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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 11:12

 

Editions : Bayard

Parution : 2013

104 pages

13 €

 

 

Jamais un livre sur la foi ne fut plus empli de tant de simplicité. Et pourtant l’auteur est un intellectuel qui a étudié toutes les religions, un esthète auquel la beauté est indispensable pour transcender l’existence, un acteur qui a joué avec les plus grandes célébrités du cinéma et du théâtre. Son but : partager la foi qui l’anime, la rendre accessible à tous, offrir la recette unique du vrai bonheur, sans prétention aucune et qui peut même se résumer à "la prière du cœur" ou plus  savamment « l’hésychasme » et finir par « oxygéner » l’âme. Michael Lonsdale n’hésite pas à citer l’importance du  « Notre Père », prière collective où le pardon tient une grande place. Car sans la réconciliation avec les autres comme  avec soi-même, il est impossible d’aimer. Un « cancer de l’âme » peut ronger toute une vie et faire passer à côté de l’Essentiel, de Celui qui  aime…

Brigitte Clavel Delsol

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 06:49

 

Editions : Phébus 

Parution : Mai 2014

294 pages

21 €

 


Nul autre titre que « Les âmes égarées » n’aurait mieux  convenu à ces  jolies nouvelles. Patriote jusqu’au plus profond de ses tripes, Joseph 0’Connor aborde tous les sujets chers à l’Irlande, du XIXème siècle à nos jours. Ses huit récits aussi émouvants que spontanés symbolisent les souffrances éternelles d’un  peuple  partagé entre liberté et tradition, revanche et pardon.  Rien n’a jamais épargné ses personnages, qu’ils soient enfants ou adultes, célibataires ou mariés, mais rien n’a ôté leur  courage ni même leur force  de rire et d’aimer. C’est pourquoi les exemples concrets de vies aussi riches en émotions que humbles en sentiments se multiplient. Des détails apparemment  insignifiants se révèlent  capables  de changer le cours d’une vie, et quand l’épreuve est trop lourde, il ne reste plus que l’ironie pour les uns et la fuite pour les autres. Mais même l’immigration vers Londres ou New-York est un rêve bien décevant. Heureusement dans l’errance surgissent d’heureux imprévus, des marques timides d’affection, des non-dits très éloquents et des désirs de paix  qui ne cessent de parachever chacun des personnages de J. O’Connor, tous attachants et  si universels.

Brigitte Clavel Delsol

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 19:20

 

 

 

 Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2014

554 pages

22,90 €

 


Ce roman a plein d’atouts : un contexte historique très représentatif  du  XIXème siècle aux quatre coins du monde, un protagoniste qui n’a rien d’un héros  mais  qui transforme ses désillusions militaires en esprit de justice, un livre d’action dotée d’une fine étude  psychologique . D’emblée le lecteur découvre la cruauté du sergent Bowman, militaire dans l’armée navale de la Compagnie des Indes chargé d’une attaque contre  les Birmans. Mais sa mission échoue et les Birmans vont lui faire subir, ainsi qu’à ses camarades rescapés, des tortures innommables dont aucun  ne se remettra. Un retour inespéré  dans un  Londres noir de choléra et de puanteur symbolise la fin de l’Ancien Monde. Là un crime sauvage dans les égouts londoniens a toutes les caractéristiques des tortures birmanes.  Rien ni personne n’empêchera le sergent Bowman de rechercher l’auteur du meurtre, quitte à partir dans un « Trois mille chevaux-vapeur » là où résonne la guerre de Sécession, et mettre sa vie en péril… Et c’est ainsi que le lecteur s’attache à cet ancien mercenaire qui  semble avoir un cœur et marche doucement vers sa rédemption. Tout à la fois  plein de promesses comme l’avancée vers l’Ouest  et la liberté, mais combien révélateur de la nature humaine, ce livre est  d’autant plus fascinant qu’il rappelle au  lecteur les sempiternelles répétions de l’Histoire …

Brigitte Clavel Delsol

 

 

 

 

 

 

 

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 13:39

Editions : Stock

Parution : Avril 2014

253 pages

19 €

 

 

Le souci d’écrire l’Histoire ne quitte pas F.Tallandier. Alors celui-ci reprend sa plume là où il s’était arrêté dans son précédent ouvrage, au  VIIème siècle de l’ère chrétienne. Heraclius de retour à Constantinople agonise dans le plus profond désespoir, car, avec l’abandon de Jérusalem d’où il revient  mortellement blessé, il a perdu sa notoriété et pressent la chute de son empire. Pendant ce temps le roi Dagobert a beaucoup de mal  à quitter ce monde où il eut tant de chance. Et c’est là que se révèle le talent de F. Taillandier. Il montre combien la gloire peut être vaine, la prospérité éphémère et la reconnaissance injuste. Il poursuit ses portraits en prenant toujours compte de l’héritage familial et territorial, de la psychologie de chacun et des circonstances qui font qu’un homme comme le grand calife Omar, une fois sous l’emprise de Muhammad, ne tient plus ses promesses  de tolérance et ne pense qu’à l’extension de l’islam.  L’esprit de conquête, l’ambition, la jouissance ne cesseront-ils jamais ? Ainsi à l’instar du  moine Frégédaire, F. Taillandier  cherche la vérité dans le cœur des hommes, veut rester juste  dans ses portraits, libre dans ses jugements et fort dans l’adversité. « Et toi, vas-tu rester à les  regarder passer ? » semble-t-il dire à ses lecteurs, comme Boniface à Charles Martel. Car le chemin de l'homme est inextricable, sa tâche est toujours à recommencer sans jamais connaître son aboutissement immédiat. Point de pessimisme en F. Taillandier. Seulement une invitation pour  prendre  rang  dans l'histoire universelle, car tout acte, selon lui,  s'inscrit dans l'Eternité

Brigitte Clavel Delsol

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 07:14
« Les haines pures » par Emma LOCATELLI


 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Février 2013

374 pages

20,90 €

 

Tout, dans ce roman, semble contribuer à montrer la nature humaine sous son côté le plus sombre.  En Juillet 45, après avoir beaucoup souffert de l’Occupation,  la narratrice, Gabrielle Magne, retrouve son village natal au cœur de la Provence. La  chaleur accablante n’est autre que le reflet de l’atmosphère qu’elle y trouve : une mère anormalement acariâtre,  des villageois méfiants, et surtout un silence pesant au sujet de l’assassinat de la famille Roccetti qu’elle avait tant aimée. Si l’enfance et la guerre n’ont pas épargné Gabrielle, la Libération n’a pas ménagé ceux auxquels elle avait donné son affection et les héros de la Résistance finissent par apparaître plus monstrueux que courageux. Fragilisée à l’extrême et lassée de tout, la seule raison de vivre de Gabrielle est le mystère qui entoure ce crime familial. Si le roman prend une allure d’énigme  policière, le lecteur assiste à une quête de la vérité où la protagoniste est prête à tout accepter. La  guerre n’est autre qu’un prétexte pour assouvir les mauvais instincts et laisse derrière elle « un dégoût des choses et des gens ». Ainsi en voulant élucider un massacre injustifié, Gabrielle  découvre la vérité qui habite chacun : sous prétexte d’agir au nom de la liberté, l’homme se permet tout, jusqu’à changer d’identité, éliminer les gênants, accuser sans preuves, camoufler le déshonneur, et ignorer « le prix d’une vie ». Mais le style d’Emma Locatelli est si beau qu’il métamorphose la désillusion en prise de conscience, seul chemin menant à la maturité.

Brigitte Clavel Delsol

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 08:51
Edition : Gallimard
Parution : Mars 2014
231 pages
19,50 €


C' est un J.M.G Le Clézio égal à lui-même que le lecteur retrouve dans ses deux dernières nouvelles avec son  style bien spécifique où toujours l'innocence  rejoint l'essence même de la poésie.
 Dans "Tempête", seule la mer  qui entoure l'île coréenne d'Uto  peut effacer la mort, la solitude, la culpabilité , le remords. Elle est refuge pour Mary,  consolation pour June,  nourricière pour les femmes indigènes et pour Mr Kyo une force qui efface tout sur son passage, " une porte qui s'ouvre  sur un autre monde" et qui  ne donne " plus envie de revenir sur terre". Mais June,comme un ange de lumière, va intervenir sur le chemin de celui-ci et lui redonner peu à peu  goût à la vie, à la terre, et même à un nouveau départ... Car, si les yeux vert d'eau  de Mr Kyo attirent l'adolescente malheureuse en recherche d' affection, celui-ci se révèle vite impuissant, en tout cas peu en osmose avec la nature dans son attirail de pêche, à la différence des vieilles pêcheuses sous-marines  qui sauvent l'enfant de la mort.
Car il y a deux catégories de gens que  le lecteur découvre dans la deuxième nouvelle "Une femme sans identité":
ceux  qui vivent au jour le jour au gré de leurs caprices, de leurs passions amoureuses ou pleines de haine, qui jouent "au jeu des déplacements" avec une totale insouciance ou une cruauté impitoyable,déménagent en cas de guerre, divorcent en cas de mésentente, abandonnent à son triste sort l'enfant orphelin.
Et ceux qui, victimes de  la violence comme Rachel, cherchent à exister à tout prix , à etre reconnus  par tous les moyens, à prendre  " n'importe quelle place" au sein de l'univers, quitte à oublier le beau  rivage au sable blanc et n' y revenir que par miracle.
Ainsi J.M.G Le Clézio entrouvre la porte de la misère trop souvent ignorée, montre du doigt le mur qui sépare deux mondes, celui des fantômes et vagabonds errant sans identité aucune, et  ceux qui abusent égoïstement  de leurs titres et de leurs droits. 
L'auteur, lui, incite à faire de la vie "une histoire plus  belle qu'un rêve".
Brigitte Clavel Delsol
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 17:23
Editions : Stock
Parution : Octobre 2013
215 pages
19,50 €


Les deux raisons essentielles  pour ne pas passer sous silence "L'identité malheureuse" d'Alain Finkielkraut se retrouvent précisément dans le titre: le désir permanent  du"vivre-ensemble"  engendre  une "identité" qui se révèle bien "malheureuse". A force de penser qu'on vit " dans un système" irréversible, c'est nous qui le créons. Une génération de bobos profiteurs d'un Etat Providence, d'idéalistes égalitaires et d'intellectuels démagogues, fait que nos contemporains de nationalités mélangées  refusent toutes règles qu'elles soient morales, sociales ou nationales. Subjectivité et liberté effacent peu à peu le civilisé réalisé par nos ancêtres, rompent avec le passé, éradiquent le nationalisme et finissent par tomber dans une  repentance  sans retour, où le soi se perd dans " l'Autre"  et dans une totale désidentification.  A. Finkielkraut reconnaît néanmoins la nécessité du multiculturalisme, car plus que les démons de l'universel, ce sont les démons de l'identité qui nous hantent et nous annihilent.Et si ce livre avait tout simplement pour vocation de rappeler que l'accueil de l'autre ne suppose pas le reniement de soi-même, tout au contraire ?
Brigitte Clavel Delsol 
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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 09:02

 

 

Editions : Stock

Parution : Février 2014

399 pages

21,50 €

 

Qui ne rêve de se rendre au cœur du Mali et par crainte y renonce? Mme Bâ, l’héroïne d’Erik Orsenna qui habite la banlieue parisienne où elle était venue sauver son petit-fils de la drogue, sent que son pays d’origine la rappelle et n’hésite pas à y retourner. C’est avec courage et lucidité qu’elle fait face à cette nation, désespérément appauvrie par l’avancée des djihadistes et  la corruption d’un gouvernement qui gangrène le pays. La véracité des faits, ajoutée à la psychologie et l’humour de l’auteur, permet de découvrir la tragédie du Mali, potentiellement si riche, mais infesté de narcotrafiquants contre lesquels ne peuvent lutter les traditionnels artisans et commerçants, âme du pays en voie de disparition. Il faut être  Mme Bâ, véritable Jeanne d’Arc, pour rendre à son pays  les couleurs de l’espoir. Lucide, courageuse, insensible au mimétisme français des singeries mondaines, elle n’hésite pas à faire témoigner les victimes du djihad, à visiter les camps des réfugiés au Niger, avant de se rendre elle-même dans le nord du pays où règne la charia. Non seulement elle  sait lire dans les regards, mais elle entend le bruit sourd de la guerre qui avance. Fière de son titre d’« institutrice honoraire », elle a l’audace de relever son école détruite à la barbe des opposants  de la culture, consciente que c’est la seule pierre d’angle de l’avenir. « Mali, ô Mali, qu’as tu fait de ton pays ? », tel est le leitmotiv de ce beau livre qui semble vouloir être une sérieuse  mise en garde à tous les pays de la part d’E. Orsenna.

Brigitte Clavel Delsol

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 23:57

 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Février 2014

423 pages

21,50 €

 

 

Il est bien peu commun de voir un curé catholique appliquer la devise « œil pour œil, dent pour dent », mais parfois raison oblige. En 1790 la Terreur  atteint le fin fond de la Creuse. Michel Blondonnet se plaît à ressusciter cette époque. Plutôt que d’adopter une tonalité tragique, il met en scène tout un scénario qui oppose le curé de la paroisse de Badassat aux révolutionnaires. Ceux-ci revendiquent  le patrimoine de toutes  les églises environnantes.  Puisque le curé Jules  Bardy est devenu fonctionnaire contre son propre gré, il va agir en citoyen lambda et avoir pour seul souci de sauvegarder les richesses de ses ouailles. Rien ne lui fera peur, ni soudoyer à leurs risques et périls trois jeunes fanatiques révolutionnaires, ni mettre en danger sa propre vie comme celle de son neveu bien aimé pour cacher châsses et ciboires. Une roman historique  où deux mondes s’affrontent : celui de la laïcité à tout prix et celui de la tradition religieuse pour qui les saintes reliques valent tout l’or du monde…

B. Clavel Delsol 

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 23:49

 

Editions : Gallimard

Parution : mars 2014

142 pages

15,90 €

 

 

La plus grande dérision pour répondre aux questions existentielles, la plus grande légèreté  pour traverser un monde qui se prend au sérieux, tel est le remède  de Kundera. Car l’ennui a toujours les mêmes causes : la brillance, le mensonge, le nombrilisme, la désillusion … Alors où trouver la joie, si ce n’est dans la petitesse d’un baiser volé, d’un langage inventé, d’un mensonge absurde offert en cadeau ? C’est bien à « la fête de l’insignifiance » que Kundera invite le lecteur. C’est la seule, selon lui, qui apporte la bonne humeur …Adieu les grandes idées, les prétentions, la volonté et même la bonté ! Elles sont « sources d’idiotie » et n’engendrent que des pauvres « excusards ». Tout lasse, tout passe, sauf les antiphrases de Kundera qui a toujours plaidé le faux pour dire le vrai, préférant de beaucoup le comique au tragique… Alors pas d’hésitation pour   rentrer dans la danse d’Alain, Ramon, D’Ardelo et Charles !

B Clavel Delsol

 

 

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