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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 16:56

Editions : Albin Michel

Parution : Octobre 2017

310 pages

20,90 €

 

 

Inutile de présenter C. Signol, amoureux de son Quercy natal qui a toujours inspiré ses romans et auquel il les a toujours dédiés ! Son  dernier livre n’est autre que le récit d’une succession de visites de malades dans le cabinet médical du jeune docteur Vialanex tout récemment arrivé dans le petit village de Châteleix. Celui-ci y  constate   le désastre provoqué par  le numerus clausus de sa profession ainsi que les difficultés à survivre des petites exploitations agricoles.  Les détails de la vie amoureuse du docteur sont sans grand intérêt, les  dialogues de qualité littéraire médiocre et les portraits  de la paysannerie plutôt caricaturés. Ce qui importe à C. Signol, c’est de mettre en avant  la qualité d’écoute et l’esprit de service du médecin, de même que le courage moral et la profonde reconnaissance des patients. Loin d’être inspiré par « une philosophie de bazar » comme il le dit en toute humilité,  le médecin trouve son bonheur en apaisant sa clientèle tout en traversant une campagne changeante au gré des heures et des saisons. Si une note  à la fin du livre vient spécifier que les personnages ont tous été inventés, un fait est certain :  la désertion de  nos campagnes n’est pas fictive, elle engendre des problèmes d’ordre social autant que physiologique, ce qui désespère le jeune docteur. C’est pourquoi  ce roman  apparaît  comme un cri aux abois, l’auteur ne pouvant rester indifférent à la souffrance  de  la France profonde.

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 10:01
 « Le cœur au trésor »  par Bertrand Jacolin

 

« Le cœur au trésor »  par Bertrand Jacolin

 

 

353 pages

 

 

Si ce livre s’adresse à tout public, jeune ou vieux, intellectuel ou dilettante, c’est tout à fait délibéré de la part de l’auteur qui, en tant qu’enseignant, a le souci de rappeler une vérité historique. Sous un aspect de roman à la fois policier et d’aventures, Bertrand Jacolin revient sur un crime politique malheureusement  étouffé, celui du président congolais Marien Ngouabi qui, en 1977, voulut  abandonner le marxisme  sous l’influence du cardinal Biayenda lui-même assassiné. Alors l’auteur met en scène le jeune Pierre Seron,  qui se retrouve malgré lui sur un cargo chargé d’armes destinées à être livrées à Brazzaville aux opposants du nouveau régime en échange d’un trésor qui a en fait disparu.  Notre jeune héros n’aura de cesse de fuir les Cobras, miliciens du nouveau président, Denis Sassou Nguesso, dans un contexte tropical magnifiquement décrit avec autant d’imagination que  de réalisme dans le détail. Car Bertrand Jacolin est un peintre auquel rien n’échappe. A ses qualités d’artiste s’ajoute un  souci humaniste, sans pour autant perdre le fil de l’aventure du jeune Pierre  qui fait face à toute une série de péripéties extraordinaires. Ce livre, riche par son  suspense et son magnifique dénouement, a tout pour être un joli cadeau de Noël pour ceux qui, comme l’auteur, souhaitent que la richesse serve non pas à la guerre mais  aux hommes les plus petits et les  plus pauvres …

Ce livre a été édité à compte d'auteur. Pour se le procurer contacter : bertrandjacolin@wanadoo.fr

B.C.D

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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 20:10

 

Editions : Albin Michel

Parution : 2 novembre 2017

235 pages

19 €

 

 

 

Ce livre plein de romantisme ne peut passer sous silence.  C’est un hommage de Sandor Marai non seulement  à Gyula Krudy, son maître spirituel trop méconnu quand celui-ci décéda en 1933,  mais aussi à « la Hongrie d’avant-guerre » où les cafés se remplissaient de poètes et les Hongrois étaient encore heureux. Alors Sandor Marai fait revivre à son ami écrivain  dénommé Sindbad son "dernier jour à Budapest". Celui-ci  part un matin d’Obuda avec l’intention de  gagner quelques sous. Mais quitte à revenir bredouille,  le vieux Sindbad préfère errer en calèche dans la capitale « à la recherche des souvenirs de sa vie et d’un monde disparu ». Il s’enfonce alors dans la vapeur des célèbres bains Turcs, retourne au café Chicago où il aimait écrire, s’attable à l’hôtel London simplement pour retrouver l’odeur qui en émane. Les phrases sont longues à n’en plus finir, mais rythmées par des anaphores  nombreuses, si bien que, loin d’être ennuyeuses, elles dégagent paradoxalement une nostalgie incurable et un profond amour de l’existence. Car le temps s'enfuit. C’est dans cette réminiscence, pleine de pudeur et du code de l’honneur, que Sandor Marai trouve son inspiration  pour parler des âmes fières et des abris de rêve que sont les cabarets d'artistes ou les maisons de province à l'odeur de chou farci. Plutôt que passéiste,  Sandor Marai est un visionnaire : son livre  publié en 1940  a attendu  2017 pour être traduit en français  et refléter une pensée bien d’actualité. Sa  traductrice Catherine Fay, en respectant son  style romantique, fait  découvrir au lecteur la beauté de la littérature hongroise.

B.C.D

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 19:49

Editions : Albin Michel

Parution :   2ème semestre 2017

270 pages

 

 

 

 

C’est un long voyage à la recherche des Chrétiens d’ Orient que  Vincent Gelot relate dans ce superbe livre de papier glacé, au format exceptionnel. Plus qu’un récit, il s’agit d’un recueil de témoignages vivants  avec, à l’appui, tout un panégyrique de photos,  portraits et paysages, prières et confidences.  Parti en 2012 dans une vieille 4L avec son ange gardien pour seul compagnon, le jeune auteur parcourt en moins de deux ans plus de  60000km,  du Liban à l’Afghanistan, du Yémen à l’Egypte. Son but : témoigner de la foi  des Chrétiens d’Orient, de leurs  souffrances et de leur espérance.  Car leur résistance est héroïque et  doit être connue du monde entier. Dans la campagne  d’Anatolie subsistent les ruines de sanctuaires chrétiens et, sur les hauteurs d’Antioche, des grottes rappellent la présence d’ermites. En Irak, dans la plaine de Ninive, des sentinelles de pierre se dressent comme pour honorer les martyres disparus. A Ispahan de petits crucifix font office de pendentifs tandis que sur  les poignets des jeunes enfants égyptiens de Minya est tatouée la croix du Christ. Ainsi, sur toutes ces terres menacées, Vincent Gelot voit que Dieu se manifeste encore. Malheureusement aux pays de l’or noir, l’Arabie Saoudite se refuse à faire le moindre compromis.  Ce  livre  regorge de splendides illustrations et de confiance dans la pérennité des Chrétiens d’Orient. Malheureusement ce voyage remonte à plus de trois ans et,  depuis,  la charia  s’est encore endurcie et les Chrétiens d’Orient ne cessent de souffrir.  Puisse ce livre raviver la solidarité entre Chrétiens!

B.C.D.  

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 16:12

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2017

388 pages

21 €

 

Bien qu’il n’y ait jamais vécu, l’île Maurice, berceau de ses origines, a toujours hanté J.M.G. Le Clézio. Deux narrateurs s’alternent : Jérémie Felsen est un jeune parisien qui va sur les traces de ses ancêtres mauriciens avec plusieurs raisons  en tête : comprendre la mort du "dodo", l’oiseau mythique de l’île, la disparition des « marrons »  et l’extinction de sa famille; Dominique Felsen, le dernier rescapé  de la lignée mauricienne , est un vieux clochard qui porte le même surnom que l’oiseau,  sans doute à cause de sa difficulté à s’adapter à la transformation de l’île. L’abordage  de Jérémie  est facilité par  une litanie de noms créoles, qui ne l’empêchent pas de discerner les avantages et inconvénients du passé comme du présent. La tribu familiale a subi le même sort que l’île, les razzias des bulldozers sont semblables aux pillages des Armandos, les marinas pour touristes remplacent les sucreries, les surfeurs sont les nouveaux esclaves et les pilotes de ligne les nouveaux proxénètes.  Si le cœur de Jérémie  est partagé entre  l’Alma d’hier et le Maya d’aujourd’hui, le sort de Dominique est plus tragique, celui du clown triste immigré à Paris. Mais point de pessimisme, un souci d’adaptation semble être le leitmotiv du roman symbolisé par l’oiseau si  ressemblant  à l’albatros de Baudelaire.   Le Clézio est fidèle à lui-même, son style court à toute allure dans un labyrinthe de vies où une lecture lente s’impose. Car l’auteur ne dévoile ses sentiments qu’à petites touches imperceptibles, voulant peindre avant tout  un tableau réaliste.

B.C.D.

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 11:36

« Une odyssée, un père, un fils, une épopée » par Daniel Mendelsohn

 

Editions : Flammarion

Parution : 2017

418 pages

23 €

Insensé celui qui ignore  la dureté de la vie, le respect de la loi et des dieux ! Misérable celui  qui est incapable de maîtriser ses sentiments  et de sonder le cœur de son père ! Stupide  celui qui nie la beauté de l’épouse fidèle et le rôle du tombeau où s’inscrit le passage d’une vie ! C’est ainsi qu’en faisant revivre le retour d’Ulysse en Ithaque, Daniel Mendelsohn accomplit non seulement un magnifique plaidoyer pour la culture antique mais aussi  une démarche tout aussi intellectuelle que filiale. Un professeur d’université, qui n’est autre que l’auteur lui-même,  organise un séminaire sur l’Odyssée. Cette initiative va non seulement séduire ses élèves et tous les lecteurs de ce livre, mais aussi rapprocher de lui  son vieux père qui s’impose  en auditeur libre à ses conférences. Mendelsohn senior est un ingénieur qui exècre la  subjectivité nébuleuse  de la littérature, un  volontariste plein de rigueur et d’exigence, pour qui Ulysse comme Télémaque ne sont pas des  héros mais des marionnettes dans les mains des dieux. Alors pourquoi cet intérêt pour les chants de l’Odyssée plutôt que les scènes de l’Iliade ? La raison est simple: plus que le récit de l’aventure, c’est le problème d’identité qui importe, c’est la différence entre l’être et le paraître. Une croisière en Méditerranée sur les traces d’Ulysse va parachever la vocation du professeur et lui faire découvrir un père méconnu qui chante son bonheur de vivre  tel Ulysse racontant ses exploits à la cour du roi des Phéaciens. Très  inspiré par la poésie d’Homère et ses circonvolutions stylistiques, Daniel Mendelsohn  emmène le lecteur bien au-delà d’un séminaire et d’un voyage, vers un bouleversant rapprochement générationnel qui rend la poésie homérique plus vraie que les ruines d’Ithaque. Car, comme Télémaque, il  prend conscience de l’héroïsme de son père qui, tout en secret, fut  le poète de sa propre vie.  B.C.D.

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 10:55

Editions : Stock

Parution : Septembre 2017

299 pages

21,50 €

 

 

Pourquoi ce titre « Les huit montagnes »  alors qu’il s’agit de  l’histoire de deux amis liés par une seule et même montagne, le mont Rose qui domine le val d’Aoste? Mais avant cette amitié il y a ce père amoureux des hauts sommets que son fils ne comprendra que peu à peu, une mère effrayée par l’altitude à cause d’un souvenir inoubliable. Comme l’eau de la rivière, « le passé est en aval, l’avenir en amont». Alors l’enfant des villes va se tourner vers l’enfant des montagnes, et si les êtres ont tous leurs secrets intimes, seules  les beautés de la nature parviennent à les rapprocher. Un livre incontournable pour ceux qui aiment la montagne,  qui ne craignent ni son appel à toujours aller plus haut, ni ses dangers, ni l’aridité  de sa terre impossible à fléchir… L’auteur ne se limite pas à la passion irraisonnée du montagnard. Il en cherche la cause, est conscient que chacun a « une altitude de prédilection » dont les raisons intimes  sont multiples. Car si l’enfant des villes s’intéresse aux divers sommets de l’Himalaya à la différence de celui qui est berger sur le même versant depuis sa tendre enfance, si l’un  se noie dans l’humanitaire et l’autre dans la solitude, lequel des deux  aura le plus appris ? Quel que soit le résultat, c’est tout simplement celui qui aura le plus aimé…

B.C.D.

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 19:19

« L’enquête de Lucius Valerius Priscus » par Christian Goudineau

 

Editions : Acres Sud

Parution : 2007

334 pages

8,70 €

 

Le prologue comme l’épilogue se passent  à Alexandrie dans les années 2000 car il s’agit de « volumina » qui y ont été découverts. Sont ils des faux ou des authentiques ? Peu importe car ces manuscrits relatent une histoire passionnante, celle de Lucius Valerius Priscus chargé d’enquêter les causes des rébellions gauloises qui eurent lieu au Ier siècle après J-C.

Alors Christian Goudineau, historien passionné inspiré  par de récentes  fouilles archéologiques, narre les aventures de Valerius. Ce chevalier romain à la retraite est tiré de sa jolie villa  par le chevalier  Séjan , bras droit de  l’empereur  Tibère,  pour  enquêter sur les causes des rébellions gauloises. Certes les  impôts augmentent, les exemptions diminuent, mais les Gaulois sont ils véritablement à l’origine de ces soulèvements, eux qui ne renient pas la grandeur de Rome? Ou bien les auteurs de troubles seraient-ils des imposteurs romains, capables des pires complots pour obtenir des titres et  postes importants de gouverneurs? Si le livre foisonne de personnages excentriques, ambitieux, cruels ou repentants, savants ou illettrés, il laisse derrière lui une trace réaliste où les  intérêts économiques et identitaires se fondent dans des  élans romantiques. Un livre intéressant qui fait revivre  cette époque gallo-romaine, avec ses  combattants comme le célèbre Sacrovir, ses rites étranges,  sa vielle ville de Bibracte antérieure à Augustodunum, aujourd’hui Autun, où la fiction vient combler avec art les secrets de l’Histoire. 

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 21:20

Editions : L’Iconoclaste

Parution : Août 2017

97 pages

19 €

 

Un titre qui émeut, une émergence de mots et d’images qui éveillent la pensée, une réflexion  qui plaide pour le recueillement, telle est la démarche de Christian Bobin, un contemplateur qui veut « remettre en vie la vie ». Alors il s’adresse aux êtres qu’il aime comme aux objets  qui parlent à son âme. Sa belle écriture manuscrite qui remplit les premières pages annonce sa tentative. Il veut chanter l’enfance, désavouer ce monde moderne où il faut  toujours meubler le temps sans jamais  en apprécier la valeur. Il rend hommage à Ryokan, poète et moine japonais, qui parle d’un « bijou intérieur » qui n’est ni bijou, ni intérieur, mais simplement le ressenti de  l’éclat d’une fleur,  du souffle du vent, de la lueur argentée d’une goutte de pluie.  « Vivre n’est rien d’autre que donner sa lumière ». C’est ainsi que  tout en se  promenant de Paris au Creuzot en passant innocemment dans  la ville polonaise de Lodz, en sautant de Mozart à Bach,  Christian Bobin en vient à conclure que  « l’âme est ce qui résiste au monde », car l’éternité réside dans ces heureux instants. 

B.C.D.

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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 21:48

 

Editions : Albin Michel

Parution : Octobre 2017

403 pages

24 €

 

 

A l’heure où les mouvements séparatistes espagnols font parler d’eux, Yann Kerlau retrace l’histoire ensanglantée de l’unification des deux royaumes d’Espagne qui précéda le Saint Empire Romain Germanique.  Avec un immense talent il donne  la parole à trois personnages : la reine Jeanne de Castille, dénommée « Jeanne la folle »  par son père le  roi Ferdinand d’Aragon,  dont l’instinct de puissance  ne cessera jamais, jusqu’à le transmettre à son petit-fils, le futur Charles Quint, maître de l’Occident.   Trois voix toutes aussi prenantes  les unes que les autres. Celles de Ferdinand d’Aragon pleine d’arrivisme, de cruauté et de sadisme, celle de Jeanne  de Castille l’insoumise privée de sa couronne, de son mari, de ses enfants et de  sa liberté, celle de l’Empereur du Saint-Empire   qui sous le nom de chef de la chrétienté se révèle un infatigable despote. Gravitent autour d’eux de nombreux personnages célèbres ou inventés, certains remarquables par leur fidélité, d’autres odieux par leurs trahisons.  Les sentiments, qu’ils soient familiaux ou politiques, du domaine de la cruauté ou de la commisération, sont d’une logique implacable et retracent à merveille les excès d’un siècle où le crime et le devoir se confondaient  au nom de la patrie ou au service de  Dieu. L'atmosphère historique est parfaitement rendue et le style fluide romance à merveille cette bien sombre époque. 

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