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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 17:13
« L’homme qui fait jaillir l’eau du désert » par Alain GACHET

« L’homme qui fait jaillir l’eau du désert » par Alain GACHET

 

 

Editions : JCLattès

Parution : Juin 2018

265 pages

19 €

 

Cet ouvrage n’est pas un roman, encore moins une fabulation,  mais le récit d’un ingénieur des Mines, géologue explorateur. Si des  milliards d’hommes aujourd’hui n’ont pas accès à l’eau potable,  Alain Gachet  dénonce ouvertement les responsables. Car son invention du système Watex (Water Exploration) a fait ses preuves.  Il s’agit d’un algorithme qui permet de détecter la présence d'aquifères, à partir d'images radar prises par satellites. Grâce à Watex on sait que les  eaux potables souterraines sont renouvelables et  cent fois supérieures aux eaux de surface. Grâce à Watex encore furent découvertes d’importantes  fuites d’eau des pipelines de Kadhafi qui en fut très vexé et condamna les responsables libyens. Grâce à Watex  enfin ont été sauvées des cohortes de réfugiés du Darfour, fuyant le Soudan dans un état de déshydratation totale. Le  récit de ce secours en eau est passionnant : guidé seulement par une carte  radar sur son écran informatique, Alain Gachet se rend à l’est du Tchad sur des pistes inconnues, marquant d’une croix blanche les sites de forage, avançant au milieu d’obus non explosés et de hordes d’expatriés en détresse jusqu’à ce qu’une cartographie concrète prenne forme, que l’eau finisse par jaillir et abreuve la terre. Après cette victoire, ses découvertes s'étendent à toute l'Afrique et le Moyen-Orient. Malheureusement les intérêts personnels, les idéologies anticolonialistes ou malthusiennes, les jalousies d’hydrogéologues et la méfiance que les états providence  accordent aux initiatives personnelles sont autant de circonstances qui empêchent d’investir dans ces forages,  d’enrayer les vagues meurtrières de Daesh et  l’afflux incontrôlé des migrants. Si l’eau est moins rentable financièrement que le pétrole, elle est bien plus utile. Car la pénurie en eau, c'est le combat pour la vie, la guerre, la mort. L'eau est message de paix et d’espérance, comme ce livre lui-même, magnifiquement écrit, à dessein  humanitaire avant tout.   

B.C.D.

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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 15:27
" Les Victorieuses »  par Laetitia Colombani

" Les Victorieuses »  par Laetitia Colombani

 

Editions : Grasset

Mai 2019

222 pages

18 €

Ce sont deux belles histoires d’humanitaires, celle de Blanche Peyron, membre de  l’Armée du Salut au début du XXème siècle, et  de Solène, brillante avocate parisienne du XXIème siècle. Blanche oeuvra corps et âme pendant toute son existence à la réalisation du Palais de la Femme, foyer exclusivement réservé aux femmes démunies au cœur de Paris. C’est là que se retrouve, un siècle plus tard,   Solène,  brillante avocate qui, suite à  une sérieuse dépression, essaie de reprendre goût à la vie en  donnant quelques heures de bénévolat. Le tableau que nous offre Laetitia Colombani de  toutes ces pensionnaires meurtries est plein de détails aussi vivants que réalistes, bien caractéristiques du monde d’aujourd’hui comme de celui d’hier. Elles viennent des quatre coins du monde et parfois même de pas bien loin, et  si Solène a du mal à se faire accepter à son arrivée, elle y parviendra non  seulement  grâce à sa compassion  et sa capacité d’écoute mais aussi à cause de sa propre fragilité. Car toutes ces femmes en détresse ont connu une souffrance morale souvent bien plus profonde que la misère matérielle et les plus aptes à apporter du réconfort ne sont pas toujours celles qu’on croit. Ainsi même retirées du monde certaines ne pensent qu’à apporter du bonheur à ceux qui n’en ont pas, comme l’attestent ces deux  beaux poèmes d’une religieuse anonyme que Laetitia Colombani met en exergue et qui semblent résumer à eux seuls cet esprit fraternel indispensable à l’être humain, seul rempart contre la solitude et la déchéance. Très  joli livre qui n’est autre qu’un bel hymne à la solidarité, thème cher à l’auteure, et qui plaira autant  que "La tresse", son premier roman…B.C.D.

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25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 10:22
"Beaumarchais:un aventurier de la liberté"

Editions : Stock

Parution : Août 2019

201 pages

18 €

 

Erik Oresenna fait de Beaumarchais un chantre de la liberté , un champion du rebond, un héraut de l’art sous toutes ses formes , un conquérant des cœurs, un dominateur des finances, du commerce et des frontières, un révolutionnaire miraculeusement échappé de la Terreur. Et le biographe n’a pas tort car  Beaumarchais avouera: « ma vie n’a été qu’une suite de combats » . Certes d’heureuses fées se sont penchées sur le  berceau du petit Pierre-Auguste Caron  qui va révéler avoir plus d’une corde à son arc. Celui-ci n’acceptera pas d’être un simple  fils d’horloger qui se fait voler sa propre découverte par « l’horloger du roi » lui-même. A partir de ce moment, notre virtuose se doit de toujours retourner à son avantage les situations défavorables et de se faire des alliés de ses pires ennemis. Si le portrait de cet  aristocrate du mérite est aussi séduisant que rocambolesque, il est dû au  brio de l’écriture d’Erik Orsenna qui lui-même rivalise tout à fait avec son héros. Même truculence stylistique, même ironie, même précision dans les termes choisis, même amour de la vie et même désir d'effacer les sombres heures de l'obscurantisme  en faisant triompher le siècle de Lumières.  Comme il y eut un été avec Proust ou Homère, il peut y avoir un joyeuse rentrée littéraire  avec Orsenna et Beaumarchais ! B.C.D.

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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 06:49
« Par les soirs bleus d’été » de Franck Pavloff

« Par les soirs bleus d’été » de Franck Pavloff

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : 22 Août 2019

 202 pages

17,90 €

 

Objet : Pavloff

 

« Par les soirs bleus d’été » de Franck Pavloff

Editions : Albin Michel

Parution : 22 Août 2019

 202 pages

17,90 €

Si les premières pages paraissent fantasques, elles ne tardent pas à évoquer la caverne de  Platon dont les habitants préféraient l'obscurité à la lumière éblouissante du soleil.  Car l'héroïne se veut l'héritière de ces miniers des Ardennes au corps meurtri mais au coeur palpitant.   Pourquoi Détélina, prénom bulgare chargé d’espérance, s’enfonce-t-elle dans les profondeurs d'une mine fermée  avec pour seule référence le miroir à double face de  Lewis Caroll ? Car c’est bien de cela  dont il s’agit: transformer, comme Alice au pays des merveilles, la réalité, transcender, par la beauté de son corps et la pureté de son âme,  l’âpreté de la vie. Si  l'existence des mineurs de « la Montagne Perdue » fut bien noire,  si sa mère elle-même a perdu tout repère,  Détélina veut  honorer ces "perdants magnifiques". Pour perpétuer leur mémoire elle fait de ce lieu un hameau de couleurs. Deux peintres vont l'aider à colorer ce monde: Léo, son petit garçon autiste, et Stépan, jeune Ukrainien  qui essaie  d’oublier les horreurs de la guerre du Donbass. Que de ressemblance et d'attirance entre l'enfant et cet homme dont le vieux  side-car vert est autant source de refuge pour l’enfant et  de fuite en avant pour sa mère.   Le livre avance au rythme des vers  de Rimbaud, dans le simple parfum du calendula, qui suffisent à témoigner des raisons de vivre de ceux qui les ont précédés. La lumière accompagne tout le livre  et le silence des mots réunit Détélina et Stépan.  Elle est en recherche d’un père, et lui d’une mère. La similitude de leur situation ou le hasard  transforme leur amour en gémellité, la fin importe peu, ils reflètent l’humanité vaincue mais heureuse de s’être aventurée « de l’autre côté du miroir ».  Livre magnifiquement écrit, conseillé aux défricheurs  des idées toutes faites, qui  subliment la vie  plus qu’ils ne la subissent…B.C.D.

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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 06:33
"Les mains de Louis Braille" par Hélène Jousse

« Les mains de Louis Braille »  par Hélène Jousse

 

 

 

 

Editions : JCLattès

Parution : Février 2019

377 pages

19 €

Roman dans le roman, ce sont deux vies que nous présente Hélène Jousse, celle de Louis Braille et celle de Constance jeune veuve, écrivain-cinéaste chargée décrire un biopic sur le célèbre auteur de la méthode de lecture pour aveugles.  Deux mondes bien opposés, celui de la nuit où des enfants  se battent  pour voir  et celui de trop de lumière qui aveugle bien des adultes. Mais Constance n’est pas dupe de cet entourage à l’apparence superficielle. Sans doute est-ce la raison pour laquelle elle se voue corps et âme à Louis Braille qui par l’exemple de son courage dès son plus jeune âge lui permet de surmonter ses propres épreuves. De même que l’enfant de la nuit résiste  à la dureté disciplinaire et l’insalubrité de l’Institut royal des jeunes aveugles, de même Constance  résiste à la désinvolture ironique de son maître de scénario qui ne veut rien d’autre que du sensationnel et rien de pleurnichard. Ses innombrables recherches et allers retours entre le village natal  de Coupvray et l'Institut parisien vont lui permettre de découvrir l'impact sur la nature humaine de l'environnement  qui peut bouleverser une vie. Car au-delà des erreurs éducatives, des maladresses et de faux-semblants se trouvent aussi des actes d’amour incommensurables dans le plus grand silence et la plus profonde modestie que le lecteur n'est pas prêt d'oublier.  Non, Constance ne contaminera pas son scénario de sa tristesse ! Au contraire elle prouvera combien l’amour peut seul sauver une destinée…B .C. D

 

 

 

 

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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 15:53
« Transparence »  par Marc Dugain

« Transparence »  par Marc Dugain

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Avril 2019

221 pages

19 €

 

 

Cassandre Namara, veut sauver l’humanité en suppléant les marchés financiers devenus les nouveaux dieux du jour par l’intelligence artificielle. Faciliter l’existence humaine en supprimant tout effort, risque et angoisse,  remplacer la réflexion par le savoir des data, supprimer drastiquement le désir boulimique de la consommation et ainsi  préserver la planète menacée de guerres et de  réchauffement climatique, mènent Cassandre à vouloir apporter à l’homme le parfait bonheur, jusqu’à immortaliser l’âme tout en abolissant la mort. A travers cette parodie du monde actuel dont  le seul salut semble résider dans une nouvelle espèce humaine libérée de son enveloppe charnelle,  les cyberpersonnages,  Marc Dugain en profite pour fustiger « par un conte drolatique, roman ou fable d’anticipation » ces lobbies qui transforment le genre humain en robots ou en reptiles. Il n’épargne personne, ni les dirigeants, ni les institutions millénaires, ni les technologies les plus sophistiquées. Livre amusant par son réalisme ambiant où des personnages réels se mêlent à la fiction. Beau pied-de-nez aux idéologues prêts à renouveler l’humanité en  supprimant  tout ce qui fait sa beauté ! Et si le nom "Transparence"  de  la start-up de Cassandre  avant de devenir "Endless" ne fait qu’assombrir le sens infini de l’existence , le titre éponyme du livre et le style satirique de l'auteur  effacent toute obscurité. Lecture à conseiller aux angoissés de la dictature numérique, les terres sauvages d’Islande  inspirant  Marc Degain de leur authenticité …

B.C.D

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 14:23
« Sans jamais atteindre le sommet » par Paolo COGNETTI

« Sans jamais atteindre le sommet » par Paolo COGNETTI

 

 

Editions : Stock

Parution : : Avril 2019

159 pages

17,50 €

 

 

 

Satis Kumar n’est pas le seul à vouloir réconcilier la terre, l’âme et la société. C’est ce que parvient à faire Paolo Cognetti par son très beau récit de voyage dans l’Himalaya où l’important n’est pas d’atteindre le sommet mais de se sentir en symbiose avec cette nature tantôt revêche tantôt apaisante pour mieux comprendre le sens de l’existence. La vallée du Dolpo est un petit Tibet  dans le coin le plus reculé du Népal  qui subsiste au grand Tibet avalé par la Chine. Malgré ses léopards de neige et ses chèvres bleues, ses séracs aux couleurs des nuages, elle  lui rappelle ses Alpes d’autrefois, qui de plus en plus  urbanisées aujourd’hui, reflètent depuis toujours le sort inévitable des habitants de la montagne. Pour seule compagnie de l’auteur quelques  rares amis et porteurs , un chien errant, un crayon pour  notes et croquis ainsi que   le livre lu et relu de Peter Matthiessen, inspirateur de ce voyage malgré les « démons » annoncés, le froid et surtout le vertige qui n’épargna pas  P. Cognetti. Livre magnifiquement écrit où l’échange des montagnards  avec  les marcheurs avides d’un thé chaud ou d’un simple sourire révèle  l'immensité de la nature face à la fragilité humaine. Lecture  qui passionnera  tous les férus des hauts sommets et incitera les autres à rêver de l'Himalaya, " la bien nommée demeure des neiges". B. C. D.

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 15:23
"Un livre Inutile" + "La muraille de Chine" par Chrian BOBIN
"Un livre Inutile" + "La muraille de Chine" par Chrian BOBIN

Christian BOBIN

 

« Un livre inutile »

Editions : Fata Morgana

67 pages

 

« La muraille de Chine »

Editions : Collection entre 4 yeux

56 pages

 

Avril 2019

 

 

Les deux derniers ouvrages de Christian Bobin sont aussi brefs qu’intenses. Ils vont droit à l’essentiel, à savoir ne pas parler ni dire, mais montrer, regarder, contempler et se taire. Tel est le concept de la poésie qui se heurte au mur des mots et des apparences semblable à la muraille de Chine qui coupe les horizons et les frontières entre les hommes   autant qu’entre le ciel et la terre. Avec un  esprit semblable à celui du « Petit Prince » pour qui les hommes trop attachés à leur besogne ne savent plus voir l’invisible,  Christian Bobin nous révèle la face  ignorée de quelques écrivains, leur âme d’enfant enveloppée dans leur chair d’homme.   Ainsi Paul Claudel sous une apparence de « gras ambassadeur, de gris catholique, de gros poète » ne ressemble en rien  au petit Paul écartelé entre deux femmes, entre deux mondes, celui de l’infime et de l’immensité, entre l’éphémère et l’éternel. « Tu aurais dû te défendre contre le succès », conseille Kafka pour qui l’élégance de  la poésie n’est pas dans la forme mais dans la transparence de la vie dont Ramuz sait révéler l’importance des choses qui se moquent du sérieux des doctes et des savants.  L’écriture de C.  Bobin est comparable à « l’élixir du docteur Ponge », elle sait ouvrir les fenêtres, s’envoler avec le vent, secouer les ombres de l’anxiété, pour aimer  la vie des  vivants comme des morts en  ressuscitant  la lecture du monde …Deux petits livres  reposants à lire dans l'air léger de l'été !

B.C.D.

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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 07:08
« Robert B.   Sept nuances de gris » par François Jonquères

« Robert B.   Sept nuances de gris » par François Jonquères

 

 

Editions : Pierre Guillaume De Roux

Parution : Février 2019

277 pages

 

Le pari de F. Jonquères est grand : réhabiliter par un roman non pas le polémiste de « Je suis partout » mais le poète et romancier talentueux que fut  R. Brasillach. Il plonge alors  le lecteur dans une aventure où ses protagonistes Valérius, Esther et André ressemblent étonnamment aux  personnages de « La conquérante » ou des « Sept couleurs ». En effet Esther a l’âme de Brigitte ou celle de Catherine, partagée entre les deux hommes qu’elle aime.  De plus Valérius et André sont deux provinciaux qui aiment leur Roussillon natal comme Brasillach l’aima. Malheureusement Valérius s’y ennuie à tel point que dans les années 40 il s’aventure à faire passer des Juifs en Espagne pour dans un premier temps les spolier puis les livrer à la Gestapo, actes immondes que l’extrême sensibilité de Brasillach  aurait  bien été incapable de réaliser. Peu importe la suite des événements qui  finissent par entraîner le milicien Valérius dans la guerre d’Indochine et André dans celle d’Algérie. Car, comme dans les romans de Brasillach, "Tout, sauf les Rouges" et "tout pour la Patrie". Mais il vient un jour où le remords est à son paroxysme, où l’homme de guerre demande pardon, et les pages de F. Jonquères se confondent avec les poèmes de Fresnes.  Le poteau d’exécution n’a pas sa raison d’être. C’est le  pardon d’Esther, la jeune Juive,   qui permet la rédemption des deux hommes. Les  « Sept nuances de gris » qui assombrissent la France depuis la Libération peuvent se parer  des " Sept couleurs".  Ce livre se lit  comme on passe "une nuit à Tolède", dans les transes les plus grandes où la quiétude se révèle impossible. Livre qui passionnera les inconditionnels de Brasillach et permettra  aux autres  de mieux approcher ce fantôme de la  littérature française.  B.C.D.

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 17:01
« Les étoiles s’éteignent à l’aube »  par Richard Wagamese

« Les étoiles s’éteignent à l’aube »  par Richard Wagamese

 

 

Editions : Zoé, 2016

Editions: Poche 2017

308 pages

 

Richard Wagamese en écrivant ce livre offre un  aperçu très réaliste de la Colombie–Britannique à l’extrémité ouest du Canada dans les années 1950. Entre l’Océan pacifique et les Montagnes Rocheuses, la terre  révèle son âpreté et les boulots saisonniers à la ville papetière de Parson’s Gap ne suffisent pas à combler la pauvreté.  Alors Eldon Starlight s’enrôle dans la guerre de Corée, croyant échapper ainsi à un sort trop dur. Mais le retour est plus dur encore et, pour oublier  les terribles épreuves subies, il s’autodétruit en s’imbibant d’alcool. Heureusement  un « vieil homme », dont le nom ne sera révélé qu’à la fin de ce joli roman, prend en charge Franklin, le fils d’Eldon,  et lui apprend les secrets de la nature et les bonheurs d’une vie simple. C’est dans la  beauté des grands espaces  que s’apaisent la douleur et  le désespoir du jeune Franklin jusqu’au jour où  son père lui demande de l’accompagner dans sa dernière demeure pour être enterré comme ses aïeux indiens. Une longue montée dans la montagne a lieu, où la souffrance physique du  père extirpe la honte de son passé en racontant à l’enfant ce qu’il n’a jamais osé avouer à personne. Le silence se rompt,  un vulgaire argot plein de sincères remords s’oppose aux froides réparties de Frank qui se transforment peu à peu en une infinie tendresse. Un bel ouvrage  où deux sang-mêlé finissent par découvrir la beauté de l’aube qui se lève sur l’Amérique. B.C.D.

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