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18 mars 2026 3 18 /03 /mars /2026 09:35

Je voulais vivre - 1

 

 

                                         « Je voulais vivre »    par

        

                                      Adélaïde de Clermont-Tonnerre

 

Editions : Grasset

Parution : Novembre 2025

475 pages

24 €

  Adélaïde  de Clermont-Tonnerre fait preuve d’ une imagination débordante en créant de toute pièce  une Milady bien différente de celle d’Alexandre Dumas. Sans jamais trahir le style de ce beau roman de  cape et d’épée du XIXème siècle, elle prête à la manipulatrice des trois mousquetaires des qualités de courage et d’ingéniosité  face aux situations désespérées qu’elle rencontre. La noblesse de cœur est cette fois toute réservée à Milady, tandis que les trois mousquetaires et leur capitaine n’agissent que par orgueil personnel. Certes le  libertinage  s'étend  de la cour de Louis XIII jusqu'à celle d'Angleterre, et les rapts et assassinats en province sont fréquents quand il s’agit de camoufler un déshonneur familial ou de dérober un héritage à son aîné; même le prêtre est pervers, seul l'homosexuel  est capable d’amitié.  A contrario les femmes sont des êtres de vertu et de fidélité, malheureusement toujours victimes. L’écriture d’A. de Clermont-Tonnerre  équivaut à celle de Dumas, des plus audacieuses et distrayantes, voulant simplement embellir la réputation féminine  que celui-ci  avait entachée. Initiative féministe intéressante malgré un résultat tout aussi caricatural que celui de ce gigantesque romancier qui aimait trop la vie pour se préoccuper de la réalité historique  et de subtilités psychologiques. Mais n'est ce pas cette légèreté dans l'action  et cette imagination féconde  qui fit  et fait encore la joie des  lecteurs des "Trois Mousquetaires" ?  

B. Clavel Delsol

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13 mars 2026 5 13 /03 /mars /2026 10:24

                    De mère inconnue - 1   

 

                       « DE MERE INCONNUE »   

                     

                        par    Pascal Bruckner

 

Editions : Grasset

Parution : Mars 2026

263 pages20 €

 

 

Ce livre est bouleversant par la sincérité et l’évolution des sentiments de l’auteur. Au début du livre l’ingratitude du fils pour sa mère choque. Mais bien vite une tonalité alternativement naïve ou humoristique dédramatise une situation tout à fait tragique.  Mésententes conjugales, violence d’un père caractériel, raciste de surcroît,  et soumission  d’une femme qui ne vit que pour son fils unique, vont faire du petit Pascal Bruckner un adolescent qui préfèrerait de beaucoup une mère volage à une mère vertueuse.  Gaieté de parade, refuge dans une lecture d’avant-garde sans doute à cause d’un désir d’émancipation, sens du devoir collé au corps, crainte et ambition pour l’avenir de son enfant, tout chez cette femme exècre l’autobiographe. Mais l’écriture appelle aux souvenirs et mène à la réflexion.  L’université, les voyages, les rencontres intellectuelles  et les expériences amoureuses semblent peu à peu renforcer  l’écrivain dans un esprit d’indépendance et un jugement personnel qui petit à petit lui feront comprendre l’origine de tant de maux familiaux et réagir intelligemment. La famille Bruckner était protestante, exilée en Allemagne après la révocation de l’Edit de Nantes, et en avait gardé la psychorigidité prussienne et l'antisémitisme radical. « Les erreurs peuvent se corriger, une occasion perdue peut revenir ». Alors  Pascal Bruckner s’empresse de rattraper le temps perdu pour redonner à ses souvenirs « une mélodie intérieure » que sa mère avait perdue en fin de vie  et surtout conseiller au lecteur de ne pas systématiquement répéter ce que font les parents !

B. Clavel Delsol

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10 mars 2026 2 10 /03 /mars /2026 21:45
"Trois Mexique »

                               « TROIS Mexique »   par J. M. G. LE CLEZIO

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Janvier 2026

131 pages

18,50 €

 

 Mieux que trois Mexique ce sont trois personnalités littéraires que nous présente Le Clézio.  Le lien qui les relie entre elles n’est autre que leur attachement à des valeurs qui sont celles de l’auteur : le respect de la personne humaine, le bienfait de l’écriture, la solidarité transgénérationnelle. Sœur Juana de La Cruz n’était ni révolutionnaire, ni rebelle, simplement désireuse de revaloriser la place de la femme métisse trop souvent considérée comme esclave ou comme objet de convoitise. Pour ce faire elle rédigea du fond de son couvent du XVIIème siècle poèmes et fabulettes qui réussirent à ébranler le machisme. Mais c’est avant tout la dictature qui inspira à Juan Rulfo le roman mexicain le plus tragique du XXème siècle. Incarnée par son personnage éponyme Pedro Paramo, l’œuvre toute en allégories, alimentée non seulement par le souvenir de la révolution mais aussi par la guerre des Cristeros, finit par « trébucher sur le seuil du désespoir » et dans la nuit de l’absurdisme. Par bonheur le troisième écrivain, Don Luis Gonzalez, met tout son espoir dans les saines vertus et habitudes de son village natal. Selon lui, le langage oral, l’écriture, la mémoire familiale et le Colegio sont l’âme même du pays qui participe sans cesse au renouveau de l’Histoire.  Ainsi tout paradis se construit, même si rôde en permanence la violence irraisonnée des jaloux, des narcotrafiquants ou des dictateurs. Très beau livre où le Clézio apparaît en filagramme derrière ces trois portraits, comme s’il voulait rappeler la fragilité de la paix.

B. C D.   

 

 

 

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6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 14:56

                                         « HORS CHAMP »

                         

                       par Marie-Hélène LAFON

 

 

 

Couverture de "Hors champ" de Marie-Hélène Lafon. [Editions Buchet-Chastel]

 

Editions : Buchet Chastel

Parution : Janvier 2026

170 pages

19,90 €

 

 

La réputation de Marie-Hélène Lafon n’est plus à faire. Son titre « Hors champ » dit bien ce qu’il veut dire. L’objectif déborde du cadre habituel où exode urbain  et réussite individuelle  vont de pair, mais  converge  plutôt dans  le monde des traditions paysannes avec ses expressions démodées et  son obsession de l’honneur familial. Certes l’agriculture et l’élevage ne sont pas gratifiants mais Gilles n'en porte pas à lui seul toute la responsabilité. Plus que la terre, ce sont « les normes et les analyses et les règlements de Bruxelles » qui ont étranglé les petits propriétaires. C’est le sentiment d’échec du patriarche déçu par un fils incapable de faire face à la modernité.  C’est l’étroitesse de l’esprit d’un beau-frère  trop urbain pour s’intégrer à une famille d’éleveurs.  C’est une mère usée, inapte à échanger avec une fille qui a fait des études et à supporter le silence obstiné d’un ingrat. C’est la communication par ordinateur qui fait défaut, c’est la maladie inexpliquée des vaches qui amènent l’odeur de la mort.  Gilles s’enfonce dans le désespoir et l’incompréhension d’une sœur qui ne cesse pourtant  de lui répéter : « Si un jour tu veux arrêter tout ça, tu peux compter sur moi »…C’est ainsi que M-H Lafon une fois de plus apparaît comme le chantre de la vie,  quand le coeur est en symbiose avec l'esprit d'initiative, comme celui de Claire, toujours active, toujours aimante... 
B. Clavel  Delsol.

 

 

 

 

 

 

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4 mars 2026 3 04 /03 /mars /2026 17:30

                                                 « LES RONCES »   par Cécile COULON

 

 

 

Editions : Le castor Astral

                   Poche/Poésie

Parution : 2021

167 pages

9,90 €

La poésie de Cécile Coulon est bien représentative de notre époque. Femme partagée entre sa terre natale qu’est l’Auvergne  et les lumières parisiennes qui lui font miroiter une réputation littéraire, celle-ci se consacre à la poésie entre la rédaction de deux  romans. Certes c’est bien dans la réalité quotidienne qu’elle trouve son inspiration, que ce soit dans un café où un humble admirateur lui fait cadeau de son repas de frites, dans la description  de sa terre natale qu’est l’Auvergne et de son village d’Eyzahut « véritable boîte à trésors ». Mais bien vite ses « fantasmes d’adolescents » la rattrapent.  Non conformiste et plutôt rebelle, « animal à moitié fou »,  pleine de sensualité, elle veut profiter de l’amour, de la liberté, de la nature, en un mot de la vie. Son style lui ressemble : tout   en vers libres, sans ponctuation aucune, il coule à flots, même si les anaphores sont nombreuses. Les sentiments s’alternent, se contredisent, les émotions émergent avant même que les yeux se soient posés, les thèmes sont ceux de tout poète, mais le fil rouge de son livre reste son perpétuel écartèlement pour ne pas dire mal-être. Ce qui frappe c’est sa  jeunesse, son allant, sa course au bonheur,  comme si elle craignait de ne pas avoir assez de temps ni de bras assez longs pour embrasser la vie.  Sans doute tient-elle cet empressement à sa passion de courir, « la course, la vraie », qui paradoxalement fait souffrir et délivre comme les ronces auvergnates, comme les lumières de Paris , comme les amours incertaines ! Recueil de poésies sur lequel les bacheliers de 2026 se pencheront facilement grâce à sa conjonction de l’insolite et de la spontanéité,  pour ne pas dire  immaturité   …

B.C.D.



 

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1 mars 2026 7 01 /03 /mars /2026 15:53

                                           « LES PAROLES DE L’ESPRIT »

                                                  La vie spirituelle selon saint Jean

                                              Par Jean ALBERTI

 

 

Editions : Profac

Parution : 2004

203 pages

16 €

 

Prêtre et professeur de théologie qui se définit lui-même comme un Juif errant très chrétien, Jean Alberti propose une méditation à partir de l’Evangile de saint Jean. Petit-fils d’un diamantaire qui aimait le beau et la vie, fils d’une mère convertie grâce à saint Jean l’évangéliste, Jean Alberti avait besoin de rédiger ce livre pour transmettre à son tour ce qu’il avait reçu du disciple de Jésus.  La vocation de saint Jean n’était pas celle d’un exégète mais plutôt celle d’un disciple soucieux de transfigurer le vécu en un hymne à la vie. Car, selon lui, la vie est un don de Dieu et non une expiation du péché. De même la Passion n’est pas un cataclysme mais une Rédemption. C’est précisément cette vision non pas historiciste mais prophétique que Jean Alberti apprécie. Ainsi « le Verbe fait chair » est à la fois faiblesse et grandeur, force et douleur, et ne fait qu’UN avec le Père et le Paraclet envoyé à sa suite pour éclairer les hommes. Car la tentation prométhéenne est partout dans le monde, même au sein de l’Eglise. Or la foi ne doit renier ni la filiation divine ni la fraternité humaine.  Sans doute est ce la raison pour laquelle Jean Alberti aborde le sujet du pardon, pardon qu’il eut tant de mal à accorder au commissaire des affaires juives de Montpellier qui avait dénoncé sa famille à la Gestapo. Ainsi, dans le récit de la Passion où « tout est accompli », le roi douloureux devient roi glorieux universel, comme Jean l’évangéliste devient martyr de l’amour…

B.C. D.

 

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24 février 2026 2 24 /02 /février /2026 10:25

                                   Morituri - 1

 

                                       « MORITURI »  par Yasmina Khadra

Editions : Mialet Barrault

Parution : Avril 2025

255 pages

20 €

Dans « Morituri » le style de Yasmina Khadra est aussi varié que la société d’Alger lors des années 90. L’auteur l’écrivit sous le coup de l’émotion due à des attentats qui le bouleversèrent et dont il ne se remit jamais. Il le reprend en 2025, entremêlant enquêtes policières, témoignages historiques, enrichissements de magnats protégés par une classe dirigeante aveugle à l’islamisme radical montant. Derrière Alger la Blanche se trament de noirs trafics, proxénètes corrompus aux luxueux palaces, qui contrastent avec la misère de certains quartiers et les maigres salaires des fonctionnaires. Des passages plein de poésie sur cette ville brûlante de soleil autant que de mauvaises mœurs alternent avec les répliques insolentes des uns, les menaces des autres et la probité héroïque du commissaire Llob et ses lieutenants appelés à élucider plusieurs crimes, l’assassinat d’Anissa, la mort du directeur de la Banque nationale avant de se lancer dans la disparition de la jeune Sabrine, fille du riche Ghoul Malek. Il va sans dire comme  la beauté du titre choisi par l’auteur laisse derrière lui une tristesse infinie, celle de l'adieu définitif au  pays bienaimé.

B. C. D.  

 

 

 

 

 

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18 février 2026 3 18 /02 /février /2026 17:56

                                                Impossibles adieux - 1 

 

 

                                       " IMPOSSIBLES ADIEUX"  

                                           

                                               par HAN KANG 

 

Editions : Grasset 

Parution : 2023

330 pages 

20 €

Un linceul de neige épaisse ne cesse de recouvrir la petite île coréenne de Jeju, comme s’il voulait dissimuler des vérités interdites . Quand  ce ne sont pas des flocons qui virevoltent dans l’air,  ce sont des plumes d’oiseaux,  comme pour mélanger rêve et réalité,  cruauté et douceur, vérités historiques et tabous. A la blancheur du paysage  succède une vision apocalyptique de flaques de sang, de troncs d’arbres noirs, de poussières d’os. C’est ce décor lugubre  que  Gyeongha doit affronter  pour rendre service à son amie hospitalisée à Seoul. Quand elle arrive chez Inseon  il est trop tard , le perroquet dont elle est responsable  est mort , triste présage à une autre découverte, celle d'un recueil des mémoires des  parents d'Inseon massacrés comme tant d'autres familles. La capitulation des Japonais en 1945 suivie de leur départ n'apporta pas la paix espérée mais une interminable guerre civile qui réduisit  l'île en un tas de cendres.  Tout reprend vie sous les yeux des deux amies retrouvées, la vieille femme exaspérante d'amour ressurgit, l’oiseau mort  vole de nouveau,  le  grand-père défunt se remet  à trembler, comme si émanait la souffrance  trop longtemps comprimée des insulaires, spectres malheureux qui errent encore dans le paysage environnant. Ainsi la beauté poétique du  début du livre  se transforme peu à peu en un  puissant réquisitoire contre l’oubli de la folie meurtrière. Le style de Han Kang est magnifique, une poésie en prose envoûtante  qui transpose les drames de cette période  en une véritable peinture multicolore .  

 B. C. D.    

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16 février 2026 1 16 /02 /février /2026 20:01

             

 

                         « L’amour moderne »

                   par Louis-Henri de la ROCHEFOUCAULD

 

Editions : Robert Laffont

Parution : Août 2025

246 pages

20 €

Pas étonnant que ce roman ait remporté le prix Interallié 2025 car Louis-Henri de la Rochefoucauld  est le digne héritier de son aïeul du XVIIème siècle, avec tout ce que cela comporte de talent littéraire et de moralité. Mais son style n’a rien des Maximes, il ressemble plutôt à celui de Patrick Modiano dans les errances sans fin dans le XVIème arrondissement de Paris, entre le square Pétrarque, l’école de Loyola et le cimetière de Passy. Tout à la fois roman, essai, réquisitoire et satire, le récit donne froid dans le dos et rejoint de peu l’affaire Epstein. Certes le déséquilibre mental a toujours existé. Mais aujourd’hui il se déguise en arrivisme maladif, en jalousie paranoïaque, a besoin de mises en scène, de faux-semblants, de dénonciations mensongères. C’est ce que découvre Ivan Kamenov, anti-héros, alter ego de l’auteur, jamais remis de l’assassinat de son ami d’enfance Alexis Dubois et de sa famille  par le pater familias lui-même.  Aujourd’hui écrivain sans inspiration, Ivan se trouve par hasard face à une star de cinéma et de théâtre désireuse d'arrêter sa carrière. Elle s’appelle Albane, est l’épouse ou plutôt l’esclave d’un producteur de films, carriériste impitoyable qui la force à revenir sur scène et rencontrer  Ivan pour la rédaction d’un scénario.  Albane étant  une proche de la famille Dubois , un flot de souvenirs communs aux deux artistes émerge et laisse présager une histoire  romantique possible. Mais l’amour moderne le permettra-t-il ? Livre original où l’auteur n'hésite pas à dévoiler  la pauvreté des références culturelles des grands de ce monde, raisons de tant de désespoir et d’actes de folie.

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14 février 2026 6 14 /02 /février /2026 09:15

                        Quand même - 1       

                       

 

                          « QUAND  MÊME » par Olivier ZARROUATI

 

Editions : le Cherche Midi

Parution : Janvier 2026

430 pages

19,50 €

 

Olivier Zarrouati a abandonné son nom de plume pour reprendre son patronyme. Il veut une dernière fois se tourner vers son père qui n’a jamais triché. Alors comment l’écrivain peut-il  le remercier si ce n’est par une « fable » d’où est bannie « l’infaillibilité de façade»? Un accident d’automobile rend tétraplégique Jean-Dominique Dauffarges, un chef d’entreprise performant. Du jour au lendemain il n’est plus rien, ni le patron de son établissement, ni le mari adulé de Blandine qui s’empresse de reprendre les rênes de l’usine. Il est juste un handicapé avant même de devenir un total hémiplégique à cause de l’ intervention finale ratée d’un ami médecin. Alors Blandine se démène plus que jamais pour l’usine, tandis que leurs deux enfants profitent de leur liberté d’adolescents, jusqu’au jour où JoD, mis à l’écart, est ramené, malgré l’inertie totale de son corps et de son cerveau, au cœur de la maison puis de l’entreprise. Qui est l’auteur d’une telle décision ?  Pourquoi ce retour impromptu dans le cours d’une vie où seuls semblent régner le souci de la rentabilité, l’importance de la réussite, le déshonneur de l’échec et la honte de la dégradation physique ? Et c’est là que l’auteur fait preuve d’une prise de conscience de l’attente de la jeunesse, du mépris  de celle-ci pour le faux semblant, de la pureté de leur cœur, de leur dédain pour la promesse rompue quand on a juré le serment d’Hippocrate ou la fidélité dans le mariage pour le pire comme pour le meilleur. Le masque de la fonction ne piègerait il pas l’âme autant que le préjugé pour ne  finir par faire de l'existence qu’un mensonge vivant ? Et pourtant la vie mérite « quand même » d’être vécue.  Car un homme diminué et même  un corps inerte ont une dignité : celle du combat dans le silence, comme le marin lutte contre la houle, comme le chef d’entreprise se bat contre les concurrents déloyaux. Par ce récit réaliste Olivier Zarrouati rejoint Christian Bobin qui ne voyait la grandeur que dans la petitesse de l’humilité et St François d’Assise dans  le salut de la Croix.

B . Clavel Delsol

 

 

 

 

 

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