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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 12:38

 

 

Editions : Albin Michel

Parutions : 2014-2015

20 €

Estimation : 4, 75/5

 

Cet écrivain irlandais mérite d’être plus connu en France. Ses deux derniers romans sont des splendeurs. « Un ciel rouge le matin » est bouleversant.  Avec art il dépeint la pauvreté de l’Irlande au début du XIXème, le miracle qu’était alors  une traversée de l’Atlantique et le débarquement sur l’eldorado américain qui se révèle être un cimetière. En 1832, au nord-ouest de l’Irlande, Coll Coyle, sans raison expulsé de sa ferme, tue de colère le fils arrogant de son riche  propriétaire et s’enfuit avec pour seule arme et seule ancre le ruban de sa fille. Si l’atmosphère est du début à la fin celle du combat incessant pour survivre à travers les tourbières irlandaises, les tempêtes en bateau et un choléra impitoyable outre-mer,  le style sait rester à la hauteur de toutes les espérances,  réaliste, mais pas dénudé de poésie, violent plus qu’on ne saurait l’imaginer, mais plein de sensibilité sous-jacente. Roman qui incite à lire « La neige noire »,  paru cet été, tout aussi magnifique.  Le thème  de l’immigration y  est d’autant plus dramatique que c’est dans son Irlande natale que rentre cette fois  le personnage principal, Barnabas Kane, où il subit, comme Coll Coyle, les impitoyables cruautés de la terre et des hommes.  Paul Lynch met en exergue ces beaux vers de T.S. Eliot : « Quand viendront les temps du malheur,/ Qui se souviendra de ma maison, où vivront /  Les enfants de mes enfants ? »… Deux histoires intemporelles…

Brigitte Clavel Delsol

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 14:42

 

 

 

Editions : Gaïa

Parution : Mai 2015

282 pages

20 €

Estimation : 2,5/5

 

 

Ce nouveau roman a tout du scénario où le contraste entre deux portraits de femmes, toutes deux restauratrices de livres anciens, n’est que prétexte à faire découvrir le monde de la reliure et les rêves qu’il suscite. Si le seul intérêt d’Astride Malinger est  de s’enrichir par la restauration d’un Premier Folio de Shakespeare, celui de Mathilde Berger est tout autre. Il s’agit pour celle-ci d’une approche amoureuse de Shakespeare, grâce à un illustre inconnu, John, dont elle a découvert les manuscrits en des circonstances rocambolesques. Le style comme les confidences de ce domestique élevé au rang de gardien des écrits de l’illustre « braconnier des âmes » vont  la séduire  et lui faire découvrir l’homme qui se cachait  derrière le maître d’œuvres.  Dommage qu'Anne Delaflotte Mehdevi s’étende plus sur les querelles de deux femmes au tempérament incompatible que sur cette belle amitié du domestique qui protégea l’homme du théâtre! Toutefois son envie de se plonger dans les biographies de Shakespeare est fort communicative et bénéfique…

B Clavel Delsol

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 13:42

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Juin 2015

360 pages

20 €

Estimation : 4/5

 

Le dernier roman de Carole Martinez n’a pas attendu la rentrée littéraire pour remporter son habituel engouement. Son titre, très parlant, illustre les pentes de la vie  et les penchants des coeurs, semblables aux  rives pentues de la Loue où l’histoire de Blanche se déroule. Bien que l’atmosphère chère à l’auteur soit toute moyenâgeuse, pleine d’obscurantisme, régulée par une méchante  badine symbolique de la toute puissance paternelle  ou  les apparitions mystérieuses de Dame verte, allégorie de la rivière franche-comtoise, vengeresse de la peste dévorante, l’auteur ne cache pas son intention : « Il faut cesser avec ces histoires à dormir debout, et regarder le monde tel qu’il est ! ». Alors la plume de C. Martinez est semblable à la Loue, coule à flot jusqu’à ce que l’âge de l’innocence atteigne celui de la compréhension du monde et des hommes. Car si l’autoritarisme écarte le diable un instant, Blanche sait que la connaissance est plus efficace pour évincer celui-ci définitivement et que trois loups brodés sur une tunique protègent moins qu’une petite croix. Ainsi, tandis que la vielle âme se penche sur Blanche, c’est  l’enfant qui se penche vers l’éternel. Livre d’une très grande poésie où l’auteur se plaît comme toujours à coudre et découdre les fils de l’existence, véritable Pénélope qui, à force d’assembler mots et couleurs, transforme le noir de la vie en une tapisserie lumineuse.

Brigitte Clavel Delsol

 

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 17:42

 

 

Editions : Les Escales

Parution : Mars 2015

440 pages

20,90 €

Estimation : 3/5

A défaut d’être le livre de l’été, « La mémoire des embruns » a néanmoins tous les attraits d’un livre au thème universel, celui du passé qui rattrape toujours le présent. A l’approche de sa mort  Mary Mason  est  replongée malgré elle dans ses jeunes années : un ami d’enfance frappe à sa porte et bouleverse son existence. Mary est déterminée, elle ne  finira pas  ses jours à l’hospice comme le veut sa fille,  mais retournera sur l’île Bruny,  là où elle fut si heureuse jusqu’au jour où elle fut trahie, pour trouver une solution à son dilemme présent. Et si le phare symbolise le point culminant de la solitude menacée, il représente aussi la verticale qu’il faut grimper pour obtenir le pardon d’un amour jamais révélé. Le lecteur assiste  à un chant à deux voix, celle de  Tom, le  benjamin esseulé, mécanicien qui rêve de l’Antarctique, et celle de Mary l’épouse mal aimée, mais toutes deux faisant l’éloge de la nature sauvage  qui se nourrit de vent salé,  d’embruns et d’amours impossibles. Livre envoûtant où les descriptions  sont de véritables tableaux de bords de mer, belle réminiscence des plages australiennes, pays de l'auteur et de ses personnages. 

Brigitte Clavel Delsol 

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 11:56

 

Editions : Zulma

Parution : Août 201414

498 pages

23,50 €

Estimation : 3/5

 

 

Si Mme Bellwether pose  la question « mon fils est-il quelqu’un d’exceptionnel ou quelqu’un d’anormal? » le lecteur, lui, ne se le demande pas. Dès le début du roman il considère Eden,  comme un érudit antipathique, condescendant, le parfait narcissique. Néanmoins il continuera à lire ce gros pavé sans le moindre ennui, même si l’auteur avance lentement mais sûrement vers un dénouement inévitable. Il y a un abîme entre l’étudiant de  King’s College, pédant intellectuel et brillant organiste, et Oscar, aide-soignant plein de lucidité et de compassion. Si Eden voue un culte maladif  à Johann Mattheson, grand musicien du XVIII ème et précurseur de la musico-thérapie, il y ajoute une hypno-thérapie d’amateur qu’ Oscar a vite fait de juger dangereuse. Car, à part Oscar,   Eden n’a pas de mal à  convaincre  son petit groupe d’amis, la manipulation étant le plus grand de ses nombreux talents. Le malheur est que ce petit  génie apparent ne croit qu’en lui, renie toute science, religion et médecine, avec un complexe de supériorité tel qu’il efface toute  limite entre normalité et folie: thème plus actuel que jamais où le rejet de tout repère mène au dérèglement psychiatrique, du désespoir suicidaire comme dans « Le cercle des poètes disparus » jusqu’à l’homicide comme le décrit B. Wood avec justesse.

B. Clavel Delsol

 

 

Editions : Zulma

Parution : Août 2014

498 pages

23,50 €

Estimation : 3/5

 

Si Mme Bellwether pose  la question « mon fils est-il quelqu’un d’exceptionnel ou quelqu’un d’anormal? » le lecteur lui ne se le demande pas. Dès le début du roman il considère Eden,  comme un érudit antipathique, condescendant, le parfait narcissique. Néanmoins il continuera à lire ce gros pavé sans le moindre ennui, même si l’auteur avance lentement mais sûrement vers un dénouement inévitable. Il y a un abîme entre l’étudiant de  King’s College, pédant intellectuel et brillant organiste, et Oscar, aide-soignant plein de lucidité et de compassion. Si Eden voue un culte maladif  à Johann Mattheson, grand musicien du XVIII ème et précurseur de la musico-thérapie, il y ajoute une hypno-thérapie d’amateur qu’ Oscar a vite fait de juger dangereuse. Car, à part Oscar,   Eden n’a pas de mal à  convaincre  son petit groupe d’amis, la manipulation étant le plus grand de ses nombreux talents. Le malheur est que ce petit  génie apparent ne croit qu’en lui, renie toute science, religion et médecine, avec un complexe de supériorité tel qu’il efface toute  limite entre normalité et folie: thème plus actuel que jamais où le rejet de tout repère mène au dérèglement psychiatrique, du désespoir suicidaire comme dans « Le cercle des poètes disparus » jusqu’à l’homicide comme le décrit B. Wood avec justesse.

B. Clavel Delsol

Editions : Zulma

Parution : Août 2014

498 pages

23,50 €

Estimation : 3/5

 

Si Mme Bellwether pose  la question « mon fils est-il quelqu’un d’exceptionnel ou quelqu’un d’anormal? » le lecteur lui ne se le demande pas. Dès le début du roman il considère Eden,  comme un érudit antipathique, condescendant, le parfait narcissique. Néanmoins il continuera à lire ce gros pavé sans le moindre ennui, même si l’auteur avance lentement mais sûrement vers un dénouement inévitable. Il y a un abîme entre l’étudiant de  King’s College, pédant intellectuel et brillant organiste, et Oscar, aide-soignant plein de lucidité et de compassion. Si Eden voue un culte maladif  à Johann Mattheson, grand musicien du XVIII ème et précurseur de la musico-thérapie, il y ajoute une hypno-thérapie d’amateur qu’ Oscar a vite fait de juger dangereuse. Car, à part Oscar,   Eden n’a pas de mal à  convaincre  son petit groupe d’amis, la manipulation étant le plus grand de ses nombreux talents. Le malheur est que ce petit  génie apparent ne croit qu’en lui, renie toute science, religion et médecine, avec un complexe de supériorité tel qu’il efface toute  limite entre normalité et folie: thème plus actuel que jamais où le rejet de tout repère mène au dérèglement psychiatrique, du désespoir suicidaire comme dans « Le cercle des poètes disparus » jusqu’à l’homicide comme le décrit B. Wood avec justesse.

B. Clavel Delsol

Editions : Zulma

Parution : Août 2014

498 pages

23,50 €

Estimation : 3/5

 

Si Mme Bellwether pose  la question « mon fils est-il quelqu’un d’exceptionnel ou quelqu’un d’anormal? » le lecteur lui ne se le demande pas. Dès le début du roman il considère Eden,  comme un érudit antipathique, condescendant, le parfait narcissique. Néanmoins il continuera à lire ce gros pavé sans le moindre ennui, même si l’auteur avance lentement mais sûrement vers un dénouement inévitable. Il y a un abîme entre l’étudiant de  King’s College, pédant intellectuel et brillant organiste, et Oscar, aide-soignant plein de lucidité et de compassion. Si Eden voue un culte maladif  à Johann Mattheson, grand musicien du XVIII ème et précurseur de la musico-thérapie, il y ajoute une hypno-thérapie d’amateur qu’ Oscar a vite fait de juger dangereuse. Car, à part Oscar,   Eden n’a pas de mal à  convaincre  son petit groupe d’amis, la manipulation étant le plus grand de ses nombreux talents. Le malheur est que ce petit  génie apparent ne croit qu’en lui, renie toute science, religion et médecine, avec un complexe de supériorité tel qu’il efface toute  limite entre normalité et folie: thème plus actuel que jamais où le rejet de tout repère mène au dérèglement psychiatrique, du désespoir suicidaire comme dans « Le cercle des poètes disparus » jusqu’à l’homicide comme le décrit B. Wood avec justesse.

B. Clavel Delsol

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 11:52

Editions des Equateurs

Parution : Juillet 2015

170 pages

13 €

 

 

Le petit ouvrage d’ Antoine Compagnon sur  Baudelaire est magnifique. Avec une grande simplicité il parvient à éclairer le mystère de ce poète maudit. Dès le début, la  sensibilité exacerbée de l’auteur des « Fleurs du Mal » est mise en évidence, car qui, plus  que lui, a la nostalgie de l’enfance ? Mais Baudelaire déteste les niaiseries, et s’il est plein de compassion pour les pauvres ou pour les vieilles femmes, de frayeur vis à vis de la solitude comme de la mort,  il  recourt en permanence  à une impitoyable dérision. Il n’est pas un romantique faiseur de discours. Son texte est le reflet même de sa personne toute entière, violent, laconique,  où  pensée  et  sentiment, raisonnement et intuition, joie et tristesse s’entremêlent et se combattent. Cet anarchiste aime la marijuana mais  loue le travail.  Ce partisan de la liberté bannit le progrès, pleure  le vieux Paris détruit par Haussmann. Antidémocrate, il est hostile à l’égalitarisme, mais reconnaît l’égale condition humaine  dans    l’homme ivre qui bat le pavé semblable au poète qui se cogne contre ses rimes, ou l’Albatros aux ailes de géant qui l’empêchent d’avancer. Mais c’est à Antoine Compagnon qu’il faut rendre grâce : il remet dans son  contexte  du XIXème le vocabulaire baudelairien trop souvent mal interprété, il fait de ce dandy un homme aussi vulnérable  que «  Les femmes damnées », il ne dissimule pas sa misogynie due à ses multiples déceptions amoureuses, mais rappelle sa fidélité à « la servante au grand cœur », il réhabilite « la Charogne » en y voyant non pas le vice mais l’horreur  de la décrépitude. En un mot il nous convainc que Baudelaire est « inclassable, irréductible à toute simplification ». Il ne pouvait pas  faire plus bel éloge à cet incurable  mélancolique qui s’embourbait dans la « boue » et ne rêvait que d’ « or » …

Brigitte Clavel Delsol

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 13:43

Editions : Points

Parution : Janvier 2015

197 pages

12 €

Ces quatre nouvelles sont le genre d’histoires inoubliables tant le style y est de qualité et les personnages hors du commun. Le réalisme est tel que le lecteur à l’impression d’histoires vraies. Chacun des  personnages principaux se trouve  face à un terrible drame personnel: l’invincible vieux marin irlandais Flaherty, le sous-lieutenant  patriotique Pierre Vernaud lors de la débâcle de 40, le lieutenant Wells qui se veut le justicier des hommes, les deux amoureux séparés par les nazis sur le quai de la gare de l’Est. Tous veulent résoudre le dilemme qui se pose à eux.  Le cheminement de leur  pensée intérieure est très clair, il ne cèderont pas devant l’obstacle, ce sont des êtres forts pour qui la solution est en eux seuls, et chacune de leurs décisions sera toujours prise à « la première personne du singulier ».  Certes l’homme est maître de son destin, il en est si sûr qu’il n’hésite pas à agir en héros. Parfois malheureusement la situation est hors de sa portée ou  sans espoir. C’est cette fragilité humaine sous toutes ses formes que P. Franceschi semble avoir  voulu révéler et, avec elle, le désespoir qui fait croire au néant  et le sacrifice qui fait preuve d’espérance.

 

Brigitte Clavel Delsol

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 12:05

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Mai 2015

475 pages

23,90 €

Estimation : 4,75/5

 

 

C’est non seulement son  pays natal que M. Vargas Llosa  nous  fait découvrir dans son dernier roman mais l’homme universel dans  le labyrinthe de la vie. Grâce à une classe laborieuse  l’économie du  Pérou   est en pleine  croissance. Malheureusement  les petits scélérats, grands voyous, voire mafieux, augmentent eux aussi, résultat indéniable d’une société devenue  trop matérialiste. Le lecteur assiste à deux drames familiaux  parallèles dont « les héros discrets » finiront par se rencontrer. Car si le titre éponyme est au singulier, le  lecteur a le plaisir de découvrir  plus d’un personnage à l’âme noble et généreuse.  Tous les sujets d’actualité sont abordés : les problèmes de classes sociales, de race, d’infidélité conjugale, de laxisme religieux, de corruption, mais le tout écrit avec une plume joyeusement humoristique  qui fait espérer une fin heureuse, à savoir que  le sens de la  responsabilité et la transmission culturelle apportent plus de bonheur  que  l’argent et le sexe. En effet Ismaël Carrera,  Felicito Yanaqué,  Rigoberto ne font  profil bas ni devant la pègre ni devant les « qu’en dira-t-on ». « Te laisse jamais marcher dessus par personne, mon fils », telle fut la devise reçue de la génération précédente qui fit d’eux des hommes probes et  honorables, « petites citadelles individuelles contre les forces destructrices ». Livre à lire impérativement cet été, car il y a un fil au labyrinthe.

B. Clavel Delsol

 

 

 

 

 

 

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 07:17

 

 

 

Editions Guérin

Parution : Janvier 2015

197 pages

19,50 €

Estimation : 4,5/5

 

 

Les talents de S. Tesson ne se limitent pas à ceux d’un globe-trotter inassouvi.  Celui-ci a plus d’une corde à son arc.  A partir d’un voyage  sur les traces mêmes de Napoléon,  le baroudeur se transforme en historien  pour faire revivre  la retraite de Waterloo. Il  décrit avec  réalisme et compassion cette débâcle  où des milliers de militaires vécurent l’enfer. Rien ne lui échappe, ni la tactique inébranlable du maréchal  Koutouzov, ni la compréhension de Caulaincourt pour un empereur qui redonne espoir à la jeunesse  postrévolutionnaire, ni le courage du maréchal Ney protecteur des soldats dans ce « carnaval de la mort ». Le  périple  épique en side-car  à travers une Russie blanche et glacée, deux cents ans plus tard,  jour pour  jour après Napoléon,  non seulement magnifie les souffrances endurées des Grognards mais incite à faire penser qu’un seul homme suffit pour galvaniser tout un peuple. « Bérézina »  confirme les talents époustouflants de S. Tesson : c’est un récit vivant, instructif, magnifiquement écrit, plus moderne que passéiste,  en un mot  une très belle page de la littérature contemporaine et de l’Histoire de France.

B. Clavel Delsol

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 16:44

 

 

 

 

Editions : L’Asiathèque

Parution : Janvier 2015

60 pages

8 €

Estimation : 2,5/5

 

Stéphane Corcuff est un sinologue français qui aime tellement  Taïwan qu’il ne sait plus s’il est français ou taïwanais. Ce pays qui manifeste un grand respect pour les morts  l’incite à croire en l’éternité de l’âme. Un jour le héros de son récit, qui lui ressemble étonnamment, découvre, dans un pavillon  taïwanais à l’abandon, une stèle en bois gravée de deux noms. La découverte est d’autant plus surprenante que les tablettes d’ancêtres sont de précieuses reliques jamais délaissées, et de plus  ne portent habituellement qu’un seul nom, celui du patriarche. Le narrateur s’empare alors de celle-ci, lui voue un culte sans pareil, jusqu’au jour où, devant rentrer en Occident, il décide de  l’amener au Temple du Bon Conseil. Là il va de surprise en surprise.  Du statut de profanateur ou d’usurpateur, il passe définitivement à celui de fils adopté ou fils adoptif : « Je ne sais qui d’eux ou de moi avait choisi l’autre ». Ce qui est certain c’est que «  les questions sur la croyance se recoupent dans notre monde très humain » et que   « la compassion ne connaît pas de frontières ». Ainsi S. Corcuff séduira tout lecteur empreint de cette conviction que Laurent  Gaudé a exprimée dans son dernier roman « Danser les ombres », à savoir que les morts se rappellent à nous quand nous les oublions.

Brigitte Clavel Delsol

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