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18 août 2022 4 18 /08 /août /2022 16:16

« Le paquebot » par PIERRE ASSOULINE

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Février 2022

391 pages

21 €

Pierre Assouline n’en finit pas de séduire. Son dernier livre comporte autant de réalité historique que de vérité humaine, d’humour que de drame, d’analyse sociale que d’émois personnels. Sa plume court vite   tandis que  le  célèbre paquebot Georges Phillipar avance lentement vers  un aller-retour entre Marseille et le Japon. On est en 1932 quand le narrateur Jacques-Marie Bauer,  libraire de livres anciens,  y embarque avec une double mission : l’une personnelle, acquérir l’ « Opéra » de Platon, l’autre secrète, révéler en primeur le reportage du célèbre journaliste Albert Londres pour le compte du  directeur du « Matin », son plus gros client.  Cette croisière permet, au grand bonheur de Bauer, de discerner les fêtards, les peureux, les snobs, les nationaux-socialistes invétérés et les défenseurs de la liberté. Certes le paquebot est propice aux « tertulias » et aux « disputationes »,  mais les dangers de Mein Kampf comme les dysfonctionnements  de l’embarcation  ne seront jamais pris en considération. Pourtant dès les premières pages s’immiscent  les indices du risque encouru. Et si ce microcosme n’était autre que le représentation de l’humanité, « une nef de fous » dans ce paquebot tout  aussi flambant neuf que fragile, allégorie d’une Europe aveugle et insouciante  qui  court sciemment à sa perte ? Livre très poignant dont le lecteur appréciera les portrait variés et le style intimiste de l’auteur. Loin d’être fataliste, celui-ci prévient seulement que tout  naufrage  peut être évité quand la vérité est affrontée de face…

Brigitte Clavel Delsol

 

 

 

 

 

 

 

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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 14:59

« S’adapter » par Clara DUONT-MONOD

 

 

Editions : Stock

Parution : Novembre 2021

171 pages

18,50 €

Si « la vie peut renverser les bonheurs », elle peut aussi les renforcer. C’est ce dont convainc  la plume  de  Clara Dupont-Monod pleine de poésie et de fine psychologie. L’histoire est bien commune , celle d’une famille autour d’un petit handicapé. Le respect  de l’auteure l’empêche de parler d’anomalie, sa pudeur de lui donner un prénom trop banal. Tout le long du livre  ce sera « l’enfant », celui qui , parce que inadapté, a dans un premier temps  brisé la joie parentale,   volé  l’amour et la témérité  de l’aîné,  suscité la révolte et la haine dans le cœur de la cadette. Ainsi  les réactions qu’il engendre sont  diverses, parfois même  antagonistes, en tout cas  très complexes et inégales.   L’auteure ne donnera pas plus de prénom au petit benjamin né bien après le décès de l’enfant.  Elle le nomme  « le dernier », celui qui console ses parents et sa fratrie, celui qui saura courir dans les bois, retourner les pierres et chasser les gloméris . Et si cette  histoire familiale racontée avec tant de beauté   n’était autre qu’un prétexte à rappeler le sacré de l’existence ? C’est  le souffle de  la vie qui importe, cette respiration de l’inadapté  qui va donner à l’un le souci des défaillants, à l’autre l’amour de la vie, au dernier l’intuition de la présence surnaturelle de l’enfant qu’il n’a jamais connu. Avec Clara Dupont-Monod on rejoint la petite espérance  de Péguy qui entraîne ses deux grandes sœurs , la foi et la charité…Car rien n'est impossible  à l'écrivain : même les pierres parlent et ont un coeur! Très joli livre qui a reçu plus d'un prix littéraire.

B. Clavel Delsol

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8 août 2022 1 08 /08 /août /2022 21:36

                                 «   GEORGE  STEINER :      L’hôte importun » 

                                             par Nuccio Ordine

Editions : Les Belles Lettres 

Parution : Mai 2022

110 pages 

15 €

 

 Nuccio Ordine, en rendant hommage à George Steiner, rappelle les valeurs sûres qui cimentent une amitié intellectuelle et suscitent un profond intérêt culturel. Professeur dans l’âme, George Steiner était un passionné de l’enseignement. Non pas de cette pédagogie hédoniste qui n’est autre qu’une course aux  diplômes, mais de cette vocation à apporter, comme un " hôte importun", un cadeau forcé. Nourri de Lettres classiques , il sut séduire ses lecteurs par ses critiques littéraires qui savaient redonner vie  aux pages les plus touchantes de la littérature.  Conscient de ses limites il déplorait de ne pas être romancier. Mais son gagne-pain  de critique littéraire suffisait à le combler. S’il le comparaît au rôle du facteur  ou de parasite il reconnaissait l’importance de transmettre ce « courrier nécessaire » .  Son ouverture d’esprit savait souligner l’importance du progrès scientifique tout en le redoutant. Comment l’instruction du XXème siècle n’avait pu éviter une telle barbarie? Alors le Juif  se réveilla en lui   et   rappela que le nationalisme  est « totalement étranger au génie profond du judaïsme ». Le nonagénaire  s’éteignit il y a deux ans sous un  vent de xénophobie qui l’horrifiait, se demandant ce que l’Europe de la pensée allait devenir. Et si le secret de la sagesse  n’est rien d’autre que  cette surprenante curiosité qui a toujours à s’émerveiller, l’auteur a raison de pleurer son ami.   B. Clavel Delsol 

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6 août 2022 6 06 /08 /août /2022 11:06
"Des gamins contre Staline"

"Des gamins contre Staline " par Jean-Jacques MARIE 

 

Editions : Seuil 

Parution : Avril 2022

Bien peu ont  entendu parler de  « La Voix du martyr », des « Chevaliers du succès », de  « L’Etincelle de la liberté », des « Philosophes hindous » ,  de « Vin de neige » … ! C’est pourquoi J-J Marie les ressuscite par ce livre qui n’est ni un roman, ni une légende, mais l’histoire vraie de petits groupuscules accusés systématiquement d’antisoviétisme.  L’auteur, trotskyste depuis toujours, est reconnu comme un historien de l’URSS. Son bel hommage à la jeunesse sous la dictature de Staline responsable de  la mort de plus de 20 millions  de personnes est bouleversant. Il révèle l’inhumanité du régime stalinien qui éduque les enfants dès l’âge de six ans avant leur accès aux komsomols ou Jeunesses communistes.  Car ces jeunes finissent par déceler le silence  de leurs parents muselés dans une pitoyable servilité et par rêver de liberté . Ils ne veulent point de dictature. Malheureusement un abîme sépare leurs espérances de leurs moyens. Leur moindre élaboration d’un plan,  leur moindre conciliabule d’adolescents, leur moindre réflexion d’étudiants, leur moindre jeu d’enfants sont qualifiés de complotistes. Aussitôt ils sont arrêtés, emprisonnés, déportés, supprimés. Ces jeunes  victimes de la répression vont servir d’exemples à leurs parents pour réagir face au terrorisme d’Etat,  tandis  que la situation économique et les conditions de vie matérielles ne font que s’aggraver,  la Nomenklatura  s'enrichir et  les rapports accusateurs du NKVD  se multiplier . Il existe toujours des boucs émissaires, le bourgeois saboteur, le nazisme, les indépendantistes... La liste des accusés ne cessent de rallonger . Alors comment être encore trotskyste comme  J-J Marie, sans se rendre compte que le communisme est porteur par essence de totalitarisme? Livre à conseiller aux lycéens. 

 

 

 

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31 juillet 2022 7 31 /07 /juillet /2022 18:29

 

 

                       « Un été avec Proust » par

L.El Makki, A.Compagnon, R.Enthoven, M.Erman, A.Goetz, N.Grimaldi, J.Kristeva, J.Prieur, J-Y.Tadié

Editions : Equateurs

Réédition : 2021

231 pages

13,50 €

 

Il fallait bien la collaboration de  plusieurs professeurs spécialisés en littérature  pour faire le tour de cette gigantesque « recherche du temps perdu »  tant  les sujets abordés sont nombreux, le style  prolixe , et la souffrance de l’auteur  bien réelle. Trois mille pages étaient nécessaires à Marcel Proust pour justifier l’immensité du temps qui passe  et surtout  la nécessité de le « retrouver » à défaut de le retenir. Comment rester indifférent à cet homme à la fois juif et catholique,  philosophe et romancier, mondain et solitaire , constamment en attente mais toujours déçu,  amoureux de l’amour bien  plus que du genre humain trop mystérieux pour lui, voire inaccessible ? Alors le comique se mêle à la déception,  le plaisir à la réminiscence involontaire. A force de plonger dans un subconscient tortueux, Proust finit par découvrir  la nature humaine dans toute sa complexité, l’essence même des choses, auxquelles il a plaisir à redonner vie par son écriture. L’inconnu devient le semblable, le baptistère de St Marc à Venise ressuscite l’église du Combray de sa jeunesse, la jeune autrichienne qu’il y rencontre lui rappelle « Albertine disparue ».  Le petit cercle des Verdurin résume à lui seul les suffisance et stupidité  mondaines qui font souffrir, alors que simplement la vue de  trois  arbres est capable de susciter en lui une joie, certes fugitive, mais combien apaisante, un paysage de rêves qu’il avait oublié, une éternité de bonheur  dans l’instant …C’est précisément cette idée du temps qui va être « l’aiguillon » de son œuvre avec, pour seul et unique  plan, les  « intermittences du cœur ». Assurément "un morceau du ciel" restera au-dessus du  lecteur, après  « un été avec Proust » !

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25 juillet 2022 1 25 /07 /juillet /2022 21:11

« GUERRE »  par Louis-Ferdinand CELINE

 

Editions : Gallimard

Parution : Mai 2022

178 pages

19 €

L’écriture  semble être pour Céline un but en soi, le seul  moyen d’exterminer la souffrance qu’elle soit physique ou psychique. Bien avant le Nouveau Roman des années 1950 qui rejetait  les règles du roman classique, Céline a entrepris la révolution littéraire  où il n’y a plus de héros, plus de  valeurs morales, plus de règles académiques. Les phrases peuvent être aussi brèves que longues, jaillir de l’inconscient comme du subconscient,  l’homme  paraître aussi bestial et répulsif  qu’attirant par sa vulnérabilité.  Cet ouvrage inédit  de Céline vient confirmer que le nocturne ne se terminera jamais pour son « voyage au bout de la nuit ».   La guerre de 14 recouvre le monde d’une nuit éternelle,  salit à jamais  la terre et les hommes, detruit les corps,  les amitiés , les amours. Le franc parler n’est pas avare de détails lugubres et malsains. Le brigadier Ferdinand  au bras et à l’oreille arrachés  sur un champ de bataille  de Flandre est entouré de poilus morts  et ne pourra plus jamais se défaire de la guerre. « J ‘ai attrapé la guerre dans ma tête.  Elle est enfermée dans ma  tête ». Alors son style se déchaîne, argotique , révolté jusqu’ à la  vulgarité, assourdi d’acouphènes et de bruits de canons, enlisé dans « une putain de mélasse »  n'ayant que du sang pour se désaltérer et L’Espinasse  la charogne et Angèle la prostituée pour survivre. On est dans le surréalisme pur, cet automatisme psychique qui permet d’exprimer toutes les pensées sans censure, sans espérance. La folie n’est jamais loin et l’obsession raciste de Céline dénonciateur de plusieurs Juifs à la gestapo dans les années 40 en est bien  la preuve.

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21 juillet 2022 4 21 /07 /juillet /2022 07:30

« Revenir à Naples » par Paco Ignacio TAIBO II

 

 

Editions : Mada

Parution : Janvier 2021

144 pages

16 €

 

Au  tout début du XXème siècle un groupe d’Italiens anarchistes s’embarque pour le Mexique  espérant échapper à la justice italienne après une tentative d’attentat. Ils espèrent répondre à la politique agricole du président Diaz  en se faisant passer pour des agriculteurs expérimentés.  Une fois arrivés   ils découvrent  des   injustices sociales pires que dans leur pays auxquelles s’ajoute l’éradication des Indiens insoumis avec lesquels ils sympathisent spontanément. Mais la perspicacité des partisans du président Diaz a  vite fait de suspecter  ces paysans de fortune incapables de différencier un ananas d’une pomme de terre ! Alors le  narrateur finira-t-il sa vie dans ce pays qu’il croyait de rêves mais  qui lui a fait perdre son honneur ? Entendra-t-il les  commérages des vieilles napolitaines qui seules,  depuis leur fenêtre ouverte, se souviennent de son cœur trop tendre ?  Livre très original dont la vivacité du style plein de couleurs et de parfums, de beaux sentiments  et de dérision   fait pardonner son gauchisme…

B.C.D.

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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 10:48
"Mahamoud ou la montée des eaux" par Antoine Wauters

Editions : Verdier

Parution : Juin 2022

131 pages
15,20 €

 

 

Ce recueil en vers libres est bouleversant, autant par sa forme que par son fond. Car il s’agit bien de profondeur quand le vieux syrien  Mahamoud plonge dans ce lac  artificiel construit à l’initiative de  Bachar-el-Assad au-dessus de son village natal. Le lecteur le voit s’enfoncer dans les souvenirs  d’où remonte une foule d’images heureuses. « Ce pays a vécu et il n’existe plus ». Autour de Mahamoud le bruit des canons, en lui le silence. Antoine Wauters n’omet rien, ni les vains espoirs de démocratie à la mort d’Hafez-el-Assad, ni l’intelligence aigüe  du professeur de lettres conscient  que la liberté  « coud les lèvres de ceux qui en parlent ».  Faisant semblant d’être heureux devant les siens, le regard de  Mahamoud s’éteint peu à peu, mais pas sa lucidité. Il est conscient du danger qui traque son pays « nous changer en moutons doublés de pauvres ignares/ Afin de pouvoir nous manipuler à leur guise… ». Voilà le résultat de la dictature : « N’avoir plus d’endroit pour cacher sa douleur » .  Voilà le résultat de l’amour : voir partir au printemps ses «  enfants faire la révolution de la vie ». Voilà le résultat de la vieillesse : « devenir l’enfant que plus personne ne voit ». Ce magnifique  hymne à la liberté mérite d’être universellement partagé.

Brigitte Clavel Delsol

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13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 07:53
"Il n'y a pas de cheval sur le chemin de Damas" par F.DELAY656*/**

« Il n’y a pas de cheval

                   sur le chemin de   Damas »

                                   par Florence DELAY

Editions du Seuil

Parution : Avril 2022

161 pages

18 €

La conversion de Saül sur le chemin  de  Damas comme celle de Claudel un soir de Noël à Notre-Dame de Paris comporte le même caractère aussi subit qu’imprévisible, aussi mystérieux que miraculeux. Alors l’académicienne  multiplie ses exemples qu’ils soient bibliques ou littéraires, légendaires ou réels.  A l’image de St Antoine, de St François d’Assise et de  bien d’autres, elle associe sans scrupules joie et ascétisme, paix intérieure et contemplation. Les saints ne sont pas des surhommes. Ils se contentent simplement d’une grotte, d’une robe de bure comme abris, d’un animal comme ami, qu’il soit lion, chien, oiseau ou cochon, mais toujours capable de compassion, de fidélité ou de guérison.  Ces hommes profondément religieux sont tout simplement des prophètes de vérité, des phares de lumière pour «les simples d’esprit ». Mais ce qualificatif est loin d’être péjoratif.  Il concerne  " les humiliés, les ignorants, les offensés", les mendiants de vérité. Ainsi peu à peu l’auteure en vient à dénoncer une rigidité   intellectuelle de la lettre au détriment de l'esprit et du cœur.  Cet intellectualisme froid entrave la joie de vivre, de donner  et de contempler. Perdu, l'homme ne sait plus dire merci,  réfute le sacrifice, ignore l’Esprit Saint et ne trouve pas  son chemin de Damas. Essai plein de poésie et de références au monde de l’art sacré. A   lire en période de cécité.

Brigitte Clavel Delsol  

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2 juillet 2022 6 02 /07 /juillet /2022 14:33
"L'étoile brisée" par N. Laneyrie-Dagen

« L’étoile brisée »

      par Nadeije Laneyrie-Dagen

 

Editions : Gallimard

Parution : Janvier 2022

742 pages

24 €

 

Cette fresque romanesque se doit d’être lue tant elle plonge le lecteur à une époque charnière de l’Histoire, la fin du Moyen- Age qui annonce la Renaissance.  Elle se déroule comme un film aux couleurs de lumière et de nuit, où imagination et  réalité historique  se confondent . Nadeije Laneyrie-Dagen entremêle l’impitoyable antisémitisme castillais et la  découverte des Canaries pleines de promesses, les richesses florentines et la dictature théocratique de Savonarole, la pauvreté de la Saxe et le commerce des indulgences ! Elle magnifie les aventures maritimes,   dénonce l’emprise des explorateurs sur les  terres nouvelles mais témoigne d’un mariage possible entre une petite esclave sauvage et le célèbre florentin  Amerigo Vespucci. Si les premières pages émeuvent par le pogrom  qui démembre   la famille juive des Cocia,  bien vite elles laissent place au  courage  des deux jeunes garçons qui  mettent leur intelligence au service de l’humanité. L’un  deviendra le cartographe des deux célèbres navigateurs  Christophe Colomb et Amerigo Vespucci,  l’autre sera le médecin personnel de Luther. Pendant ce temps le vent tourne à Florence, on assiste à l'exécution  de Savonarole décrite avec exactitude par un des Vespucci  au service de Lorenzo de Medicis, tandis que son frère poursuit sa vocation d’explorateur. L’auteure ne se limite pas à deux sagas familiales . Elle dénonce les rivalités politiques entre Castille et Portugal, raconte le siège de Tlemcen entre chrétiens et mahométans, dépeint les embarcations pleines de soieries lyonnaises, d’ivoire ou de citronniers espagnols    en partance pour Londres  qui  rapprochent Henry VIII de François Ier.  Le lecteur restera longtemps  avec le souvenir du jeune Cocia qui pour survivre dut par trois fois changer de patronyme, d’où le beau titre symbolique de cet écrit.   Le désir d’aventures,  d’honneurs et d’amours érotiques semblent ainsi avoir toujours mené le monde. Véritable peinture flamboyante comme pour évincer à tout jamais l’obscurantisme, ce livre aux sept cents pages  séduira le lecteur qui en craignait l’épaisseur.

B. C. D.

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