9 octobre 2013
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Editions : Gallimard
Parution : Mars 2013
17,90€
219 pages
Le style coule à flot, prolixe, car à force de cacher des aveux inavouables, il vient un jour où la vérité nous rattrape, où le coeur déborde et se vide complètement. Six nouvelles symbolisent cet état d’âme, six petits contes philosophiques pleins d’évidences : les protagonistes, en se retournant sur leur passé, se sentent enfin libérés. Certes les désillusions tombent en même temps que l’affaiblissement d’un corps qui a lutté toute une vie. Les amis présumés ne répondent plus, la réussite a quelque chose d’arrogant et le déclin d’effrayant. Mais l’auteur n’entraîne pas dans la mélancolie : un jour la vérité finit par éclater, comme « un coffre-fort qui recèle des trésors », car « la vie a plus d’imagination que nous ».
Le criminel de « la rue des Cascades » usé de remords voit la fin de son calvaire au moment où le lecteur ne s’y attend plus. Un lynchage d’écolier peut suffire pour être « l’origine des fonds » d’un homme fortuné qui a le sens de l’honneur plus que de la vengeance. Et si la vieillesse les hante, le créateur de parfums à la retraite ne renonce pas aux arômes et le vieil antiquaire à la chemise « rouge, rose ou fuchsia » continue d’arborer sa photo de jeune soldat.
Ainsi Tonino Benacquista bannit résignation et refoulement. Il rompt la loi du silence en révélant avec beaucoup de finesse et psychologie « nos gloires secrètes ».
B.Clavel-Delsol
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2013
23 septembre 2013
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Editions : Stock
Parution : Août 2013
149 pages
16 €
Un père est bien souvent un héros invincible, inaccessible. Il n’en est rien avec celui de Belinda Cannone auquel elle consacre un portrait peu banal. Elle le présente vulnérable, complexé, incapable de modération, allant jusqu’à frôler la mort en jeûnant, suite au départ de sa femme. Mais cette faiblesse apparente se révèle peu à peu vertu morale. Un tempérament peureux incitait cet homme à s’inquiéter pour autrui, à prodiguer des conseils, à valoriser ses interlocuteurs, à donner ce qu’il n’avait jamais reçu. En un mot « il savait aimer ». Il voulait épargner son entourage de la violence du monde et les rendre attentifs à la poésie de la vie. Français immigré, il avait le culte des mots et plaisir à transmettre leur subtilité, à développer l’imagination créatrice, non pas avec un souci d’esthète, mais toujours ce désir de remplir ce « vide commun » à tous. Ainsi, en reconstruisant la personnalité de son père, passeur aux dons multiples mais non reconnus, l’auteur découvre le « rôle capital » de celui-ci dans sa vie, et finit par se forger elle-même en même temps que son très joli livre.
Brigitte Clavel
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2013
21 septembre 2013
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Edition : Dominique Martin Morin
Parution : Mai 2013
119 pages
15 €
Quelques années en arrière ce roman aurait été qualifié de science fiction. L’auteur l’intitule roman d’anticipation. Le lecteur découvre un petit conte philosophique d’actualité. Belsat est une jeune femme au cœur d’une société dont le gouvernement, à force de brandir l’étendard de la laïcité et de l’égalitarisme, impose sournoisement une idéologie despotique. Une politique de dénatalité au profit d’une obsession écologique à laquelle vient s'ajouter la théorie du Genre au service d’une soit disant libération transforme l’amour en expériences sexuelles et l’euthanasie en solution au désespoir. Belsat est le fruit de ce dogmatisme. Elle est née du « marché de la procréation » et, suite à la séparation de ses « deux papas », elle a survécu grâce au « marché de l’adoption ». Comme sa vie n’a plus de sens et que son fils sera mieux entre les mains d’éducateurs spécialisés,elle décide de se suicider. Et c’est là que tout commence : un groupe de Catholiques la sauve in extremis de la mort. Sûre de sa supériorité intellectuelle, Belsat ne craint pas de rester avec eux. Si, dans un premier temps, elle les considère comme « des arriérés mentaux », elle en tombe bien vite amoureuse. Mais parviendra-t-elle à les suivre longtemps ??? Ainsi composé d’antiphrases et de contre-vérités avec un humour souvent corrosif, ce petit pamphlet finit par aboutir à ce qu’il veut démontrer : sans dimension spirituelle, la vie perd toute son humanité en même temps que sa raison d’être.
B. Clavel Delsol
Edition : Dominique Martin Morin
Parution : Mai 2013
119 pages
15 €
Quelques années en arrière ce roman aurait été qualifié de science fiction. L’auteur l’intitule roman d’anticipation. Le lecteur découvre un petit conte philosophique d’actualité. Belsat est une jeune femme au cœur d’une société dont le gouvernement, à force de brandir l’étendard de la laïcité et de l’égalitarisme, impose sournoisement une idéologie despotique. Une politique de dénatalité au profit d’une obsession écologique et la théorie du Genre au service d’une soit disant libération transforment l’amour en expériences sexuelles et l’euthanasie en solution au désespoir. Belsat est le fruit de ce dogmatisme d’où tout sentiment est exclu. Elle est née du « marché de la procréation » et, suite à la séparation de ses « deux papas », a survécu grâce au « marché de l’adoption ». Comme sa vie n’a plus de sens et que son fils sera mieux entre les mains d’éducateurs spécialisés, Belsat décide de se suicider. Et c’est là que tout commence : un groupe de Catholiques la sauve in extremis de la mort. Sûre de sa supériorité intellectuelle, Belsat ne craint pas de rester avec eux. Si, dans un premier temps, elle les considère comme « des arriérés mentaux », elle en tombe bien vite amoureuse. Mais Belsat parviendra-t-elle à les suivre longtemps ??? Ainsi composé d’antiphrases et de contre-vérités avec un humour souvent corrosif, ce petit pamphlet finit par aboutir à ce qu’il veut démontrer : sans dimension spirituelle, la vie perd toute son humanité en même temps que sa raison d’être.
B. Clavel Delsol
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2013
20 septembre 2013
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Editions des Equateurs
Parution : Avril 2013
168 pages
12 €
Certes il ne faut pas manquer d’audace pour condenser les "Essais" de Montaigne en un petit livre de plage… Néanmoins Antoine Compagnon s’y résout avec succès : le lecteur trouve en lui cette loyauté et cette générosité propres au philosophe du XVIème siècle dont le but était de partager avec ses contemporains l’évolution de ses pensées ou plus précisément leurs flux et reflux, au rythme des évènements et impressions du quotidien. Même jovialité chez ces deux hommes séparés de presque cinq siècles, même spontanéité, qui font que le lecteur fait des aller-retour entre des sujets très divers, des évènements publics et des expériences personnelles, des sujets graves et des détails insignifiants, sans aucun plan précis, avec la bonne humeur pour seule trame. Un même objectif : rendre les hommes heureux ici-bas et pour cela inventifs, et non bornés ni intransigeants, mais créatifs à partir de la connaissance du "moi", non installé dans la richesse ni la vanité de l’omniscience, mais sans cesse remis en cause et renouvelé. A défaut d’ « Un été avec Montaigne », le lecteur aura plaisir à passer un bel hiver grâce à lui, à rêver de plaisirs sains comme une terrasse pour déambuler, une bibliothèque pour s’isoler et d’amis pour dialoguer, en un mot à « mieux vivre pour mieux mourir »…
Brigitte Clavel Delsol
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2013
13 septembre 2013
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Edition : Philippe Rey
Parution : Septembre 2013
238 pages
19 €
Un style familier, sans fioriture, mais précis dans le moindre détail, emmène le lecteur dans la banlieue déshéritée d’une grande ville d’Italie. L’auteur la nomme « la Forteresse » car personne n’ose y rentrer, excepté la police lors de ses rafles régulières, « le ghetto des fauves » tant l’alcool et la drogue y font des ravages. Telle est l’atmosphère ambiante qui enveloppe l’histoire d’amour de Béatrice et Alfonso. Bien qu’ appelés « les jumeaux » par les bandes de jeunes, tout les différencie, leur physique, leur caractère, leur famille respective,leur façon d’aimer. Une fine analyse psychologique oppose l’amour plein de tendresse et de faiblesse d’un être cassé par la vie à la passion pleine de force volontaire et autoritaire pour faire face aux épreuves rencontrées. Si le lecteur n’attend pas une « happy end » du fait que la première page du roman relate l’enterrement d’Alfonso, il apprécie la diversité des personnages rencontrés, la folie désespérée des uns et le sens de l’honneur des autres. Un seul point commun à tous : ne s’être jamais avoué leur amour. Mais savaient-ils seulement qu’ils s’aimaient ?
B.C
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2013
9 septembre 2013
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Editions : Grasset
Parution : Août 2013
362 pages
19 €
Avec une plume aussi dynamique que son goût pour la vie, Laure Adler consacre ses pensées à ses meilleures amies, Florence, Suzanne et Judith. Toutes trois ont en commun une enfance sans père, une mère malheureuse, mais surtout une rage de vivre débordante. La solitude morale leur fait comprendre que le bonheur n’est pas dans les destins tracés d’avance mais dans la libération de ce qui est caché, condamné à tort, jugé perdu à jamais. Alors elles se battent, se démènent contre le sort impitoyable, « désireuses que tout redevienne net ». Florence se voue à la drogue, à l’amour, aux spectacles, avant de se réfugier dans la maladie. Suzanne se consacre à la psychiatrie et à des missions humanitaires. Judith veut gommer l’ineffaçable, le passé de sa mère juive comme l’avenir de l’enfant qu’elle porte en elle. Trois vies d’illusions et de désillusions que la narratrice veut rendre immortelles. Car ce sont ces trois amies qui l’ont forgée autant qu’inspirée. C’est à elles qu’elle doit la découverte du nazisme, de Gide et de Lacan, de l’emprisonnement dans la chair et de la révélation du festival d’Avignon. Le style est fluide , le rythme rapide et les histoires de chacune si entremêlées que le lecteur ressort épuisé, avec le sentiment que le bonheur n’est rien d’autre qu’un leurre, un mirage, une aberration qui donne envie de danser jusqu’à en mourir.
B.Clavel
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2013
4 septembre 2013
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Editions : Grasset
Parution : Mai 2013
149 pages
« Il nous faut livrer bataille et brandir l’épée pour défendre en riant notre désir d’être », telle est la devise qui fait de sainte Hildegarde de Bingen, moniale du XIIème siècle, une femme des plus modernes. La petite Hildegarde a dès son plus jeune âge des dons de visionnaire qui incitent ses parents à la confier à un couvent. Mais la vie monacale n’est pas la prison et Hildegarde y découvre l’affection des religieuses, la joie de l’instruction et le retrait dans la prière qui ouvre sur le monde. Et c’est précisément ce monde dont elle est privée qui va inspirer la jeune religieuse. Ses visions ne sont point des hallucinations d’illuminée, mais des réflexions perçues avec toute son attention, sans extase, mais en toute lucidité, « avec les yeux et les oreilles de l’homme intérieur ». Tout l’enchante et elle veut le transmettre. Alors elle écrit pour retrouver le Verbe et traduire le langage de Dieu, elle loue la nature pour sa beauté et ses remèdes, elle préfère aux dogmes de l’Eglise une foi qui vit et une intelligence qui aime. Si le lecteur a plaisir à retrouver cette « viridité » chère à Hildegarde, élan vital qui l’aiguillonnera toute sa vie, il est circonspect quant aux allusions de l’auteur sur les mœurs de celle-ci, spécialement avec la jeune moniale Richardis. Il n’ignore pas le sérieux des enquêtes qui précèdent toute canonisation, et regrette que le but de L. Nobécourt ne soit « pas simplement d’honorer un désir de clôture, mais un engagement politique de subversion ».Celle-ci en effet prend plaisir à montrer un clergé inflexible et pousser le mysticisme à son paroxysme en utilisant un champ lexical où l’éros se confond avec le sacré. Les saints étant les derniers bastions de l’Eglise, il est malheureusement de bon ton de supprimer leur aura et d’en faire des humains comme les autres !...
Brigitte Clavel
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2013
2 septembre 2013
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Edition : Albin Michel
Parution : Août 2013
17,50 €
La guerre de Troie a été l’objet de plusieurs scénarios, et c’est avec un grand art, très épuré, que David Malouf se concentre sur la souffrance du roi Priam à la mort de son fils Hector. Priam, à la surprise de tous, laisse tomber son habit de roi, ses apparences de souverain inaccessible et son amertume de vaincu, pour mieux embrasser sa condition de père endeuillé. Tandis qu’Achille dans sa folle fureur continue à traîner à l’arrière de son char un Hector déchiqueté et refuse pour lui toute sépulture, Priam part à sa rencontre. Il est sûr que seule l’humilité qui accompagne le pardon peut se révéler utile pour obtenir de son ennemi la restitution du corps de son fils. Certes il emporte avec lui une rançon, mais dans un bien piètre équipage. Et c’est là que David Malouf touche le lecteur comme Priam touchera Achille. Une prise de conscience des beautés de l’existence se substitue au devoir royal permanent. Se rapprocher de ses sujets en partageant leurs plaisirs simples, en se dépouillant de l’accessoire pour atteindre l’essentiel, telle est la découverte du vieux Priam qui sans se départir de sa noblesse la découvre dans le cœur des autres. Belle occasion de se replonger dans la célèbre épopée d’Homère, dans un style contemporain plein de sobriété et gravité, qui fait espérer que l’auteur sera encore inspiré par d’autres scènes de l’Iliade et l’Odyssée.
Brigitte Clavel Delsol
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2013
21 août 2013
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Editions : Albin Michel
Parution : Août 2013
152 pages
16,50 €
Amélie Nothomb est une habituée de la rentrée littéraire. Mais cette année elle n’est plus la frondeuse qui ironisait sur l’esprit japonais ou affrontait sans crainte Barbe Bleue, mais une romantique qui, revenant sur les lieux de ses jeunes années, le pays du Soleil levant, « se cogne au mur de l’indicible ». « Gage de plus d’émotion, de plus d’attachement, de plus de deuil » ??? ? Sans doute car, si la maison de son enfance a été rasée et les montagnes environnantes de Tokyo recouvertes d’immeubles, elle s ‘émeut de retrouver les bras ouverts de sa vielle nourrice bien-aimée et son ex-fiancé toujours égal à lui-même. Peu importe la réalité ou l’imaginaire, le vrai et le faux. Amélie Nothomb, reconnaît une fois pour toutes l’empreinte que laissa sur elle ce pays : une «nostalgie heureuse », la nostalgie triste n’étant pas une notion japonaise, et une pudeur dans l’expression qui n’autorise au lecteur aucune conclusion. L’important c’est de transcrire la musique inspirée par le vécu.
Brigitte Clavel Delsol
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2013
21 août 2013
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Editions : Albin Michel
Parution : 22 Août 2013
276 pages
19 €
Il est de bon ton de confondre religion et intolérance. Par un roman dans le roman, Patricia Reznikov rappelle les excès du puritanisme de la Nouvelle-Angleterre dont les Transcendantalistes, équivalents de nos Romantiques du XIXème siècle, dénoncent l’impitoyable cruauté. C’est précisément le thème du livre de l’un deux, « La lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne, unique objet que Pauline retrouve épargné de l’incendie de son appartement parisien. Elle y voit un signe du ciel, cache ses brûlures sous son tee-shirt et s’envole à Boston sur les traces de Hawthorne. Elle découvre que si celui-ci et ses amis ont été sensibles aux beautés de la nature, ils n’en ont pas moins ignoré les injustices de ce bas monde. En effet ce sont les condamnations publiques d’Elizabeth Pain et d’Hester Craford, toutes deux coupables d’infidélité conjugale, qui ont inspiré à Hawthorne son héroïne, Hester Prynne. Contrainte par la justice de l’époque de porter la lettre écarlate qui affiche son adultère, celle-ci symbolise pour notre Parisienne la souffrance morale de toutes les femmes humiliées de l’Histoire. « Je compris que la vie était courte. Tragique. Précieuse ». Alors les blessures cachées de Pauline et ses impressions sur ses deux guides bien singuliers prennent une autre dimension …Livre plaisant à lire, qui montre la raison de vivre que porte en soi chacun des mystérieux personnages rencontrés.
B.C
Published by brigitte clavel-delsol
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2013