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23 octobre 2025 4 23 /10 /octobre /2025 15:02
« Tant mieux » par À.Nothomb
                            "Tant mieux"   par A. NOTHOMB
 
 
 
Editions : Albin Michel
Parution : 2025
19,90 €
 
 
"L'enfer,  c'est les autres" et, pire  encore, c'est la famille proche, si on se plonge dans  l'ambiance quasi psychiatrique de celle décrite par A. Nothomb dans son dernier roman. Alors pourquoi ce titre ?  "Tant mieux" est un refrain de résilience , un moyen de combat , un sourire permanent d'une enfant face à des épreuves familiales . Rien ne lui fait peur, rien n’est impossible à élucider,  ni la violence, ni la méchanceté, ni l’ injustice, ni la cruauté . La tonalité est légère pour mieux cacher une gravité indéniable. Car l’histoire est vraie, et  lever un tabou est nécessaire pour mieux comprendre les séquelles reflouées au cœur des victimes . Alors la petite fille observe , essaie de combler les failles de la famille,  et si soudain  « l’obscurité » l’ atteint à son tour,  elle entend un écho lointain  "tu n as pas le droit" .  Ainsi,  même si la famille est un enfer, tout est encore possible avec « Tant mieux ». Chacun n'est il pas capable du pire comme  du meilleur?   Le lecteur aura vite fait de reconnaître A. Nothomb dans la jeune héroïne qui avec son originalité créative s’ est toujours plu à divertir  un monde trop plein de tristesse , de  violence  et de folie. 
B.  Delsol Clavel
 
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10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 11:38
"Une nuit au cap de la Chèvre" de F. Cheng

                                 « Une nuit au cap de la Chèvre »

                                                   par François Cheng

 

Editions Albin Michel

Parution Mars 2025

74 pages

12,90 €

 

Ce petit recueil de réflexions poétiques sur la beauté de l’univers  incite le lecteur  à une  prise de conscience   du mystère de la création. Avec humilité F. Cheng se lance dans une explication quasi scientifique sur ce  miracle tout à fait explicable. Lors d’une nuit passée au bout de la presqu’île de Crozon, il se réveille  angoissé  par le battement des flots contre la paroi rocheuse. Mais bien vite il s’habitue au flux et reflux   qui lui donne la clé du secret divin. L’interaction entre la lune et la terre n’est-elle pas à l’origine d’une   énergie dynamique grâce à laquelle a lieu l’ équilibre entre l’immensité du Cosmos et la fragilité de la Vie,  entre l'éternel et l’éphémère, entre un mécanisme répétitif et un devenir incertain ? Une  question est alors inévitable : la Puissance Créatrice n’est elle pas en droit d’attendre un échange de notre part comme  donner un sens à la création, une dignité à toute vie humaine,  un lien entre la vie et  la mort, entre le Crucifié par l’existence du Mal et le Ressuscité par le don de l’Amour? Certes le mysticisme de F. Cheng se métamorphose en une poésie mais aussi en une leçon indispensable, celle des voie/voix  d’Orphée , qui conseille de ne pas oublier « nos morts ni notre propre mort » mais de transmuer « les absents en d’ardentes présences »... François Cheng a peut-être cent ans mais une espérance immaculée. Si certains passages nous dépassent, son message reste clair et l’écriture toujours belle.


B. Clavel Delsol

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9 octobre 2025 4 09 /10 /octobre /2025 13:00
"Continuer" par Laurent MAUVIGNIER

                                             « Continuer »

                      par Laurent MAUVIGNIER

Editions : Les Editions de Minuit

Parution : Novembre 2024

235 pages


Le succès médiatique de Laurent Mauvignier est bien justifié : son amour de la nature le prouve, là où les chevaux sont rois, où la beauté des montagnes du Kirghistan est irrésistible, où l’inconnu a bien plus de valeur qu’un mari mal aimant, où la femme peut enfin faire ses preuves ou du moins y croire. Alors l’héroïne se donne à corps perdu dans un voyage lointain, dans des chevauchées  interminables, dans des rencontres éphémères, car jusqu’ici elle dit avoir tout raté : sa vie de romancière, d’épouse et de mère. Aussi elle se jure de sauver  son fils adoré, skinhead et autiste depuis la séparation de ses parents. Comment lui redonner goût à la vie ? Où trouver le bonheur pour cet ado malheureux? Même la montagne a ses dangers, ses précipices et ses voleurs. L’important c’est de « continuer », mais jusqu’où? Car si « errare humanum est, perseverare diabolicum ». Certes cette chevauchée a tout d’une tentative de guérison,  mais la mère de famille  n’échappe pas à ses propres limites. Dans "Continuer" les descriptions sont ciselées comme des  diamants, les ressentiments sont durs comme des cailloux, parfois noirs comme du charbon. Si l'amour maternel embrase indéniablement tout le livre, le lecteur assiste néanmoins à une  course en avant au détriment certain d’une sage réflexion…

B . Clavel Delsol

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30 septembre 2025 2 30 /09 /septembre /2025 17:34
"La bibliothèque retrouvée" par V . de Senarclens

« La bibliothèque retrouvée » par Vanessa de Senarclens.

Editions : ZOE

Parution : Août 2025

20 €

230 pages

C’est un pari bien réussi que réalise l’auteure : faire revivre la très grande bibliothèque disparue de Poméranie. Au XVIIIème siècle dans son château de Plathe, Friedrich Wilhelm von der Osten constitue une bibliothèque de livres anciens, que plusieurs générations continueront à enrichir.  Malheureusement le 3 Mars1945 l’Armée rouge envahit cette partie orientale de l’Allemagne nazie  et fait voler en éclat  ces  trésors inédits. Seul subsiste un meuble à tiroirs, hérité de sa belle-famille,  qui inspire l’auteure.  Il s’agit d’un fichier  répertoriant seize mille ouvrages disparus dans les décombres de l’ Europe d’après-guerre. Vanessa de Senarclens est consciente qu’un tel inventaire est le travail de toute une vie, celle de Ferdinand von Bismarck-Osten, son propre beau-père. Alors elle remonte le temps en traçant le portrait des ancêtres qui ont contribué à une telle collection, interroge les bouquinistes du monde entier, découvre l’authenticité d’une tabatière offerte par le roi Frédéric II et ressuscite  des chefs-d’œuvre historiques tels qu’un volume interdit de Voltaire, un Aristote préfacé par Erasme … « Ces hommes travaillaient pour l’éternité. On avait tout prévu, tout sauf la folie des dévastateurs » dira Goethe. Et c’est là que l’auteure réalise les souffrances de Karl von Bismarck-Osten,  père de Ferdinand, qui ne put rien faire pour sauver ses amis bibliothécaires juifs, avant que lui-même subisse la destruction de ses œuvres par les communistes.  Cet essai, plein de douce ironie  pour  ce culte familial  des livres, révèle l’importance  de l’écrit sur la pensée,  son infaillibilité  sur le temps  et son rôle de sentinelle pour la transmission d'un humanisme sans pareil.  

B. Clavel Delsol  

 

 

 

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14 septembre 2025 7 14 /09 /septembre /2025 15:26
"Poussière dans le vent" par Leonardo PADURA

                      « Poussière dans le vent »

                                  par Leonardo PADURA

 

Editions : Poche

Parution : 2023

739 pages

 Ils sont huit  amis cubains,  tous différents les uns des autres mais unis  par des liens indéfectibles, heureux de se retrouver, sous n’importe quel prétexte réel ou inventé, à Fontanar, leur refuge qui n’est autre que la maison de Clara. Malheureusement leur gaieté est celle du clown triste :  non seulement l’alimentation se fait rare à Cuba, mais même la vaisselle en plastique et les couvertures doivent être dérobées à la compagnie d’aviation. Ils ont faim mais résistent, ils sont médecin, physicien, informaticien, artiste peintre, vétérinaire…en un mot  ils travaillent même si ça leur coûte plus cher que de ne rien faire, ils volent car ils sont volés par l’Etat, mais ils savent encore rire et aimer. Les uns étouffent et rêvent d’Amérique, de Porto Rico ou d’Espagne, prêts pour un nouveau départ jusqu’à risquer leur vie, laisser derrière eux leur progéniture ou changer d’identité. D’autres se sentent surveillés voire même prisonniers, avec parmi eux  une belle espionne suspecte. Ainsi deux mondes se déchirent : celui dont ils rêvent et celui qu’ils subissent. C’est un demi siècle de l’histoire cubaine qui se déroule et qui va faire exploser les plus beaux souvenirs familiaux. Certains seront poursuivis par un sentiment de responsabilité, d’autres par une sempiternelle culpabilité. Le style alterne entre érotisme et romantisme. "Poussière dans le vent", le Clan se disperse, mais l’esprit de fraternité subsiste , les survivants  reviendront au chevet de Bernardo, conscients plus que jamais que la misère économique est à l’origine de la plus mesquine trahison. Et si la victoire finale tant souhaitée était dans ces allers-retours nostalgiques au pays des palmiers, des cigares et du rhum que l’auteur lui-même ne cesse de chanter  ?

B. Clavel Delsol

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31 août 2025 7 31 /08 /août /2025 14:20
"La maison dans la dune"

                                        « La maison dans la dune »  par         

                                  Maxence van der Meersch

Editions :  Albin Michel, Poche 

Parution : 1932, 1951, 2007 

254 pages

 

Ce livre  édité par Albin Michel dans l 'entre-deux-guerres pourrait paraître bien désuet. Et pourtant  les descriptions de ce nord de la France recouvert de brume et de sable  font découvrir, en même temps qu’un talent douloureux,  le  monde des  pauvres   trop souvent oublié.  Après avoir sauvé  Germaine d’une maison close et en faire sa femme, Sylvain, pour lui offrir une vie décente, fait de la contrebande de tabac entre France et Belgique, activité  rudement réprouvée à l'époque. Malheureusement les douaniers ne sont pas toujours  honnêtes et les anciennes filles de joie pas toutes fidèles. Est-ce possible pour Sylvain le contrebandier de reprendre sa destinée en main, comme l'affirme l'innocente Pascaline? Peu à peu le lecteur découvre  l’empreinte de Dieu sur les pauvres  et tout spécialement dans le cœur de Sylvain qui s’embrume avant de se fondre dans la pâleur du firmament. Très beau livre à l’honneur des humbles que l’auteur n’a cessé de réhabiliter dans chacun de  ses romans.

B. C. D.  

 

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21 août 2025 4 21 /08 /août /2025 09:54
"Les nuits de la peste"

                  « Les nuits de la peste »

                                  par Orhan PAMUK

 

Editions FOLIO

Parution : Septembre 2023

800 pages

 

 

Dans  « Les nuits de la peste » O. Pamuk  enferme un long roman  où l’on retrouve tous  les débats qui agitent notre société actuelle. Le style n’en est pas moins romantique. La description   de l’île de  Mingher  est paradisiaque jusqu’à ce que, par un beau matin de 1901, le vaisseau impérial du sultan Abdülhamid II qui  voguait vers la Chine, y fasse une halte imprévue . Pour quelle raison  Bokowski Pacha, inspecteur général de l’Administration sanitaire de l’Empire ottoman débarque-t-il,  accompagné du docteur Nuri Bey ? Une maladie infectieuse  qui a tous les aspects de la peste transforme le voyage de noces de Nuri et de sa jeune  épouse, la princesse  Pakizé, nièce du sultan,  en secours médicaux. Malheureusement les désinfectants pulvérisés et la  quarantaine imposée  perdent vite  de leur crédibilité. Les insulaires ne savent plus à quel saint se vouer, l’abime se creuse entre scientifiques chrétiens et musulmans fatalistes, entre sages et indisciplinés, entre déserteurs et loyalistes, entre aide de l’Etat et désir d’Indépendance, beaux prétextes pour  usurper  le pouvoir. Tyrannie et peste ne font plus qu’un. Sami Pacha le gouverneur ne pourra pas résister longtemps à la mutinerie où  prisonniers et quarantenaires voient leur portes s’ouvrir et leur vengeance arriver.  La violence décuple, jusqu'à l’absurdité totale quand Pakizé est nommée reine de l’île par des pantins fanatiques, révolutionnaires nationalistes, qui continuent à laver les morts et à propager la peste au grand dam de Nuri. C’est cette décrépitude  moderne que dénonce Orhan Pamuk. L’île, célèbre pour ses cultures de roses, n’est plus qu’un champ de cendres. La tonalité du style de Pamuk  change sans cesse entre  confiance et désespoir, abnégation et arrivisme . La hache funeste finira-t-elle par faucher le drapeau national qui, dans ce pays d’herboristeries traditionnelles, n’est autre que la bannière publicitaire d’une pharmacie? Ainsi O.Pamuk réalise un très bel ouvrage reliant avec talent paradoxes humoristiques et réalisme, fine psychologie et lyrisme, passé et présent, amour humanitaire et politique…

B. Clavel Delsol

 

 

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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 21:03
"Avec toi je ne crains rien"  par Alexandre DUYCK

             « Avec toi je ne crains rien »

                          par Alexandre DUYCK

 

Editions : Acte Sud

Parution : Avril 2024

196 pages

19,90 €

 

L’atmosphère  est celle  des montagnes suisses, celle des années 40 où la femme  ne change pas de vallée pour se marier ni ne quitte sa maisonnée même  pour suivre son mari dans les alpages. Le 15 Août 1942 Joseph et Louise laissent leurs quatre enfants pour aller compter leurs bêtes en altitude  et n’en reviennent  jamais. Les mauvaises langues iront bon train, et si  les critiques accablent ce beau couple que tout le monde admirait jusque-là, seuls les enfants de Joseph et Louise vont se battre pour continuer leurs recherches et sauver l’honneur familial. Comme pour bien des auteurs c’est un fait divers qui inspira  Alexandre Duyck. Celui-ci  veut montrer la montagne telle qu’elle est, splendide mais capable d’engloutir. Le style est celui d’un  montagnard au franc parler, qui dépeint un univers rude d’où se dégage le sens des racines et des vraies valeurs. Livre conseillé aux fanatiques  des sommets !    

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30 juillet 2025 3 30 /07 /juillet /2025 08:07
"Cela s'appelle l'Aurore" par Emmanuel ROBLES

      "Cela s'appelle l'Aurore"

                        par

         Emmanuel ROBLES

 

Editions : Poche 

Publication : 1952

224 pages 

 

Il y a du Victor Hugo et du Maupassant dans ce mélodrame d'Emmanuel Roblès. On y retrouve le cynique  Javert des "Misérables" dans l'inspecteur Fasaro et aussi l'angoisse du "Horla" dans le docteur Valerio.  Ce dernier, à force de tenter de soulager son entourage, est de plus en plus submergé par l'angoisse. Pourquoi rester dans un petit village de Sardaigne pour soigner les rescapés d'une explosion minière alors que son épouse rêve de rentrer à Naples? Comment avouer à celle-ci qui revient d'une cure dans les Alpes son amour fou pour sa maîtresse? Enfin comment ne pas protéger le pauvre Sandro du crime commis sous l emprise de l’alcool d'un patron exécrable ?C'est alors que l'inspecteur Fasaro va hanter Valerio, le poursuivre par des interrogations pleines de suspicions et de sous-entendus.  Valerio  sent le monde vaciller autour de lui. Il a l'impression que tous les villageois le suspectent, se méfient de lui. Il  perd de son assurance, se laisse mener par des sentiments contraires à la raison et guider par des voix intérieures en ressentant toujours un échec cuisant. Si la folie ne le rattrape pas, saura-t-il garder sa capacité d aimer? Car peut on vraiment aimer les autres en abandonnant sa femme? Comme Sartre, Emmanuel Roblès, en interrogeant sa conscience, ne trouve que nausée. Mais ses talents d écrivain tiennent le lecteur en suspens en lui offrant deux lumières, celle de l'aurore pleine de beauté et celle de l'éternelle noirceur des Hommes . B. C. D.

 

 

 

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27 juillet 2025 7 27 /07 /juillet /2025 16:57

                                      « Le sens de ma vie »    par   Romain Gary

 

Editions : Gallimard

Parution : 2014

101 pages, se lance dans l’aviation, le droit

12,50 €

 

Les émigrations successives de ce petit Russe Blanc en Pologne puis en France avec une mère passionnément francophile  n’ont pas empêché de faire  de Romain Gary un  français à part entière. Les talents et l’ambition ne manquent pas à ce jeune homme éclectique : à peine  ses nouvelles  littéraires sont publiées  dans Gringoire qu’il s’oriente dans l’aviation, car pour lui pas question pendant la guerre  d’être autre chose qu’un aviateur combattant. Les anecdotes s’en suivent toutes aussi prodigieuses les unes que les autres dans une tonalité pleine d’humour où perce sous la dérision une fierté bien justifiée. Certes il n’aura pas le rôle d’ambassadeur  que souhaitait sa mère, mais sa carrière diplomatique  lui fit découvrir sa véritable vocation. De même qu’il était  Impossible pour lui de représenter la France avec des idées auxquelles il n’adhérait pas ,  de même  impossible pour lui  d’endosser les rôles d’imprésario proposés par Hollywood. Doté d’une sensibilité extrême, l’écrivain entrevoit  avant l’heure le déclin de l’Occident, le règne du sexe et de la violence, la disparition de la féminité, et pour finir la désintégration de l’âme. Le style de cette autobiographie est celui d’un enregistrement  qu’il fit peu avant sa mort. Et si les mots se répètent comme par maladresse, la pensée elle avance lentement vers une désillusion certaine.

B. Clavel Delsol

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