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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 14:06

 

 Editions : S. Wespieser

Parution : Août 2015

461 pages

25 €

Estimation : 3/5

  Absolument rien de fictif, voire même un manque de romanesque dans cette biographie inextricable  des Mendelssohn  qui entraîne Diane Meur sur quatre continents du XVIIIème  siècle  à nos jours. Il est vrai que les talents multiples et variés de cette grande famille juive résume à elle seule l’histoire du monde en perpétuelle mouvance.  Si les qualités intellectuelles de Moses Mendelssohn, philosophe des Lumières, sont célèbres , comme  les dons  de  Félix Mendelssohn en tant que musicien , c’est Abraham, le fils du premier et le père du second, qui est le cœur du livre. Banquier au tempérament d’artiste, celui-ci n’aura de cesse  que  de respecter les pensées d’un père éclairé et de protéger ses  enfants talentueux. Alors les thèmes abordés par l’auteure sont multiples. Des allers-retours dans le temps ont lieu car, dans la chaîne familiale, chaque maillon a  son rôle.  Fidèles au nom d’origine ou à celui adapté à l’époque, juifs convaincus ou chrétiens convertis, allemands ancrés dans la Wehrmacht ou exilés, généreux donateurs ou rebelles, excentriques ou cloîtrés, l’arbre généalogique se ramifie à l’infini. Et si  Diane Meur semble épuisée par ses recherches, le lecteur est ragaillardi par ce beau nom de Mendelssohn qui signifie « fils de notre consolation » …

Brigitte Clavel Delsol

Parution : Août 2015

461 pages

25 €.

  Absolument rien de fictif, voire même un manque de romanesque dans cette biographie inextricable  des Mendelssohn  qui entraîne Diane Meur sur quatre continents du XVIIIème  siècle  à nos jours. Il est vrai que les talents multiples et variés de cette grande famille juive résume à elle seule l’histoire du monde en perpétuelle mouvance.  Si les qualités intellectuelles de Moses Mendelssohn, philosophe des Lumières, sont célèbres , comme  les dons  de  Félix Mendelssohn en tant que musicien , c’est Abraham, le fils du premier et le père du second, qui est le cœur du livre. Banquier au tempérament d’artiste, celui-ci n’aura de cesse  que  de respecter les pensées d’un père éclairé et de protéger ses  enfants talentueux. Alors les thèmes abordés par l’auteure sont multiples. Des allers-retours dans le temps ont lieu car, dans la chaîne familiale, chaque maillon a  son rôle.  Fidèles au nom d’origine ou à celui adapté à l’époque, juifs convaincus ou chrétiens convertis, allemands ancrés dans la Wehrmacht ou exilés, généreux donateurs ou rebelles, excentriques ou cloîtrés, l’arbre généalogique se ramifie à l’infini. Et si  Diane Meur semble épuisée par ses recherches, le lecteur est ragaillardi par ce beau nom de Mendelssohn qui signifie « fils de notre consolation » …

 Editions : S. Wespieser

Parution : Août 2015

461 pages

25 €.

  Absolument rien de fictif, voire même un manque de romanesque dans cette biographie inextricable  des Mendelssohn  qui entraîne Diane Meur sur quatre continents du XVIIIème  siècle  à nos jours. Il est vrai que les talents multiples et variés de cette grande famille juive résume à elle seule l’histoire du monde en perpétuelle mouvance.  Si les qualités intellectuelles de Moses Mendelssohn, philosophe des Lumières, sont célèbres , comme  les dons  de  Félix Mendelssohn en tant que musicien , c’est Abraham, le fils du premier et le père du second, qui est le cœur du livre. Banquier au tempérament d’artiste, celui-ci n’aura de cesse  que  de respecter les pensées d’un père éclairé et de protéger ses  enfants talentueux. Alors les thèmes abordés par l’auteure sont multiples. Des allers-retours dans le temps ont lieu car, dans la chaîne familiale, chaque maillon a  son rôle.  Fidèles au nom d’origine ou à celui adapté à l’époque, juifs convaincus ou chrétiens convertis, allemands ancrés dans la Wehrmacht ou exilés, généreux donateurs ou rebelles, excentriques ou cloîtrés, l’arbre généalogique se ramifie à l’infini. Et si  Diane Meur semble épuisée par ses recherches, le lecteur est ragaillardi par ce beau nom de Mendelssohn qui signifie « fils de notre consolation » …

 Editions : S. Wespieser

Parution : Août 2015

461 pages

25 €.

  Absolument rien de fictif, voire même un manque de romanesque dans cette biographie inextricable  des Mendelssohn  qui entraîne Diane Meur sur quatre continents du XVIIIème  siècle  à nos jours. Il est vrai que les talents multiples et variés de cette grande famille juive résume à elle seule l’histoire du monde en perpétuelle mouvance.  Si les qualités intellectuelles de Moses Mendelssohn, philosophe des Lumières, sont célèbres , comme  les dons  de  Félix Mendelssohn en tant que musicien , c’est Abraham, le fils du premier et le père du second, qui est le cœur du livre. Banquier au tempérament d’artiste, celui-ci n’aura de cesse  que  de respecter les pensées d’un père éclairé et de protéger ses  enfants talentueux. Alors les thèmes abordés par l’auteure sont multiples. Des allers-retours dans le temps ont lieu car, dans la chaîne familiale, chaque maillon a  son rôle.  Fidèles au nom d’origine ou à celui adapté à l’époque, juifs convaincus ou chrétiens convertis, allemands ancrés dans la Wehrmacht ou exilés, généreux donateurs ou rebelles, excentriques ou cloîtrés, l’arbre généalogique se ramifie à l’infini. Et si  Diane Meur semble épuisée par ses recherches, le lecteur est ragaillardi par ce beau nom de Mendelssohn qui signifie « fils de notre consolation » …

 Editions : S. Wespieser

Parution : Août 2015

461 pages

25 €.

  Absolument rien de fictif, voire même un manque de romanesque dans cette biographie inextricable  des Mendelssohn  qui entraîne Diane Meur sur quatre continents du XVIIIème  siècle  à nos jours. Il est vrai que les talents multiples et variés de cette grande famille juive résume à elle seule l’histoire du monde en perpétuelle mouvance.  Si les qualités intellectuelles de Moses Mendelssohn, philosophe des Lumières, sont célèbres , comme  les dons  de  Félix Mendelssohn en tant que musicien , c’est Abraham, le fils du premier et le père du second, qui est le cœur du livre. Banquier au tempérament d’artiste, celui-ci n’aura de cesse  que  de respecter les pensées d’un père éclairé et de protéger ses  enfants talentueux. Alors les thèmes abordés par l’auteure sont multiples. Des allers-retours dans le temps ont lieu car, dans la chaîne familiale, chaque maillon a  son rôle.  Fidèles au nom d’origine ou à celui adapté à l’époque, juifs convaincus ou chrétiens convertis, allemands ancrés dans la Wehrmacht ou exilés, généreux donateurs ou rebelles, excentriques ou cloîtrés, l’arbre généalogique se ramifie à l’infini. Et si  Diane Meur semble épuisée par ses recherches, le lecteur est ragaillardi par ce beau nom de Mendelssohn qui signifie « fils de notre consolation » …

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 17:29

 

 

 

Editions :Verticales

Parution : Septembre 2015

74 pages

7,50 €

Estimation : 4,75 / 5

 Un seul nom, celui  Lampedusa, suffit à la narratrice pour susciter en elle tout  un flot de pensées.  Lampedusa ne résonne  plus comme au temps du film de Visconti quand les palais siciliens  abritaient les plus beaux bals du monde. Il est plutôt l’écho de la pensée profonde  de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, lui-même auteur du roman posthume « Le Guépard », qui pressentait déjà  le déclin de l’aristocratie.  Le temps n’est plus au faste,  les rêves n’ont plus leur place, la richesse  de la  Sicile n’est plus qu’un souvenir, la Méditerranée est devenue un gouffre de pauvreté où se jettent  les migrants. Chaque chapitre commence comme  le titre du livre, « à ce stade de la nuit » car la narratrice  laisse libre cours à ses pensées nocturnes, tandis que  la terre est plongée dans l’obscurité, que  l’homme  n’y voit plus clair, s'enfuit et se perd.  Le temps des découvertes et des conquêtes est révolu,  la politique n’est rien d’autre qu’instinct de puissance, la richesse donne la nausée, jusqu’au jour  où dame nature n’offre  pour reflet que la décrépitude de l’homme lui-même. Alors, ce qui importe, c’est l’histoire de la terre, c’est le lien ancestral, c’est le chant du paysage,  c’est l’hospitalité  de l’île,  c’est la réconciliation  de l’écrivain avec le monde. Très joli livre, un brin trop court...

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 20:57

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2015

610 pages

23,50 €

Estimation : 3/5

 

Très beau roman qui  laisse derrière lui à la fois un sillage de tristesse mais aussi  un rayon d’espérance. Dans les années 40,  Marie-Laure est aveugle et n’a pour bonheur que l’amour d’un père suspecté par les Allemands d'être en possession d'un trésor du Musée de Sciences Naturelles de Paris où il travaillait. Réfugiée à Saint-Malo chez un grand-oncle résistant qui va l'initier à faire des radiodiffusions, la jeune fille malgré sa cécité,  le bruit des bottes dans la rue et les bombardements américains dans le ciel, fait preuve d'un sang froid qui va l'amener à faire de la résistance à son tour. A deux pas de là,   Werner,  enrôlé dans la Wehrmacht avant l’heure pour sa perspicacité à réparer les radios et intercepter les ondes de la zone occupée, est séduit par cette douce voix radiodiffusée qui contraste avec la cruauté de ses chefs et fera tout pour la retrouver.  Une fois  Saint-Malo libérée, quelle sera  l'attitude de Werner, fuir ou se rendre? Quand on a rencontré des êtres pleins de loyauté et de bonté , la vérité s'impose.  Tel est l'objectif de l'auteur , montrer l'influence des êtres pleins de bonté et de loyauté qui, par leur courage héroïque,  savent détourner le cours du destin.  Roman magnifique qui a inspiré un très beau film cinématographique.  

B Clavel Delsol 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 08:31


Éditions : Gallimard

Parution : Septembre  2015

274 pages 

Estimation : 4/5

 

Sous la forme apparente d'un roman," 2084"  n'est autre qu'un essai qui fait écho à G. Orwell: montrer les dangers du radicalisme idéologique propagé comme  religion sacrée. L’Abistan est un  pays où les habitants sont soumis comme des esclaves, élevés dans la peur d’être des mécréants et dans l’interdiction de discerner par eux-mêmes le bien du mal.  Suite à un long séjour dans une forteresse médiévale en guise de sanatorium, Ati découvre, en même temps que  les bienfaits de la réflexion personnelle, l'existence de pèlerins qu'il voit passer sans jamais revenir et d’un ghetto de renégats formellement interdit d’accès.  Alors naît en lui un désir  de liberté inavouable hors de "l'Appareil" dans lequel il doit se réinsérer.   De multiples dangers  l’attendent, de l’épreuve de vérité de « la sainte Examination » jusqu’à l’acharnement des « spécialistes de la manipulation mentale » et l’extermination de ses amis. Le  style a la lenteur orientale, le vocabulaire se veut religieux, mais la sonorité des mots sciemment gutturale rappelle à l’ordre de « la Pensée unique »…  Alors Ati s'enfonce dans la montagne enneigée  chercher cette  frontière qui  n'est pas un mythe et voir  l'horizon qui ouvre sur la réalité du monde. Roman dans la lignée de Voltaire, aux multiples détails qui méritent d’être lus et relus.

 

Brigitte Clavel Delsol

 

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 08:02

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2015

161 pages

16 €

 

L’âge avancé de F. Cheng ne l’empêche pas d’avancer d’un pas léger. Ce qui pourrait paraître cocasse n’est autre que,  signe, écho, correspondance. « Les bleus du ciel et de la mer »  reflètent « les bleus de l’âme » comme « la juste voix ne surgit / qu’au cœur de la voie ». Avec F. Cheng, impossible de se tromper de chemin. La pierre  comme le filet d’eau sont leçon de vie avant même que la fleur justifie la création et le fruit l’extase. Le centre de l’existence est là où le cœur bat et résonne, où la soif s’étanche, où le passant déchiffre plus qu’il ne nomme. Le ton devient de plus en plus plus grave.   Une « seconde enfance » est nécessairement « enfantée »  avant de se figer dans le silence des grandes choses où  résonne le pas  de celui qui avance et sait qu’il va partir sans ne vouloir rien oublier ni personne.  Alors il faut engranger sciemment les  beaux souvenirs comme les souffrances pour poursuivre sa voie,  les mains   et le cœur toujours pleins. Le vide hanté par la mort n’est que prétexte à se dépasser en créant, à métamorphoser l’effroi en gloire. Le texte  est si beau dans sa forme et si précieux sur le fond qu’il incite le lecteur à l’apprendre  par cœur.

Brigitte Clavel Delsol

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 11:37

 

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2015

76 pages

11 €

Estimation : 2,5 / 5

 

Le dernier livre de C. Bobin surprend : son format, plus grand que le traditionnel Gallimard, offre  des pages  à moitié blanches. Le vide ressenti se meuble peu à peu  d’ images  naïves en guise de mots.  « Noireclaire » est l’épanchement  d’ « un enfant au crâne rasé » avec entre les mains « un bouquet de fleurs mortuaires ». Depuis vingt ans Claire est  « une  fleur d’églantier déchirée » que Christian  Bobin continue de sentir à ses côtés.  Noire comme l’ombre certes,  mais une ombre protectrice qui rappelle les souvenirs heureux.  « Ange » d’avoir trop aimé la vie et « pécheresse »  de l’avoir quittée trop vite, Claire inspire ce « livre hanté »  qui n’est pas le premier depuis sa mort. Mais son sourire parvenant  à percer le « mur du temps »,    il  atténue la mauvaise conscience   de poursuivre l’existence. Il faut continuer à aimer chats et genêts, ciel et forêts, « le sourire étant la  seule preuve  de notre passage sur terre ».  

Brigitte Clavel Delsol

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 10:47

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2015

455 pages

23,90 €

Estimation : 4,75 / 5

 

Pas la moindre description stéréotypée dans cet atlas,  seulement les instantanés d’un globe-trotter, inquiet de révéler avec le plus de justesse possible la beauté des quatre coins du monde à travers les hommes,  la faune  et la flore. Le moindre indice est pour lui un  enseignement, une occasion de communier  avec une  terre étrangère. Ainsi l’ascétisme de l’habitant de l’île de Pâques  justifie à lui seul les rites ancestraux  de ce lieu aux mille statues de pierre.   Le  passage de l’ornithologue irlandais suffit  à transformer la pierre éphémère du  Grand Dragon  en un chant de terroir éternel.   Par sa peur de la baleine  à bosse, le nageur des bas-fonds découvre ce que peut être  l’indifférence abyssale, la  force   majestueuse d’une montagne ou  de l’albatros  pressentant un tsunami. Les événements  se multiplient et surprennent  par leur signification quasi divine. Ce n’est pas l’arancaria de quarante mètres de hauteur qui étonne, mais le menuisier brésilien auquel il manque un bras pour ensevelir au pied de l’arbre un défunt juif exilé. Ce n’est pas la beauté du monastère de Lambach qui surprend   le promeneur mais la paix qui s’en dégage.  A San Diego un phénomène astrologique rare est minimisé par un  incident infime qui transforme  une foule de  touristes impatients en cueilleurs d’étoiles pleins d’humanité. Une envie irrésistible s’empare du lecteur de voyager avec cet auteur qui déniche l’invisible et fait des quatre coins cardinaux un tabernacle où l’homme évolue dans la plus grande innocence.  

Brigitte Clavel Delsol

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 10:07

 

Editions : Grasset

Parution : Août 2015

316 pages

19 €

Estimation : 4/5

 

Autobiographique ou pas, peu importe. L’intérêt du livre, écrit par une plume émotive bouleversante,  est de montrer les répercussions de la guerre sur un déséquilibré  dont la folie engendre  des séquelles cruelles sur son environnement proche. Son épouse abêtie par la peur est complètement anéantie, et son  silence pour sauver la face fait preuve de la plus grande lâcheté. Leur fils, surnommé Picasso pour ses talents en dessin, se voit partagé entre une admiration feinte et une soumission forcée au rythme de menaces concrétisées en punitions sadiques.  Comme son père l’enfant finit par confondre fabulation et réalité, et, plus grave encore, à admirer son bourreau tout en  transposant le comportement machiavélique de celui-ci sur le plus faible de sa classe.  Déroulement  psychologique bien connu, aux blessures difficiles à cicatriser. La seule porte de sortie : la résilience, et avec elle la créativité. Le petit Picasso  devenu adulte se plaît à «réparer» les vieux tableaux. De même, par l’écriture,  S. Chalendon  métamorphose  la souffrance morale.   Très joli livre  où malheureusement la caricature dans ses retranchements les plus intimes  peut  rejoindre la réalité.

Brigitte Clavel Delsol

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 11:17

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mai 2015

293 pages

 22 €

 Estimation : 2,5/5

Le  premier roman de Bunny Suraiya a pour thème le multiculturalisme qu’elle évoque avec  grâce et réalisme. Il se passe à Calcutta en 1959, une dizaine d’années  après  la proclamation de l’indépendance de l’Inde. La vie idyllique  de la capitale magnifiquement décrite est loin de combler Robert Ryan, anglo-indien d’origine. Car le vent a tourné. S’il fut une époque où les Anglo-indiens se sentaient proches des Anglais, ce temps est révolu. La mode est au nationalisme, les Indiens de pure souche reviennent aux commandes, et Robert Ryan se sent écarté de son directeur  par Ronen Mukherji, brillant indien  tout droit sorti de King’s College of London. Alors Robert Ryan rêve d’un retour en Angleterre car même ses plus loyaux serviteurs indiens  ont d’autres projets que de rester à son service. Mais l’Angleterre décrite par sa sœur ne semble pas accueillante et de plus ses filles sont si heureuses à Calcutta. Seul l’amour peut mettre fin à la discrimination. Le temps n’est plus aux mariages organisés, mais à la liberté d’aimer. Très belles échappées dans un joyeux Calcutta où la fraîcheur de l’âge incite la jeunesse à pousser les portes des diverses communautés et le lecteur à penser aux bienfaits du sang mêlé...  

Brigitte Clavel Delsol

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 13:42

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Sept 2013

542 pages

24,80 €

Svetlana Alexievitch n’a rien à ajouter aux  témoignages bouleversants  qu’elle a enregistrés en direct et  la  raison est simple : l’URSS est morte et avec elle tous les espoirs escomptés évanouis, toutes les souffrances endurées pour le Parti annihilées. Seules demeurent des blessures incurables, d’où s’échappent des cris de souffrance et désespoir, et, pire encore, un sentiment d’avoir été dupé, trompé, trahi. Les mots sont simples, bouleversants, les voix nombreuses et malheureusement  divergentes. Car comment s’adapter au capitalisme après  une enfance vouée au communisme ? Comment croire à la démocratie avec une dictature militaire impitoyable ? Une suspicion générale règne,  vis à vis du  passé comme de l’avenir. L’idéal communiste est  piétiné, le capitalisme redouté, l’écart intergénérationnel se creuse, rebâtir sur un terreau de  délation et de sang n’a rien de persuasif. Muselé,  victime de la pensée unique, l’ "homo sovieticus" se voit dépossédé de son existence et se raccroche aux phénomènes de mode. Les églises deviennent des temples de psychothérapie, les vétérans de l’armée des quincaillers et les jeunes soldats des meurtriers aux grosses primes. La roue tourne, l’argent n’est plus dans les mêmes mains mais les mains sont toujours sales, la haine des riches demeure, la xénophobie s’accroît, le nationalisme s’endurcit et la vodka transforme les héros de guerre en loups. La cruauté dépasse l’imaginable. « Là où il y a de l’amour, Dieu est présent». Malheureusement Dieu semble absent, sauf dans les cuisines où Svetlana Alexievitch façonne ce recueil.  Une revue de presse à cœur ouvert  qui secoue profondément le lecteur.

Brigitte Clavel Delsol

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