21 mars 2021
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« La grande épreuve » par Etienne de Montety
Editions : Stock
Parution : Décembre 2020
299 pages
20 €
Etienne de Montety a fait le choix du politiquement correct. Sans doute est-ce la raison pour laquelle il reçut le grand prix du roman de l’Académie française 2020. Certes les attentats de Charlie hebdo, du Bataclan et autres crimes comme celui du Père Hamel l’ont inspiré, mais le livre est plus une succession de clichés que de réflexions innovantes pour la paix. Les multiples personnages à la bonne volonté flagrante ne sont que des caricatures auxquelles échappe la vérité complexe du contexte historique. En un premier lieu pourquoi avoir rebaptisé le père Hamel en un prêtre de paroisse troublé par la jeune femme responsable de la chorale ? Pourquoi caricaturer des parents adoptifs se reposant bourgeoisement à Cassis ou un vétéran de la guerre d’Algérie en un flegmatique vieillard au cigare ? Alors Etienne de Montety remonte le temps et voit dans le capitalisme qui accueillit des immigrés l’origine du malaise de cette jeunesse en mal de vivre et en quête d’émotions fortes dans une société où la consommation est devenue le Veau d’or. Pourtant sœur Agnès surveille leur commerce de drogue du haut de son appartement. La salle de prière réservée à cet effet au rez de chaussée de son immeuble à treize étages la rassure. Le Coran n’est-il pas selon elle « un livre de paix » ? Et quand le crime a lieu avec la légèreté et la rapidité d’une simple arme blanche, le déroulement des forces de l’ordre dure, il faut d’abord s’équiper, se renseigner et attendre l’ordre de Beauvau pour donner l’assaut. C’est ainsi que la politique prend le pas sur la religion. Dommage qu’Etienne de Montety ne se soit pas davantage penché sur la sainteté du père Hamel qu’on aimerait voir canonisé autant par l’Eglise que par l’Académie française, car seul l’ascétisme silencieux est plus convaincant que les prétentions pseudo-intellectuelles des enfants des Trente Glorieuses! Quand la bienveillance devient faiblesse, il y a danger...
B. Clavel Delsol
Published by brigitte clavel-delsol
17 mars 2021
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« La nuit des orateurs » par Hédi KADDOUR
Editions : Gallimard
Parution : Décembre 2020
359 pages
21 €
Dans la Rome du + Ier siècle, l’empereur Domitien, toujours plus avide de puissance et de richesses, est vite rattrapé par la perversité et la tyrannie. Dès les premières pages on découvre Publius, alias Tacite, la peur au ventre. Il se culpabilise d’avoir donné son feu vert à la plaidoirie de Senecio et Pline, avocats responsables de la condamnation de Messa, gouverneur qui spolia la Batique, mais favori de l’empereur. La panique l’assaille. Comment accomplir sa tâche sans assombrir l’image du « maître et dieu » de l’Empire ? Est ce un crime de lèse-majesté de confier au Sénat le contrôle des finances publiques ? Que penser de Régulus, délateur arriviste ou accusateur soucieux de protéger les lois ? Comment oser rire des satires parodiques de Pétrone? Comment ne pas se méfier de Norbanus préfet plébéien, intime de Domitien, toujours en quête de proies surtout quand elles sont d’origine aristocratique ? La lâcheté est partout, jusqu’au cœur de la Curie quand les légionnaires s’emparent d’Orfitus pour son arrogance et de Senecio pour sa vanité d’auteur. Mais la liste ne fait que commencer…Y aurait-il deux Publius, l’homme d’influence et le verbeux , comme il y a deux Domitien, le faible et le fou? Heureusement l’audacieuse Lucretia, jeune épouse de Publius et fille du général Agricola, transcende ce monde de crimes et faux-semblants. Elle fait partie des héros qui ne craignent ni le tyran ni la mort, franchit les bas-quartiers de Rome comme les portes de la résidence impériale. Elle ne pense qu’à la réputation à venir de l’Empire, à l’affranchissement de ses esclaves, et comme Hédi Kaddour, elle s’en remet à l’écriture de Tacite pour pérenniser la dignité d’une poignée de Romains. Par ses métaphores poétiques l'auteur tente en vain d'adoucir la nature pernicieuse des hommes. Le style est vivant, riche en leçons politiques. Hédi Kaddour fait renaître à merveille l'éternel dilemme qui tourmenta Tacite: la liberté ou la mort !
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2020
12 mars 2021
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« L’Inachevé »
Entretiens sur la poésie
2003-2016
Par YVES BONNEFOY
Editions : Albin Michel
Parution : Mars 2021
299 pages
22,90
Avant de quitter ce monde, Yves Bonnefoy a voulu éclairer sa conception de la poésie. Selon lui, la supériorité des images et des figures sur les concepts philosophiques est indéniable. Notre condition humaine trouve plus de bonheur dans des moments intimes que dans l’abstraction qui n’apporte que du général ou du partiel. Ce sont les temps forts comme les émotions ou les souvenirs qui délivrent de l’enfermement conceptuel, fécondent l’imagination., et s'ouvrent à l'universel. Mais il ne faut pas confondre lyrisme et poésie. La poésie est un dialogue de personne à personne, elle doit se délivrer du « moi », s’ouvrir à l’autre, parvenir au « je » conscient de la finitude, sans pour autant négliger l’importance de l’inconscient et de l’existence diurne pleins du sens de notre finitude. La poésie est aussi mémoire et anticipation. Ainsi « un désir d’être » envahit Y. Bonnefoy, un désir d’expérience et de renouveau du monde, « un sentiment d’immédiateté » dans un proche comme dans une volute d’Alberti ou un regard de Poussin, une dialectique du sens et du son, du dessin et de la couleur, une parenté entre musique, peinture et poésie. Y. Bonnefoy, comme déjà Denis Clavel en 2007 ( Publié chez Edimontagne), trouve dans ces vers de Paul Célan la meilleure définition de la poésie : « Je ne vois aucune différence de principe/entre un poème et une poignée de main ». Grâce à "L'Inachevé" le lecteur ne se sent plus étranger au monde de la poésie, si nécessaire à notre société occidentale ...
B. Clavel Delsol
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2021
9 mars 2021
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« HHhH » par Laurent BINET
Parution : 2011
Editions : Livre de Poche
443 pages
7,90 €
L’éponyme HHhH de ce livre n’est autre que l’abréviation de « Himmlers Hirn heisst Heydrich », ce qui signifie « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». Le titre aurait aussi bien pu être « Anthropoïde », opération militaire qui doit abattre ce monstre nazi que Laurent Binet décrit avec un réalisme stupéfiant, dicté à la fois par un souci de vérité historique et un sentiment haineux implacable. Sa plume oscille alors entre colère incontrôlée contre les nazis et profonde empathie pour les deux sergents tchèque et slovaque chargés du sabotage, même s’il s’interdit un style plus beau et plus pur que nature, car il se veut réaliste avant tout. Et pourtant Laurent Binet est capable de révéler les états d’âme les plus ténus et intimes. Il dépeint Gabcik et Kubis dans l’innocence et la fougue de leur jeunesse, deux provinciaux impatients de découvrir la belle « Prague aux doigts de pluie »où ils doivent faire tomber HHhH. Il montre le président tchèque Benes et le colonel Moravec bouleversés devant ces deux soldats volontaires à l’avenir incertain. Il dénonce le plaisir sadique d’Heydrich devant son rang de gouverneur de Bohême-Moldavie où il réussit à instaurer la terreur. Et si Anthropoïde se fait attendre, le lecteur ne désarme pas. Mission risquée ou mission suicide ? Mission réussie ou mission ratée ? Laurent Binet tient le lecteur en haleine, et c’est au moment où Heydrich, arrogant du succès du concerto de son père comme de sa réussite personnelle est installé confortablement dans sa Mercedes décapotable en plein virage d’Holesovice que les deux saboteurs agissent. La répression d'Hitler sera sanglante, et si les responsables échappent un instant à la Gestapo, il y a toujours un ami qui dénonce pour une rançon, car même Jésus eut son traître … Le livre reste néanmoins un bel hommage aux Résistants. Pourquoi revenir aujourd’hui sur cette histoire ? Car elle nous guette à tout instant…
B.Clavel Delsol
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2011
8 mars 2021
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« La petite-fille de Monsieur Linh » par Philippe Claudel
Parution : Septembre 2007
Editions : Livre de Poche
184 pages
5,50€
Prophétie ? Lucidité ? Un temps pour la guerre et un temps pour le remords? Telles sont les constats de cette très jolie nouvelle de Philippe Claudel. Mais le thème essentiel va bien au-delà. C’est celui de la solitude que connaît Monsieur Linh après avoir fui son pays natal laminé par les combats du Vietnam. Car il est bien impossible de rendre à l’exilé politique l’amour des siens et les parfums de son village. Le pays d’accueil, malgré un service social exemplaire pour répondre aux besoins d’urgence, n’est capable ni d’écoute, ne de considération. Exilé dans un monde aseptisé et bruyant, où il n’est qu’une ombre fragile et effacée parmi plein d'autres, Monsieur Linh n’y trouve pas la chaleur humaine escomptée. Et quand il veut retrouver le vieux vétéran repenti avec lequel il s’est lié d’amitié sur un banc de jardin public, les portes du refuge se verrouillent, les gardiens aboient, les femmes en blanc font des piqûres. Il faudra attendre l’arrêt du Conseil d’Etat du 3 Mars 2021 pour ordonner la levée des mesures d’entrées et sorties des Ehpad et rendre aux occupants dignité et goût de la vie! Récit magnifique où la raison d’être de Monsieur Linh n’est autre qu’une petite-fille serrée contre son cœur!
B.Clavel Delsol
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3 mars 2021
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« Dictionnaire amoureux de Montaigne » par André Comte–Sponville
Editions : Plon
Parution : Septembre 2020
625 pages
26 €
Quatre siècles séparent Montaigne d’André Comte-Sponville mais notre philosophe contemporain a bien l’intention de redonner vie à l’auteur des Essais trop méconnu aujourd’hui selon lui. Et pourtant la modernité de Montaigne est indéniable, notamment par son style qui va au hasard de sa pensée et de ses expériences, sans construction, et court avec la plus grande spontanéité. Certes les deux philosophes ont plus d’un point commun : leur bagage intellectuel et leur conscience de la complexité humaine ne les font pas hésiter à renverser l’échafaudage livresque quand la pensée devient dogmatique au détriment d’une liberté de conscience. Si le gentilhomme ne dissimule pas ses souffrances physiques et ses tourments métaphysiques, il ne s’enferme pas égoïstement dans sa Librairie. Il ne cache pas son respect pour les habitants du Nouveau Monde, ni sa colère contre les guerres de religions qui sévissent en France. Il est chrétien comme il est périgourdin. Comme A. Comte–Sponville et Socrate il est « du monde ». Rien ne l’indiffère, ni les devises de l’Ecclésiaste ni l’impuissance de la raison à prouver les vérités religieuses. Car «c’est la vie qu’il faut aimer », tout en « cultivant son moi » pour mieux vivre et « se soumettre doucement » aux réalités de la vie. Si la philosophie montanienne rejoint un prudent relativisme, si elle fait preuve d'une certaine distanciation vis à vis des lois et ouvre la voie à la laïcisation , Montaigne est un humaniste avant tout. Mais de là à en faire un homme de gauche, A. Comte-Sponville fait l’erreur qu’il ne fallait pas faire : Montaigne console dans la désillusion et converge vers le principe poétique selon lequel « nature est un doux guide »…
B. Clavel Delsol
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2021
2 mars 2021
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« La maison de Bretagne » par Marie SIZUN
Editions : Arlea
Parution : Janvier 2021
257 pages
20 €
La question du poète: «Objet inanimé avez-vous donc une âme... » ne se pose plus après la lecture de « La maison de Bretagne ». Cette maison ne lui rappelant que de sombres souvenirs familiaux, Claire décide de partir la mettre en vente. Mais une fois arrivée, tous les évènements se conjuguent pour élucider ce qu’elle n’avait jamais pu comprendre plus jeune. Tout l’assaille dans ce village de bord de mer, le côté océan qui incitait un époux à prendre le large, le côté grève solitaire où se complaisait sa mère au cœur apparemment asséché par trop de tristesse, l'image douloureuse d'une soeur noiraude mal aimée. Le talent de Marie Sizun réside dans la simplicité sans détour des sentiments. Il parvient à métamorphoser la grisaille ambiante, joindre les couleurs de la mer à la pudeur des sentiments, entremêler les boucles blondes de l’insouciance à la noirceur du désespoir. La maison abandonnée devient atelier de peinture en même temps qu’un joli roman qui invite à s’ ouvrir au passé pour mieux construire l’avenir. Livre qui laisse dans son sillage tourmenté une lumière indéniable, celle de deux femmes âgées capables de rouvrir le cœur de Claire en même temps que les portes de sa maison ... Lecture sans prétention mais combien apaisante malgré une macabre découverte au tout début qui permet à l’imagination de vagabonder joyeusement en toute bonne foi !
B. Clavel Delsol
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2021
13 février 2021
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«Histoire du fils » par Marie-Hélène LAFON
Editions : Buchet.Chastel
Parution : Août 2020
171 paes
15 €
M-H Lafon reste fidèle à sa réputation d’amoureuse de la France profonde. Elle sait faire résonner les sonorités de Bergerac, Aurillac ou Figeac, comme l’écho joyeux des familles auvergnates et périgourdines pleines de vie et de ténacité. Elle sait humer les parfums, que ce soit ceux des boutiques parisiennes ou des fraises du marché. Elle perçoit la beauté du crépuscule, révèle la chaleur d’une famille de filles, le souci d’avoir à tenir son rang, la nécessité d’un passage au pensionnat de Sarlat et le vide croissant dans le coeur d’un fils sans père. La chronologie est pleine d’allers retours dans le temps, sans doute pour montrer la ressemblance toujours réitérée des générations et la possible transformation des épreuves en source de bonheur. Plein d’allers retours aussi entre Figeac, où résident les deux sœurs Léoty, et Chanterelle, l’ancre des Lachalme, depuis Paris, voire même le Canada. Les personnages n’ont peur ni des ragots de village, ni des Allemands, ni de l’anonymat dans la capitale. Ils savent faire du fils illégitime le cœur de la lignée. Peu importe l’identité du père d’André qui appelle Gabrielle « mère » et sa tante « maman ». Il est le plus beau cadeau de la famille. L’important c’est l’écriture de M-H Lafon, véritable reflet de la beauté des cœurs qui dépassent la vitalité des corps et la subtilité des esprits. Il semble que la pureté du ciel finit toujours par éclaircir les mystères sur lesquels l’auteure ne s’attarde pas tant elle fait confiance à cette race de paysans aussi solides que leur sol. Livre qui plaira à tous les passionnés du terroir.
B Clavel Delsol
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2020
10 février 2021
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« La beauté du ciel » par Sarah BIASINI
Editions : Stock
Parution : Janvier 2021
251 pages
19 €
Le style est simple, sans prétention mais spontané et touchant. Il est celui d’une jeune femme prise entre la joie de la maternité et la tristesse d’avoir été trop jeune orpheline de mère. Si elle est la fille de Romy Schneider qui fut adulée par le monde entier , elle est avant tout Sarah Biasini, hantée par un sentiment de n'avoir pas eu le temps d'aimer celle-ci comme elle aurait voulu. Consciente de la fragilité et de l’éphémère de la vie, elle tremble de ne pas savoir endosser ses nouvelles responsabilités de mère. Pas de larmoiement dans son expression, seulement de la crainte. Les quelques souvenirs flous qui l'assaillent témoignent de la joie de vivre de Romy dont elle prendra toujours la défense. Elle n'en oublie pas moins d'exprimer sa profonde gratitude à ses deux mères de substitution, toujours présentes à ses côtés pour l’encourager et lui donner confiance. Dans ce livre dédié autant à sa mère qu’à sa fille, le lecteur retrouvera toute la fébrilité de l'inoubliable reine du cinéma qui aima et subjugua les siens plus que de raison. Très joli livre sur le sens de la famille où solidarité et transmission sont bien supérieures à la célébrité.
B. Clavel Delsol
Published by brigitte clavel-delsol
8 février 2021
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« Brèves de solitude » par Sylvie GERMAIN
Editions : Albin Michel
Parution : Janvier 2021
210 pages
18,90 €
Sylvie Germain offre deux arrière-fonds à l'inéluctable solitude. Le premier est un square où une kyrielle de personnes atypiques se croisent et se recroisent, s’observent à la sauvette, se suspectent ou se haranguent. Chacune d’elles est venue chercher un havre de paix à travers des présences rassurantes, un simple sourire ou une inspiration pour écrire un livre ou résoudre des mots croisés. Mais les cris d’enfants résonnent, les ballons bousculent, le SDF fait peur, les souvenirs d’un élève suicidé hante le vieux professeur et la vieille femme au cabas paraît bien étrange. Chacun retourne chez soi avec la même déception qu’à l’arrivée jusqu’au jour où le confinement à cause de la covid est imposé. L’arrière-fond n’est plus le square mais la chambre étroite de l’étudiante avide de liberté, la porte fermée de l’ehpad au fils fidèle, les blagues de mauvais goût d’un demi-frère ou les ovations incompréhensibles de l’enfant à sa mère aide-soignante toujours absente. Confinement ou non, la solitude rôde, règne, persiste, engouffre, enferme jusqu’à ce qu’elle devienne apprivoisée, où les erreurs commises et les désillusions, les souffrances de la maladie ou de l’amour trouvent leur apaisement dans la pâleur du clair de lune semblable au visage vieillissant du miroir. Sylvie Germain est fidèle à elle-même. Bien que réaliste et humoristique, son style poétique est depuis toujours sa délivrance, son imagination une échappatoire aux vicissitudes et sa mission un souffle de bonheur apporté à ses lecteurs.
B. Clavel Delsol
Published by brigitte clavel-delsol
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2021