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30 novembre 2025 7 30 /11 /novembre /2025 14:30

« Tout l’or du monde »  par Anne de Guigné

 

Editions : Les Presses de la Cité

Parution : Août 2025

264 pages

22 €

 

Un ouvrage qui devrait être mis entre les mains de tout lycéen est bien celui d’Anne de Guigné. Il s’agit de la vision de l’économie à travers  les yeux  de la littérature, pur miroir de la société, pour mieux comprendre ses enjeux et prévenir de ses dangers.  Ainsi de la Genèse jusqu’au XXième siècle  le labeur est perçu sous bien différents aspects. Punition ou bien vocation ou tout simplement instinct de puissance ou souci du progrès, il a toujours été le mobile de l’existence, une ruse dans le Roman de Renart,  un trésor selon La Fontaine , une valeur marchande pour Shakespeare ou Cervantes  que le promeneur solitaire en la personne de J-J Rousseau  réfutera mais que son contemporain épicurien Casanova rétablira aussitôt.   Anne de Guigné continue sur sa lancée sans jamais lasser. Elle parcourt les villes ouvrières de Dickens, remémore les illusions perdues de Balzac, transpose en Amérique les dynasties industrielles d’Europe où les Etats Providence se multiplient au grand dam d’Ayn Rand qui souffrit dans sa chair du marxisme  et de Friedrich Hayek qui voit en  la mondialisation le seul remède possible au rapprochement des continents. Malheureusement la souffrance de l’âme humaine non seulement perdure mais  semble s’accélérer au rythme du progrès technologique et d’une perte non seulement  d’identité mais d’espérance quand on lit Michel  Houellebecq et Gaspard Koenig.  Pour finir Anne de Guigné semble se rallier au « Requiem » d’Anna Akhmatova, à savoir que la profonde crise de nos jours a  pour racine non pas le capitalisme mais l’effondrement des structures religieuses  traditionnelles. Sans doute le sang de  la vénérable petite Anne de Guigné décédée en 1922 coule-t-il encore dans les veines de son homonyme, aujourd’hui   journaliste au Figaro ….

Brigitte Clavel Delsol

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25 novembre 2025 2 25 /11 /novembre /2025 23:12

                     « Un monde à refaire » par Claire DEYA

 

 

Un monde à refaire par Deya

Les Editions de l’Observatoire

Parution : mars 2024

412 pages

 22 €

A la fois document historique, roman d’amour, parfait scénario cinématographique, ce livre dévoile ce que la plupart des Français d’aujourd’hui ignorent : le déminage des plages du sud de la France, non pas par l’Armée française encore en guerre dans le nord et l’ouest, mais par des volontaires français, aidés de prisonniers allemands, qui risquent leur vie à chaque instant. Si, au début des opérations, les relations sont tendues entre Français et Allemands, les dangers encourus et les accidents inévitables vont rapidement resserrer les liens. Certes , pour les prisonniers, déminer est  un moyen de  se faire pardonner, mais   peut-être aussi  un moyen  de s’évader. Voilà ce que craint Fabien, responsable du déminage, qui a du mal à travailler avec des "boches". A sa différence,  Vincent , son sous-chef, se lie d’amitié avec eux. Les confidences mutuelles ne pourraient-elles pas devenir entraides ? Vincent ne pourrait il pas troquer la liberté de Mathias contre des portraits de prisonniers susceptibles d’avoir abusé de résistantes, dont Ariane qu’il recherche ? Lukas n’a-t-il pas l’avantage sur les Français de connaître parfaitement le château des Eyguières, quartier général de la Wehrmacht,  véritable poudrière qui renferme les arcanes de la politique nazie comme les délations des collabos,  et qu’il est seul à pouvoir déminer ? Ainsi l’auteure  soulève le problème de l’après-guerre, de l’oubli impossible, des amitiés interdites,  des amours défendus, en un mot de la liberté retrouvée…

B. C. D.

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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 18:21
"LA MOUSSON" par Louis Bromfield

                         "LA MOUSSON"   

 

                    par Louis BROMFIELD

 

 

 

 

1ère Parution : 1937

Editions : POCHE

695 pages 

 

 

Ce livre des années 30 est un parfait tableau des Indes lors du déclin de l’Empire britannique.  A l’arrière-plan le  paysage poussiéreux  de Ranchipur, état semi-indépendant, que seule la mousson  parvient à nettoyer. Au premier plan Tom Ransome, aristocrate en exil, réveillé de sa rêverie  d’artiste peintre  par la lucidité de Fern, jeune-fille  rocambolesque, lasse comme lui d'une vie vide de sens. Grand observateur  mais aussi  fin psychologue, Louis Bromfield dépeint une fresque de personnages des plus attachants, qu’ils soient anglais, américains ou hindous, idéalistes ou futiles, égoïstes  ou altruistes. La famille Smiley se voue corps et âme aux enfants  Intouchables,  le brahman Safti ainsi que Miss Mac Daid aux malades de l’hôpital, d’autres ne pensent qu’à s’enrichir comme sir Esketh, à s’amuser comme lady Edwina, à pérorer comme Mrs Simon, jusqu’à ce qu’un terrible tremblement de terre ébranle Ranchipur, effondre son barrage et avec lui la foi en la science occidentale.  Une inondation apocalyptique  suivie d’une épidémie de choléra offrent un spectacle de cadavres et de ruines. Et c'est dans cette épreuve terrifiante que tous vont  se révéler, s'entraider et s'aimer. Cette histoire est peut-être aussi le reflet des trois grands dieux de l'Inde, Brahma, Vishnu et Shiva: la création, la préservation et la destruction. Sans doute est-ce la raison pour laquelle le colonel Moti, hindou réputé pour son radicalisme communiste,  incendie Ranchipur, avec l'espoir de faire renaître un pays neuf sur ses cendres ...

B. Clavel Delsol

 

 

 

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9 novembre 2025 7 09 /11 /novembre /2025 16:41
"L'annonce" par Pierre Assouline

                                          « L’ANNONCE » par Pierre ASOULINE

Editions : Gallimard

Parution : Janvier 2025

315 pages

22 €

Pas de militantisme dans ce dernier livre de Pierre Assouline et pourtant la tentation est grande. Deux témoignages d’un même homme mais à cinquante ans de distance. Le premier, celui d’un jeune étudiant, qui n’hésite pas à partir et revenir, l’autre, celui d’un homme plus mûr qui observe et compatit pour aboutir à une réflexion à la fois politique et intime… Tel apparaît Raphaël, le protagoniste, étudiant français en philosophie, qui laisse Paris en 1973 pour secourir Israël envahi par ses voisins. Il y a autant d’humour en lui que de générosité.  Il ne parle pas hébreu mais arabe, il rêve de devenir journaliste mais accepte de s’occuper tant bien que mal de deux mille dindes s’il peut contribuer à la survie économique de ce pays en guerre. Où veut en venir Assouline avec cette histoire d’amour avec Esther, jeune israélite soldate psychologue qui a pour mission d’annoncer le décès des soldats aux familles respectives ? Elle est fragile, ils s’aiment, mais la vie les sépare jusqu’au 7 Octobre 2023 quand Raphaël décide de retourner sur ces lieux en souffrance. Alors le style change, gagne en gravité, ce n’est plus seulement l’heure d’annoncer la mort des soldats mais celle de rechercher les corps, de leur attribuer des noms, de reconnaître les erreurs d’identification…2023 est pire que 1973, les cadavres retrouvés ne sont que des amas d’os calcinés, la guerre s’enfonce dans les bas-fonds d’un Gaza d’acier blindé, Israël perd de sa superbe comme le corps d’Esther.  Mais la chaîne des aïeux ne s’interrompt pas, Raphaël revoit la jeune Esther dans sa petite-fille, le lignage continue à lutter, à puiser de l’énergie dans l’espérance que chaque camp parvienne un jour à s’entendre. Livre d’un visionnaire qui sentait la nécessité de l'écrire depuis cinquante ans.
B. Clavel Delsol

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31 octobre 2025 5 31 /10 /octobre /2025 17:09
"La maison vide "par Laurent Mauvignier

      « La maison vide » par Laurent Mauvignier

 

Les Editions de Minuit

Parution : Septembre 2025

744 pages

25 €

 

 

Cette histoire familiale semble avoir toutes les qualités requises pour le prix Goncourt 2025! Elle est magnifiquement écrite, pleine de romantisme et de fine psychologie. Malheureusement entre les lignes perce une obsession bien engagée, la famille est un enfer,  le patriarcat responsable de tous les maux. Firmin, le grand-père, n’a-t-il pas   forcé sa fille Marie-Ernestine à épouser le bon Jules pour sauver ses terres dédaignées par ses deux fils, et sans doute aussi pour éviter les prémisses d’un amour interdit ? Suite à une telle décision, rien n’ira plus, non seulement dans la tête de Marie-Ernestine mais aussi dans celle de sa fille Marguerite qui   finira par tomber dans des travers impardonnables pour les habitants du bourg. Alors il faut sauver l’honneur à tout prix, ce qui, pour Marguerite, est hypocrisie, source de révolte et d’émancipation. Dans une vision travestie de la société d'hier, s’il y a scandale on camouffle, s’il y a mariage on fait semblant, s’il y a folie on la cache, s’il y a trahison on tond les cheveux. L’amour maternel est réduit à néant, le patron abuse, la salariée lesbienne console, l’héroïsme du soldat est remis en cause, Pétain décore la chair à canon pour se faire pardonner. Et si Marguerite finit par découvrir l’amour, la guerre une fois encore arrache les époux. Les femmes, si fortes pendant l’absence des réservistes, peuvent se révéler bien vite vulnérables. Peu importe le fil de cette histoire familiale. Ce qui intéresse l’auteur c’est de rendre hommage à tous, quels que soient leurs faits et gestes, à lever les tabous, à remplacer les vides des albums de photos, à retrouver des ressemblances entre des êtres dissemblables, à rouvrir une maison qui ne rivalisait pas avec les châteaux alentour mais qui renfermait un combat permanent, celui d'un bonheur personnel, à défaut de paix intérieure ...

B. Clavel Delsol

 

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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 08:31
"KOLKHOZE" par E. CARRERE

                                              «  KOLKHOZE »     par Emmanuel CARRERE

Editions P. O. L

Parution : Septembre 2025

548 pages

24 €

Si Hélène Carrère d’Encausse fut, comme le dit son fils,  « avocate de la décevante Russie »,  Emmanuel Carrère vient justifier les faux  espoirs de celle-ci  en révélant  les penchants à la fois  occidentalistes et slavophiles de ses ancêtres  Russes blancs depuis la révolution bolchévique jusqu’à nos jours. En effet, née du nom de Zourabichvili, famille aristocratique de Géorgie, descendante du comte Panine qui participa à une tentative d’assassinat du tsar Paul Ier, l’Académicienne eut du mal à pardonner l’annexion de la Géorgie, où ses ancêtres antistaliniens se sont battus pour la liberté et où  encore au XXème siècle  une de ses cousines sut y représenter pendant quelques mois  la démocratie  en tant que présidente de la République. Mais pourquoi la grande spécialiste de la Russie n’a pas perçu le danger de la politique d’annexion de la Crimée qui ne faisait qu’annoncer celle des régions du Donbass ? Tel semble le moteur de ce livre où E. Carrère  transporte le lecteur de l’histoire de  sa famille à celle des pays où elle vécut.  Il se tourne vers cet oncle maternel, jamais remis de la disparition mystérieuse de son père en 1945 sous la Libération.  Il regarde aussi le présent, scrute la tristesse de son père mal aimé, effacé par la brillance intellectuelle de la petite immigrée devenue secrétaire perpétuelle de l’Académie française. Le style est celui d’un romantique où le «  je » est omniprésent au grand dam de sa mère que la rigueur stylistique n'empêchait pas d'apprécier les passions pour le piano et la généalogie d’une belle-famille bordelaise…

B. Clavel Delsol   

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23 octobre 2025 4 23 /10 /octobre /2025 15:02
« Tant mieux » par À.Nothomb
                            "Tant mieux"   par A. NOTHOMB
 
 
 
Editions : Albin Michel
Parution : 2025
19,90 €
 
 
"L'enfer,  c'est les autres" et, pire  encore, c'est la famille proche, si on se plonge dans  l'ambiance quasi psychiatrique de celle décrite par A. Nothomb dans son dernier roman. Alors pourquoi ce titre ?  "Tant mieux" est un refrain de résilience , un moyen de combat , un sourire permanent d'une enfant face à des épreuves familiales . Rien ne lui fait peur, rien n’est impossible à élucider,  ni la violence, ni la méchanceté, ni l’ injustice, ni la cruauté . La tonalité est légère pour mieux cacher une gravité indéniable. Car l’histoire est vraie, et  lever un tabou est nécessaire pour mieux comprendre les séquelles reflouées au cœur des victimes . Alors la petite fille observe , essaie de combler les failles de la famille,  et si soudain  « l’obscurité » l’ atteint à son tour,  elle entend un écho lointain  "tu n as pas le droit" .  Ainsi,  même si la famille est un enfer, tout est encore possible avec « Tant mieux ». Chacun n'est il pas capable du pire comme  du meilleur?   Le lecteur aura vite fait de reconnaître A. Nothomb dans la jeune héroïne qui avec son originalité créative s’ est toujours plu à divertir  un monde trop plein de tristesse , de  violence  et de folie. 
B.  Delsol Clavel
 
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10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 11:38
"Une nuit au cap de la Chèvre" de F. Cheng

                                 « Une nuit au cap de la Chèvre »

                                                   par François Cheng

 

Editions Albin Michel

Parution Mars 2025

74 pages

12,90 €

 

Ce petit recueil de réflexions poétiques sur la beauté de l’univers  incite le lecteur  à une  prise de conscience   du mystère de la création. Avec humilité F. Cheng se lance dans une explication quasi scientifique sur ce  miracle tout à fait explicable. Lors d’une nuit passée au bout de la presqu’île de Crozon, il se réveille  angoissé  par le battement des flots contre la paroi rocheuse. Mais bien vite il s’habitue au flux et reflux   qui lui donne la clé du secret divin. L’interaction entre la lune et la terre n’est-elle pas à l’origine d’une   énergie dynamique grâce à laquelle a lieu l’ équilibre entre l’immensité du Cosmos et la fragilité de la Vie,  entre l'éternel et l’éphémère, entre un mécanisme répétitif et un devenir incertain ? Une  question est alors inévitable : la Puissance Créatrice n’est elle pas en droit d’attendre un échange de notre part comme  donner un sens à la création, une dignité à toute vie humaine,  un lien entre la vie et  la mort, entre le Crucifié par l’existence du Mal et le Ressuscité par le don de l’Amour? Certes le mysticisme de F. Cheng se métamorphose en une poésie mais aussi en une leçon indispensable, celle des voie/voix  d’Orphée , qui conseille de ne pas oublier « nos morts ni notre propre mort » mais de transmuer « les absents en d’ardentes présences »... François Cheng a peut-être cent ans mais une espérance immaculée. Si certains passages nous dépassent, son message reste clair et l’écriture toujours belle.


B. Clavel Delsol

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9 octobre 2025 4 09 /10 /octobre /2025 13:00
"Continuer" par Laurent MAUVIGNIER

                                             « Continuer »

                      par Laurent MAUVIGNIER

Editions : Les Editions de Minuit

Parution : Novembre 2024

235 pages


Le succès médiatique de Laurent Mauvignier est bien justifié : son amour de la nature le prouve, là où les chevaux sont rois, où la beauté des montagnes du Kirghistan est irrésistible, où l’inconnu a bien plus de valeur qu’un mari mal aimant, où la femme peut enfin faire ses preuves ou du moins y croire. Alors l’héroïne se donne à corps perdu dans un voyage lointain, dans des chevauchées  interminables, dans des rencontres éphémères, car jusqu’ici elle dit avoir tout raté : sa vie de romancière, d’épouse et de mère. Aussi elle se jure de sauver  son fils adoré, skinhead et autiste depuis la séparation de ses parents. Comment lui redonner goût à la vie ? Où trouver le bonheur pour cet ado malheureux? Même la montagne a ses dangers, ses précipices et ses voleurs. L’important c’est de « continuer », mais jusqu’où? Car si « errare humanum est, perseverare diabolicum ». Certes cette chevauchée a tout d’une tentative de guérison,  mais la mère de famille  n’échappe pas à ses propres limites. Dans "Continuer" les descriptions sont ciselées comme des  diamants, les ressentiments sont durs comme des cailloux, parfois noirs comme du charbon. Si l'amour maternel embrase indéniablement tout le livre, le lecteur assiste néanmoins à une  course en avant au détriment certain d’une sage réflexion…

B . Clavel Delsol

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30 septembre 2025 2 30 /09 /septembre /2025 17:34
"La bibliothèque retrouvée" par V . de Senarclens

« La bibliothèque retrouvée » par Vanessa de Senarclens.

Editions : ZOE

Parution : Août 2025

20 €

230 pages

C’est un pari bien réussi que réalise l’auteure : faire revivre la très grande bibliothèque disparue de Poméranie. Au XVIIIème siècle dans son château de Plathe, Friedrich Wilhelm von der Osten constitue une bibliothèque de livres anciens, que plusieurs générations continueront à enrichir.  Malheureusement le 3 Mars1945 l’Armée rouge envahit cette partie orientale de l’Allemagne nazie  et fait voler en éclat  ces  trésors inédits. Seul subsiste un meuble à tiroirs, hérité de sa belle-famille,  qui inspire l’auteure.  Il s’agit d’un fichier  répertoriant seize mille ouvrages disparus dans les décombres de l’ Europe d’après-guerre. Vanessa de Senarclens est consciente qu’un tel inventaire est le travail de toute une vie, celle de Ferdinand von Bismarck-Osten, son propre beau-père. Alors elle remonte le temps en traçant le portrait des ancêtres qui ont contribué à une telle collection, interroge les bouquinistes du monde entier, découvre l’authenticité d’une tabatière offerte par le roi Frédéric II et ressuscite  des chefs-d’œuvre historiques tels qu’un volume interdit de Voltaire, un Aristote préfacé par Erasme … « Ces hommes travaillaient pour l’éternité. On avait tout prévu, tout sauf la folie des dévastateurs » dira Goethe. Et c’est là que l’auteure réalise les souffrances de Karl von Bismarck-Osten,  père de Ferdinand, qui ne put rien faire pour sauver ses amis bibliothécaires juifs, avant que lui-même subisse la destruction de ses œuvres par les communistes.  Cet essai, plein de douce ironie  pour  ce culte familial  des livres, révèle l’importance  de l’écrit sur la pensée,  son infaillibilité  sur le temps  et son rôle de sentinelle pour la transmission d'un humanisme sans pareil.  

B. Clavel Delsol  

 

 

 

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