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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 18:32
“Je ne reverrai plus le monde” par Ahmet ALTAN
Editions : Actes Sud
Parution:  2019
216 pages
Prix: 7,70€
Impossible de rester indifférent à ce recueil de réflexions  qui n’a d’autre but que celui de la survie. Ahmet Altan, fervent défenseur de la démocratie, rédacteur en chef du quotidien turc Taraf, est  un prisonnier politique . L’objectif du livre : ne pas tomber dans une apathie morbide qui finirait par le mener  à la délation, à la folie ou à la mort.  Son emprisonnement  n’est pas inopiné , il l’attendait, sa valise était prête. Mais une fois dans sa cellule  les souvenirs l'assaillent le jour et les rêves la nuit. Alors l' intellectuel réalise l’importance des sensations qui vont dicter l’écriture, refuge à l’abri du monde mais qui l’emporte vers le monde. Car c’est la vie en tant que telle qui lui inspire la vérité, l’intuition de l’instant qui lui fait maîtriser le temps et non les raisonnements stériles. C’est le souvenir de son père incarcéré comme lui quarante-cinq ans en arrière, c’est le “Voyage autour de ma chambre” de Xavier de Maistre. C’est la foi de son colocataire de cellule qui le fait remercier ce Dieu auquel il ne croit pas, c'est l'imagination d'un autre qui lui procure une ceinture de fortune. C’ est la tâche rouge perçue dans le rêve qui  réveille la profonde  souffrance des poignets menottés  ou la contemplation d’un barreau de fenêtre au lever du jour. Le personnel de la prison et de la justice réduit à de simples marionnettes le fait ironiser sur la fragilité d'un régime tyrannique. Ainsi comme l’artiste peintre n'a jamais fini de retoucher son tableau, Ahmet Altan  n'en finit pas d’observer “la poignée de ciel bleu” surmontée de barbelés qu’il “passe sans encombre”. Car tout converge à donner un sens à la vie. L’auteur devient ainsi maître de lui , de son incarcération et d’un bien joli livre. 
BCD 
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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 21:41

« La bête et le venin ou la fin du communisme»  par

               Vladimir VOLKOFF

 

 

Editions de Fallois

Parution : 1992

166 pages

 

Il y a juste  trente ans Vladimir Volkoff écrivait un petit manifeste qu’il est intéressant de relire aujourd’hui tandis que Poutine est en train d’envahir l’Ukraine.

Si "l'homo sovieticus" est par définition  avide de maîtriser le monde, ignorant qu’on peut vivre autrement que dans la peur et la pauvreté, et désireux de supprimer la foi, non seulement la foi chrétienne , mais la foi tout court, peut-on croire le communisme  fini ?

Si son seul but est de détruire l’ancienne société jugée exploiteuse, si son seul impératif est la conquête,  son seul crime  l’échec, sa seule morale la réussite par n’importe quel moyen, peut on croire le communisme fini ?

Si le servage est remplacé par la tutelle de l’intelligentsia qui détourne l’affection naturelle de l’homme pour les siens  au profit d’une idéologie humanitaire fictive, peut-on croire le communisme fini ?

Boris Eltsine s’est reconnu coupable d’avoir été parmi les premiers du parti communiste à appauvrir son pays, à gaspiller des millions d’heures d’éducation marxistes-léninistes pour l’abrutissement du peuple, est-il pour autant permis de croire le communisme fini ?

La famille impériale est canonisée, et les chrétiens morts pour leur foi sont les « Nouveaux  Martyrs »,  peut-on pour autant espérer le communisme fini ?

Et si  Kiev la  « mère des villes slaves » et l’Ukraine le berceau orthodoxe de la Sainte Russie sont rayées de la carte, peut-on croire le communisme fini ?

Si le communisme était  une maladie , si les pays de l’Est, l’Afghanistan, l’Angola ,le Nicaragua  étaient ses métastases, si les Chinois  étaient ses contaminés, alors il pourrait, comme tout malade,  faire une rechute  …

Et c’est  là que l’essayiste peut être  prophète…

B. C. D.

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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 19:39
« A beau mentir qui vient de loin » par François GARDE

« A beau mentir qui vient de loin » par François GARDE

 

Editions : Gallimard

Parution : Janvier 2022

165 pages

16 €

 

 

Pourquoi depuis toujours l’homme est tenaillé par un  besoin d’évasions, de légendes, de rencontres impossibles ou d’exploits héroïques? A cela s’ajoute une habitude d’enjoliver ou dramatiser une aventure, à mêler le vrai au faux, à se faire valoir consciemment ou inconsciemment. Les nouvelles de F. Garde en témoignent, treize récits où chacun des protagonistes est toujours tenté d’interpréter  à sa façon des faits jusqu’à  s’immiscer là où il ne doit pas être. Qu’il se dirige sur mer par cartes ou par intuition, qu’il voyage par les  livres ou par esprit d’aventure, le résultat est le même.  L’important est ce fluide qui relie le passé au présent, l’inconnu au quotidien, l’aventurier au casanier. Le passionné de végétation exotique fait le bonheur du  collectionneur, la photo d’un  enfant présentée par un reporter comme une victime de l'après-guerre fait le tour du monde, le  petit décorateur d’opéra fabulé en administrateur du Laos fait la fierté de toute une lignée familiale,  tandis que l’auteur de la  constitution  des Auckland  se croit indispensable aux cinq habitants de l’île !  Livre enchanteur qui veut distraire une France confinée et lui rappeler que l’imagination n’a ni interdits ni frontières. Ainsi l’auteur est semblable à son bonimenteur  qui, en  entrant chez les gens avec pour  seule clé un  beau discours, séduit tout  son auditoire…

B.C.D.

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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 11:37
"De poudre, de soufre et d'encens" par P. de Feydeau

.Editions du Rocher

Parution : 2021

329 pages

19 €

           Plutôt anti-héros, car ses relations parentales et amoureuses ont fini par en faire un faible, Paul, jeune bourgeois parisien, s’engage sur un coup de tête dans une milice chrétienne pour combattre Daech avec l’espoir de retrouver Maryam, une Syrienne chrétienne qu’il a lâchement abandonnée. Le voilà parti pour la Syrie après moultes hésitations car combattre aux côtés des forces d’Assad n’est-ce pas être complice d’un dictateur omnipotent ? Sa charnelle attirance pour Jelena, la blonde croate qui fait partie de l’équipée, va-t-elle finir par effacer  le crucial souvenir de la brune Maryam ? L’angoisse va crescendo. Après la découverte d’un paysage crasseux, des ruines de monastères chrétiens qui contrastent avec la riche Tartous, Paul, parfait symbole de la jeunesse, passionné de liberté et de justice, découvre l’horreur des prisons d’Assad comme celles de Daech, avant de lui-même en subir le martyre. Quand Vadim, son rival russe, s’acharne avec sadisme  sur la femme sacrificielle de Raqqa, son écœurement est tel qu’il ne reste en lui plus que haine et désir de vengeance. Une lente descente aux enfers va-t-elle mener Paul à la folie ou en faire un héros ? Le style est celui d’un jeune écrivain, qui sait scander ses sentiments fluctueux mais toujours sincères par de belles anaphores, être tout à la fois argotique, humoristique, amoureux de l’amour, et même mystique. Le lecteur se retrouve aux côtés d’un Paul brisé physiquement au fin fond de prisons successives ou ballotté sur des voies défoncées entourées d’un maquis indomptable.. P. de Feydeau allie réalisme et lucidité sur les effets des guerres qui pervertissent les consciences et font de l'homme un loup pour l’homme. Paul, le fragile,  saura-t-il résister au lavage de cerveau et aux chantages ? Saura-t-il accueillir Celui qui porte secours inopinément ? En attendant, l’écho de son chant persiste : « Que tu es belle, Syrie, déesse fardée de crimes… », tout en offrant au lecteur un magnifique tableau christique. Livre d’une grande lucidité sur le cours des évènements en Orient, la folie des hommes et la grâce divine.
B. Clavel Delsol
 

 

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21 février 2022 1 21 /02 /février /2022 09:45

« J’ai l’énergie d’une lionne dans un corps d’oiseau »

    Par Patricia Bouchenot-Dechin

 

Editions : Albin Michel

Parution : 16 Février 2022

365 pages

20 €

Qui est cette « petite femme au si grand tableau » qui séduit la France et l’Angleterre victorienne ? Rien  ne permet d’espérer un tel succès à Rosa Bonheur, qui veut simplement  oublier les épreuves familiales de l’enfance en  se tournant vers le dessin animalier où elle puise toute son énergie. Sa sensibilité,  elle l’a héritée d’une mère pianiste où coule un sang royal, ses dons de peintre viennent de son père, professeur de dessin qui  ferait bien passer dans les expositions parisiennes  les peintures de sa fille pour les siennes. Grâce à ce saint-simonien sans scrupules familiaux mais plein d’amis bohêmes le lecteur découvre  le tout Paris artistique qui a  vite fait de remarquer les talents de  Rosa. Celle-ci court de la Grande Galerie du Louvre, où elle s’astreint à la copie des tableaux,   aux abattoirs du Roule et marchés des bas quartiers où elle peint sur le vif,  de son atelier d’artiste où elle travaille avec acharnement aux salons mondains où elle tremble de timidité. Là  elle rencontre toutes les célébrités littéraires, critiques d’art, collectionneurs, galeristes et mécènes  de l’époque  jusqu’à ce que le marchand d’art Ernest Gambart l’emmène à Londres à l’Exposition  annuelle de l’Ecole française pour y exposer son célèbre « Marché aux chevaux » dont la célébrité s’étendra jusqu’à New York. Tel est l’intérêt de ce livre tout aussi vivant dans son contexte historique que dans les tribulations de l’âme de Rosa Bonheur . S’il faut savoir  tourner les pages de l’existence, il semble que Rosa Bonheur n’ait jamais tourné celle de son amour pour le célèbre peintre et sculpteur britannique Sir Edwin Landseer ni celle de la mystérieuse origine aristocratique  de sa grand- mère…

B.C.D

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19 février 2022 6 19 /02 /février /2022 11:19
"Les Bourgeois"  par Alice Ferney

« Les Bourgeois » par Alice FERNEY

 

Editions : Actes Sud

Parution : 2017

350

22 €

Quel plaisir de s’immiscer  chez les  Bourgeois à l’heure du wokisme ! Alice Ferney nous peint par touches délicates chacun des membres de cette grande famille qui n’eut pour souci que d’engendrer la joie de vivre quelle que soit la dureté du destin.  La saga commence abruptement en 2013 par le décès impromptu de Jérôme,  remonte le temps de l’entre deux guerres  où Mathilde  accouche de dix enfants tandis que l’on croit la guerre finie alors qu’elle ne fait que commencer,  et le récit se poursuit jusqu’à nos jours où un silence héroïque sait  faire  face aux deuils familiaux et patriotiques. «  Peut-on faire la grève de la vie ?». Certes les épreuves ne manquent pas,  mais quand on est nombreux on ne pense pas à la mort, on fait son devoir, on se tient les coudes, on est fidèle à ses idées politiques même si  elles privent d’avancements dans l’armée comme dans le civil, la vocation militaire n’y est que pour  défendre la liberté,  on reste chrétien et fier de l’être, car c’est là que la famille puise sa force intérieure. Dans les grandes fratries tout se partage, les joies comme les peines.  A la fois romancière et historienne, l’auteure observe, décrit  le courage sous toutes ses formes, et ne cache pas que l’hydre meurtrière ne cesse de revenir . Ses phrases brèves sonnent le tragique des évènements qui s’alternent avec la gaieté de l’amour. Mais même l’amour est fragile, les maternités usent, n’offrent d’autre carrière que celle de la sainteté !  Si Alice Ferney embrasse tous les problèmes  humains elle  laisse la nouvelle  génération aussi battante que ses ancêtres , faisant de la famille un solide rempart au bonheur…Brigitte Clavel Delsol

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11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 12:14
“Les Flammes de Pierre” par J-C RUFIN


Editions : Gallimard
Parution : Septembre 2021
343 pages
21€
 

 “Les Flammes de Pierre” sont bien éloignées de « Rouge  Brésil » autant par les couleurs que par le continent. Pourtant le but de Jean-Christophe Rufin  est le même: s'adapter à une terre nouvelle est une histoire d'amour. Comme  lui-même grand voyageur de par ses fonctions professionnelles a fini par dominer  cette célèbre vallée de l’Arve qui mène au Mont-Blanc, les deux protagonistes de son dernier roman cherchent à s’enraciner . Rémy, montagnard hédoniste, est tenté par Paris et Laure, parisienne très active, est attirée par les sommets rocheux et enneigés. Une lecture trop rapide pourrait donner une impression de roman à  l' eau de rose. En vérité la splendeur séduisante   des lieux incite J-C Rufin à révéler  les dangers qu’ils comportent pour celui qui veut toujours dépasser ses limites et une leçon de vie pour qui veut bien l'entendre. Car  la   variété des paysages de montagne, du Plateau d’Assy au sommet le plus haut d'Europe,  refuge ou lieu de conquête , permet à l’homme de trouver sa place, d’assumer pleinement sa condition d'homme libre et combattant, en un mot de trouver tout ce dont la société le prive, le risque, le travail de soi sur soi, la prise de conscience de la mort inhérente à la vie, enfin sa réconciliation avec le cosmos.  Livre très réaliste  qui convaincra  tous les adeptes de la montagne que la petitesse face à l'infini peut être un levier de force. 

Brigitte Clavel Delsol 

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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 10:11
"Conversation à la catedral" par Mario Vargas Llosa

« CONVERSATION A LA CATEDRAL »    par        MARIO VARGAS LLOSA

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Avril 2021

1er dépôt légal : 2015

 622 pages

Pourquoi un jeune Péruvien comme Santiago perd-il toute ambition ? Comment un régime politique  peut-il se dégrader  jusqu’à faire une contre-révolution sanguinaire en plein XXème siècle ? Mario Vargas Llosa nous donne la réponse par un récit labyrinthique de l’histoire de son pays.  Richesse  et pauvreté se côtoient,  Légalité et Egalité rivalisent, pouvoirs politique et militaire se confondent, obéissance et trahison se succèdent, tandis que les épouses s’enferment dans leurs principes et les prostituées profitent jusqu’à l’indécence d’amants fortunés. Seul Santiago est attachant : ses amis marxistes le  traitent de petit-bourgeois et ses parents de révolutionnaire. Car Santiago a honte de son père, supporteur de la dictature  d’Odria,  et veut gagner son indépendance en travaillant comme journaliste. A travers des dialogues chaotiques entre passé et présent, entre politiciens ou employés de maison, se dessine une société à la Houellebecq. On voit Cayo Bermudez,  bras droit du ministre de l’intérieur du gouvernement odriste, surveiller, arrêter, supprimer le moindre rassemblement suspect,  tout en relâchant Santiago, le fils de son ami.  On assiste à la collaboration apparente avec le régime des entrepreneurs arrivistes comme don Firmin,  le père de Santiago. Le parti unique organise des meetings  où le  peuple a l’obligation de se rendre, et ce, jusqu’à    la victoire de la célèbre  Coalition  d’Arequipa.   Les mœurs des dirigeants  sont débridées à tel point que  l’ex- maîtresse de don Cayo Bermudez finit par être assassinée, qu’Ambrio, ancien chauffeur de la famille de Santiago révèle l’inavouable sur don Firmin. Le style est  très familier, les dialogues pleins de spontanéité, si bien qu’il faut un peu de temps au lecteur pour comprendre  les allers retours  dans le temps  et découvrir  la duplicité des personnages, quand  les bons sentiments sont submergés par les pires exactions. Alors , en dehors des bordels, la vie  se poursuit dans la plus grande monotonie. Seul le Rouquin , décidé à reprendre en main le sort de son pays et de sa famille, apporte avec sa chevelure quelque espoir de lumière…. Cet ouvrage est une belle  démonstration a contrario  de la nécessité d'une  démocratie libérale et chrétienne   !!!!

B.C.D.

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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 15:51

« Chaudun la montagne blessée »  par Luc BRONNER

 

Editions : Points

Parution : Octobre 2021

151 pages

6,40 €

 

 De Chaudun,   petit village situé  au cœur des Alpes maritimes, il ne reste que son nom, une  pierre tombale, et ce récit de Luc Bronner. Les descriptions du paysage sont sublimes mais  n’en demeurent pas moins cruelles. Désert de caillasse l’été et de glace  l’hiver, les Chaudunois,  dès 1789, sont  las d’une vie trop dure et réclament assistance aux Eaux et Forêts.  Un siècle plus tard rien n’a été fait si bien que le village vend ses terres  au Ministère de l’Agriculture. L’ abandon de Chaudun qui ne se fit pas sans peine laisse place à un investissement de l’Etat jamais connu. On est à l’heure du progrès : deux barrages  et une route sont construits, ingénieurs, techniciens, exploitants forestiers reboisent les pans de montagne soit disant saccagés par les troupeaux de moutons ,  transforment l’église en dortoir pour ouvriers,  le tout avec un sentiment  de servir la patrie et un  mépris indéniable  pour les paysans, que ceux-ci leur rendent bien ! Alors le livre se termine sur un magnifique  foisonnement de flore et de faune. Mais à quel prix ! Chaudun devient un site protégé, ours et loups régulent les naissances des chevreuils, on offre  la terre en cadeau aux animaux après avoir demandé à l’homme  dépassement de soi et sacrifices pour survivre. Livre plein de poésie, mais aussi de tristesse car la réjouissance des écologistes n'ôtera pas nos regrets  pour ceux morts sans avoir vu le fruit de leurs efforts !  B.C.D.

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27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 18:25

« La lettre à Helga »  par BERGSVEINN BIRGISSON

 

 

Editions : ZULMA

Parution : 2018

131 pages

8,95€

 

 

Rien de plus franc , de plus libre, de plus sensuel que cette lettre à Helga.  C’est tout le sauvage  de l’Islande qu’on y retrouve, avec ses troupeaux de moutons, ses orages, ses fjords et ses villageois qui vivent autant en s’entraidant qu’en cancanant.   La civilisation est loin, et le peu qu’elle apporte rend complètement esclave de la consommation, de la mode éphémère, parfois du grotesque et du contre-nature. Si le style est plein de lyrisme , il  n’en est pas pour autant  dépourvu d’humour, de scènes comiques et de profondes réflexions existentielles. La vie a forgé le vieillard : elle lui a fait comprendre que la terre était  sa seule bien aimée, et que le bonheur résidait toujours dans  la décision première..  Le style est magnifique,  des rayons de lumière  filtrent à plusieurs reprises à travers les planches, comme pour métamorphoser  les impuretés de l’amoureux . On retrouve chez l’auteur toute l’utopie rousseauiste qui n’est certes pas sans danger, mais on retrouve aussi chez son protagoniste un homme qui  en sait plus que quiconque sur les lois de la nature et du cœur …

B.C.D.

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