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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 15:09
un heureux confinement

avec les joyeuses couleurs de la sympathique peintre lyonnaise 

 

                                                         CHRISTELE RONDOT

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 11:02
          « Le cœur battant du monde » par Sébastien Spitzer

          « Le cœur battant du monde » par Sébastien Spitzer

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2019

441 pages

21,90 €

 

« Regarder les hommes dans leur vie réelle »  tel est sans doute le précepte instigateur de Karl Marx qui inspira à Sébastien Spitzer ce beau livre dont la trame est précisément  la célèbre amitié de Karl Marx et Friedrich Engels. Et c’est en se penchant sur  les faits et gestes quotidiens de ces deux hommes  d’origine allemande, exilés à Londres pour cause de rébellions, que Sébastien Spitzer y décèle tout les travers  du cœur humain.  En  voulant explorer cette amitié dont profite Karl Marx avec la plus grande des ingratitudes, l’auteur s’enfonce dans l’ère victorienne comme dans la complexité humaine.  Les  chômeurs  de Londres et les ouvriers du textile  du Lancashire contrastent avec les nouveaux aristocrates de la révolution industrielle,  menacés eux-mêmes  par la guerre de Sécession qui provoque le blocus du coton et  par la colère de l’Irlande qui secoue son joug. Telle est en  filigrane  l'atmosphère qui se dessine derrière les grandes idées humanistes des  deux  philosophes, à la fois jouisseurs  de la vie et prêcheurs de la faucille et du marteau !  Mais qui est ce Freddy dont Karl Marx et sa femme  veulent cacher l’existence  à tout prix? Dans ce livre l’auteur ne se limite pas à l’amitié des deux co-auteurs du Manifeste du parti communiste, si proches et si différents. D’autres personnages moins connus mais tout aussi réels marquent par leur grandeur d’âme: Malte le guérisseur qui revient de la Compagnie des Indes et connaît le prix de l’existence,  Charlotte Evans,  « la bonne-maman » irlandaise de Freddy, les deux sœurs ouvrières Mary et Lydia Byrns qui ouvriront  les yeux et le cœur du célèbre lord du Coton, leur patron, Tussy la dernière fille de Marx, amoureuse de son demi-frère et qui deviendra célèbre par son militantisme féministe. Livre  plein de vérités historiques, magnifiquement écrit, qui annonce la subtile psychologie dont l’auteur fait preuve dans son dernier très beau livre « Dans les flammes de Notre-Dame » où il dépeint une fois encore tous les balbutiements du cœur humain. 

B. Clavel Delsol

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 10:07
« Pour en finir avec les comédiens »  par Jean-Luc JEENER

« Pour en finir avec les comédiens »  par Jean-Luc JEENER

 

Editions : Atlande

Parution : Janvier 2020

142 pages

 

 

Bilan d’une vie professionnelle, hommage d’un metteur en scène à ses comédiens et à tous ceux qui ont consacré leur vie sur les planches, sans oublier les  spectateurs fidèles dans leur communion avec les artistes: tel est l’objectif de l’auteur qui a fait du théâtre du Nord-Ouest à Paris le cœur de l’émotion non seulement artistique  mais spirituelle. Car, selon J-L Jeener,  le comédien  offre à l’homme son propre miroir. Mais mieux encore il représente  l’incarnation christique, non pas sa nature divine et humaine, mais réelle et fictive. Lorsque celui-ci incarne un personnage, il n’est pas un peu lui et un peu l’autre, mais pleinement lui et pleinement l’autre. Ainsi l’auteur donne à son livre une dimension qui va au-delà du monde du théâtre, s’adressant à tout homme chargé d’une mission quelle qu’elle soit. Le bon acteur est celui qui est en harmonie avec lui-même, qui respecte la personnalité de ses collègues et le travail du metteur en scène.  Ce dernier a pour tâche de  savoir évaluer les compétences du comédien, tout en lui faisant confiance, en étant exigeant sans pour autant être un perfectionniste qui préfère « la propreté de la mort à l’imperfection de la vie ». Car là est la richesse humaine. La  mémoire n’est pas plus importante que la sensibilité qui unifie le personnage et l’acteur. Le trac n’est pas la simple peur d’avoir un trou, c’est la prise de conscience de l’enjeu du spectacle comme le soldat dans la tranchée est conscient de l’enjeu de la guerre. Et si la peur des fins de mois difficiles, si les « à quoi bon » et la vanité assaillent, c’est  la folie du métier qui  maintient. J-L Jeener en a toujours été conscient, reconnaissant l’éternel créateur dans chacun de ses comédiens qui font survivre son théâtre aussi désuet d’apparence que riche en humanités littéraires.

B. Clavel Delsol

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 17:31
« La route sombre » par Ma Jian

« La route sombre » par Ma Jian

 

 

 

Editions : Poche 

530 pages

8,40 €

(Flammarion: 2015)

 

 

Ce livre plus noir que sombre ferait douter de sa véracité si l’auteur lui-même n’affirmait pas que « le rôle de l’écrivain consiste à sonder les ténèbres et par dessus tout à dire la vérité. » Il n’est autre que l’histoire d’amour de Kongzi et Meili devenu un cauchemar à cause du despotisme impitoyable  du gouvernement chinois lors de sa politique de l’enfant unique. A une époque où on ne cesse de parler de surpopulation et où la Chine est nommée au Conseil des droits de l'homme à l'ONU, sa lecture est incontournable. Le style est direct: si la terre appartient à l’Etat, le ventre de la femme appartient au gouvernement. Alors les agents du Planning familial grouillent de partout, avortent et posent des stérilets de force, tandis que les rivières surabondent de fœtus et de cadavres de suicidées. Voulant échapper à ce  triste sort qui ne cessera de les rattraper, Kongzi et Meili s’embarquent sur le Yangtze pour s’installer  dans une région marécageuse et polluée,  symbole de leur enlisement dans le malheur, avant d’atteindre la Cité Céleste qui n’est autre qu’un dépotoir de rebus électroniques. Combien de temps faudra-t-il à Meili  pour donner un sens à son existence, pour réaliser que sa survie ne dépend que d’elle seule, pour comprendre que la transmission de la vie apporte plus de bonheur que le succès d’une chanteuse étoile  ou d’une femme d’affaires ? Ni Kongzi le mari confucéen maladroit, ni Tang le bienfaiteur, ni Nannan qui souffre de ne pas être le garçon désiré, ne parviendront  à l’écarter de sa vocation d’amour…   Interdit en Chine et  exilé à Londres  pour révéler en toute liberté ce qui se passe dans son pays, Ma Jian est « l’une des voix les plus importantes et les plus courageuses de la littérature chinoise contemporaine » selon Gao Xingjian qui reçut le Prix Nobel de la littérature de l’année 20OO.

B. Clavel Delsol

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 09:50
« Le hussard sur le toit » par Jean Giono

« Le hussard sur le toit » par Jean Giono

 

 

Folio

498 pages

1ère publication : 1951

 

 Ce roman  de Giono  qui se passe en Provence au temps d’une épidémie de choléra est de notoriété publique. Mais combien savent que les descriptions réalistes, débordantes d’images nauséabondes  ou de personnages dévorés par la peur,  ne sont là que pour révéler la valeur des êtres ? Angelo, jeune colonel de hussards piémontais est parti de Marseille pour rejoindre un carbonaro comme lui qui habite Manosque. On le voit   traverser une  Provence écrasée par la  chaleur et la mort, rencontrer toutes sortes de gens, des crapuleux voleurs, des malheureux agonisants, des gardes de la paix éreintés... Mais c’est Angelo qui transcende le livre.  Son attitude pleine de compassion, sa célérité à porter secours, son sens de l’honneur, son autodérision, incarnent la nature humaine dans tout son dépassement. Angelo n’est pas un homme d’exception mais un homme libre comme Giono lui-même.  Son innocence initiale se transforme au fur et à mesure des épreuves rencontrées en une lucidité sur lui-même et sur le monde qui lui donne une force d’âme supérieure à tous les maux terrestres.  Se réfugiant sur les toits de Manosque pour échapper au mal « bien plus petit qu’une mouche », il observe les manèges funèbres à ses pieds tout en prenant conscience que les hasards de la vie ne sont pas vains. Angelo anarchiste ou aristocratique ? Tout simplement un homme qui mérite son céleste prénom !  Brigitte  Clavel Delsol

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 14:22
« Ceux du fleuve » par Marie-Laure de Cazotte

« Ceux du fleuve » par Marie-Laure de Cazotte

                                                                                                                                      

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2020

250 pages

18,90 €

 

Des paysages magnifiques de bocages et forêts inspirent à M-L de Cazotte une poésie toute personnelle en même temps qu’un langage de terroir bouleversant. On est en 1793, aux tout premiers mois de la guerre de Vendée où la pauvreté des paysans est à son paroxysme, les Républicains brandissent le spectre national pour rappeler la soumission à la Convention. Le thème n’est pas nouveau mais le style de Marie-Laure de  Cazotte immergé dans ce patois de l’Ouest assure le passage entre la fiction et l’Histoire, jusqu’à surpasser les descriptions de Victor Hugo. Le bon sens paysan transcende tout le livre. Il n’ignore pas les plaisirs de la vie, la nécessité  des messes ni le comique de  situation pour tenter d’échapper au  tragique de  l’Histoire. Ce n’est pas seulement un désir de liberté qui l’anime  mais un instinct de survie  avec tout ce qu’il comporte de courage, de ruses et d’imagination face à l’injustice de la  Conscription et aux ordres assassins des Républicains. Les personnages restent inoubliables, que ce soit le petit Henri guidé par la voix de son père défunt, le père Philippe qui donne sa vie pour ses ouailles, Lenglan aussi rustre que tendre, le sieur Amédée Ramurien dénudé  de sa mitre  mais pas de sa générosité. Le  récit s’adoucit avec le retour du printemps,  de Pâques et des amours, mais l’écho « rembarre » ne cesse de résonner au-dessus de la Loire… Une belle façon d’honorer François de Charrette fusillé le 29 Mars 1796 !

Brigitte Clavel Delsol

 

 

 

 

 

 

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 15:43
"Marie Laurencin, la féerie" par Isaure de Saint Pierre

« Marie Laurencin, la féerie » par Isaure de Saint Pierre 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Novembre 2019

241 pages

20 €

 

Isaure de Saint Pierre fait revivre à merveille les quartiers de Montmartre et Montparnasse des Années folles. Elle ne s’attarde pas sur les maux et les sentiments de Marie Laurencin, fille naturelle d’une couturière qui sait pertinemment ce qu’elle veut : peindre et aimer à sa façon. La biographe a compris combien seul le maelström parisien parvient à inspirer la jeune maîtresse de Guillaume Apollinaire avant qu'elle devienne la baronne von Wätjen. Comme le pinceau de celle-ci, la plume d’Isaure de Saint Pierre est leste, virevolte, fidèle à son style simple mais riche de connaissances, « une grâce toute française ». Personne n’influence Marie Laurencin, elle résiste aux couleurs du fauvisme, fait peut-être quelques concessions au cubisme dans les visages pointus de ses portraits avant de les arrondir quand elle sera plus paisible, n’adhérera pas au dadaïsme, ne tiendra jamais compte des nouveaux courants picturaux.  Elle se limitera à ses jeunes filles en fleurs aux couleurs toutes en douceur et à de rares  corps androgynes maladroits dans leurs mouvements.  Dans  Paris occupé, le nazisme  lui importe peu,  tant qu’elle vend ses toiles. Jusqu’au jour où elle se rend à l’ambassade d’Allemagne pour faire  libérer son ami Max Jacob interné au camp de Drancy. En vain.  Alors, plus que jamais, la peinture est son  refuge, ses pinceaux le seul moyen d’oublier les horreurs du monde,  ses couleurs deviennent de plus en plus éthérées, jusqu’à s’effacer si Isaure de Saint Pierre  ne les avait pas ressuscitées.

B. Clavel Delsol

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 14:20
"L'échelle de Jacob" par Ludmila Oulitskaïa

« L’échelle de Jacob » par Ludmila Oulitskaïa

 

Editions : Folio

Parution : 2015

806 pages

12 €

 

 Un roman russe comme on les aime, où les sentiments sont mystérieusement liés à la terre qui les a engendrés, aux êtres qui les entourent, aux évènements familiaux et politiques auxquels nul ne peut échapper.   Et si les tourments sont enfouis au fond des cœurs, un jour ils resurgissent, comme ceux de Jacob dans ses lettres d’amour ou ceux d'Heinrich le renégat mourant dans les bras de sa fille Nora. Celle-ci est une jeune femme de la révolution sexuelle. Si le sexe remplace l’amour, pourquoi alors s’embarrasser d’un simple géniteur, d’un Juif indifférent à tout sauf au Centre d’informatique d’où il se fera expulser sous prétexte de ne pas servir le Parti? Certes Nora  aime son fils Yourik, mais  plus encore sa vie de bohème avec Tenguiez , le Géorgien.  Maroussia sa grand-mère n’était–elle pas la même ? Artiste dans l’âme,  n’avait-elle pas dit à son bienaimé Jakob, grand économiste libéral autant que musicien talentueux,  que jamais elle n’abandonnerait ses convictions révolutionnaires? Elle ignorait qu’en face d’elle, il y avait plus fort que l’immense culture de son fiancé : la politique du Parti qui  le mit en exil de 1911 à 1936 et l’éloigna d’elle à jamais.  Le passé ne disparaît pas et  la vérité finit par éclater. Nora découvre au fond d’une malle  les lettres d’amour de Jacob, dans les archives du KGB ses ouvrages philosophiques qui lui valurent le goulag, tandis que ses amis juifs  lui font découvrir la technologie avancée des Américains que déjà Jacob avait osé annoncer. Ainsi les ressemblances apparaissent, le temps résout les mystères, dénonce  les coupables de purges  politiques, innocente les êtres aimés qui voulurent oublier leur mal-être dans la drogue, la trahison ou l’amour éternel. Inutile de chercher le personnage principal : il  n’est ni Jacob, ni Noura, ni Maroussia ni Vitia…  Ils  ont tous leur importance et leur raison d’être.  C’est l’essence humaine que dépeint Ludmila Oulitskaïa  avec tout ce qu’elle comporte  de grandeur et bassesse, de vérité et d’erreurs, et que l’on ne  commence à comprendre que lorsque la vie s’achève…

Brigitte Clavel Delsol

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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 19:32
"PARTIS PRIS  Littérature, esthétique, politique" par Marc FUMAROLI

« PARTIS PRIS  Littérature, esthétique, politique » par Marc FUMAROLI

 

Editions : Robert Laffont

Parution : Décembre 2018

1037 pages

32 €

Cette anthologie de la littérature est pleine de promesses : la culture de Marc  Fumaroli  est imparable et laisse entrevoir la pérennité de la créativité depuis l’Antiquité.  Que ce soit Ovide qui sut faire la synthèse des légendes sacrées ou Pétrarque qui évoque « l’usage de soi » dans « l’ère du vide »,  le fondement  de la langue  est là  et ne cesse de croître jusqu’à faire « l’Eloge de la Folie » et annoncer les extravagances de Rabelais. De même les fables animalières  d’Esope reprises par La Fontaine courent sur de bien nombreux bas-reliefs  d’églises et de châteaux de France. Ainsi la vie rustique demeure source de la culture gréco-latine, en attendant que la politique moderne fasse peu à peu son entrée dans la littérature et dévoile  la fresque de la « vanité des vanités ». M. Fumaroli révèle alors cette misère humaine chère à Pascal, heureusement relevée par la grandeur d’âme des personnages cornéliens et raciniens. C’est cette quête de la sagesse qui mène aux fables apologues de La Fontaine qui, comme  Socrate sous le voile des mythes, dit la vérité sous forme allégorique. C’est le rire du grec Démocrite qui se  retrouve dans l’optimisme de Voltaire, comme la tristesse d’Héraclite dans le  pessimisme de  Rousseau. Mais c’est l’extrême sensibilité de Goethe qui annonce le déclin, c’est Werther qui préfère la mort à la vie, c’est le libéralisme romantique de Stendhal et l’homme à l’état naturel de Rousseau qui annoncent une désacralisation de  la littérature, le retour au sauvage, le triomphe de la barbarie.  La nature humaine  dans sa comédie est mise à nu par Balzac qui prophétise le suicide de l’Art avec son démon de peintre  Frenhofer  qui veut se substituer à Dieu, tandis que  la commedia dell’arte est le théâtre d’Avignon d’aujourd’hui … Le voyage dans le temps de Marc Fumaroli est labyrinthique, mais son chemin rejoint celui de Jacqueline de Romilly, souffrante du marasme intellectuel et du flot montant de l’ignorance littéraire au profit du savoir scientifique. Il s’achemine vers des institutions qu’il souhaite nombreuses et variées et non pas régentées par un centralisme démocratique, jaloux et idéologique. Car le malaise est  grand, le « spirituel dans l’art » invoqué par Kandinsky en 1910 n’inspire plus... Ce que recherche nos contemporains, ce n’est pas la beauté pure mais le reflet  de fantasmes que toute communauté porte en elle. Et Marc Fumaroli de conclure que  l’opéra Garnier, symbole d’un passé élitiste est le bouc émissaire à sacrifier : l’opéra Bastille est une réussite républicaine mais pas artistique !

B. Clavel Delsol

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 19:51
« D »  par Robert HARRIS

« D »  par Robert HARRIS

 

 

Editions : Plon

Parution : 2014

483 pages

22 €

 

 

Les cinéphiles qui n’ont pas vu le film « J’accuse »   seront heureux de se plonger dans cet ouvrage  que Roman Polanski lui-même a encouragé l’auteur à écrire. En effet  Robert Harris ayant déjà beaucoup écrit sur Dreyfus, c’est à Georges Picquart qu’il rend hommage, jeune colonel qui fit  éclater la malheureuse erreur judiciaire subie par Alfred Dreyfus et qui réussit à le réintégrer dans l’Armée. Tout en se mettant dans la peau de Georges Picquart , Robert Harris reprend dans ses moindres détails  la longue  et patiente enquête de celui-ci  dont  la probité scrupuleuse révéla , à ses risques et périls,   la collaboration avec un espion allemand sur le sol de France, les vices et les arrogances mensongères de certains membres de l'Armée, uniquement intéressés par leur avancement dans la hiérarchie militaire. Dreyfus n’apparaissant qu’à travers de brefs interrogatoires et des échanges épistoliers désespérés,  ce que le lecteur retiendra  est cette somme documentaire de preuves qui fait de  Picquart un héros de la vérité et de ce livre un travail d’historien. Il révèle une France coupée en deux, l’une antisémite et l’autre empreinte de justice, l’une voulant sauver la raison d’Etat par n’importe quel moyen et l’autre  l'honneur de l’Armée française  par la loyauté seule.

B.C.D.

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