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19 mars 2025 3 19 /03 /mars /2025 10:43
"Le barman du Ritz" par Philippe COLLIN

                     "Le barman du Ritz" par Philippe Collin

 

Editions : Albin Michel

Parution : Novembre 2024

395 pages 

21,90 €

Philippe Collin ouvre grand les portes du Ritz de Paris des années 40 à 44, où le barman  Franz Meier, juif d’origine autrichienne, s’efforce de faire bonne figure. Il sait ce qu’est la guerre, il s’est battu en 14 pour la France. Il sait aussi ce qu’est l’amitié, il l’a découverte à New-York. Au bar du Ritz  il  enchante, avec ses cocktails, le cœur des officiers  allemands et apaise la peur de « la peste brune »de certains clients et employés. Une situation bien ambigüe dans ce contexte historique où se croisent la vieille  Marie-Louise Ritz  pleine de sollicitude pour les  antisémites, alors que Claude  Auzello  directeur de l’établissement   fait tout pour cacher la judéité de Blanche  son épouse.  Les réceptions somptueuses dans un Paris qui meurt de faim sont indécentes, mais l’auteur y ajoute un comique de situation dans le côtoiement permanent d’artistes  internationaux,  de SS au « sadisme débridé », de conspirateurs  antihitlériens et d’ impitoyables  collabos français.  La tragédie devient inévitable, délations et  arrestations  se multiplient. Pendant combien de temps  Meier  pourra-t-il « épater les Boches » tout en  procurant faux passeports et sauf-conduits ? Entouré d’ une kyrielle de célébrités historiques  toutes aussi différentes les unes des autres de par leurs opinions politiques despotiques ou respectueuses,  et de par  leur caractère combatif ou désespéré, Meier apparaît comme le garant de la modération  qu’Ernest Jünger réclamait à tout prix pour éviter la spirale de la violence.  Le barman du Ritz sortira-t-il sain et sauf de cette guerre et de la Libération qui s’en suivit ? En tout cas il reste un modèle de loyauté et de courage qui méritait bien d’être rappelé.
B.C D.

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10 mars 2025 1 10 /03 /mars /2025 11:03
"L'autre moitié du soleil"

                           « L’autre moitié du soleil » par

                         Chimamanda Ngozi Adichie

 

Editions  : FOLIO

658 pages 

 

Nul ne saurait mieux que C. N. Adichie décrire  cette tentative d’indépendance du Biafra qui dura de 1967 à 70.  Ce livre plein de romanesque n’en reste pas moins fidèle à la réalité historique dans la détermination du Biafra à gagner un identité politique. Le  peuple Igbo, la troisième  plus grande ethnie du Nigeria , est accusé d’être l’auteur d’un  coup d’Etat,  ce qui déclenche  une guerre  sanguinaire. Le réalisme du style jusqu’au moindre détail du quotidien permet de s’immiscer dans la vie de deux sœurs  Olanna et Kainene qui n’ont pour point commun  que leur gémellité. Olanna est séduisante autant par sa beauté physique  que par sa culture britannique raffinée. Kainene, plus ingrate est la fille matérialiste de ses parents enrichis. Leurs penchants amoureux sont tout aussi différents: Odenigbo, l’amant révolutionnaire d’Olanna, affublé d’une mère aux rites archaïques, contraste avec Richard , un journaliste britannique incompétent, symbole d'une Europe inefficace. L’auteur parvient ainsi à dresser un tableau du Biafra avec diverses personnalités que  seul le respect humain pourrait sauver des horreurs de la guerre.  Les villes d’Abakakilé , Enugu, port Harcourt , Asaba et Umuahia tombent les unes après les autres, jusqu’à ce que Owerri soit miraculeusement repris aux « vandales ». Et c’est là que se trouve le paroxysme de l’horreur, des pages entières où après une chasse impitoyable des soldats biafrais eux-mêmes   aux « civils oisifs »  succède l’hystérie  d’une victoire improbable.  Viols, saouleries au kai-kai, famine,  les deuils se multiplient sous les yeux d’Ugwu, jeune innocent sorti de la brousse, qui n’eut pas son mot à dire quand la folie  humaine l’enrôla sans pitié, si ce n’est ce triste leitmotiv : « Le monde s’est tu pendant que nous mourions »… Récit  très instructif sur la fragilité des uns et la force morale des autres, qui  inspira un  joli film au metteur en scène africain  Biyi Bandele et rappelle les  nombreux drames actuels.  

Brigitte Clavel Delsol

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25 février 2025 2 25 /02 /février /2025 19:49
 « L’Ascension » par Amélie de Bourbon Parme

               « L’Ascension »

par A. de Bourbon Parme

 

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2024

476 pages

23 €

Ce  roman a plus d’un atout : une narration chronologique précise entrecoupée des pensées  intimes d’Alessandro Farnèze dans  un contexte historique tourmentée où les nombreux  évènements relatés sont à l’honneur de  cet  honnête homme de l’Eglise de la Renaissance italienne. Cardinal laïc d’Ancôme, puis de Palerme, et surtout élu dirigeant du Collège Sacré  de Rome,  celui-ci  poursuit son ascension au milieu des « trafiquants d’éternité » qui virevoltent autour des papes successifs. Des évènements  viennent malheureusement compromettre ses projets et contrarier sa carrière ecclésiastique déjà bien en peine par l’assassinat préjudiciable de sa sœur, par sa proximité familiale des Borgia, par son support au belliqueux pape Jules,  une vie maritale pas officialisée et un fils qui passera au camp ennemi. Mais Alessandro n’a d’autre ambition que d’« être utile à l’Eglise» et à sa famille. Sa loyauté dans les combats politiques et spirituels  réhabilitent l’Etat épiscopal des années 1500  décrié  pour ses guerres, ses dépenses excessives et ses mauvaises mœurs. Selon lui la richesse paraît indispensable à la grandeur et à la protection de la chrétienté, comme à la louange divine. C'est pourquoi  Alessandro  ne néglige pas son patrimoine familial. Son objectif premier est de perpétuer cette religion catholique que Luther dénonce et de défendre les états pontificaux convoités par François 1er et Charles Quint. C‘est avec courage qu’il se sépare de la femme aimée pour remplir la charge la plus haute de l’Episcopat.  Une vision de l’Eglise pas inintéressante dans le contexte d’aujourd’hui qui par habitude remet systématiquement en cause le passé en oubliant l’importance de cet humanisme qui est aussi un ciment de la religion chrétienne.

B. Clavel Delsol

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12 février 2025 3 12 /02 /février /2025 09:03
     « Prisonnier du rêve écarlate » par Andreï MAKINE

 

 

                              « Prisonnier du rêve écarlate »

                                     par Andreï MAKINE

Editions : Grasset

Parution : Janvier 2025

414 pages

23 €

Seuls le courage et la solidarité fraternelle peuvent vaincre le rouleau compresseur de la machine étatique. Tel est le message d’ Andreï Makine  dans ce roman initiatique, où le protagoniste se voit  dans l’obligation de changer de nom et de nationalité pour échapper à un emprisonnement à vie. En 1937 Moscou brille, le pays des Soviets fait rêver.  Lucien Baert, jeune communiste, est révolté par la mort accidentelle de son père exploité par le patron d’une usine de Douai.  Il s’embarque pour l’URSS où il a vite fait de découvrir que dans  ce pays tout  est supercherie. « Le rêve écarlate » n’est autre que « l’enfer du paradis communiste » et ses camarades du parti communiste français doivent le savoir.  Le style d’Andreï Makine est au rythme des évènements successifs qui chamboulent la vie de Lucien. Suspecté par la Sûreté d’Etat d’espionnage il est envoyé au Goulag puis au front contre l’offensive hitlérienne. Et c'est là qu'un compagnon d'armes  et une femme changent sa vie, non par miracle mais par admiration pour son courage et sa probité. Lucien, devenu Matveï Bélov, ne restera pas prisonnier de ce pays despotique.  Malheureusement quand il retrouve la France trente ans plus tard, ce n’est plus celle de son enfance, mais la  société  de 1968, permissive, anarchiste, hypocrite  qui le rend fou. Faut-il mieux prendre des neuroleptique dans une clinique de la banlieue parisienne ou retourner à Dourok ? Faut-il mieux dispenser de belles théories révolutionnaires  ou se contenter d’entraider les derniers habitants d’une campagne désertée ? La réponse est dans la poésie de Makine qu'il offre malheureusement  avec parcimonie, tant la nature humaine semble dévoyée et les forêts endormies. Mais une note d’espérance subsiste : Fabre, le jeune monarchiste, et Faucher, le cégétiste, n’ont-ils pas , malgré leurs divergences politiques,  la même  volonté de  guérir  l’âme blessée de Julien ? C’est précisément  cette foi qui fait apprécier les romans de A. Makine.  

  B. Clavel Delsol

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5 février 2025 3 05 /02 /février /2025 14:58
"Steppe by steppe" par Vianney de Boisredon

                                  « STEPPE BY STEPPE »

                                 par Vianney de Boisredon

Editions : Flammarion

Parution : 2024

310 pages

20 €

 

Vianney de Boisredon veut réaliser son pari : un voyage en stop jusqu’aux portes de la Chine. Il craignait un saut dans le vide, c’est un saut dans la confiance humaine qu’il réalise. Les liens se tissent vite entre le voyageur solitaire et les camionneurs apitoyés par ce rêveur farfelu. Les difficultés ne manquent pas, les langues étrangères sont sources de quiproquos, de négligences administratives, le climat est de plus en plus froid au fur et à mesure de l’avancée vers l’hiver et vers l’Est, les hurlements des loups résonnent dans les nuits glaciales d’Asie centrale, les routes escarpées sont désertes mais rendent miraculeuse chacune des rencontres. Si Vianney parvient à traverser les Balkans, l’Anatolie et le Caucase et atteindre l’extrémité du Kirghizistan, la solidarité humaine y est pour beaucoup. Certes l'appel des grands espaces incite le marcheur à avancer et même à chevaucher dans une  neige profonde jusqu’au lac Son Koul.  Mais c’est avant tout la joie de découvrir des êtres heureux de vivre, qui, même dans la plus grande pauvreté, font toujours preuve de générosité. Le globe-trotter finit par rentrer les yeux hypnotisés par les steppes sauvages et les hauts sommets, mais surtout le cœur plein du désir de partager sa foi en l’humanité, car « Vivre sans l’espérance équivaut à ne pas vivre du tout ». B.C.D.

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27 janvier 2025 1 27 /01 /janvier /2025 19:20
                                             « CAMILLE     LE  ROBOT     DU FUTUR »                    Par Henry ROSSIGNOL

                                             « CAMILLE     LE  ROBOT     DU  FUTUR »

                                                                     Par Henry ROSSIGNOL

                                           

 

Editions : Henry Rossignol

Parution : 2024

262 pages

Plaidoirie ou satire de l’intelligence artificielle? Roman à thèse ou essai ? Utopie ou dystopie ? Le robot Camille saura-t-il apporter la solution ?  En attendant sa  société fondatrice  espère en garder le contrôle bien que les capacités technologiques de celui-ci ne cessent de se développer. Suite aux bons résultats économiques de Camille,  le gouvernement découvre un intérêt politique à la robotisation. Rien de plus rentable en effet qu’une réduction du nombre de salariés accompagnée d’ une augmentation des bénéfices imposables pour distribuer un revenu à une population trop heureuse d’arrêter de travailler :  le gouvernement peut ainsi rester en place.  Mais la révolte gronde quand les habitants des « villages de la liberté » réalisent que le bonheur n’est pas dans l’oisiveté mais dans l’effort et la responsabilité. C’est alors le temps de la vengeance pour finir par celui de la mort. Mort des hommes, mort des robots, mort de la planète. L’auteur devient Cassandre ou robot lui-même en  annonçant « une quatrième espèce d’êtres vivants qui se définit  par la seule intelligence ». Et si c’était précisément cette intelligence désincarnée qui était à l’origine du désespoir et offrait une image absurde du monde ? Livre magnifiquement structuré, très éclectique, qui n’est ni le premier ni le dernier à aborder ce sujet d’actualité.

B. Clavel Delsol

 

 

 

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20 janvier 2025 1 20 /01 /janvier /2025 07:40
"Viva la Vita" par Dominique Barbereau-Agenais

« VIVA LA VITA »  par Dominique Barbereau-Agenais

 

Editions : l’Orangerie

Parution : 2024

205 pages

 

 

Dominique Barbereau-Agenais avait déjà abordé le thème de l’euthanasie dans son très beau recueil de nouvelles paru en 2017. Elle y revient dans ce roman avec cette maturité de l’âge qui chante la vie plutôt que de la pleurer. Le style s’écoule à toute allure au cœur d’une maison familiale « La Vita » où les retrouvailles du moment sont hantées par la décision de Mamysa, aïeule bien déterminée à donner un terme à sa vie à la fin de l’été. Sans doute la conscience du médecin qui a prêté le serment d’Hippocrate poursuit l’auteure, mais, dans sa préface comme dans la bouche de son héroïne, tout commentaire d’ordre moral ou religieux est interdit.  Chacune de ses filles a son propre point de vue. Toutes trois septuagénaires, grand-mères à leur tour, sauront-elles se mettre d’accord ? En peine de solut la narratrice remonte la généalogie, tente de trouver modèle sur les fondateurs de la demeure où débarque maintenant une armée de descendants, tous avec leurs problèmes personnels, amours délaissés, familles recomposées. Alors jaillit l’idée de sauvegarder « La Vita » pour en faire un havre de paix. Les trois grands-mères y parviendront-elles ? Si l’auteure n’a pas le romantisme de Pierre Adrian  dans son livre « Que reviennent ceux qui sont loin », son pragmatisme est le plus fort. Il faut agir, écrire des romans , faire du yoga, jouer du violon,  en un mot il faut dévorer la vie, lui donner un sens, transcender à tout prix les affres de la mort…

B. Clavel Delsol

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16 janvier 2025 4 16 /01 /janvier /2025 08:54
"JACARANDA" par Gaël FAYE

« JACARANDA » par Gaël FAYE

 

Editions : Grasset

Parution : Août 2024

282 pages

20,90 €

Prix Renaudot 2024

 

Tout commence en 1994 par la guerre au Rwanda que Milan, un petit parisien dont la mère est rwandaise, découvre à la télévision. De ce fait le style est simple, sans ambiguïté aucune. L’enfant veut comprendre, tandis que sa mère se referme dans un douloureux silence. Mais chacun d’eux, replacé dans le courant de l’histoire, va conserver son autonomie, l’un persister dans ses questionnements, l’autre dans sa volonté d’oublier. Milan n’aime pas grand-chose à part la musique pop, jusqu’au jour où il part au Rwanda et où il ne cessera de retourner. On assiste à toute une série de destinées individuelles qui vont s’entrecroiser malgré elles. Que ce soit le jeune oncle Claude, le dénommé Sartre, protecteur des orphelins, amoureux de littérature, Alfred le militaire qui rêve de faire du théâtre, la vieille Rosalie profondément chrétienne, Eusébie l’ énergique avocate, la jeune Stella fragilisée à jamais par la mort de ceux qu’elle aime, ou Milan lui-même. Tous ont un lien indéfectible avec cette terre meurtrie qu’ils ne vont cesser de panser, chacun à sa façon, même si on vit dans la défiance.  C’est pourquoi, on ne peut pas résumer « Jacaranda ». Les uns remontent le temps pour tenter de comprendre l’Histoire. D’autres rouvrent les charniers, exhument, commémorent. Certains  s’enferment dans le mensonge, hantés par la honte.  Il y  en a qui crient vengeance et finissent par pardonner. Non seulement  Milan revient à Kigali, mais il y trouve sa raison d’être.  Tout l’y retient, les fleurs bleu lavande du jacaranda, la bière à la banane, la musique, les danses, le culte des livres.  « On ne peut pas comprendre qui on est si l’on ne sait pas d’où l’on vient ». Très joli récit où chacun des protagonistes a son secret pour  tenter d’adoucir le goût amère de la guerre.    B. Clavel Delsol

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14 janvier 2025 2 14 /01 /janvier /2025 17:58

                       « Le roitelet » par J-F BEAUCHEMIN

 

                                       Le roitelet - 1

Editions : Gallimard et Poche

Parution : 2023

192 pages 

 

Une remise en cause de l’art par son jeune frère schizophrène, las des confusions de son siècle, influence J-F Beaumarchin. « Tu devrais écrire un livre dans lequel rien n’arrive » est le conseil du cadet à son aîné qui va, par amour pour lui, se métamorphoser en  poète. Dorénavant il décrira des êtres sans préjugés ni masques, seulement des états d’âme qui épousent le mouvement des nuages ou le balancement des arbres, à tel point que la relation fraternelle se renforce. La description de l’invisible apaise le jeune cadet, tandis qu’elle inspire toujours plus l’écrivain et lui fait mieux comprendre la richesse indicible d’un être trop fragile, en proie à des émotions trop fortes. Alors le spécialiste des mots devient le médecin de l’âme, soulage l’angoissé, se déleste du superflu pour regarder dans la même direction que lui, jusqu’à découvrir la paix intérieure et la propager à ses lecteurs. Très joli livre où les plus petits souvenirs de l’enfance retrouvent leur place et donnent à la vie son vrai sens. B. Clavel Delsol

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14 janvier 2025 2 14 /01 /janvier /2025 07:54
 « Va vers toi-même » par Anne Roux

                   « Va vers toi-même » par Anne Roux

Va vers toi-même !, Et toi comment lis-tu?3

 

 

Editions : Peuple Libre

Parution : Août 2024

250 pages

18,50 €

 

 

 « Va vers toi-même », un titre qui interpelle surtout quand on découvre où Anne Roux amène son lecteur. Une quête de notre identité d'homme, dissimulée au début de son ouvrage  par un humour semblable à celui de Saraï vis-à-vis des aléas de l’existence, l’amène au point culminant de la croyance où  Dieu se fait Homme pour sauver les hommes. Sans doute veut-elle partager les clés d’un certain épanouissement sous le regard divin sans que l’être humain se sente frustré, mais bien au contraire libéré.  Que ce soit Abram ou Moïse dans l’Ancien Testament ou Simon Pierre ou l’aveugle miraculé du Nouveau Testament et bien d’autres exemples encore, l’identité la meilleure n’est pas celle qu’on s’efforce de fabriquer à la force du poignet mais plutôt celle qui se coule dans l’amour du Père. L’erreur de Judas n’était-elle pas de vouloir maîtriser les évènements, à savoir libérer Israël des Romains, ce qui n’était pas l’objectif du Christ ? Peu importe le sentiment d’exclusion ou de solitude. Jésus lui-même est passé par le Désert et la Crucifixion non pas par soumission  mais par l’intime connaissance d’un père de même nature, connaissance  qui relève plus de l’expérience que du savoir et qui aboutit à la Résurrection.  Selon l'auteure, avoir foi dans le Verbe qui se fait Chair,   c’est sortir de soi, c’est aimer l'Autre et le sauver en même temps que soi. Livre empli de références évangéliques et  théologiques qui mènent toutes à la même conclusion: «l’extraordinaire de la Résurrection vient à notre rencontre  sur les chemins ordinaires de la vie ». Une belle leçon de vie…

B. Clavel Delsol

 

 

 

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Published by brigitte clavel-delsol