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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 18:00

 

Editions : Sabine Wespieser

Parution : Février 2015

142pages

16 €

 

 « Nous ne sommes pas assez attentifs aux signes que nous envoie la nature », alors Michèle Lesbre décide une fois encore de se laisser mener au fil du temps. Un simple livre  de Murger sur les genoux d’un inconnu lui rappelle son père, l’invite à sa vie de bohême et c’est sur les traces du souvenir qu’elle avance. Plein de chemins s’ouvrent alors à elle. Ceux d’un paysage  doux et radieux le long de la Loire où passé et présent vont s’alterner, où les maisons successives de l’enfance  s’estompent comme la plupart des amis de jeunesse, tandis que des rencontres impromptues l’incitent à poursuivre sa route et à vaincre  la défaite de son histoire intime. Car les heureux moments laissent des traces lumineuses aux heures des chagrins. Une simple photo posée sur une table de nuit  suffit à effacer les disputes parentales qui ombrageaient les pensées de l’enfant qu’elle n’est plus. Errance de la mémoire et des sentiments qui apaise, lecture initiatique qui donne envie de flâner, désir de faire perdurer le bonheur  éphémère, tel est  le charme de cette écriture propre à  Michèle Lesbre.

Brigitte Clavel Delsol

 

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 20:44

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Septembre 2014

355 pages

20,90 €

 

 

Qui, à défaut  de devenir un auteur reconnu, ne rêve d’approcher ce milieu privilégié d’écrivains ? C’est cette opportunité qui s’offre à Joanna Rakoff dans les années 90.  Jeune étudiante américaine qui  vit chichement à Brooklyn, celle ci saute sur l’opportunité d’une offre d’emploi en tant qu’assistante dans une agence littéraire sur Madison Avenue. Son rôle sera limité : répondre avec une lettre stéréotypée aux fans d’un fameux Jerry dont elle ignore tout, mais qu’il faut épargner à tout prix selon l’ordre indiscutable de sa patronne autoritaire. Jusqu’au jour où Joanna décide d’enfreindre les consignes reçues et découvre que ce Jerry n’est autre que le célèbre Salinger. Joanna se met à dévorer tous ses livres et notre roman  prend alors une autre tournure, celle d’un hommage rendu à Salinger. Fin psychologue et sociologue, celui-ci l' influence peu à peu en lui apportant un éclairage sur la vie, ce qui  lui  permet  de contribuer à la parution de belles oeuvres inconnues, avant de devenir elle-même l’auteur de cette autobiographie pleine de candeur.

Brigitte Clavel Delsol

 

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 19:12

 

Editions : Gallimard

Parution : Février 2015

30 pages

7 €

 

L’authenticité du  discours de Patrick Modiano à l’Académie suédoise a marqué le monde des Lettres. Les admirateurs de cet écrivain à l’élocution difficile apprécient plus que tout  cette  modestie  sans faille  qui fait reconnaître  à l’écrivain ses ratures  sur papier aussi nombreuses que ses bafouilles orales. Car, homme sensible et modeste, P. Modiano reste marqué par sa souffrance d’enfant jamais écouté ni considéré. En 1945, époque où il est né, le monde des adultes a d’autres préoccupations que celle d’un petit garçon dérangeant, né de la guerre. Mais l’espoir habite P.Modiano, non seulement pour lui même, mais pour le monde de l’écriture. Car la littérature est le refuge éternel. Que ce soit la fusion avec un monde hypnotisant ou l’attrait pour les mystères de l’âme humaine, ou le désir de faire revivre le passé, tout est source d’inspiration et de création.

Brigitte Clavel Delsol

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 19:20

 

 

Editions : MamE

Parution : Septembre 2014

203 pages

13,90 €

 

 

 Un livre que les professeurs de collèges ne devraient pas négliger pour donner à leurs élèves une idée de la colonisation du Canada est bien celui de Gwenaelle Barussaud. Certes certains lecteurs peuvent le trouver  manichéen, d’autres le qualifier de romantisme primaire, mais ces critiques  ne lui ôtent aucune des caractéristiques de roman historique. Tous découvrent le royaume de France appauvri par les guerres de religion. Le tableau noir de La Rochelle donne toute sa raison d’être à son port tourné vers le Nouveau Monde et incite  à s’embarquer sur le navire l’Aigle d’Or malgré tous les risques encourus. La liste des filles du Roy représente à la perfection ces  jeunes aristocrates désargentées, trop pauvres pour accéder à la cour du roi, mais trop bien éduquées pour vivre en parasites de la société. L’arrivée miraculeuse au fort de Ville-Marie les  fait malheureusement vite déchanter,  la bonne volonté des  Jésuites subissant les attaques  sans pitié  des Iroquois. Les protagonistes sont tous aussi attachants les uns que les autres, mais le dilemme reste crucial : à quel titre a-t-on le droit de s’approprier une terre étrangère ?

Brigitte Clavel Delsol

 

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 13:51

Éditions : Phébus 
Parution :Décembre 2014
214 pages 
20 €




Qui est cette jeune Yougoslave Veronika qui brave tous les principes et ne craint pas de s'afficher en public avec un officier slovène ou allemand, tandis que son mari Léo Zarnic est un homme d’affaires prospère ? Une nuit de Janvier 44 Veronica et Léo disparaissent et c'est en faisant parler cinq de leurs proches que Draco Jancar fait découvrir au lecteur la Yougoslavie des années 40. Les obus tombent partout, l'occupation allemande succède à celle des bolcheviques, tandis que les résistants nationalistes se battent aveuglément pour leur indépendance. Mais il y a des êtres qui semblent traverser la guerre avec indifférence et survivre grâce aux plaisirs de l'amour et des arts. Et si, sous une apparence de collaborateurs et de profiteurs inconscients, se cachait une solidarité profonde avec leurs compatriotes? Malheureusement ceux-ci aveuglés par des sentiments inavouables feront de ce couple des martyres de la révolution. Plus encore qu'une allégorie de la Yougoslavie sacrifiée à jamais, l'auteur montre à quel point la détresse personnelle peut confondre les esprits et engendrer la folie meurtrière. Toutes les caractéristiques du romantisme se retrouvent dans ce roman, un style répétitif au rythme lent mais jamais ennuyeux, une femme inaccessible qui perdra l'âme de plus d un homme, symbole de l'utopie révolutionnaire perçue seulement dans les rêves de la nuit. 
Brigitte Clavel Delsol  

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 18:19

Éditions : Albin Michel 

Parution : Mars 2015
292 pages 
19,50 €

 

Rien de mièvre ni de romancė dans cette biographie osée de Thérèse d'Avila. Avec l'érudition et la probité qui caractérisent Christiane Rancé et de surcroît un style plein de nuances et de lyrisme prudent,  celle ci parvient à justifier le titre de docteur de l'Église à cette passionnaria de Jésus trop longtemps critiquée, voire condamnée. C'est dans son contexte historique et familial qu'est présentée la jeune  Thérèse aux multiples attraits . Cette mondaine irrésistible, amoureuse de la vie, a vite fait de discerner les dangers des valeurs immuables de l'aristocratie et de l'église espagnoles, à une époque où découvertes scientifiques et géographiques ôtent à Dieu sa place au cœur du monde. Thérèse se bat alors pour fonder  une succession de monastères où le titre d'admissibilité n'est plus  le sens de l'honneur traditionnel , mais celui de l'humilité . Une chapelet de couvents de carmes déchaux à travers toute l'Espagne conduit les pas du lecteur dans ceux de cette sainte , pour qui "aimer beaucoup" importait plus que tout. Car à l obscurantisme et aux persécutions de l'Inquisition Thérèse sut opposer une mystique de l'amour et de la liberté que Christiane Rancé a l'intelligence de faire revivre, tout comme le Pape François a le souhait de la revigorer.
Brigitte Clavel Delsol
 
 
 
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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 17:00

Editions : JCLattès

Parution : Mars 2015

395 pages

 

Burn-out ou schizophrénie ? Comment expliquer les voix intérieures de Julia Win, brillante avocate parisienne ? Un voyage précipité en Birmanie, pays d’origine de son père défunt, lui apportera-t-il la quiétude tant recherchée ? Dans un premier temps Julia   constate que  tout, là-bas, diffère de l’Occident. Une pauvreté extrême engendre un  détachement total  des choses matérielles ;  la  violence militaire contraste avec la douceur des mœurs birmanes et la croyance générale en la métempsycose n’est qu’un subterfuge  pour expliquer la vie. Mais Julia va découvrir des êtres de valeur  et de grande force intérieure  qui savent réagir face à la cruauté des uns  et au fatalisme des autres. Car, contrairement à ce que dit Bouddha, vivre ce n’est pas souffrir, c’est aimer. Et c’est ainsi que petit à petit « l’île de la mort» devient pour Julia « île d’amour » : la délicatesse de son demi-frère est toute d'  empathie et de compassion,  la force du mari de Nu Nu  comme celle de son fils Thar Thar  sont   enièrement   dévouées à leurs proches. Telle est la leçon que Nu Nu et Julia avaient besoin d’entendre : « il n’existe aucune captivité dont nous ne puissions nous délivrer nous-mêmes », "on n'est pas impuissant face au destin, mais on peut au contraire le déterminer". Très joli roman qui traite plus d' un sujet  d'actualité, et tout particulièrement le rôle premier  de l'amour dans la religion  chrétienne

Brigitte Clavel Delsol

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 19:59

 

 

Editions : Seuil

Parution : Janvier 2015

188 pages

17 €

Ce roman est une immersion dans la vie cubaine où la perfidie  du régime de  Fidel Castro  contraste avec la  description des habitants qui aiment la musique, le rhum et les femmes. Belle tentative d’un écrivain qui a connu le régime communiste et qui veut prouver, comme un de ses protagonistes dénommé  Le Poète, que l’amour est  mieux que la révolution, et tente ainsi, mais en vain, de réconcilier politique et poésie.  Pourquoi  Alfredo, Guinéen parisien, débarque-t-il à La Havane ? Il n’est pas un touriste habituel, il ne se rend ni sur  les plages ni dans  les musées. Son plaisir est de chanter le refrain d'une chanson cubaine, de danser la salsa mieux que les cubains, de répéter  le nom de Juliana, de se recueillir sur une tombe du cimetière de Colon, en un mot  de renouer avec ses origines. Mais les opposants sont nombreux.  Pourquoi son hôte Roberto, qui « sait tout de Cuba », surveille ses allers retours ? Pourquoi le milicien El Tosco lui remet une lettre d’expulsion ? Pourquoi le Poète, qui « sait tout du monde » prédit qu’il ne pourra jamais être heureux ?  Cette succession d’interrogations ne décourage pas le lecteur  tant  le narrateur, le jeune Ignacio,  émeut par sa perception  de son pays et son opiniâtreté à élucider un drame humain, le tout dans un contexte géopolitique  où les Cubains  sont aveuglés par trop de soleil et assourdis par trop de musique…Livre qui vaut un beau voyage !

B Clavel Delsol


 

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 15:27

Editions : Gallimard

Parution : Décembre 2014

178 pages

17,50 €

 

C’est une histoire vraie, celle d’ Aristides de Sousa Mendes, consul du Portugal à Bordeaux en 1940. Salim Bachi se plaît à la raconter, heureux de se mettre   dans la peau de cet aristocrate, victime de son esprit d’indépendance face au nouvel état ultra-conservateur de Salazar. Rien n’arrête le consul pour passer outre les préjugés d’une religion catholique  traditionnaliste et faire fi du Pacte ibérique,  traité de neutralité qui engage le Portugal et l’Espagne à ne pas intervenir dans l’invasion allemande. Le thème principal de cette biographie est celui de la désobéissance que l’auteur préfère appeler « cas de conscience ». Rien n’interdira à ce père de douze enfants d' aimer sa maîtresse au su et vu de toute la société. Personne non plus  ne l’empêchera de signer des  milliers de visas pour que le plus grand nombre de Juifs, communistes et résistants des pays conquis échappent  aux  hordes de nazis et passent la frontière portugaise via l’Espagne avant d’atteindre les Etats-Unis. Si l’auteur par ce livre rend hommage à Aristides de Sousa Mendes, il signe en même temps la sentence de  Salazar qui a destitué ce héros mais s’est approprié ses exploits. Livre douloureux qui ressuscite avec lyrisme des moments  tragiques où la raison d’Etat incite à  oublier que l’homme libre ne fait qu’un avec l’homme de justice.

Brigitte Clavel Delsol

 

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 09:46

 

 

Editions : Points Vivre

Parution : Octobre 2014

150 pages

6,70 €

 

Cet ouvrage de J-M Lassausse , jardiner actuel de Tibhirine, n’est que le prolongement et la justification de la vie des sept cisterciens qui y ont laissé leur vie. Prolongement car même désir de se fondre au milieu de ces villageois qui osent parler de Dieu avec le plus grand naturel. Justification car même simplicité de coeur et même esprit toujours ouvert. Comme eux, sa présence silencieuse est très priante, son esprit  besogneux  toujours disponible et combien fructueux ! « Ma vie de prêtre est d’être au milieu des hommes… sans leçon à donner, témoignant par ma vie de mon espérance ». Comme eux, sa  vocation n’est pas de prêcher mais de communier avec ses frères qui vivent de la même terre, sous le même ciel, tous « fils de l’Unique Dieu de miséricorde » selon  Jean-Paul II.  Car l’important c’est d’accéder à cette croyance en Dieu, trop souvent perdue en Occident  au profit d’une foi  exagérée en l’homme qui éloigne de toute vie spirituelle et finit par tomber dans un pur rationalisme. A la fin d’une telle lecture, la vocation apostolique et universelle de la religion catholique semble être dans le sacrifice total du chrétien où l’abnégation et l’amour sont les seules armes du martyre.

B. Clavel Delsol

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