9 février 2026
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« Les Belles Promesses »
par Pierre Lemaitre »
Editions : CALMANN LEVY
Parution : Janvier 2026
496 pages
23,90 €
Et si ce bien joli roman n’était qu’une métaphore filée des trente Glorieuses ? Sous les multiples évènements qui jalonnent la vie de Jean Pelletier, se dessine toute une description sociétale qui succède à« Aurevoir là-haut ». La mode est à la spéculation, au modernisme, à l’enrichissement. Il faut voir grand, anticiper l’avenir, construire un immense périphérique autour de Paris, en un mot faire de « belles promesses » aux actionnaires comme aux agriculteurs et habitants des banlieues. Jean Pelletier, propriétaire d’une petite entreprise familiale de linge de maison, membre d’un syndicat patronal où il ne se sent pas plus utile que dans sa famille, vient de se révéler par un acte héroïque lors d’un incendie. Enfin publiquement reconnu et poussé par une femme arriviste, il n’échappe pas à cette cour des grands où on s’enrichit en investissant. Malheureusement est-ce le fruit de l’imagination de son frère, romancier réputé, ou bien un hasard ou une réalité? Depuis dix ans Jean Pelletier aurait été présent à chaque endroit où un crime avait lieu. Une fois encore Pierre Lemaitre réalise un roman fascinant qui se trouvera bien vite sur les écrans. Mais une fois encore sa vision du cœur humain est très trouble, et très noire celle du monde des affaires…
B. Clavel Delsol
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3 février 2026
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« La tragédie migratoire et la chute des empires
Saint Augustin et nous »
par Chantal DELSOL
Editions : Odile Jacob
Parution : Novembre 2025
196 pages
22,9O €
La similitude entre la chute de l’empire romain et le déclin actuel de l’Occident est bien connue. Lasse d’entendre un monde désabusé, de constater une dénatalité volontaire, de voir troquer notre culture civilisée contre celle du bon sauvage, Chantal Delsol réagit de façon originale et osée. Elle n’invente rien, alimente simplement sa réflexion par une profonde culture historique qu’elle partage dans un style nuancé et objectif à l’égard de l’humanité. Avec maints exemples à l’appui, de l’Antiquité à nos jours, elle aboutit à une certaine lucidité face aux problèmes anxiogènes qui prennent racine dans le choc des cultures. Et quand les élites se trouvent en bas de l’échelle des valeurs morales, les malheurs qui en découlent ne sont plus le résultat de la colère des dieux mais le résultat des faiblesses et des vices humains. Et c’est là que la philosophe recourt à Augustin d’Hippone, théologien du Vème siècle, étonnamment moderne, qui refuse toutes prophéties millénaristes et réfute la perfection de toutes cités terrestres. On sait combien Chantal Delsol s’est toujours opposée aux régimes totalitaires d’où émane aujourd’hui encore une odeur apocalyptique. « Alors comment pouvoir aimer ce monde ? », que saint Augustin qualifie d’immonde, mais pas damné, ce qui implique une rédemption possible et laisse la porte ouverte à toute bonne volonté et espérance. Mais, conformément à la pensée de l’évêque d’Hippone, Chantal Delsol ne s’éloigne pas de la réalité d’aujourd’hui. Consciente de cette forte immigration qui envahit l’Europe et la divise, elle affiche en toute franchise ses convictions de citoyenne éprise de liberté et de fermeté intellectuelle, seul moyen selon elle d’accueillir l’étranger avec l’ intelligence du cœur et de l’esprit. B CLAVEL
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26 janvier 2026
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« STUPEUR » par Zeruya Shalev

1ère Parution : 2023
Folio : 2025
409 pages
L’auteure s’est toujours défendue de faire de la politique dans ses romans. Une fois encore elle ne rompt pas ses habitudes. Mais en retraçant les vies respectives d’Atara et de la vieille Rachel, n’est- ce pas celle d’Israël qu’elle raconte, la guerrière, l’orgueilleuse, la malheureuse? Le père d’Atara vient de mourir. Pourquoi ne lui a-t-il jamais parlé de sa première épouse Rachel ? Pourquoi fut-il prisonnier à St Jean d’Acre? Pourquoi a-t-il attribué à sa fille le prénom d’une victime d’un attentat arabe? Alors Atara va enquêter, rencontrer Rachel pour en savoir plus. Et à force de creuser un passé belliqueux où trop d’amis sont morts, ce sont les conséquences qui crèvent les yeux: des amours éclatés, des enfants écartelés entre militantisme et pacifisme, entre athéisme et foi, entre familles recomposées et amour filial. C’est ainsi que l’angoisse ronge les deux femmes comme il ronge Israël. Auraient-elles fait passer leurs convictions avant les êtres aimés les plus chers ? Auraient-elles été un obstacle à l’apaisement patriotique et spirituel de chacun des leurs? Zeruya Shalev ne donne pas la réponse, mais sa subtilité féminine laisse entendre qu’une ferveur toute messianique habite le cœur de ces deux femmes.
B. Clavel Delsol
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21 janvier 2026
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« MAGELLAN » par Stefan ZWEIG

Editions : J'ai lu
Parution : Juillet 2025
315 pages
7,90 €
Le dernier film du cinéaste philippin Lav Diaz sur Magellan et l’exposition sur ce même sujet au musée de la Marine à Paris incitent à se plonger dans le livre éponyme de Stefan Zweig. Aux XVIème siècle l’Espagne est attirée par les îles Moluques réputées pour leurs épices. Magellan, valeureux vétéran portugais de la guerre des Indes et du Maroc, est convaincu par son ami cartographe et astrologue Rui Faleiro de l'existence d'un passage qui en ouvrirait la route en contournant le continent américain. Malheureusement dédaigné par son roi Manuelo, il se tourne vers Charles Quint pour obtenir une flotte. Est-ce le remords de servir un pays rival qui rend Magellan refermé sur lui-même ou simplement le souci de mener à bien son expédition tout en gardant le secret d’un objectif incertain à atteindre ? Malgré l'hostilité de l'océan et celle des commandants espagnols qui l'accompagnent, malgré moultes épreuves, naufrages, famines, mutineries, il découvre le détroit, atteint des terres nouvelles et va à la rencontre des peuples indigènes avec qui il pactise et qu'il convertit. Face à l'adversité haineuse de Si Lapu-Lapu, radjah d'une île minuscule, il utilise en vain la force et y perd la vie. Les vaisseaux épargnés s’enfuiront en regrettant la discipline de leur chef défunt, mais les rares survivants espagnols n’hésiteront pas à s’approprier la gloire et les honneurs de ce marin portugais. Si la vanité terrestre l’emporte sur la loyauté, le temps a rendu hommage à Magellan, explorateur obstiné dont Zweig dresse le portrait d'un véritable honnête homme.
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2025
18 janvier 2026
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"MURMURATION"
par SYLVIE GERMAIN
Editions : Albin Michel
Parution : janvier 2026
199 pages
19,90 €

Qu'entend Sylvie Germain par « murmuration »? En observant l'écrivain en herbe, Samuel Nart tout à l'écoute des femmes de sa vie, la romancière donne aux mots une dimension inséparable de celle de l’âme. L’incompréhension maternelle contraste avec les mots d'amour passionnés de l'amante ou ceux des adieux sans pitié de la femme aimée. Alors les sentiments s' alternent, vont de la révolte au repli sur soi et à l'isolement, d'un désir d’écrire à la souffrance de ne pas être inspiré. Soudain, au crépuscule de la vie, des souvenirs d'enfance rejaillissent impromptus, anodins mais affectueux, tels Lula et Subutch. Samuel ne sait plus s'ils sont réalité ou fiction. Alors les mots deviennent murmuration, union entre poésie et tendresse, entre joie de la créativité et confiance en soi, entre refuge et libération, semblables aux étourneaux du soir. Livre où l'on retrouve toute l'originalité de Sylvie Germain: compatissante à la tristesse profonde , elle réconforte et apaise avec la magie de ses mots, qui ne sont autres que pure et simple murmuration.
Brigitte Clavel Delsol
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2026
31 décembre 2025
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« Le suicide exalté de Charles Dickens »
par Philippe DELERM
Editions : Seuil
Parution : Septembre 2025
115 pages
15,90 €
C’est une face bien ignorée de Charles Dickens que Philippe Delerm nous présente. Chacun a en souvenir le talent de cet écrivain à faire rire ou pleurer, son empathie pour les misérables de Londres et ses malheureux orphelins, son humour face à l’austérité victorienne et les emperruqués de la justice. Ce que nous révèle Philippe Delerm c’est l’implication de Dickens dans ses romans, sa fusion avec ses personnages au point de vouloir les incarner sur scène avec sa voix et son corps jusqu’à y laisser sa santé ou son âme. Caprice d’un auteur comblé de succès, envie d’être applaudi de visu ? Ses premières représentations publiques faisant salles combles Dickens n’hésitera pas désormais à parcourir l’Angleterre, l’Ecosse, les Etats-Unis, toujours plus loin des siens, toujours plus proches de ses protagonistes, mais toujours plus seul. Sans doute le manque d’éducation dont il souffrit à cause de parents insouciants lui permit de gagner très vite une indépendance d’adulte qui lui laissa toute sa vie un besoin total de liberté mais aussi un sentiment inextinguible de solitude. Humaniste avant tout c’est avec la plus grande sincérité qu’il dévoile l’essence même de la nature humaine et meurt de l’extrême solitude de celui qui se voue tout entier à transmettre ses convictions. Merci à Philippe Delerm de susciter en nous ce désir de retrouver la fine analyse psychologique de David Copperfield, Oliver Twist et Pickwick…
B. C. D.
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29 décembre 2025
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« L’eau des miroirs » par Christian BOBIN
Ecrit en 1970
Publié en 2025
Edition : Gallimard
130 pages 14 €
Personne mieux que Lydie Dattas, l’épouse poète de Bobin, ne saurait interpréter cette spirale du vide que ressent l’auteur face au désespoir d’un amour malheureux. Car « L’eau des miroirs » est trouble, la mal aimée qui s’y reflète se meurt. Le livre a tout du fil d’Ariane, ce fil qui sauve Thésée mais que Thésée ne se prive pas de rompre. Ce que veut l’amant c’est de se délivrer de tout lien, d’éviter de tomber dans les pièges de la banalité. Alors la voix de l’amante agonisante s’élève du début à la fin de cet ouvrage que Bobin écrivit très jeune mais ne voulut pas publier. Il s’y trouve plein d’amour et de haine, de lucidité et d’incompréhension, de jalousie et de don de soi, d’envie de vivre et de mourir, de confusion entre absence et présence. William Blake comme Louise Labé ne sont pas loin : l’amour ne serait-il rien d’autre qu’un poison mortel, une attraction répulsive, une contradiction inévitable, « arc-en-ciel devant des statues aux yeux froids et vides » ! Quand on connaît le cheminement de Christian Bobin , on considère cet écrit de jeunesse tout simplement comme un réveil brusque mais nécessaire avant sa découverte de la grandeur dans la petitesse, de la sainteté dans l’humilité, de l’éternité dans l’éphémère . Livre très sombre mais très beau. B. C. D.
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27 décembre 2025
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« Quitter la vallée » par Renaud de Chaumaray
Editions : Gallimard
Parution : Juin 2025
206 pages
20 €
L’amateur de paléontologie aura plaisir à découvrir, avec Renaud de Chaumaray, Montignac-les Eyzies, capitale mondiale de la Préhistoire, qui offre toute une kyrielle de grottes célèbres pour leurs peintures pariétales. Nombreuses sont celles encore inexploitées et c’est dans l’une d’elles que Johanna et Fabien s’aventurent avec témérité. La prouesse de l’auteur réside à faire avec trois récits l’histoire imaginée mais combien plausible d’ une grotte totalement inconnue, où s’entremêlent passé et présent, curiosité et effroi, secret et découverte. Le lecteur est tenu en halène du début à la fin. Il assiste à l’enfoncement dans la galerie souterraine après le déblaiement d’une entrée dissimulée, à la disparition d’un petit garçon, à l’aveuglement d’une touriste pour un Périgordin qui ne saura jamais s’il faut ou non quitter la vallée. En attendant R. de Chaumaray a tout l’air d’un enfant du pays, conscient de la portée historique de ce lieu dont les escarpements et les profondeurs sont apaisés par le cours tranquille de la Vézère, source d’inspiration depuis des millénaires.
B. Clavel Delsol
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25 décembre 2025
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« Folcoche » par Emilie Lanez
Editions : Grasset
Parution : Octobre 2025
184 pages
19 €
Dans son livre « Folcoche », Emilie Lanez cherche à comprendre pourquoi Hervé Bazin, écrivain à scandale, a tant détesté sa famille sans pour autant en renier le nom qu'il a gardé pour sa plume. Publié en 1948 « Vipère au poing » connut aussitôt un grand succès, des milieux littéraires parisiens jusqu’aux lectures secrètes des collégiens de province. Tout y était réuni pour séduire cette génération élevée à l’école de Jean-Paul Sartre, où la détestation de la famille et des autres avait le vent en poupe. Vilipender publiquement sa mère, humilier sa famille jusqu’au silence, multiplier les fabulations, les vols, les mensonges, les séjours en hôpitaux psychiatriques ou en prisons furent une partie de son existence que dévoile Emilie Lanez, soucieuse de remonter aux sources familiales où primait le sens de l’honneur. Celle-ci ne se contente pas de lire et relire à travers les lignes les romans de l’écrivain, d’éplucher les archives d’incarcération, de questionner un neveu attaché autant à sa grand-mère qu’à son oncle. Elle réalise la souffrance occasionnée par un homme malade d'amour pour sa mère, trop longtemps absente et souvent maladroite, que seul le talent de l’écriture sauva de son mal-être.
B. Clavel Delsol
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20 décembre 2025
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SOPHIE BARUT

Sophie Barut a plusieurs cordes à son arc. Le succès de ses bronzes ne se limite pas aux frontières de Lyon. Les expositions ne cessent de se multiplier à Paris comme en province, tandis que son livre autobiographique « Je rentrerai avant la nuit » a reçu le Grand Prix du Témoignage. D’où vient ce talent créateur qui ne cesse de se développer ? Ses œuvres ne peuvent être séparées de la poésie de son époux, Cédric Bondonnat, auquel elle redonne vie depuis un accident de vélo qui cloua ce professeur de philo à l’immobilité totale. Certes elle devient le sculpteur de la fragilité mais aussi de la force intérieure qui témoigne que malgré tout « l’univers est doux ». Car le prisonnier dans son corps finira par dire qu’il est heureux grâce à Dieu, « Il faut L’appeler tout le temps et ça marche.» Ainsi ces deux artistes unis pour le meilleur et pour le pire sont le témoignage vivant que « donner sa vie pour ceux qu’on aime » est le plus sûr chemin pour se réaliser soi-même et offrir aux autres l’espérance en cadeau.
B. Clavel Delsol
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