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18 mars 2024 1 18 /03 /mars /2024 12:07
"La montée des périls"  par Marin de Viry

                      « La montée des périls » par Marin de Viry

Editions du ROCHER

Parution : Mars 2023

214 pages

19 €

Le ton est plein d’humour et de légèreté. En filigrane  Paris apparaît  comme le  creuset  de la  brillance arriviste  ou comme la « capitale des maladies d’amour-propre ».  Deux exceptions de qualité : Paul et Erika, qui joueront le jeu de la franchise. Mais jusqu’à quand? Car Erika est l’ attachée de presse, sans grande envergure, de l’ambitieuse Charlène, « ravissante idiote »qui croit pouvoir remporter les  prochaines présidentielles. Paul , critique littéraire à l’hebdomadaire national "la Gauloise", n’est pas le genre à faire des concessions contraires à ses convictions d’honnête homme mais fait preuve de cette liberté de penser qui isole. Sa reconnaissance à la rédactrice en chef de la revue a des limites. Un rendez-vous professionnel à l’Elysée  ne le motive pas. A contrario l’innocence d’Erika le séduit.  Ce qui ne l’empêche pas de coopérer  pour  éliminer Charlène de la sphère politique, non seulement par amitié pour son ami député du Jura mais aussi pour le bien public. Les phrases sont brèves au rythme des actions rocambolesques qui se multiplient pour faire tomber la malheureuse candidate. Le style, à la fois sarcastique et réaliste, est  plaisant. Le lecteur rit de voir une telle franchise spontanée non seulement dans le domaine professionnel mais sur la scène politique et dans les salons parisiens, seule façon de laisser place à la joie de vivre et d’aimer. Fin polémiste dont le charme personnel n’est pas exclu , Marin de Viry offre ce qu’il est convenu d’appeler « l’esprit français »  face au vide de la pensée contemporaine qui lui a déjà inspiré plusieurs ouvrages. En un mot, il tient la promesse de ses protagonistes: il ne fera jamais ses « adieux à l’intelligence ». B. C. D.   

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3 mars 2024 7 03 /03 /mars /2024 10:48

« Convoi pour Samarcande » par Gouzel Iakhina

 

 

Editions : Noir sur Blanc

Parution : Août 2023

464 pages

25 €

S’il y a un livre à lire, c’est bien celui-ci. La romancière russe Gouzel Iakhina ne pouvait pas rester insensible à cette année 1920 où Kazan,  sa ville natale, voyait mourir  dans son palais  plus de cinq cents enfants au ventre  gonflé par la famine, mutilés, voire grabataires. « On peut tous les sauver » affirme dès le début Deïev , le soldat rouge qui restera, sans jamais faillir, chef du convoi organisé par le jeune état soviétique, en direction de Samarcande, là où la terre est riche et fertile.  Mais pour y parvenir , il y a l’enfer à traverser, des steppes de sable à n’en plus finir, la famine, la soif, le choléra, et la mort pour certains.  Alors Deïev se débat , quémande, supplie, prend des initiatives qui risquent de lui coûter la prison. Les miracles existent pour les hommes de bonne volonté : dès le départ  des soldats compatissent et prêtent leurs bottes aux petits va-nu-pieds pour se rendre à la gare ,   puis le long du voyage  tchékistes et koulaks, Cosaques orthodoxes ou Basmatchi mahométans,  tous finissent pas venir en aide à cette « guirlande » déambulante. L’auteure ne perd ni son lyrisme ni son humour, ni son réalisme ni sa foi en l’avenir . A travers les vitres sales de sable séché, les jeunes voyageurs   entrevoient des  êtres errants sans plus rien d’humain et chantent alors leur joie d’être à l’abri.  Transformés en « coureurs » à travers champs,   ils font fuir,  avec leurs beuglements d’animaux et leur choléra contagieux, les  contrôleurs à baïonnettes en  chasse aux   petits clandestins . Ainsi, tout le long du livre,  s'alternent images bouleversantes et anecdotes burlesques. Et si c’était les enfants qui finissaient par sauver Deïev d'un passé de criminel de guerre? Et si c’était les enfants qui étaient le salut du monde en suscitant la solidarité humaine ? Telle est l’impression  laissée par cette belle épopée à l’heure où l’on désespère et  légitime l’avortement…

B. Clavel Delsol

 

 

 

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25 février 2024 7 25 /02 /février /2024 12:29

« Louise Labé : la rime féminine »

                        par Elise Rajchenbach

 

Editions : Calype

Parution : Décembre 2023

104 pages

11,90 €

 

Dans ce petit ouvrage dédié à Louise Labé, Elise Rajchenbach  fait preuve d’une grande probité. Elle laisse à l’enfance lyonnaise de Louise Labé quelque  mystère  et à ses poèmes quelque chose de miraculeux. A une époque où la femme n’a guère accès à la culture,  et où la pudeur prime sur l’amour, Louise Labé détonne avec son siècle. Sans doute sa spontanéité et sa sincérité sont à l’origine de ses  beaux  vers. Mais d’où vient ce don de  l‘écriture  essentiellement réservé à une élite ? Son père comme son époux étaient des cordiers dans la ville de la soie, s’enrichirent par leur commerce, mais leur culture restait celle de deux artisans.  Si le père de Louise dota généreusement ses filles  sans doute dût il lui offrir  un précepteur à domicile ou une scolarité dans un couvent sur les pentes  de la Croix-Rousse. A moins qu’ une curiosité personnelle suffit à cette femme dotée de plein de dons pour être inspirée par les ouvrages des imprimeurs de  la rue Mercière qui étaient au vu et  su de tout le monde …  Connue spécialement pour ses sonnets où l’amour est le thème principal, « la belle Cordière » ne se limite pas dans ses écrits à de simples émois personnels. Ses sources sont celles de la littérature antique. Pas étonnant que la lecture de  Louise Labé revienne en force: la beauté de ses écrits, la fraîcheur de ses sentiments, son souci pour les femmes dont elle veut élever  les esprits au-dessus de leur quenouille font de cette femme , ni ange ni putain comme elle fut caractérisée à tort par de jalouses  rumeurs, mais le symbole d’un féminisme où le cœur et l’esprit vont de pair. Tout le talent d’Elise Rajchenbach réside dans le désir qu’elle procure à ses lecteurs de se plonger dans le bien beau « Débat de Folie et d’Amour » ….

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22 février 2024 4 22 /02 /février /2024 19:07

« L’île aux arbres disparus »  par Elif SHAFAK


 

Editions : Flammarion

Parution : Janvier  2022

428  pages

22 €

« Quand on quitte son foyer pour des rivages inconnus … une partie de soi doit mourir à l’intérieur pour qu’une autre puisse tout recommencer », telle est l’histoire d’Ada , jeune immigrée malheureuse dans son lycée londonien. Née de parents chypriotes, l’un grec et l’autre turque, elle ne sait rien d’eux ni de leur île natale.  Seul un figuier, enroulé  dans les racines du passé, est gardien de la mémoire familiale.  Kostas, le père d’Ada, en a emporté une bouture qu’il protège au mieux du froid britannique , et c’est au tour du figuier maintenant de les protéger. Car quand on vient d’une petite  île au sol  et à l’histoire mouvementés, il est dur de croire à la solidité d’une autre terre et d’y être heureux. L’auteure avec beaucoup de finesse remonte le passé,  dénonce  les dissensions entre Turcs et Grecs  qui ont abouti à la guerre de 1974, fait des milliers de morts, engendré des amours interdits, des non-dits qu’Ada ignore mais ressent ou devine. C’est pourquoi le roman commence  par son cri de détresse, qui se poursuit par celui de la révolte puis du désespoir, car comment faire  page neuve quand  on ne peut tourner la précédente ? Il faudra qu’Ada surmonte  les superstitions religieuses aussi nombreuses dans sa famille maternelle musulmane que dans celle chrétienne de son père. Il faudra qu’elle découvre l’histoire d’amour de ses parents,  comme Kostas a découvert celle de Yusuf  et Yiorgos. Le romantisme d'Elif Shafak n'exclut pas des positions politiques très nettes. Elle aborde tous les sujets d'actualité, gardant une rancœur  indéniable envers ceux qui ont fait de  Varosha, belle station balnéaire, une ville fantôme. Heureusement l'île  garde sa beauté mythique, d’où émanent plein de parfums de fleurs et de chants d'oiseaux qui révèlent une auteure aussi douée de sensibilité poétique que le tendre Kostas. Livre à emporter pour un voyage à Chypre ou simplement pour passer un moment de rêve sans oublier la réalité. 

Brigitte Clavel Delsol 

Brigitte Clavel Delsol

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17 février 2024 6 17 /02 /février /2024 10:36

« Les yeux de Mona » par Thomas SCHLESSER

 

Editions : Albin Michel

Parution : Janvier 2024

478 pages

22,90 €

Ce  succès du livre  « Les yeux de Mona » est bien justifié . Ses lecteurs y trouvent ce qu’ils cherchent lors de leurs visites des musées. Thomas Schlesser, professeur d’histoire de l’art, s’efface devant un grand-père  qui initie sa petite-fille à la quête du beau en lui ouvrant les portes du Louvre, d’Orsay et de Beaubourg. Rien de doctoral en lui, il s’agit de découvrir et de comprendre ces toiles, de faire une provision de couleurs et d’imagination pour le plus grand bonheur à venir de Mona. C’est par une fresque de Boticelli qu’il commence sa visite guidée,  là où la pureté des lignes et la douceur des teintes annoncent  la délicatesse du roman qui va suivre. Car il faut savoir recevoir pour donner, connaître  pour transmettre. C’est cette connaissance incontournable que nous partage T. Schlesser : le mouvement dynamique des formes,  la profondeur rendue par les couches  de peinture, la symbolique des lumières, de l'harmonie ou du chaos, dans un contexte historique maîtrisé selon le tempérament souple ou révolté de l’auteur. Si  la culture artistique  de T. Schlesser est éclectique, elle n’en est pas moins bouleversante. Tout le long du livre se réalise un double cheminement : celui du décryptage du sens caché   des œuvres, mais aussi des liens  tissés  entre  le créateur et le néophyte, entre l’ enseignant et l’ élève. La même œuvre peut offrir des images d’éclosion et d’explosion,  entrelacer des pulsions de vie et de mort. Réalisme et abstraction, conscient et inconscient se rejoignent. Comique et tragique peuvent se juxtaposer. Une  force de la vie  peut annoncer un irréductible vide.  C’est un bouquet de couleurs qui engendre   le noir, surmonte la mort, tue l’angoisse, ébranle tout le corps.   Livre  qu’Albin Michel se presse de rééditer et qui incite à courir aux musées.  B . Clavel Delsol

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10 février 2024 6 10 /02 /février /2024 18:40

« LE MURMURE »   par Christian BOBIN

 

 

Editions : Gallimard

Parution : 2024

127 pages

17 €

Œuvre posthume rédigée dans un murmure de la dernière heure, cet ouvrage reste semblable aux précédents. Pas étonnant que Christian Bobin l’aborde par un éloge au musicien Dimitri Sokolov qui comme lui a le culte  du moment présent. Pas étonnant que l’envie d’écrire le taraude, car si  la maladie est là , son amour pour tout ce qui est vivant est plus fort que jamais. « Pas de temps à perdre », alors perdons le pour mieux apprécier  la vie ! L’oisillon saute comme des notes de musique,  le linge frais sur le fil comme l’écriture. Livre de guerre pour faire des vivants , car rien de pire  que les morts à la vie. Christian Bobin  n’en oublie pas pour autant la  belle mort , celle qui couronne l’existence,  ni la berceuse de l’enfance qui prend dans la solitude la place de Dieu, ni le feu du don total.  Car c’est là que se trouve l’amour vrai, « cette timide présence de l’éternel » qui n’a plus besoin d’ailes pour s’unir à l’autre et aller  « vers des jours extraordinaires ». Bien bel héritage que nous laisse Christian Bobin : victoire de l’amour sur la mort, de la vie sur les ténèbres, de l’écriture sur le silence éternel!

B. Clavel Delsol

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7 février 2024 3 07 /02 /février /2024 15:09

               « Le jour avant le lendemain » par Jorn RIEL

 

Editions : Gaïa

1ère parution : 1998

198 pages

9 €

 

 

Jorn Riel a vécu seize ans dans le Grand Nord  parmi des Inuits et c’est au détour d’un petit îlot sans importance au milieu d’une étendue de glace qu’il fut inspiré d’écrire  cette histoire. Beaucoup de lecteurs peuvent voir  dans cet ouvrage sur le Grand Nord un naïf   roman initiatique  à l’usage des enfants. Mais le littéraire averti y trouvera une allégorie de la vie où la vieille Ninioq, persuadée de son inutilité, retrouve sa vitalité quand il s’agit de raconter à Manik, son petit-fils, les bonheurs de son existence passée avec un homme dont les yeux riaient toujours, quelles que soient les difficultés. Quand elle se retrouve seule responsable  de cet enfant sur une petite «  île à viande » où sa tribu l’a chargée de  faire sécher  et surveiller les  fruits de leur chasse et de leur pêche ,  son énergie se décuple. La tribu ne reviendra jamais et il faut lire ce joli livre pour en connaître le dénouement. Car ce n’est plus de la mort  dont Ninioq a peur, mais de la vie … Livre empli de métaphores  où la cruauté des animaux et des grands esprits marque l’irruption du mal dans la sérénité d’un univers que Ninioq croyait préservé à jamais.

 B. Clavel Delsol

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2 février 2024 5 02 /02 /février /2024 19:43

« Identité nomade »    par   J.M.G. LE CLEZIO

 

 

Editions : Robert Laffont

Parution : Décembre 2023

132 pages

16,50 €

 

« Si on ne se rencontre pas sur le terrain de la culture, on se rencontrera sur le terrain de la guerre ». Alors J.M.G. Le Clézio fait part de son enfance pleine d’origines multiples, de voyages, d’expériences et de découvertes.  Délesté de tout poids de contrainte et d’enfermement entre quatre murs, et ainsi doté d’un grand esprit d’ouverture, le voyageur épouse  toujours la terre qui l’héberge,  aime le désert et ses oasis, ses habitants et ses demeures. Il dénonce « l’art des ambassades » qui porte tort à l’art spontané autochtone. Seule l’écriture, la danse et le chant peuvent panser les souffrances humaines. L’art  est un devoir social, un engagement nécessaire, une mission. Il ne s’agit pas de messages idéologiques comme ceux de l’islamisme dispensés aujourd’hui à travers l’Europe, mais de simples témoignages qui seuls peuvent  éclairer les zones sombres de l’univers. Ainsi, en  préférant l’art pour l’art à l’engagement politique, J.M.G Le Clézio ouvre le chemin d’un voyage  vertical, qui n’est autre que le monde intérieur  de l’écrivain , pacifiste avant tout et soucieux comme Shakespeare d’être vrai avec lui-même.  Telle est sa devise qu'il recommande  au lecteur.   B.C.D.

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1 février 2024 4 01 /02 /février /2024 12:48

                            « ROUPIE » par Bernard Deforge

 

Editions : Les Belles Lettres

Parution : Novembre 2023

61 pages

17 €

 

Et si , par son  souci de l’universel, Bernard Deforge donnait un nouveau souffle à  la poésie ? Le titre allégorique de son dernier  recueil est à lui seul une promesse, celle de l’éternel humain qui roule  comme la roupie à travers « les parcelles du cosmos », tout en sachant que le bonheur est « un carré de cristal ».  Sans doute l’helléniste puise son inspiration  dans  le tragique de la Grèce antique, soucieux de faire aimer l’existence sans en ignorer les angoisses métaphysiques.  Ses poèmes éclectiques ne  laissent aucun indifférent. Dans ses apostrophes aux  petites filles  Mona et Liselotte, comment ne pas songer à la Joconde ou aux aquarelles  de Liselotte Vogel-Steinbach ?  Le poète ne reste pas à l’écart de la politique. Courageux  il ironise sur cette  « macronade », où le « en même temps » fait de Macron  et Macronne  un « couple de pierre » et de pitrerie européenne . « Les peuples sont en larmes », seul l’aveugle voit le coupable, « C’est votre jeune chef ».  Heureusement Eros estompe les déceptions de la vie : « Au commencement était Amour » et puis la tendresse d’Hélène est toujours là , cette « parenthèse amoureuse » qu’il bénit même si au désir il « préfère l’esprit et l’infini ». Car celui qu’on appelle le Ressuscité, « s’Il n’est plus là, c’est qu’Il est là »…

Brigitte Clavel Delsol

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30 janvier 2024 2 30 /01 /janvier /2024 16:43

                                   « PANORAMA » par Lilia Hassaine

 

Editions : Gallimard

Parution : Juin 2023

236 pages

20

 

 

. A la fois roman policier et satire sociale, « Panorama » est un véritable réquisitoire contre la sacrosainte Transparence .  Tout a contribué à mettre en scène ce panoptique où chacun surveille chacun :  la lenteur, la partialité et l’impunité de la justice, puis la vengeance personnelle.   Dorénavant   tout le monde observe tout le monde , murs et cloisons sont de verre , l’intimité  n’existe plus, la sécurité semble assurée à tel  point que les policiers deviennent simples gardiens, les femmes ne sont plus abusées, les riches habitent le quartier de Paxton, la classe moyenne celui de Bentham  et les pauvres celui des Grillons. Les homos vivent entre eux, les écolos de même, les féministes pareillement.  On est en plein dans  le wokisme qui s’oppose aux  constructions sociales autres que les leurs . Les protagonistes ainsi enfermés dans des communautés identitaires vont rapidement  devoir dissimuler leurs penchants personnels  et  la  transparence finit  par faire défaut.   Toute une famille a disparu sans que personne ne  s’en soit aperçu.  La narratrice reprend son travail de policier et découvre que, si l’architecture de la ville  a changé,  la nature humaine elle ne change pas. Le  petit Milo et ses parents seront ils retrouvés et surtout compris ? Car la psychothérapie, les défouloirs pour écoliers ou les promenades virtuelles  engendrent des enfants incapables et cruels. Il vient un jour où leurs parents, à  force de ne pas être autorisés à les réprimander, se sentent obligés  de les disculper devant les services sociaux.  Mais c’est chose facile quand on vit  dans l’utopie de la transparence qui a pour seule porte de sortie le mensonge et la corruption. Heureusement Lilia Hassaine laisse entrevoir des personnages hors normes tels que  le grand-père  et le père de  Milo qui à force de sincérité  surent   trouver les clés du bonheur, celles qui ouvrent à la nature, à la poésie, à la transmission de l’amour … C’est ce don de l’autrice à croquer avec verve les travers de notre temps qui lui a valu le prix Renaudot des Lycéens 2023.

B. Clavel Delsol

 

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