19 janvier 2013
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Editions : SEUIL
Parution : Janvier 2013
363 pages
21 €
Filmer ce que la Grande Catherine dissimulait, faire vivre ses rêves, dévoiler sa sensibilité, révéler « un instant qui dira l’essentiel » : tel est le but du cinéaste Oleg Erdman, un autre Makine, conscient des erreurs du temps où l’idéologie politique stalinienne transforme le cours de l’Histoire et défigure la nature humaine. Comme Makine, Oleg est « un paysan de Sibérie », à l’âme pure et fidèle. Il ne fera aucune concession pour plaire au jury du « Comité d’Etat pour l’art cinématographique » qui, par pure propagande antimonarchiste, se plaît à accabler Catherine II des pires crimes politiques. Vouloir à tout prix réhabiliter « cette petite Allemande devenue la Grande Catherine » va bloquer la carrière d’Oleg, en faire un simple assistant artistique impuissant, jusqu’au jour où, le mur de Berlin étant tombé et Gorbatchev arrivé au pouvoir, son ami enrichi, Kozine, le sollicite pour réaliser un péplum télévisé sur la tsarine. Mais de nouveau Oleg se heurte au mensonge, cette fois purement mercantile, qui ne veut rien exposer d’autre qu’une nymphomane hystérique pour fasciner l’audimat. Heureusement Makine, le poète qu’on attend depuis le début du livre, se révèle : les couleurs changeantes du ciel et de la Néva, les flocons de neige, la brume du soir comme la beauté sereine d’une femme marchant sous les hauts peupliers blancs rappellent à Oleg que l’essentiel de la vie ne réside ni dans le nombre des décrets signés ni celui des amants, mais dans la simplicité, dans la promesse d’un voyage secret, dans la fuite de la comédie humaine, dans le calme d’une église au bord du lac de Garde. Makine une fois de plus lance « un pavé dans la mare de l’histoire russe »…
B.C
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2013
15 janvier 2013
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Les Editions de Minuit
Parution : Janvier 2013
108 pages
12 €
Madame Rebernak a le droit d’être inquiète et méfiante. Son mari mort, elle n’a pas l’intention d’ouvrir sa porte à son propre cousin Teddy récemment sorti de prison, quitte à passer pour une femme peu charitable. Car quinze ans plus tôt une petite écolière a été assassinée. Et protéger ses enfants est ce qui compte pour elle maintenant. Sa fille Clémence, lycéenne indépendante, semble exaspérée par les vieux principes d’une mère angoissée. Ce qui n’empêche pas Madame Rebernak de sillonner les routes de campagne sur son cyclomoteur pour la surveiller, tandis que son fils, qui n’est autre que le narrateur, découvre les allers et venues de chacune en même temps que le lecteur. Tout est source d’inspiration pour Yves Ravey : l’innocence de la jeunesse, l’amour maternel,les réputations indéfectibles, la nonchalance d’un brigadier face à l’esprit justicier d’une femme seule…Grâce au style épuré et précis de l’auteur, force et lumière règnent sur la trame de l’ histoire aussi noire et banale qu’une chronique de journal.
B.C
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2013
9 janvier 2013
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Editions : Flammarion
Parution : Août 2012
454 pages
21 €
Plus idéaliste que jamais, tel apparaît Olivier Adams à travers son alter-ego Paul Steiner, le protagoniste de son dernier roman qui frisa le prix Goncourt 2012. La tristesse lancinante de l’auteur, ressentie dans ses précédents ouvrages, devient ici révolte ouverte contre une société selon lui injuste, où les ouvriers sont relégués en zone périphérique et où la nouvelle génération passe son temps à reproduire ce qu’elle abhorrait. Depuis toujours Paul Steiner fuit ce pavillon de banlieue acheté par ses parents et payé à la sueur de leur front leur vie durant. Aux clôtures de jardinets il a toujours préféré le paysage infini offert par l’Océan. Obligé de revenir sur les lieux de son enfance dont il a fait table rase, Paul constate que la souffrance de chacun est due moins aux lisières géographiques qu’aux limites inhérentes à la nature humaine clôturée par les impératifs et les vicissitudes de l’existence, la maladie, les infidélités, le chômage. Son seul désir : regagner l’amour des siens et se réfugier au milieu de plus malheureux que lui, « à la périphérie du monde », là où la reconstruction et la contemplation sont conciliables. Ainsi Olivier Adam oscille entre révolte adolescente et hommage rendu à ceux qui luttent jusqu’à épuisement. Son livre reflète la société telle qu’il la perçoit, à la fois utopique et déçue, et c’est là que réside tout le charme de son écriture qui seule lui donne sa raison d’être.
B.C
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2012
3 janvier 2013
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Editions BAUDELAIRE
Parution : 4ème trimestre 2011
233 pages
19 €
Qui aurait pensé qu’une petite ville de décolletage, du nom de Cluses, au cœur de la vallée de l’Arve, inspire à un écrivain tant de sentiments nobles et pieux, tant de patience dans le temps et d’espérance en la Providence? L’auteur n’a oublié aucun détail, ni l’église au bénitier du XIIème siècle et aux arcades italiennes, ni le cimetière qui longe la voie ferrée menant au pied du Mt Blanc, ni en amont la station des Carroz qui attire les touristes tandis qu’en aval grimpe une route abrupte jusqu’au Reposoir où s’est retirée une communauté de carmélites. Là est rentrée Florence Bodlais, originaire de la petite ville de Marnaz juxtaposant Cluses et ancienne camarade de faculté du narrateur,Joachim Sorlay. Décolleteur célibataire et tourmenté de voir une telle beauté opter pour une vie aussi austère, celui-ci va quémander quelques prières. Et si c’était Florence elle-même, devenue sœur Marie-Adèle, qui avait besoin d’aide ? C’est avec un point de vue omniscient que l’auteur alterne timidement désir et respect de l’autre, esprit d’obéissance et de liberté, souci de bonheur et d’efficacité ici-bas. Ouvrage qui fait dire que la spiritualité est loin d’avoir abandonné ce coin de la Haute-Savoie, creuset d’amateurs de ski mais aussi d’êtres empreints de confiance en « la bonté divine », qui « récompense celui qui a cru ».
Brigitte Clavel
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2011
31 décembre 2012
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Editions : Continents noirs N R F Gallimard
Parution : novembre 2012
223 pages
17,90 €
Ce livre de S. Mukasonga, à la fois roman et autobiographie, montre comment un différend ethnique peut vite tourner en folie obsessionnelle pour les uns, en guerre intestine pour les autres. Au sein d’une école catholique du Rwanda, dénommée Notre-Dame du Nil, les lois de la nouvelle République à majorité Hutu imposent un quota de fréquentation aux jeunes Tutsi. Les Hutu sont désireux de raser la pauvreté de la vieille Afrique, exhortent la richesse et la liberté des mœurs, organisent une chasse aux Tutsi, à leurs rites religieux archaïques et leur idéologie marxiste. Cette dichotomie va rattraper les jeunes pensionnaires de Notre-Dame du Nil, établissement sensé éduquer les filles de la haute bourgeoisie. Devant l’intrusion d’une perversité effrénée, la mère supérieure panique tandis que l’aumônier de l’établissement à la personnalité ambiguë s’adapte comme un caméléon à ce nouveau régime qui n’a rien de chrétien. Lors de ce voyage au cœur du Rwanda le lecteur est horrifié par les protagonistes qui ont tout de la caricature. Hélas s’il en juge le témoignage de l’auteure tutsi, ceux-ci semblent être le pur reflet de la triste réalité qui frappa récemment ce beau pays.
Brigitte Clavel
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2012
21 décembre 2012
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Les Editions de Minuit
124 pages
12,50 €
Parution : Octobre 2012
La beauté de ce livre empreint tout à la fois de candeur et de réalisme ne fait qu’accroître l’horreur de la guerre. C’est avec la fleur au fusil que part un groupe de jeunes Vendéens en direction des Ardennes un après-midi de l’été 1914. Un vocabulaire chatoyant comme la nature qui les entoure promet un retour rapide. Blanche qui les attendra est ravissante, Charles est plein d’une hautaine assurance tandis qu’ Anthime, son cadet, plus docile mais plus inquiet, tente d’apaiser ses camarades. Bien vite les grondements du front se rapprochent, les bombardements se multiplient, les tranchées s’enfoncent, les corps sont ciblés par les rats ou les poux quand ils ne sont pas déchiquetés. C’est une lente descente aux enfers où les plus épargnés sont les plus décevants. Et où les mutilés apprécient la vie à son juste prix. En un mot : l’horreur de la guerre .
B. C
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2012
12 décembre 2012
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Editions : Gallimard
Parution : Janvier 1996 et Février 2011
34 pages
8,90 €
Impossible de passer sous silence la deuxième réédition de cette œuvre de Giono, petite nouvelle qui se passe dans les monts arides de Haute-Provence. Le seul être rencontré par le promeneur esseulé est un berger peu bavard, mais au cœur généreux. Pourquoi celui-ci ramasse-t-il tant de glands et pourquoi les trie-t-il un par un avec tant de soins ? Il ne s’agit point d’un simple d’esprit, mais d’un terrien qui non seulement aime la création, mais qui la prolonge dans le temps. Le lecteur est saisi autant par la pureté du style de l’auteur que par la noblesse de ce paysan provençal.
B.D
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2011
12 décembre 2012
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X O EDITIONS
Parution : Octobre 2012
389 pages
21,90 €
Suite à cette maxime « L’oubli est la ruse du diable », Max Gallo veut exprimer sa gratitude à ceux qui lui ont permis, consciemment ou inconsciemment, d’avoir la renommée qu’il connaît aujourd’hui. Plus qu’une autobiographie, il s’agit de confidences, de confessions, de remords aussi, mais surtout de reconnaissance pour tout ce qu’il reçut. Sans doute Max Gallo veut-il laisser derrière lui, parmi ses nombreux ouvrages, une œuvre initiatique pour rappeler comme la grande Histoire et la petite histoire personnelle sont semblables. D’origine italienne, Max Gallo, dès sa jeune enfance, est écartelé entre une famille maternelle catholique de libraires et une famille paternelle communiste de tailleurs de pierres. La foi ajoutée à une éducation volontariste fait de cet écolier voué au travail manuel non seulement un agrégé d’histoire et un grand académicien, mais un homme qui se « refuse de faire de la vie un épisode absurde ». C’est pourquoi, élu député puis nommé secrétaire d’Etat, il donne sa démission à la cour de Mitterrand, comprenant le malheur de l’homme public à vivre en dissidence avec lui-même. Car, selon lui, seule la cohésion avec soi apporte la conviction de ne pas être ici-bas un atome qui passe, mais un solide maillon de la chaîne humaine.
B.C
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2012
4 décembre 2012
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Editions : Gallimard
Parution : Septembre 2012
178 pages
16,90 €
Jusqu’où ira l’amour du narrateur pour cette femme étrange qu’il suit aveuglément ? Certes, si celui-ci se fait un devoir de « prendre les gens en silence, comme ils sont », de « les aimer sans les juger », cela ne l’empêche pas de ressentir une appréhension, voire suspicion, comme le prouvent les notes succinctes de son petit carnet noir qu’il rédige jour après jour et qu’il relit avec plaisir vingt ans plus tard. Qui est cette femme liée à une bande de « toquards » qu’elle retrouve régulièrement dans des cafés du Quartier latin et dont elle essaie de se détacher peu à peu pour ne pas « s’embarquer dans une salle histoire » ? Et pourtant tout prouve sa culpabilité : ses identités multiples, ses postes restantes différentes, ses déménagements incessants, ses retours comme un criminel sur les lieux du forfait. Mais le narrateur se contente de l’aimer, de ne pas l’oublier, fait des allers-venues entre questions et réponses détournées, présent et passé, poésie et enquête, entre ce qu’il ne voulait pas voir et ce qui est flagrant. Ainsi, avec le temps, tout s’éclaire et la nuit devient lumière pour les criminels politiques comme pour les amoureux en herbe. Livre qui plaira aux amateurs de promenades dans Paris autant qu' à ceux d’enquêtes policières.
B.C
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2012
27 novembre 2012
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Editions de Fallois /L’Age d’Homme
Parution : Août 2012
664 pages
22 €
évaluation : 8/10
Il est facile de comprendre pourquoi ce long thriller a remporté le Grand Prix du Roman de l’Académie française. Ses rebondissements sont multiples sans jamais ennuyer. De plus il ne se limite pas à une simple passion amoureuse suivie d’un, voire plusieurs crimes. Il est avant tout le reflet d’une société où certains sont en mal de reconnaissance et d’amour, d’autres à la quête d’intérêts financiers ou de plaisirs à court terme. En effet si le lecteur est impatient de savoir qui a tué la jeune Nola et si celle–ci est un ange ou une catin, il prend plaisir à découvrir un à un les habitants d’Aurora, petite ville de province du New Hampshire, où la chaise électrique punit le crime et la prison tout détournement de mineur. Harry Québert, professeur d’université new-yorkais rendu célèbre par son livre « Les origines du mal », s’y était installé trente ans auparavant quand son disciple Marcus Goldman vient le rejoindre. Alors que ce dernier était venu chercher chez son maître le calme et les conseils nécessaires à la rédaction d’un livre, un drame éclate. Le cadavre de Nola, avec laquelle Quebert eut jadis une liaison, est retrouvé dans le jardin de celui-ci. La police locale comme toute l’Amérique accuse Quebert, aujourd’hui triste sexagénaire solitaire. Mais l’amitié et la considération que Marcus porte à celui-ci le transforme en détective professionnel. Selon lui il est impossible qu’un maître à penser, plein de sagesse, soit inculpé d’un crime pervers. Plus qu’un crapuleux mystère à élucider, c’est toute la société qui est à analyser, les raisons hâtives d’une affaire trop vite enterrée, l’instinct du pouvoir qui se manifeste sous toutes ses formes : l’intellectuel rêve d’être reconnu par ses écrits, l’éditeur de publier du consensuel,les médias de faire du lobbying,le voyou de se racheter , les parents de sauver l’honneur de leurs enfants, le gourou d’exorciser, l’amant éconduit de supprimer son rival, la police locale de ne pas être court-circuitée par la police d’Etat…Les sujets abordés abondent et le lecteur comprend enfin les origines du mal…
B.C
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2012