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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 20:14

 

 

Editions : Quai Voltaire

Parution :Octobre2013
374 pages

22 €

 

L’Amérique profonde des années 1850 a inspiré un bien joli roman à  T. Chevalier. Une jeune anglaise immigrée, Honor Bright, se retrouve à Faithwell  au fin fond de l’Ohio, plaque  tournante pour les pionniers séduits  par l’ouest et les esclaves attirés par le nord. Là elle rejoint une communauté de quakers qui, malgré leurs aspirations religieuses, oscillent entre un rêve d’abolitionnisme et l’obéissance à un gouvernement  esclavagiste. Bien vite Honor découvre avec horreur  la chasse aux  esclaves noirs en fuite vers les  états libres et que la loi interdit de secourir. En adoptant le regard neuf d’une anglaise, T. Chevalier fait découvrir un Nouveau Monde bien différent de la vieille Angleterre. La douce Honor saura-t-elle devenir américaine ?  En tout cas, point de haine dans ce livre, car dans chacun des personnages, même le plus cruel,  est perçue « une étincelle divine ». L’austère petit village de Faithwell est bien, comme son nom l’indique, un  puits de foi dans l’homme.

B C

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 22:14

 

 Editions : Albin Michel

Parution : Novembre 2013

566 pages

25 €

 

Qui est cette juive égyptienne aux noms successifs  de Mérit,  de Shlomit ou de Sophia, née il y a plus de trois millénaires, qui se promène dans le temps, fidèle à ses ancêtres comme à sa descendance ? Passante immortelle  parmi les hommes, elle côtoie les prophètes hébreux et les philosophes antiques, désireuse de comprendre la marche du monde et de contribuer comme eux au bonheur de l’humanité. 

 Sans doute le but de S. Janicot est le même que celui de son héroïne. Comme elle, elle remonte à plus de mille ans avant Jésus-Christ, pour actualiser un monde trop souvent mythique ou oublié. C’est d’une façon touchante et étonnamment humaine qu’elle fait revivre les grands évènements  de l’histoire, depuis les premiers pharaons  jusqu’aux balbutiements de la philosophie helléniste, en passant par l’Exode et l’éternelle course au bonheur. Rien de légendaire ou de théâtral dans les conquêtes présentées, qu’elles soient guerrières ou spirituelles. Seulement le désir continuel de lutter contre toute forme d'asservissement et promouvoir la dignité humaine. L’homme a toujours été en recherche. C’est  ce  labeur amoncelé depuis des siècles qui  a construit l’Occident et « la mémoire du monde ». Premier tome d’une trilogie aussi joli qu’instructif.

B C

 

 

 

 

 

 

 

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 08:57

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2013

564 pages

22,50 €

 

 

Si la guerre est un thème récurrent de la littérature, l’après-guerre n’est pas moins intéressant  ni moins révélateur de la nature humaine. C’est en effet le sort des « poilus rescapés » et des  « gueules cassées » qui a inspiré l’auteur du prix Goncourt 2013.  Point  d’ennui  dans ce long roman, mais sans doute une tendance pessimiste quant à la nature de l’homme : la bassesse des uns et le courage des autres s’entrelacent jusqu’à ne plus savoir si l’esprit de patriotisme  peut coexister avec celui de loyauté. Le soldat Albert Maillard a tout du anti-héros. Mais sa peur de mourir ne l’empêche pas de  découvrir le  double crime du lieutenant Henry d’Aulnay-Pradelle  et  de rester fidèle au soldat  Edouard Péricourt défiguré par un obus tandis qu’il lui sauvait la vie. Une haine mutuelle  s’instaure entre les deux soldats et leur lieutenant, « plus profonde et perverse que celle ressentie pour l’ennemi ». La spirale du ressentiment et du mensonge va se dérouler sans  fin. Et quand  la course pour l’argent commence, car certains veulent s’enrichir tandis que d’autres doivent survivre, la malhonnêteté n’épargne personne. Les morts tombés pour la France apparaissent une aubaine  et les  entreprises de cercueils ou de stèles une manne. Seule l’amitié indéfectible d’Albert  et  l’imagination  créatrice de la petite Louise apportent la solution au bonheur des « laissés –pour- compte » d’une nation  de vainqueurs que l’auteur dépeint  comme un pays vaincu. Si l’analyse psychologique est de qualité, le lecteur est en droit de regretter une vision caricaturale et destructrice  des valeurs traditionnelles, telle que l’image salie de sainte Clotilde, les  portraits diffamants des responsables de l’armée, sans parler du dénigrement  de la famille et  de l’esprit créateur d’entreprise  présenté comme un vol organisé.

Brigitte Clavel Delsol

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 10:40

 

 

Editions : Flammarion

Parution : Septembre 2013

354 pages

20 €

 

 Inspiré d’une histoire vraie, ce roman se situe  en Argentine en 1987. La police d’Etat n’apprécie guère les psychologues  à la mode comme le docteur Puig et encore moins  les mères de famille qui, comme Eva Maria, se réfugient dans l’alcool pour oublier les crimes de la dictature. Tel est l’arrière fond de ce livre quand  le docteur Puig retrouve sa très belle et  jeune épouse Lisandra assassinée dans leur appartement. Les interrogatoires que celui-ci doit subir se font de plus en plus oppressants et son arrestation injustifiée  donne une occasion  de vengeance  à Eva Maria. Si les premières pages annoncent un roman policier, celui-ci devient un véritable recueil d’analyses de l’âme humaine. L'intérêt du livre réside dans le portrait de chacun des clients de Puig dont les tirades et les comportements révèlent toute la passion argentine. Sans doute ce deuxième roman d'Hélène Grémillon connaîtra-t-il auprès de ses lecteurs le même  succès que son premier livre "Le confident"! 

B .Clavel Delsol

 

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 09:33

 

 

Editions : Flammarion

Parution : Avril 2013

288 pages

21,90 €

 

Rendre à  Lucrèce l’hommage qui lui est dû, telle est  l’intention de S .Greenbalt. S’il  y parvient   brillamment c’est  grâce à sa mise en scène  du célèbre  calligraphe Le Pogge, né en Toscane à l’ère qui voit naître  la typographie de Gutenberg. Préférant  au poste de secrétaire apostolique la chasse aux manuscrits antiques, celui-ci part à la recherche du « De rerum natura » de Lucrèce qui avait disparu et qu’il finit par retrouver à l’abbaye de Fulda au fin fond de l’Allemagne. D’emblée Le Pogge est séduit par la beauté poétique de ce long poème de 7400 hexamètres qui aborde cosmologie et métaphysique dans un très beau style métaphorique. Selon lui, l’art de Lucrèce réside dans une intuition scientifique où  « toutes les particules sont en mouvement dans un vide infini », prophétie  qui l’incite à adresser au ciel  de splendides prières suppliantes.  Ainsi Lucrèce  ne fait pas peur au Pogge,  car l’étude des Anciens  n’est pas un péché mortel tant qu’elle se cantonne à l’esthétique  de la forme poétique. C’est là où S. Greenbalt prend le relai du Pogge et fait  de Lucrèce, non plus un simple poète, mais un héros de modernité et de vérité scientifique où la loi du hasard gère le monde et lui inspire un « bréviaire d’athéisme ». Alors, pense-t-il, la divine Providence et l’éternité de l’âme n’ont plus de raison d’être et les religions, sources d’intolérance, ne font qu’entraver le plaisir sur terre. Le lecteur est  en droit de penser que, si  foi et  science se complètent plus qu’elles ne s’excluent, Lucrèce et Le Pogge sont bien plus d’avant-garde que S. Greenbalt !

B.C 

 

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 09:24

Editions : De Borée
Parution: Juin 2013
294 pages
21 €

Dès les premières pages le lecteur est saisi par le contraste entre un prologue tragique,où a lieu la poursuite de S S  derrière  une famille juive qui en avril 44 essaie d'atteindre le château de Marville, et  le comique de situation qui règne cinquante ans plus tard dans la villa Maldoror où tous les Saint-Clar s'apprêtent à fêter le jubilé d écriture du maître de la maison. Ces deux événements sans lien apparent se situent  à Montbrûlé, en Bourgogne, où les talents d'écriture de Philippe Saint-Clar font la fierté des villageois, même si celui-ci n'a pas été élu à l'Académie Française et son projet d'opéra retenu seulement par une  assistante amoureuse!!!  La cérémonie  se devra être grandiose et, bien que la  famille et les élus locaux fassent  tout leur  possible, elle tourne à la tragédie la plus féroce.  Sans doute  la puissance maléfique qui plane sur "Les chants de Maldoror" de Lautréamont  a-t-elle inspiré J- P  Gourevitch. Homme de lettres éclectique, celui-ci sait user de l'humour ironique  pour parler des thèmes les plus dramatiques et faire défiler devant les yeux de ses lecteurs un film rebondissant en péripéties et pas moins vide de témoignages pleins de significations sur la nature humaine. Car son roman n' est autre qu'une métaphore symbolisant la victoire de la  vérité  sur les forces du mal.
B Clavel Delsol

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 21:33

 

Editions : Flammarion

Parution : Août 2013

294 pages

19 €

 

C’est avec autant de précisions que de délicatesse  que l’auteur suit pas à pas la vie de la famille Einstein. En même temps qu’il procède à la réhabilitation d’Albert Einstein, célèbre physicien et homme politique engagé, il montre l’impact de l’environnement  affectif sur un être comme son fils Eduard  souffrant de maladie mentale.  Certes l’hérédité a une part de responsabilité  dans la schizophrénie, mais elle est loin d’en être la cause unique. La folie du jeune garçon ne va cesser d’augmenter à  partir du départ définitif de son père aux Etats-Unis qui symbolise la rupture familiale. Enfermement, électrochocs, camisole de force,  tout semble se liguer pour rendre encore plus  fou le jeune Eduard Einstein. Jusqu’au jour où, le temps aidant, celui-ci  comprend qu’il y a deux sortes d’êtres, ceux dont le métier est de soigner et  ceux qui sauvent par amour. De magnifiques passages dépeignent l’impuissance d’Albert Einstein, les sacrifices de sa femme Mileva  et  l’empathie de l’écrivain Carl Seelig. Mais le plus surprenant  réside dans les moments de lucidité d’Eduard où, plus qu’aucun autre, il devine la vérité et finit par comprendre que certains se battent et résistent  et que d’autres, trop vulnérables comme lui, sont « les jouets du destin ».

B Delsol

 

 

 

 

 

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 16:43
Editions :Albin Michel
Parution : Septembre 2013
168 pages
15€



C'est parce qu' il est conscient du prix  de la vie que F. Cheng consacre  son livre à "Cinq  méditations sur la mort", paradoxe de poète sans doute, mais  surtout d'un homme d'expérience après une longue vie de bonheur et d'épreuves,  héritier d'une double culture taoïste  et chrétienne, et affublé comme il le dit lui même d' "un esprit qui raisonne et  une âme qui résonne". Comme un cadeau à ses lecteurs,il offre une "Voie" à suivre, celle de l'univers vivant, du devenir toujours en marche, non pas figée dans la peur mais inspirée par un changement total de la perspective habituelle. Car si la mort est considérée comme l'aiguillon qui fait prendre conscience de l'éphémère, qui incite à la réalisation de soi et  insère "le devenir personnel au sein du devenir universel", celle-ci n'est plus la faucheuse impitoyable: elle est  l'amie qui libère l'âme du corps et de l'esprit, qui apporte la  lumière pour mieux  comprendre le monde et  poursuivre le processus de la création.  "Meurs et deviens!". Car "le  Double-royaume" est cet espace de correspondance qui ne finit pas  entre morts et vivants, entre l'homme et Dieu. Dieu lui-même  n'a jamais  fini  d' être, le devenir humain faisant partie de son aventure: "Je serai qui Je serai ". Rien d'ésotérique dans les pensées de F.Cheng, mais l' humble conviction de la communion des saints et de la liberté que le Créateur  a confiée à ses créatures. Livre d'une richesse inouïe en réflexions métaphysiques qui se terminent par une envolée mystique  autant que poétique.
B.Clavel
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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 11:19

Editions : Laffont

Parution : Août 2013

248 pages

21 €

 

 Jean d’Ormesson a encore bien des choses à dire. Soucieux de l’harmonie du monde, qui change par principe et bouge tout naturellement, il semble vouloir apporter à ses compatriotes un peu d’apaisement et d’espérance.  Car, selon lui, la science et le progrès  tuent Dieu,  une surpopulation épuise  les ressources de  la planète,  un totalitarisme technologique menace la mondialisation,  le rallongement de la vie justifie l’éclatement de la famille.  Mais l’écrivain octogénaire résiste à l’adolescent révolté et aux idées à la mode. « L’ordre des choses »  doit être respecté, de même que le  processus en marche doit être renouvelé en permanence. L’attachement à ses racines familiales n’exclut  pas un esprit humoristique sur lui-même comme sur les siens, à tel point que  le lecteur ne sait plus s’il se trouve dans un essai  autobiographique ou un roman à thèse. Mais son intention est immuable : seul l’amour peut sauver l’humanité et c’est cet amour  qui lui inspire son Credo final. Car l’important pour lui c’est de réconcilier ses origines traditionnelles avec le  consensus actuel, et l’existence de Dieu avec  son désir d’éternitéA noter toutefois que les dialogues entre l’auteur–narrateur et son épouse sont sans aucun intérêt ni valeur littéraire.B Clavel Delsol

 

 

 

 

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 10:15

    

 

Editions : Stock -  La Cosmopolite

Parution : Aôut 2013

213 pages

19 €

Bien que son prénom hébreu signifie « la femme qui plaît aux hommes », la jeune Rebecca est d’une difformité repoussante. Néanmoins l’intérêt du livre ne se limite pas à cette laideur physique qui s’estompe vite grâce à la belle simplicité d’expression de Rebecca , mais à la révélation d’ horreurs bien plus graves, celles de l’hypocrisie  et du mensonge des uns, et du mystérieux silence des autres . Beau roman où s’accumulent  les non-dits autant que les ragots,  dans l’Italie profonde  d’un autre siècle où règnent superstitions et sentiments d'honneur. Un événement  inexpliqué, un sentiment inavouable, alimentent peur et honte. La religion alterne sollicitude et sévérité. Les hommes sont  un mélange de faiblesse et dureté confondues, tandis que  les femmes  humiliées s’isolent dans un mutisme total. Seule  la force d’amitiés inespérées soulève le voile du mensonge, donne« le droit d’exister », prouve qu’il y a « la vie à côté ».

B Clavel Delsol

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