
Parution : Avril 2019
203 pages
19,50 €
Ces quinze conférences dispensées par J.M.G. Le Clézio dans différentes universités de Chine ne sont autre qu’une magnifique plaidoirie en faveur de "l'interculturel". Car, pour le conférencier qui fait preuve d'une époustouflante culture, les livres sont une passerelle qui ne se limite pas à la nostalgie du passé, mais s'ouvre sur le monde par l'intermédiaire des échanges de tout horizon, dans le temps comme dans l'espace. Ils relient hier à aujourd’hui et demain, ils sont "le sang" qui circule entre civilisations disparues et nouveaux mondes, une échappée dans l'inconnu qui devient aventure personnelle. La littérature n'a pas besoin de voyager pour être en mouvement: elle puise, dans ses fonds sans fond, une source d'inspiration qui s'incarne au fur et à mesure de l'écriture ou du travail de résilience. Seule à surmonter la rapidité du temps par la profondeur de la réflexion, elle n’a d’autre vocation que de retrouver l'universel dans le particulier. Ainsi le commerce, l'art et les médias sont les antidotes à la pensée unique, au repliement d'une élite égoïste, au rationalisme sans cœur, en un mot ils tissent les liens entre les hommes. Citoyen de son époque, J.M.G. Le Clézio n’échappe pas aux repentances de son siècle, fustige "l’exploitation coloniale à l’origine d’une mondialisation toute artificielle et d’un épuisement des ressources naturelles". Mais le pourfendeur est poète avant tout: le monde actuel n’a plus de rêve, le matérialisme tue, seules "les causeries", mot sciemment choisi car dénudé de toute prétention intellectuelle, peuvent faire barrage au désespoir en prenant compte du surnaturel. Livre dont la finesse de l’expression stylistique est la plus convaincante des argumentations. Ouvrage d’un homme mûr pour qui la nécessité de l'échange est le seul combat qui vaille la peine…
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2019
20 mai 2019
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« SOLSTICE » par François Taillandier
Editions : Stock
Parution : Décembre 2015
208 pages
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Le solstice, emblème commun aux traditions païennes et chrétiennes, n’amoindrit pas pour autant les divergences humaines.Dès le début de ce roman historique c’est l’effondrement annoncé du grand empire romain d’Occident avec l’invasion musulmane de l’Hispanie wisigothique. Mais le petit peuple d’Espagne ne perd pas son identité. A partir d’une poignée de moines et de soldats il parvient à proclamer roi des Asturies le noble chrétien Pelayo, à faire de Compostelle l’étendard de la chrétienté. Et le saint moine Beatus de dénoncer avec vigueur le démon dans les « accomodements » avec les suppôts de l’Antéchrist. Le combat retentit jusqu’à la cour de Charlemagne où Eginhard, modeste scribe, témoigne des bonnes intentions de son roi pour dispenser culture et piété et de ses tentatives de rapprochement avec San Suleyman ou Haroun le Sage. Mais la paix ne dure jamais, la rupture est partout, la haine ethnique fait des ravages, l'ombre d'un schisme se dessine en filigrane, c’est ce que découvre en remontant le temps Ahasvérus, le Juif errant, qui finit par perdre espoir. Tout serait donc faux dans ce que le Talmud lui a appris ? Si la croix du Crucifié est vide, si Dieu ne répond pas, si seul l’âne brait, c’est que l’homme est appelé à sans cesse "pérégriner". Mais point de révolte chez F. Taillandier : « On ne conteste pas les choses comme elles sont. On est né avec. On en fait partie ». De beaux passages lyriques alternent avec un récit historique parfois laborieux, mais l’auteur n’apporte ni solution, ni espérance, juste la constatation de la petitesse humaine avec ses prétentions, sa violence, ses erreurs et ses malheurs.
B.C.D.
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2015
16 mai 2019
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« Le vent reprend ses tours » par Sylvie Germain
Editions : Albin Michel
Parution : Avril 2019
213 pages
19 €
La fantaisie poétique dont Sylvie Germain a toujours fait preuve a sa raison d’être. Elle éclate plus que jamais dans son dernier roman où Gavril, l’acteur principal, peut être considéré comme son alter ego. Car pourquoi attrister le petit Nathan à l’enfance suffisamment morose par de tristes récits? Au lieu de lui raconter l’histoire tragique de son beau pays d’origine, ce vieux Roumain exilé préfère l’amuser par ses déambulations dans Paris sur des échasses de fortune, par ses multiples références poétiques qu’il souffle aux passants, par ses rêves de courses en moto et ses rires intarissables. Il n’en oublie pas pour autant de l’initier discrètement à repérer les mémentos et stigmates sur les murs parisiens, car s’il faut aimer la vie, il ne faut pas rester ignorant. Sylvie Germain est une véritable alchimiste, elle transforme en or les plus malheureux secrets, elle maîtrise le vent des évènements, elle enchante par la beauté de ses longues phrases, séduit par l’originalité de ses mots inventés et à force de distraire l’enfant et de lui cacher l’essentiel, elle en fait un homme fort qui partira à la recherche de la vérité. Très beau roman qui invite à réapprendre la beauté, à lire dans les âmes, à déceler dans toute vie un mystère sacré…
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2019