12 mars 2013
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Editions : Albin Michel
Parution : Mars 2013
294 pages
19,50 €
Didier van Cauwelaert n’a peur de rien : dans son dernier roman il réhabilite avec brillance Ilsa Schaffner, femme-officier fourvoyée chez les SS. Celle-ci est responsable du H-Plan, une école de surdoués pour l’élite intellectuelle allemande au service d'Hitler.
Un jour la belle Ilsa Schaffner débarque de sa voiture décapotable à l’hôpital psychiatrique de Hadamar récupérer le petit David Rosfeld . Si celui-ci est un fragile épileptique considéré comme une charge pour le Reich et une nuisance à la « race parfaite », il est néanmoins le détenteur du secret de sa mère, Yael Rosfeld, une physicienne nucléaire qui a découvert la fission du noyau de l’atome bien avant Albert Einstein. David refuse de collaborer avec un pays qui a éliminé sa mère et ne veut engendrer qu’ « une race d’athlètes abrutis qui obéissent ». Alors il capitule, change d’identité avec son seul ami qui va être gazé. Celui-ci s’appelle Jürgen Bolt, il est le narrateur lui-même au chevet d’Ilsa dont il cherche à convaincre la petite-fille de ne pas diaboliser sa grand-mère, comme la presse continue à le faire .
Une fois Jürgen devenu David, la belle officier réalise le sacrifice de l’un et le courage de l’autre, ferme les yeux et, à ses risques et périls, éduque son nouveau protégé jusqu’à en faire le bras droit d’Einstein.
Un bien beau roman où rien ne paraît impossible : l’amour peut se trouver au fond d’un enfer, une réputation peut être sauvée d’extrême justesse, un rôle de second peut devenir primordial, un petit juif un grand saint et un enfant interné un grand humaniste : une porte ouverte pour trouver "une trace d'amour sur terre".
B.C
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2013
11 mars 2013
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Editions de l’Emmanuel
Parution : Octobre 2012
166 pages
15 €
L’intérêt de ce livre réside dans le souci de l’auteur : mettre en évidence, de façon didactique, deux mondes qui se combattent au nom d’un Dieu unique. Patricia des Granges met en scène la jeunesse d’aujourd’hui, se basant sur des arguments d’autorité puisés autant dans le Coran que dans la Bible. L’histoire commence le jour où les têtes des sept moines de Tibberine sont retrouvées. La famille de Mohamed, musulman modéré, quitte alors l’Algérie pour Marseille et c’est en France que tout commence vraiment avec la deuxième génération. Omar se lie d’amitié avec deux catholiques dont la foi le convainc, tandis que Rachid, son frère aîné, après une liaison avec une Française émancipée, finit par haïr les mœurs occidentales et se retourner vers le fondamentalisme islamique. Seul un miracle peut transformer l’esprit guerrier en esprit de paix, la haine en réconciliation: il se nomme Miséricorde ; dans le roman il se nomme Omar qui a le sens du pardon, Rania qui transforme le désir de tuer en amour de la vie , Philippe, handicapé physique, qui par son sang-froid déjoue les plans les plus machiavéliques … Ainsi la grâce se trouve au cœur des hommes …Puisse-t-elle être au cœur de toutes les religions établies , et que l’ « appel au combat » et les « menaces d’un châtiment douloureux » soient remplacés par une mansuétude infinie qui conseille : « rengaine ton glaive » et « aimez vos ennemis » !, telle est la leçon de ce livre…
B.C .
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2012
11 mars 2013
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Editions : Albin Michel
Parution : Mai 2012
119 pages
12,50 €
Cette nouvelle est semblable à sa trame : elle offre aux lecteurs, comme à ses divers protagonistes, le sentiment qu’ un instant fugace est semblable à une éternité. L’histoire d’amour qui y est contée dans un style condensé, parfois très simple, parfois très poétique, a tout de la tragédie antique où la fatalité est inexorable. Dans le cadre lumineux d’une Camargue chaude où règnent marais salants, vignes et corridas, rôde cependant une atmosphère de cauchemar autour d’un amour interdit. Sans en connaître la raison, Valentin Sol, toréro vaillant qui est la fierté d’Aigues-Mortes, voit subitement son mariage refusé par le père d’Isoline qu’il aime depuis toujours. Malgré les mauvais présages qui s’accumulent et un vocabulaire où résonne le tocsin de la mort, le lecteur, jusqu’à la dernière page, espère un revirement de situation. Mais Maxence Fermine offre mieux : une révélation qui coupe court à tous les préjugé et les non-dits, à toute entrave de liberté et de vérité. Que ce soit la blancheur des montagnes de « Neige », la course éperdue après le « papillon de Siam » ou la chaleur des « Noces de sel », tout inspire cet écrivain qui, comme par magie, transforme la quête de l’âme en une communion d’amour.
B.C
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2012
23 février 2013
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Editions : Albin Michel
Parution : Février 2013
499 pages
22,50 €
Ce roman rappelle ceux de Pearl Buck : même écartèlement entre Occident et Orient, entre modernisme et tradition, liberté de pensée et soumission. Mais à travers l’histoire de Sin Ming, c’est l’histoire de la Chine déshumanisante de Mao et de la Chine revancharde actuelle que Roselyne Durand-Ruel présente avec réalisme. Sans doute son souci historique est quelque peu philosophique, ou tout simplement humaniste, car, selon Liu Ji-Wen, le père de Sin Ming, « l’homme ne peut pas savoir où il va s’il ne sait d’où il vient ». Sin Ming écoute alors sagement son vieux père, professeur de philosophie qui, insoumis au Parti, fut interné pour lavage de cerveau pendant vingt ans. Aucune doctrine ne pourra jamais justifier la férocité d’un Etat qui se plaît à broyer ses opposants, à appauvrir la mère patrie, à séparer des parents des enfants, et à les « forcer à se fondre dans la masse ». Quelle stupéfaction quand, au retour de son incarcération,le professeur Liu Ji-Wen arrache Sin Ming de l’université pour un entrainement intensif de natation ! Il en est sûr : le seul salut de son fils réside dans la fuite à la nage jusqu’à l’île de Macao avant de rejoindre son oncle à la tête d’un grand empire financier d’Hong Kong. Le lecteur suit alors le long voyage initiatique de Sin Ming, son éprouvante traversée, sa découverte de « la forêt de métal et de verre », son envol à la célèbre université de Princeton, où « le nageur de la liberté » connaît des déceptions, mais où il se forge avec obstination. Son retour à Hong Kong fait de lui un célèbre « tycoon » que toutes les femmes européennes ou cantonaises convoitent. Mais bien vite ses désirs d’indépendance se heurtent à sa pitié filiale. Il se voit imposé de lourdes obligations familiales auxquelles il ne sait échapper. Heureusement, au libertinage destructeur des mœurs modernes et aux rites ancestraux très oppressants Sin Ming préfère la voie d’Ayn Ran. Célèbre écrivain américaine née en Russie, dans un carcan communiste comme lui, celle-ci « prône l’insoumission et l’estime de soi pour préserver l’harmonie de son entourage ». L’homme est enfin sauvé, mais n’a pas droit au repos. A son tour de participer à la grande histoire humaine ! Il pense aux paroles de son père vieilli prématurément par tant de souffrances : « Un homme honorable en sécurité ne devrait jamais oublier l’existence du danger ». Bravo à Roselyne Durand-Ruel pour tant de psychologie et clairvoyance !
B C
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2013
14 février 2013
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Editions : Gallimard
Parution : Décembre 2012
330 pages
19,50 €
estimation : 1,5/5
Après son livre « Souvenirs » David Foenkinos continue sur sa lancée de confidences intimes. La parole est à un homme en situation d’échec qui se traduit par une souffrance physique. Médecins, ostéopathe, magnétiseuse, psychologue, rien n’y fait. Tout se dégrade, son collègue l’humilie, sa femme l’abandonne, ses parents l’observent, ses enfants sont loin. Ressentant comme une "anesthésie affective", il s’enfonce dans l’isolement. Jusqu’au jour où, après tant de silence gardé, surgit l’explosion suivie d’un sentiment de libération. Au diable l’asservissement à une vie de routine ! Celui qui n’a pas connu le mépris, la trahison ou la simple indifférence aura du mal à comprendre ce livre qui appartient au genre de la thérapie plus que du roman. Dommage que le dénouement paraisse être une bouée de sauvetage provisoire, dont la vulgarité porte tort à la réputation littéraire de l’auteur!
BC
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2012
11 février 2013
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Editions : Flammarion
Parution : Janvier 2013
187 pages
18 €
Yasmina Reza ne pouvait pas trouver un plus joli titre pour ces scènes de la vie quotidienne qu’elle décrit avec le plus grand humour pour en extirper le ridicule ou le tragique. Toutes les situations sont présentées, des plus graves aux plus comiques, des plus banales aux plus obscènes. L’écriture ressemble à l’auteur : un style fluide qui déverse sa rancœur avec une élégance au scalpel. La vie de famille est présentée comme un enfer, l’institution du mariage comme de l’esclavagisme ou mieux du masochisme. Sans scrupules elle réduit le chrétien à un superstitieux simpliste. Si le jeune schizophrène fait souffrir son père en voulant devenir Céline Dion, la narratrice se contente d’un « masque d’empathie » avant d’éclater de rire, la liberté individuelle et la loi du genre n’étant pas une évidence ? Avec une impudeur qui empêche de mettre ce livre dans les mains d’un adolescent, elle dépeint des scènes de lit à trois ou d’homosexualité rémunérée qui font que la béatitude semble plutôt se trouver en enfer que sur terre. Certes si l’objectif de Yasmina Reza est de " réduire au minimum l’exigence du bonheur", elle y parvient tout à fait, mais à quel prix ! Aux "valeurs célestes bourgeoises », elle préfère s’accrocher avec humour à la force toute animale: « …c’est une erreur de m’avoir mis dans une société humaine. Dieu aurait dû me mettre dans la savane et me faire tigre. J’aurais régné sur mon territoire… ». Et c’est ainsi que le nihilisme gagne du terrain.
B.C
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2013
6 février 2013
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Editions : STOCK
Parution : Janvier 2013
248 pages
18 €
Ces dix nouvelles de Blandine Le Callet ne sont autres qu’une exploration poétique à la recherche d’une connaissance de l’homme et du monde. Dans sa postface celle-ci justifie avec humilité son inspiration. Des stèles de cimetières se seraient imposées à elle, grâce à leur épitaphe très suggestive. C’est avec imagination, sous forme de poésie en prose, que Blandine Le Callet fait revivre des défunts, parfois avec gravité, parfois avec humour, dans des situations souvent tragiques, où le bien et le mal se côtoient, où la légende rejoint la réalité. Dix rêves de pierre qui deviennent rapidement dix diamants de la littérature. La grandeur autre que la postérité existe, l’instant heureux ou malheureux résume à lui seul la raison d’être de l’humanité. Certaines nouvelles ressemblent à des contes merveilleux, d’autres révèlent des mystères jamais élucidés, toutes méritent d’être lues « si l’on souhaite survivre » et non se contenter d’ « une énergie devenue désespoir » ou d’une « égoïste insouciance sans laquelle aucun bonheur n’est possible ».
B.C.
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2013
5 février 2013
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Editions : Julliard
Parution : Janvier 2013
204 pages
19 €
Louise, écrivain quadragénaire reconnue, a besoin de solitude pour écrire. Ses romans passent avant François son mari. A la recherche d’inspiration, elle décide une fois de plus de partir seule. Une villa en Toscane sur la mer va être le refuge d’une splendide fin d’été et aussi le début d’une liaison avec le tout jeune Luca. La suite des évènements se devine aisément, mais l’histoire d’amour est incertaine. Un roman sans beaucoup d’intérêt, plutôt banal, où deux hommes que tout oppose meurent d’amour pour une même femme qui se joue de l’amour…Seul le paysage est grandiose et Louise n’a pas la moindre hésitation de repartir voir la mer plutôt que rester dans la chambre d’hôpital de son mari. Peu lui importe les conventions. Elle avance de son allure désinvolte et envoûtante à la conquête de sa liberté. En arrière-fond une femme de ménage, la mère de Luca, horrifiée par le dévoiement, se noie dans le bruit de son aspirateur, ou s’enferme dans un silence qui en dit long. Elle s’appelle Graziella, du nom de l’héroïne de Lamartine, sans doute parce que sa pureté n’est accessible à personne. Certes elle n’a aucun attrait romantique, juste des principes dont Louise se moque bien et qui font peur à Luca. Ainsi, dans ce roman, la femme est comme un monstre d’égoïsme ou une froide génitrice, images réductrices que Fanny Ardant, à laquelle le livre est dédié, parvient à relever.
B.C.
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2013
2 février 2013
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Éditons : Gallimard
Parution : Septembre 2011
266 pages
18,50 €
" Intensifier les moments de bonheur", tel est le souhait du narrateur qui,
suite au décès de son grand-père, regrette de ne pas lui avoir manifesté plus d'affection. Il se promet alors de soulager la solitude de sa grand- mère et finit par ressusciter l'adage " Ensemble, c' est tout". Il découvre dans cette femme d'un âge avancé le bonheur de vivre, dont beaucoup autour de lui ont manqué, et la joie de revisiter ses souvenirs. Et c' est précisément ce dont il avait besoin. Les épreuves successives à surmonter apparaissent dorénavant, non comme des situations d'échec, mais comme sources d'inspiration, l'écho de ce que chacun enfouit dans sa mémoire. La fuite en avant a toujours son point de retour. A partir de cette prise de conscience le narrateur trouve la sérénité nécessaire pour écrire le livre dont il rêvait et apporter à ses lecteurs l' apaisement recherché.
Brigitte Clavel
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2011
29 janvier 2013
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Editions : Actes Sud
Parution : Janvier 2013
298 pages
21,80 €
Dans ce très joli roman la vie d’Augustinius est parfaitement relatée, de ses frasques de jeunesse dans Carthage la folle à sa charge d’évêque d’Hippone. L’auteur n’a rien oublié, ni son enfance choyée à Thagaste l’austère, ni ses débats philosophiques qui lui font abandonner le manichéisme au profit du christianisme et inspirent ses prédications envoûtantes. Néanmoins Claude Pujade-Renaud n’hésite pas à donner la parole à une femme qu’elle nomme Elissa avec laquelle Augustinius vécut et eu même un fils, mais dont Lucien Jerphagnon, dans la préface de la Pléiade, affirme que « de cette femme, nul ne saura jamais le nom ». A partir de ces prémisses toute fiction est permise. Ste Monique est présentée comme une mère possessive et arriviste aux penchants alcooliques ; Augustinius comme un homme des plus sensuels, qui prêche l’amour, vante l’ascétisme et combat le libre arbitre. La blessure toujours ouverte d’Elissa apporte alors à ce livre une tonalité de dépit amoureux qui incite le lecteur à avoir plus d’empathie pour la femme répudiée que pour un des plus grands saints de l’Eglise.
B.C
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2013