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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 10:42
« La malédiction de Port-Royal » par Anne-Claire VOLONGO

« La malédiction de Port-Royal » par Anne-Claire VOLONGO

 

 

Editions : Salvator

Parution : Octobre 2020

233 pages

20 €

Le thème théologique de la grâce face au libre arbitre  inspire à Anne-Claire Volongo  un roman des plus inattendus qui remet à l’ordre du jour la  condamnation irrévocable des Jansénistes par Louis XIV.  Mais la romancière dotée d’une grande culture ne s’arrête pas là. Une intrigue historique ne l’empêche pas d’aborder un événement d’actualité tel que le but d’un transhumaniste intriguant. Ainsi à partir d’une enquête sur une lettre inédite et d’un suicide, elle parvient à réaliser un thriller des plus originaux.  Sa protagoniste Louise Briquet  va tout faire pour prouver que la  signature  de mère  Angélique Arnaud, apposée au formulaire de Louis XIV, est un faux. Car on le sait, la supérieure de Port-Royal préfère mourir que  capituler devant le roi  et les Jésuites.  Louise ouvre les portes de l’abbaye d’Orval  autrefois abri des jansénistes exilés  devenue aujourd’hui célèbre brasserie. Et si elle s’y étourdit  un instant, elle parviendra à ses fins au grand dam d’un scientifique malhonnête qui, à partir de ce vieux papier jauni et taché de sang, voulait faire une expertise ADN à des fins  commerciales et politiques déloyales. De mystérieuses lettres historiques avec un arrière son de théorbe et de vers raciniens  entrecoupent ce roman plein de découvertes inattendues et de rebondissements amoureux. Car Louise Briquet n‘est pas une allumeuse comme son nom pourrait le faire entendre mais une observatrice née, qui sait saisir les coïncidences providentielles entre une sculpture de St Augustin qui porte un cœur révélateur  dans sa main gauche et la maxime d’un simple sportif en art martial : « C’est le cœur dans les poings qu’on frappe le plus fort ».  Livre aussi amusant qu’enrichissant… 

Brigitte  Clavel Delsol

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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 15:01
« L’ami arménien » par Andreï MAKINE

« L’ami arménien » par Andreï MAKINE

 

Editions : Grasset

Parution : Janvier 2021

214 pages

18 €

 

Une petite communauté de lumières dans  un immense enfer de ténèbres, tel est le dernier beau récit d’Andreï Makine qui laisse derrière lui, malgré toute sa poésie, un sentiment de tristesse infinie.  Il faudra du temps au jeune narrateur pour comprendre la raison d’être de Vardan, son petit protégé caucasien, bouc émissaire d’une bande de voyous soviétiques mais ange tombé du ciel d’Arménie : il relève la prostituée enivrée, remarque ce que nul autre ne prend le temps de voir, la beauté d’un envol d’oies sauvages ou la main d’un prisonnier touchant le ciel à travers des barreaux. Pourquoi   Vardan si fragile ou  Sarven le vieux sage,  Gulizar l’amoureuse  ou Chamiram la généreuse, tous d’origine arménienne, se retrouvent-ils en Sibérie centrale, au milieu de nulle part, dans un  quartier dénommé "le Bout du diable" ?   C’est ce que va apprendre peu à peu  le jeune  Makine et ses découvertes sont loin d’être finies. Il lui faudra toute une vie pour réaliser l’héroïsme de cette communauté venue s’installer près de ses proches, prisonniers politiques dont elle attend les jugements dans le plus grand dénuement.  Par la sobriété du  style qui  creuse l’abîme entre  la bêtise et la bonté humaines, par le point de vue d’un enfant qui ouvre la voie à « une autre dimension d’existence », ce  livre est une leçon d’Histoire  autant que d’espoir : Vardan, persuadé que le ciel est autant "sous nos semelles" qu'au-dessus de nos têtes,  symbolise par son courage silencieux les nombreux sacrifiés qu'Andreï  Makine ne peut et ne veut oublier. Inconditionnels de Makine et de la liberté,  adeptes de l'intelligence du coeur, ce livre vous enchantera !

B. Clavel Delsol

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 06:49
« Nos frères inattendus » par Amin Maalouf

« Nos frères inattendus » par Amin Maalouf

 

Editions : Grasset

Parution : Octobre 2020

330 pages

22 €

 

 Amin Maalouf  parvient par cette  histoire toute fictive  à décrire l’humanité dans son essence même. Notre  civilisation est en déclin, Alec Zander artiste dessinateur  veut la comprendre, Eve Saint-Gilles écrivaine la fuir, deux attitudes bien contemporaines. C’est par  hasard qu’ils se retrouvent sur l’île  d’Antioche, un petit paradis de solitude quand le drame commence. Des dysfonctionnements technologiques  se multiplient  sur la planète, isolant les hommes les uns des autres dorénavant angoissés par  des nuages soit disant  radioactifs. Qui sont ces responsables qui affirment que la paix internationale est en jeu ? Qui sont ces inconnus qui accostent sur Antioche faisant un « tunnel de guérison » pour « remettre à neuf » le corps humain ? Qui sont les saboteurs  de ce navire-hôpital ? Un fonctionnaire municipal de l’île, Agamemnon, à l’humble tâche de passeur mais helléniste passionné,  redonne espoir aux deux insulaires : selon lui l’avenir a encore une adresse ici-bas,  c’est celle de Démosthène, le plénipotentiaire qui parlemente avec le président des Etats-Unis. Ainsi déguisés de noms antiques qui réjouiraient Jacqueline de Romilly, ces hérauts font comprendre où réside la sagesse, non pas dans l'esprit de conquête et encore moins dans les craintes archaïques des « frères inattendus », mais dans la modernité toujours renouvelée mise au service de l’humanité.  Un message d’espoir sur cette île d’Antioche dont le refuge devient porte ouverte au futur comme le montre la jolie couverture du livre.  C’est le repli sur soi et la peur de l’avenir  qui tuent, « c’est  le progrès qui sauve ». Telle est la leçon de ce beau livre qui réconcilie le monde d’hier et de demain, comme le Gois à travers  la mer rallie la  solitude au continent et comme la culture antique enseigne la modernité.

B. Clavel Delsol

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 20:08
« Le temps ordinaire » texte et peintures  par DENIS CLAVEL

« Le temps ordinaire » texte et peintures  par DENIS CLAVEL

 

 

 

Editions   Esope Chamonix

Parution : 1er trimestre 2020

21 pages

19 €

 

 

Le poète contemple,  "épouse ce qui vient"

Une danse de parfums, de fleurs  et de lumière

à laquelle se joignent le silence

  et la joie fait que la mort n’est pas une fin en soi

« Mourir n’empêche pas d’être éternel »

et s’il est dur de « donner un nom aux choses de la terre »

il est doux de sentir « Le soleil bat(tre) comme un cœur »

il est beau de voir « l’angoisse passe(r) par les yeux »

et de réaliser qu'« aimer c’est mourir à la place d’un autre »

il est merveilleux de confondre

« musique murmure et sanglot »

prière et silence, poésie et consolation

il est bon de rappeler

qu'un rien est « quelque chose de sacré »

la fête un  artifice

il est important de croire

que le présent est miracle

l’absence de rêve  enfer

le poème une feuille de papier

et la pensée une fleur…

 

telle est ma lecture de Denis Clavel

accompagnée de ses peintures aux couleurs insaisissables

que je vous laisse découvrir tant est beau

« Le temps ordinaire »...

B.C.Delsol

 

 

B.C.DELSOL

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 19:17
« L’ANOMALIE » par Hervé Le Tellier

« L’ANOMALIE » par Hervé Le Tellier

 

Editions : Gallimard

Parution : Juin  2020

327 pages                                                         

20 €

 

Le prix Goncourt 2020 a été discerné à un livre de fiction toute  ésotérique   pour ne pas dire irrationnelle, mais bien au goût du jour où l’homme se débat tant bien que mal. Le miroir de la société qu’offre  Hervé Le Tellier dans un premier temps est  réaliste. Pour les plus forts, seuls comptent la réussite et  les statistiques scientifiques plus fiables que les certitudes. Pour les plus vulnérables c’est l’angoisse de ne pas être maîtres de leur vie. Quand arrive l’anomalie  comme le cumulonimbus qui s’écrase sur le Boeing, s'agit-il d'une blague, l'avion ayant  atterri trois mois plus tôt?  Mais quand tombe le protocole des mandats d’arrêt, c'est le couperet.  Les voyageurs  se retrouvent mis à nus par des psychologues de service, réduits à un état de dédoublement jamais vu, avec une nouvelle identité numérique toute transparente.  L’anomalie est à son paroxysme lors de la confrontation  de ces êtres dédoublés pour ne pas dire rénovés,  après qu’un conseil œcuménique ait débattu sur l’existence ou non de leur âme ! Humour noir sur l'asservissement de l'homme,  éradication de son mystère , grotesque du religieux, tel semble être l’avenir : des lendemains qui déchantent au son d'une technologie faillible et d'un totalitarisme d’Etat infaillible! Amateurs de la robotique, vous pouvez embarquer ! Mais vous les raisonneurs , accrochez votre ceinture pour  ne pas atterrir dans cette vie," lessiveuse" qui finit dans un tourbillon abyssal au son de « la chanson du néant »… . Comédie ou tragédie? En tout cas voyage bien angoissant!

Brigitte Clavel Delsol

 

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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 10:48
                  « Un mariage à Lyon » par Stefan Zweig

                              

                                                  « Un mariage à Lyon » par Stefan Zweig

Première publication : 1996

Editions : Le Livre de Poche

 

 

Rien ni personne ne pourra changer  la ville de Lyon, l’affranchie, la séditieuse, comme la nommaient les Révolutionnaires. En 1793 Barère déclarait  à la Convention : «  Lyon ne doit plus être ».  Face cet impératif historique, Zweig rend aux Lyonnais  l’hommage qu’ils  méritent par une courte  mais dense nouvelle où les sentiments humains  sont peints avec le style subtile et prolixe qui le caractérise.  Certes la Convention émet quelques brèves hésitations avant que bien vite  ses sbires se déchaînent en folie meurtrière. Sous les voûtes des caves  noires d’humidité  se tassent les prisonniers anéantis par le sort qui leur est réservé. Mais quand ceux-ci  sont témoins de retrouvailles inespérées de deux fiancés, leur abattement se transforme en joie, la prison devient église, le départ vers la mort  cortège vers le Ciel. Certes l’homme peut être un loup pour l’homme,  les miracles sont choses rares mais existent sous la forme la plus inespérée qui soit. Ce 8 Décembre 2020,  fête traditionnelle vouée à Marie, semble l'avoir prouvé par l’acte courageux  de résistants qui ont illuminé la ville avec  magnificence malgré   l’interdiction municipale.  Stefan Zweig savait percevoir  le vers dans le fruit mais aussi  sa fleur à venir : Lyon demeurera toujours la capitale des Gaules, rebelle et chrétienne  …

B.C.D.

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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 19:41
« Comme l’éclair part de l’Orient » par Alexandre SINIAKOV

 

 

« Comme l’éclair part de l’Orient » par Alexandre SINIAKOV

 

Editions : Salvator   

Parution : 2017

18,90 €

196 pages

 

Impossible de passer sous silence ce témoignage de A. Siniakov! Originaire des steppes du Caucase, élevé dans les années 1980 au sein d’un sovkhoze où toute référence culturelle étrangère au communisme était interdite, A. Siniakov dès son plus jeune âge prit conscience de cet esprit d’uniformité imposé par l’Etat qu’il voulut fuir à tout prix. « Si nous ne voulons pas être malheureux, sachons être libres », telle est la devise de cet enfant soviétique  qui n’hésita pas à se couper de ses camarades pour se plonger dans des livres  providentiels qui lui donnèrent  la passion des langues étrangères et le goût des pays occidentaux. Homme avide de science, A. Siniakov contemple autant  les lumières urbaines que les étoiles du firmament, autant la culture profane que la pensée religieuse. Une fois prêtre il est  soucieux de rendre compréhensible la liturgie et l’adapte tout en respectant  les rites  de la tradition. Il va jusqu’à conseiller de ne pas être clérical, car l’Eglise ne se limite  pas à ses clercs et au magistère de la parole : ses principaux protagonistes sont  les fidèles qui ont besoin de frères plus que de maîtres. Sa souffrance: avoir reçu deux  baptêmes, celui des Vieux-Croyants dont il est descendant et celui de l’église orthodoxe qu' il représente aujourd’hui en région parisienne. Son souhait: l'union des chrétiens.  C’est pourquoi A. Siniakov insiste sur  la  liberté de conscience et l’importance d’une vie spirituelle pour contrer un monde qui assèche les cœurs et vide les esprits …Un joli cadeau de Noël !

 

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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 10:25
                                                       « IDISS » par Robert Badinter

                                                       « IDISS » par Robert Badinter

Editions : Fayard

Parution : 2018

Livre de Poche

 244 pages

7, 40 €

 

L’autobiographie demeurera toujours un genre littéraire inégalable. Tout en rendant hommage à Idiss, sa grand-mère maternelle, éponyme de cet ouvrage,  à laquelle il le dédie,  Robert Badinter a le souci  de dispenser une leçon d’histoire aux jeunes d’aujourd’hui.  Aux souvenirs familiaux bouleversants dus à un contexte  historique cruel, l’auteur ne fait preuve ni de haine ni d’esprit de vengeance. Au début du XXème siècle  Idiss habitait  un ghetto juif  de la Bessarabie, à la frontière occidentale de l’empire tsariste, où l’antisémitisme faisait ravage tandis que Paris brillait de lumières. La famille y émigre, mettant tout son espoir dans cette République qui eut le courage d’innocenter Dreyfus. La vie sera dure, cependant  l’intégration possible quand on est travailleur comme Idiss et ses descendants.  Mais qui aurait pu penser que le nazisme allait franchir la ligne Maginot ? L’auteur est très clair dans son analyse du passé. La France  en 40 était bien moins  antisémite qu’antinazie. Malheureusement  Idiss rend l’âme à l’heure d’un génocide qui  va disperser sa famille. Comment faire acte de résilience et pardonner,  si ce n’est par l’écriture où R. Badinter excelle grâce à « la fontaine d’amour »  que fut Idiss ?  Livre conseillé à tout lycéen...

B.C.D.   

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 10:32
« Rhapsodie italienne » par Jean-Pierre CABANES

« Rhapsodie italienne » par Jean-Pierre CABANES

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Octobre 2019

726 pages

 22,9O  €

 

 

Le propre même d’une rhapsodie  musicale est sa forme libre et son thème populaire. C’est précisément ce dont J-P Cabanes  fait preuve  dans cette fresque  italienne du début du XXème siècle où cohabitent une  indépendance d’esprit des plus romanesques et un souci constant de vérité historique. Le style est vivant, entrecoupé de dialecte et de descriptions inoubliables. Le lecteur découvre un petit caporal dans   les tranchées lors de la guerre contre l’Autriche qui deviendra   Duce avant de déserter comme un voleur.  Il fait des allers retours entre  les riches  salons  de  Rome ou Vérone  tout en en passant par  les paysages de la Sicile brûlés de passions amoureuses et mafieuses.  Les  protagonistes,  à la fois  réels  et romancés, reflètent à merveille l’état d’esprit de ces arditi qui  passent du patriotisme le plus sincère à une obsession nationaliste où légalisme et illégalisme se succèdent  selon les circonstances et le bon vouloir de Mussolini. Si l’intérêt du livre réside dans le déroulement  d’un fascisme qui se révèle de plus en plus dictatorial,  c’est le tempérament italien qui domine,  dont la règle est «  l’honneur, le silence et la vengeance ». Sans doute est-ce l’origine des liens indéfectibles entre  Lorenzo Mori  de  la haute bourgeoisie, héros de quatre guerres qui finira général et préfet de Sicile,  et Nino Carderonne chef de la mafia sicilienne, deux frères d’armes que tout sépare mais que le destin ne cesse de réunir. Car Dieu hante l’Italie, tout le monde s’arrange avec Lui, que ce soit le Duce ou la Causa Nostra …Mais le diable aussi est de la partie, Lorenzo ne cesse de s’en rendre compte : le fascisme ne se résume pas à l’huile de ricin… Le Duce est sans pitié pour ceux qui le lâchent à la dernière séance du Grand Conseil .  Et si Lorenzo demeure le héros du livre c’est grâce à sa  fidélité à ceux qu’il aime et sa liberté de penser face aux  dogmes politiques. Livre conseillé à tous les amoureux de l'Histoire et de l’Italie.

B. Clavel Delsol

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 10:08
« Mémoire de soie » par Adrien Borne

« Mémoire de soie » par Adrien Borne

 

Editions : JCLattès

Parution : Août 2020

245 pages

19 €

Le style parfois abrupte,   parfois plein de douceur, correspond à merveille  aux  différents personnages de la magnanerie familiale et à cet horrible bombyx du mûrier dont les oeufs offrent les plus beaux fils de soie.  Dans les années 1900  la sériculture est encore à ses balbutiements dans le petit village de La Cordot à côté de Montélimar. Il faut former les jeunes à élever les cocons  puis  à  les dérouler avec minutie. Mais ceci ne se fait pas sans peine quand Auguste l’ainé de la famille est né manchot ou que la future bru bien que formée  à l’usine-orphelinat se trouve face à une vieille acariâtre. L’atmosphère malgré tout pourrait être  douce et pleine d’espoir.  Mais c’est oublier la disparité de deux frères, la haine, qui va jusqu’à accuser et faire enfermer l’intruse innocente,  et  tous les impromptus de la vie, la guerre, la fièvre espagnole, la méfiance du voisinage face à l’épidémie … Au milieu de cette triste atmosphère le jeune Emile, à son  départ du service militaire,  demande des comptes en  soulevant le tabou d’une paternité inconnue. Ce qui frappe dans ce roman c’est le réalisme des descriptions et des sentiments,  la dureté des vieux éprouvés par la vie et la  délicatesse paysanne qui a du mal à percer un corps trop rustre et à transmettre tout ce qu'elle devrait. Très joli livre qui montre l'éternel combat pour survivre aux tristesses du monde... 

B Clavel Delsol

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