Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 12:50
 « Mauvaises herbes » par Dima ABDALLAH

 « Mauvaises herbes » par Dima ABDALLAH

Editions : Sabine Wespieser

Parution : Août 2020

233 p

20 €

Une complainte libanaise à deux voix, celles du père et de l’enfant, toutes deux semblables par la pudeur de leur souffrance. Lui est un intellectuel, soucieux d’écrire ses articles de journaliste et peut être même des vers de poète. Il n’en aime pas moins sa fille qui pour l’épargner lui dit que tout va bien, alors que rien ne va. Ils sont à Beyrouth dans les années 80, doivent sans cesse déménager dans des maisons qui ne sont pas les leurs, se dire chrétiens dans certains coins de la ville, et musulmans dans d’autres. L’enfant dit franchement qu’elle n’est ni l’un, ni l’autre.  Les bombardements ne la font pas pleurer, seul moyen de s’accrocher à la main de celui qu’elle aime. Le texte est magnifiquement écrit, le  style répétitif  est rythmé par des anaphores incessantes, martèle les esprits  comme la guerre  piétine les cœurs. En 89 c’est la séparation et l’exil à Paris, puis le largage des amarres par l’adolescente, l’autodestruction du père hanté par la perdition de sa fille. Leur ressemblance est telle que chacun d’eux souffre sans oser vouloir  regarder l’autre. Un même sentiment de culpabilité les habite, cette impuissance devant la guerre,  cette absurdité de la vie où seuls le jasmin et les mauvaises herbes parviennent à respirer. Livre poignant qui fait malheureusement du mythe de Sisyphe une triste  réalité…

Brigitte  Clavel Delsol

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 07:29
« Cinémiracles, l’émerveillement religieux à l’écran » par Timothée Gérardin

« Cinémiracles, l’émerveillement religieux à l’écran » par Timothée Gérardin

 

 

 

Editions : Playlist Society

Parution : Juin 2020

156 pages

14 €

 

Cinéphile autant que critique de cinéma, Timothée Gérardin ajoute à sa profonde culture cinématographique une réflexion peu commune. Avec un souci d’objectivité il aborde  la dimension spirituelle  que peut apporter le miracle dans le cinéma qui est tour de magie    indéniable avant de devenir "expérience intime du sublime". Puits sans fond de connaissances, il puise ses références du théâtre médiéval aux   courts-métrages de Méliès,  des péplums hollywoodiens aux films  hagiographiques,  et constate que  malgré les progrès technologiques incessants, le miracle demeure la plus grande  opportunité de marketing. Car si la présence divine se fait rarement entendre, « Dieu est le protagoniste le plus populaire de tous les temps ». L’essayiste n’en reste pas moins lucide sur les résultats  que peut engendrer la représentation de manifestations surnaturelles : une désacralisation du divin  est aussi possible  qu’une glorification céleste. Les chemins du cinéaste pour accéder au miracle sont  multiples, que ce soit par le dépouillement ou  l’opulence, le besoin d’ascétisme ou du grand spectacle sensationnel. L'ambivalence demeure toujours, divine ou démoniaque, comique ou désincarnée. Et c’est là que le miracle se produit, non pas dans son  déroulement propre mais dans les yeux de ses spectateurs, dans l’alternative champ-hors champ,  dans une juxtaposition  de plans, qui engendrent toujours  une découverte magique, un saut dans le mystère,  un véritable  et éternel émerveillement. Le lecteur se réjouit alors de cette  victoire  du grand écran sur l'indicible qui parvient, quelle que  soient ses méthodes, à entrouvrir le voile  du secret divin.

B. Clavel Delsol

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 14:04
« Trompe-la-mort » par Jean-Michel GUENASSIA

« Trompe-la-mort » par Jean-Michel GUENASSIA

 

Editions : Albin Michel

Parution : 2015

388 pages

22 €

 

. Ce « Trompe-la-mort » n’a rien à voir avec celui du « Père Goriot ». En reprenant ce surnom, J-M Guenassia affirme toutefois sa filiation avec Balzac, ce désir d’illustrer la comédie humaine à partir des mœurs de son temps. Tom Larch est le prototype même du héros balzacien, plein de bons sentiments, de courage mais aussi de désillusions. Si le roman commence dans une atmosphère et un style des plus romantiques sous un ciel de cerfs-volants indiens,  la réalité de la vie a vite fait de s’acharner avec hargne sur ce personnage qui saura toujours résister aux auras de la réussite dans une société où la gloire et l’argent tiennent lieu de morale. Voulant fuir une situation familiale insoutenable il se  met au service des Royal Marines. La guerre en  Afghanistan et en Irak d’où il ressort vivant lui fait une notoriété de « trompe-la-mort ». Mais Tom n’est pas dupe. Congédié de l’armée pour une soit disant incapacité physique due à ses blessures,  il découvre  le ridicule des comptes d’apothicaire de l’armée, l’esbroufe d’une reporter carriériste et d’un audimat avide de sensations fortes. Comme chez Balzac l’héroïsme n’est plus dans les grandes actions publiques, mais dans le dévouement d’un père pour son enfant,  d’un citoyen soucieux d’une jeunesse désoeuvrée, d’un enquêteur qui remue terre et ciel pour aider la jeunesse de New Delhi à sortir de la misère.  Comme Balzac dont le réalisme était celui d’un visionnaire avant l’heure, J-M Guenassia perçoit à la perfection les arcanes du monde : un  désir utopique de transformer la nature humaine corrompue ou de la fuir dans un ashram hindou à défaut de  s’embourber dans l’enfer d’une prison de New Delhi. Histoire  magnifique et tellement vraie…

Brigitte Clavel Delsol

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 13:54
« La véritable tragédie de Panaït Istrati » par Eleni Samios-Kazantzaki

« La véritable tragédie de Panaït Istrati » par Eleni Samios-Kazantzaki

 

 

Editions : LIGNES/IMEC

Parution : Février 2013

335 pages

24 €

Ce journal de voyage des années 1930 est tout en finesse. Ils sont quatre jeunes, Panaït Istrati le Roumain, Nikos Kazantzaki le Crêtois et leurs compagnes respectives  dont Eleni Samios-Kazantzaki, l’auteure de ce récit,  à vouloir améliorer le monde et témoigner de visu la réalisation de leur rêve commun. Fervents sympathisants de Staline  ils partent visiter l’Union soviétique avec l’espoir  de découvrir le pays idéal. La désillusion est telle que Eleni Samios-Kazantzaki tient à témoigner de la tristesse profonde qui tuera à petit feu l’écrivain Istrati, renié par le tout Paris intellectuel et même le monde entier.  Plein d’utopie, de joie de vivre, de générosité spontanée, ce vagabond éternellement  inquiet du bonheur des pauvres était  persuadé que le communisme qu’il nommait « la grande Idée » était le seul remède à  tous les maux de la terre. Mais bien vite ce sympathique «  chevalier de l’Amitié et de la Justice » découvre la tragique vérité, la haine des koulaks et des moujiks, la destruction systématique des églises, l’accusation à tort de  son cher  ami marxiste   Victor  Serge.  Alors il se bat seul contre « la Machine infernale » sans ménager ses efforts ni ses amitiés, reprochant même  à  Nikos Kazantzaki auteur de « La liberté et la mort » sa froideur du cœur que son épouse  récuse par leurs derniers échanges de courrier. Livre bouleversant qui révèle un monde où la voix des révoltés de l’injustice est trop souvent étouffée…

Brigitte Clavel Delsol

Partager cet article
Repost0
29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 08:25
       « Le Guerrier Philosophe »  Mémoires apocryphes  du prince Eugène de Savoie  par J-P Desprat

           « Le Guerrier Philosophe   Mémoires apocryphes du prince Eugène de Savoie»

                                                      par Jean-Paul Desprat

 

 

Editions  du SEUIL

Parution : Juin 2020

544 pages

21 €

 

Ces mémoires d’Eugène de Savoie révèlent pourquoi cet homme prestigieux reste méconnu en France. Ce prince, (parent des Bourbon, des Habsbourg et de Mazarin),  dont la nature chétive  le voue à la fonction ecclésiastique cache en fait une âme de croisé. Dédaigné par son cousin Louis XIV après avoir rejeté son collet, il se met au service de l’empereur Léopold Ier d’Autriche pendant le siège de Vienne par les Turcs et devient très vite commandant du régiment des « dragons de Savoie ».  Les batailles ne vont plus cesser et les blessures ne vont pas l’épargner. La conscience des rivalités et des ambitions politiques, maintes anecdotes  pleines d’affection ou d’inimitiés  animent le journal du méchamment dénommé "petit abbé de Savoie" promu commandant en chef des armées du Saint-Empire romain germanique. En défendant les Chrétiens, en se mettant au service des trois empereurs successifs, en recouvrant son bel uniforme autrichien par sa célèbre capote brune, en étant soutenu financièrement par la Maison de Savoie malgré le double jeu d’Amédée de Savoie, le prince Eugène n’a pas le sentiment de trahir ses ascendances Bourbon mais de sa battre pour une paix universelle. Son prestige s’accroît au cours de la guerre de succession du roi d’Espagne, où il reste ferme devant les ambitions du Roi Soleil et finit par obtenir les accords escomptés. Aux honneurs immérités et aux arcanes de la diplomatie  il préfère de beaucoup l’amitié de Montesquieu, la poésie de Jean-Baptiste Rousseau et la métaphysique de Leibniz. Une nouvelle attaque turque à Peterwardein et à Belgrade l’arrache à sa retraite et fait de lui « le paladin des croisades modernes ». Ce livre de J-P Desprat  séduira tous les passionnés de l’Histoire et des beaux-arts auxquels ce prince se consacra, une fois las des compromis de cours et arrivé à « la Porte du Ciel », nom de son palais viennois,  témoignage d’une existence bien remplie sous la  devise: « L’épée n’a de valeur qu’au service de la pensée »…

B.Clavel Delsol

Partager cet article
Repost0
20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 08:27
« Les évasions particulières » par Véronique Olmi  

« Les évasions particulières » par Véronique Olmi  

Editions : Albin Michel 

Parution :  20 Août 2020 

499 pages  

21,90 € 

A partir d’une simple saga familiale, Véronique Olmi dresse un tableau de notre époque, plein de flagrantes vérités mais aussi de jugements hâtifs.  A ses qualités de romancière on peut lui ajouter celles de fine sociologue, soucieuse de révéler l’angoisse sous-jacente de ses contemporains qui pensent trouver leur salut dans une réalisation d’eux-mêmes en faisant table rase des idées reçues.  La quête du bonheur est omniprésente et si le couple d’Agnès et Bruno se base sur les principes moraux de l’Eglise catholique, le résultat est tout aussi catastrophique que celui de ses trois filles qui n’aspirent qu’à fuir le poids trop lourd de leur éducation pour vivre leur vie. Une fois seules, les trois sœurs trébuchent autant que leur mère désemparée devant les épreuves de femme auxquelles celle-ci doit faire face.  Alors V. Olmi dénonce ces certitudes inculquées depuis des générations qui finissent par tomber comme des châteaux de sable, et ce sont non seulement les convictions qui s’ébranlent, mais les institutions qui les prêchent. Les responsables politiques sont décevants ou impuissants, le couple conjugal le plus uni finit par vaciller et la jeunesse se bat en vain pour une carrière, ou une idéologie, ou préfère se fermer les yeux au profit de la musique ou du silence. Le cahier de bonheurs devient celui des malheurs et dans le repli de la solitude la vie devient encore plus dure que sous le poids de la famille où « tous ensemble ils étaient quelqu’un ». Mais au lieu de reconnaître les difficultés inévitables de l’existence et de chercher à responsabiliser l’individu en tant que tel, Véronique Olmi tombe dans une polémique qui condamne tous les concepts moraux transmis de génération en génération. Sans aucun recours ni référence les protagonistes font peine, le spontané prime sur la réflexion et il va falloir être victime d’un cancer ou d’un attentat pour réaliser le prix de la vie. Livre agréable à la lecture malgré le peu de joie qu’on y trouve.  

Brigitte Clavel Delsol 

Partager cet article
Repost0
20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 08:24
« De grandes ambitions » par Antoine RAULT

 

 

« De grandes ambitions » par Antoine RAULT

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : 20 Août 2020

589 pages

22,90 €

 

Lecteurs idéalistes, il se peut que vous soyez momentanément  déçus par cette fresque de la génération des années 80 obnubilée par une carrière valorisante et pour laquelle  l’enfant est une entrave à la réussite, le mariage hétérosexuel une déception, l’ informatique  une précieuse technique pour s’enrichir par n’importe quel moyen! Le plus déroutant demeure cette ressemblance frappante entre les protagonistes et les people en live qui font la une des quotidiens. Le lecteur passe de la fresque sociétale à la satire où il a la surprise de trouver les copies conformes de  Xavier Niel, Jérôme Kerviel, Marine Le Pen, Rachida Dati,  le couple Macron et bien d’autres. Mais dans  ce milieu de  VIP aux origines diverses, tous aussi brillants que malheureux, l’auteur laisse entrevoir des lueurs d’amour et de repentance, des notes d’espoir, des témoignages de générosité et une lucidité inespérée. D’un terreau matérialiste peut s’élever un esprit de service et  une prise de conscience de la loi des talents.  De la  course au pouvoir et à la technologie  peut naître une volonté d'améliorer le monde avant que celui-ci soit dominé par la violence des paria et des cancers.  Livre  aussi divertissant que réaliste qui montre une fois de plus la plume et le moral allègres d’A. Rault…

B. Clavel Delsol

Partager cet article
Repost0
19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 07:33
« SOLENOÏDE » par Mircea CARTARESCU

« SOLENOÏDE » par Mircea CARTARESCU

 

Editions : NOIR sur BLANC

Parution : Août 2019

791 pages

27 €

 

 

Ce livre  labyrinthique aux longueurs indéniables a plus d’un atout. Malgré des allers retours dans le temps comme dans l’espace, dans ses sentiments comme dans son imagination, dans ses références littéraires comme dans ses fantasmes scientifiques, l’auteur est touchant par sa bonne volonté.  Comprendre  le monde dans sa plus grande dimension et sortir les hommes de  leur léthargie comme le vieux collectionneur d’acariens dont il fait un tableau christique, tel est son objectif. Marqué à tout jamais par la Roumanie communiste, ce poète vilipendé se lance timidement dans l’enseignement  où le despotisme du Parti s’insère jusqu’au cœur de la salle des professeurs qu’il décrit à merveille.  Alors pourquoi « dompter » la  jeunesse  pour qu’elle finisse  aussi aveugle que les adultes? C’est ce sentiment d’avoir été dupé qui incite Mircea Cartarescu à dénoncer les manipulations diaboliques de la médecine d’après-guerre tout en se joignant à ses contemporains révoltés contre le sort de la nature humaine. Doué d’une imagination fantasque et empreint de souvenirs archaïques, il imagine  l’existence de solinoïdes qui permettent de s’élever au-dessus des mensonges omniprésents et procurer  au monde une toute autre  perspective d’avenir. Car le but de l’auteur est de pousser les murs de notre prison intérieure, de donner la place qui leur revient aux rêves, aux peurs, aux sourires du nourrisson, en un mot de savoir s’échapper des horreurs du monde  et des "écailles de la gloire" par un souci existentiel  " qui unit le ciel et la terre"… Livre original qui fait de lui l’écrivain le plus populaire de la Roumanie…

B. Clavel Delsol

 

Partager cet article
Repost0
30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 11:13
« Rien n’est noir » par Claire BEREST

« Rien n’est noir » par Claire BEREST

Editions : Stock

Parution : Août 2019

282 pages

19,50 €

 

Ce sont les peintures elles-mêmes de Frida Kahlo qui se reflètent dans le style  de Claire Berest. Chaque sentiment  de cette peintre mexicaine est annoncée par une multitude de couleurs dégradées, poésie tropicale semblable à cette femme passionnée. Le bleu peut être celui de l’acier ou de la tendresse, le rouge celui de l’agrume, du sang ou de la politique, le jaune du safran ou du sable,  « rien n’est noir »,  même la nuit resplendit de violet. Car Frida est insatiable de vie bien que meurtrie dans sa chair. Son instinct de survie se transforme en acharnement en peinture comme en amour pour le célèbre Diego Rivera. Sa rage d’exister suscite un désir de création, véritable concrétisation de ses joies et souffrances.  Car, on le sait,  les malheurs n’ont pas épargné Frida. Tout l’art de Claire Berest réside dans la représentation  des  tableaux où révolte, sensualité, trahisons et provocations sont  source de  survie. Cependant la lucidité demeure et quand l’orage éclate au cœur du couple, le style est percutant, les phrases brèves autant que colériques,  les qualificatifs ciblés où amour et haine  se confondent. Mais les couleurs demeurent, le  chagrin existentiel devient  un  jardin, celui  de l’enfance qu’on revisite une fois proche de la mort, où Frida se sent bien. Comme la peintre, la plume de C. Berest est une baguette magique,  qui fait des tableaux de Frida une fenêtre  ouverte sur une âme tourmentée…Frida Kahlo a inspiré plus d’une biographie, celle-ci est  tout à la fois pleine de pudeur et d'exotisme et mérite de s'y plonger.

B. Clavel Delsol

Partager cet article
Repost0
3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 15:40
"HISTOIRE DE LOUISE    Variation en ré majeur" par D . Barbereau-Agenais

 « HISTOIRE DE LOUISE    Variation en ré majeur »  par Dominique Barbereau-Agenais

 

 

Editions : L’Orangerie

Parution : Juin 2020

307 pages

18 €

 

 

Si les veuves de la Grande Guerre ont inspiré de nombreux romans, la protagoniste de Dominique Barbereau-Agenais, dénommée  Louise Coupain, a plus d’un intérêt. Fictive ou femme  réelle, telle est la question que le lecteur a le droit de se poser. Car à la savante connaissance  des sentiments féminins  de l’auteure s’ajoutent  celle d’un contexte social plein de réalisme et une allusion  dédicacée à ceux qui sont à l'origine de son inspiration. De plus son imagination débordante jointe à un désir de  créativité poétique se transpose en  Louise et donne  une dimension historique  à l'art des Années folles avec son salon d’exposition annuelle au Grand Palais. Car  Louise, petite paysanne montée à Paris  pour gagner sa vie, saura faire fi des convenances,  vanter avec fierté la beauté de sa province natale, rester fidèle à son amour  jusqu’à confondre le vivant et le disparu. Point de résignation en elle, ses mains vont  pétrir la terre  cuite jusqu'à faire des céramiques brutes ou émaillées selon son état d'âme et qui vont séduire le tout Paris . Dominique Barbereau-Angenais n’a rien d’une donneuse de leçons. Elle prône, avec simplicité et  passion, l’authenticité du cœur humain, l’importance de la créativité et la beauté de la vie au-delà des épreuves. Elle prouve que notre siècle, comme le précédent, reste fidèle aux vraies valeurs, celles de la joie et des victoires quand on sait apporter une variation à son destin…

B . C. D.

Partager cet article
Repost0