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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 10:10

 

Editions : Albin Michel

Parution : Septembre 2010

169 pages

15,90 €

 

 

Autant Amélie Nothomb était passée inaperçue lors de la rentrée littéraire de Septembre 2009, autant cette année son  nouveau livre fait parler d’elle. Plaidoyer contre la guerre  en Irak, apitoiement sur le sort des troufions habillés en XXXXL qui seront les derniers renvoyés au pays, ce livre est comme une supplique , non seulement de la part de ceux qui partent à la guerre, mais aussi  de ceux qui font l’objet de mépris, de non-reconnaissance sociale devant lesquels la narratrice sait s’arrêter. Amélie Nothomb s’est toujours fait une gloire de répondre à tout le courrier qu’elle recevait. Le lecteur suit alors sa correspondance avec un soldat américain à Bagdad, Melvin Mapple, qui, à cause d’une vie meurtrière, ne trouve consolation que dans un excès de nourriture  et son épanchement auprès de l’auteur dont il connaît tous les romans. Celle-ci, au lieu de le dissuader, sublime son excès de poids qu’elle encourage à poursuivre comme « un projet d’art » et à  montrer aux médias comme une action purement politique. Car tous deux sont d’un commun accord : « il s’agit d’exprimer à la face du monde l’horreur sans précédent de cette guerre ». Ainsi le succès d’Amélie Nothomb s’explique clairement par une littérature engagée sur un ton sarcastique de jeune femme libre et spontanée, même si ce soldat  n’était qu’une pure chimère…, prétexte à son combat… politiquement correct.

Brigitte Clavel

 

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 18:17

 

 

 Editions : Albin Michel

Parution : Février 2010

216 pages

18 €

 

 

Ce scénario réaliste et vivant  situé dans un haut lieu de la Résistance, l’Ariège, a tout pour faire l’objet d’un téléfilm. Les thèmes sont typiques de cette période : la fougue et le courage des Résistants face à la cruauté des occupants, la peur de certains villageois  qui se transforme en trahison, le sentiment de honte qui peut affliger toute la  descendance d’un coupable. Le maire du petit village convoque, selon  le vœu d’une défunte, les fils de quatre victimes de la milice pour éluder le mystère d’une trahison certaine. C’est l’amour avec lequel  l’auteur décrit son pays qui tient en haleine le lecteur, plus que  cette page de l’histoire par trop connue qui divisa la France en deux et développa la haine sur au moins deux générations.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 21:13

 

 

 

Editions : Robert Laffont

Parution : 2010

292 pages

21 €

 

Jean d’Ormesson ne cache pas que ce livre est le fruit de toute une vie. Homme mûr qui surabonde en connaissances scientifique autant que philosophique et littéraire, il a la spontanéité de l’adolescent qui pose des questions existentielles. A ses  qualités  d’honnête homme cultivé  il serait bon d’ajouter celle d’un pédagogue qui  fait don de son savoir, comme d’un remède pour mieux vivre et mieux mourir.
Pour cela il fait alterner deux voix : celle de  Dieu qu’il nomme « le rêve du Vieux »  et celle du commun des mortels qui cherche son chemin comme « le fil du labyrinthe », celle qui a réponse à tout et celle qui  a du mal à comprendre, celle qui est et celle qui interroge.

Rien n’est certain pour Jean d’Ormesson : sa seule certitude est la mort. Mais, comme pour encourager l’humanité, il s’empresse d’ajouter : « nous ne mourrons pas : nous mourons. » Et en tant qu’homme jouisseur de la vie, il ajoute: « il y a autre chose que ce monde » et c’est habilement que J. d’ Ormesson nous entraîne petit à petit  dans l’au-delà.

 La connaissance  apparaiît alors,  non pas comme un bagage trop lourd à porter, mais  comme une clé qui ouvre tous les horizons.  L’histoire de l’Evolution allonge l’histoire  de la Création. Dieu et les hommes en ressortent plus forts; « la science est une tâche infinie », l’homme grandit par ses découvertes en même temps que Celui qui les lui a insufflées. Alors « un bonheur m’envahit ». 

Brigitte Clavel

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 08:49

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Janvier 2010

188 pages 18 €

 

 

Un désir de vivre intensément à partir de peinture incite trois  sœurs, Fanny, Susannah et Diotime à inventer " un Jeu " : remplacer leur professeur des Beaux-arts, trop rigide pour notre deuxième millénaire,  par un artiste peintre anglais du XVIII, Alexander Cozens. La méthode  de ce dernier est toute suggestive : aux reproductions scrupuleuses il préfère des taches de couleurs  à plusieurs interprétations possibles. Les trois sœurs y trouvent leur bonheur. Elles remplacent le travail de  précision par  le flou, les sujets  traditionnels  par le nu pour compenser" le manque", source de l’invention selon elles. Elles se veulent imaginatives, confondent art et sensation, donnent " de la chair à la vie", "de la chair à l’absence", de l’intime avant tout, surtout quand on a la malchance d’être devenue aveugle comme Diotime. Livre magnifiquement écrit où malheureusement le besoin des trois sœurs devient pur fantasme sensuel et finit par les éloigner du monde de la peinture pour les amener dans celui de l’imaginaire.

Brigitte Clavel

 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 21:45

 

 

 Editions : Actes Sud

Parution : Août 2010

189 pages

18 €

 

 

Le titre de ce livre aurait pu être aussi bien « Katrina » qu’ « Ouragan ». L’histoire, en effet, est celle que connut la Nouvelle-Orléans en 2005. Laurent Gaudé nous trace quelques portraits types au milieu de cette catastrophe qui transforma la ville en un chaos irréversible. Joséphine, « négresse depuis plus de cent ans », n’a pas peur d’être engloutie. Keanu Burns n’hésite pas à faire face à l’ouragan  pour rejoindre Rose et retrouver son «  petit négrillon ».  Les prisonniers abandonnés à leur sort s’évadent et deviennent maitres de la ville tandis qu’un révérend père est assailli par la folie.  Dès la première page  le rythme est lent, les phrases longues  et les répétitions  nombreuses : l’horreur du cataclysme  pénètre jusqu’aux os. La violence  des hommes est à la mesure de celle des éléments naturels et chacun y fait face à sa façon.  Les atrocités  de l’existence sont à leur paroxysme, apportent aux uns la haine, à d’autres l’amour : un vrai livre de Job où le lecteur découvre  « la nudité vraie des choses » .

Brigitte Clavel

 

 

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 19:11

 

 

Editions : Gallimard

Parution : mai 2010

196 pages

16,90 €

 

L’histoire  commence au cœur de l’hiver 1994 en plein milieu d’une fête estonienne qui célèbre la toute  première indépendance du pays, celle de 1920.Seul August est mal à l’aise. Sans doute est ce dû à la précarité de son travail en tant que caissier de cinéma ! Qu’à cela ne tienne : le riche industriel Eerik possède la majorité  des actions du  célèbre quotidien Tanapaev et le  fait rentrer  à la rédaction d’un feuilleton. Mais qu’écrire quand l’angoisse de la page blanche est trop forte ? August crée un autre lui-même, Théodore, et s’inspire des personnages qui l’entourent, d’Eerick lui-même et de son épouse Charlotte, que les lecteurs du journal retrouvent sous le nom d’Helmut et Carlotta. Roman dans le roman, Théodore fait des aveux, dévoile des erreurs  de jeunesse lourdes en conséquence, et August retrouve un beau matin son feuilleton non seulement transformé mais révélant ce qu’il avait toujours voulu cacher. Seuls l’espionnage et des déceptions amoureuses  peuvent  être à l’origine d’une telle trahison. Stratagème politique, mystère persistant au sein d’évènements véridiques, Katrina Kalda semble n’avoir rien inventé, pas même son romantisme slave ni son patriotisme qui font de son livre un des plus beaux hommages rendus aux Estoniens épris de liberté.

 Brigitte Clavel

 

 

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 22:15

 

 

 

Editions : Pascal Galodé

Parution : Avril 2010

183 pages

18,90 €

 

 

 

Qui passe ses vacances sur l’île de Noirmoutier se doit de lire ce livre sans prétention mais combien amusant et véridique dans la  moindre description ! Villages , plages et marais salants sont dépeints avec justesse, la modestie de l’Epine contraste avec le snobisme du Bois- de- la- Chaize,  l’épouse boudinée dans le  bermuda de rigueur est mal à l’aise lors des mondanités au sortir de la messe dominicale, les flirts des adolescents s’ajoutent au poids des beaux-parents à supporter, rien n’est inventé, tout contraint  Thomas  à détester ce congé payé et à rêver de promotion professionnelle… Qu’adviendra-t-il à la fin de ses vacances ? Rien de ce qu’il a prévu : le rire d’une petite trisomique, la bonne conscience bourgeoise, un décès, un licenciement, un survol imprévu de Noirmoutier en avion. Enfin Thomas déconnecte ou mieux regarde avec hauteur cette île enchanteresse !

Brigitte Clavel

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 14:07

 

 

Editions : Gallimard

Parution : en Italie : 2009 ;

                 en France : Mai  2010

138 pages

15 €

 

Autobiographie ou fiction, roman politique ou chant napolitain, récit initiatique ou passé retrouvé, cette histoire est tout à la fois. Dès la première page  Luca nous plonge dans la pauvreté napolitaine de l’après-guerre. Le narrateur raconte son passé. Orphelin très jeune, apparemment livré à lui-même, il est amoureux d’une enfant qu’il retrouvera plus tard en femme prostituée. Heureusement il bénéficie des livres prêtés par un généreux libraire, don Raimondo, et de la protection de don Gaetano, concierge d’immeuble qui lui révèle les mystères de la vie et les secrets de la guerre. Sensible à cette période  où certains cachent des Juifs, d’autres collaborent, d’autres se révoltent, Luca a du mal à dissimuler son amertume. C’est peut-être la raison pour laquelle don Gaetano conseille à l’enfant d’apprendre à jouer à «  la scopa »  avant de « vouloir connaître la pensée des autres ». Mais l’après-guerre est encore  plus décevant: les Américains sont comme des « Martiens qui courent et ne voient rien », « un peuple de grands enfants » avec lesquels les femmes se déchaînent, l’argent a  une mauvaise odeur, les pères de famille font preuve d’autoritarisme violent, et les mafieux pullulent plus que jamais. Il est aisé de comprendre pourquoi, selon l’auteur, « on oublie le bonheur le jour après ». Heureusement que des hommes comme don Gaetano ou don Raimondo viennent contredire une telle assertion ! Le narrateur en est conscient et le prouvera.... B.C

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 16:17

 

 

Editions : Fayard

Parution : Septembre 2010

383 pages

20,90 €

 

 

 Chacun des personnages de ce roman souffre dans sa chair et dans son esprit et ce n’est que petit à petit qu’ils en comprennent la raison. Que ce soit Xavier, célébrité musicale internationale, Tim, simple ingénieur du son, ou Sarah, riche industrielle, tous trois ressentent un malaise intérieur incessant, un éternel sentiment d’exilé. La musique va les réunir et estomper peu à peu cette confusion trop habituelle entre personnage et personne. Considérant son succès comme une imposture, Xavier s’enfonce dans son passé qu’il veut comprendre.  Le rôle essentiel appartient à Mamita, sa mère, absente du livre, mais cause de tous ses maux.  Révolutionnaire passionnée dans l’Espagne des années 30, libertine sans scrupules et amie des phalangistes quand le vent tourne, Mamita traîne derrière elle Xavier, petit bâtard noiraud et malingre qu’elle n’hésite pas à livrer pour sauver sa propre peau. A force de s’être accroché désespérément au piano de Mamita, Xavier finit par comprendre que les notes de musique sont plus parlantes que les mots. C’est ce qui va le sauver ainsi que le lecteur car, malgré la  longueur de ce livre, le style de  Michel del Castillo berce comme un sanglot étouffé.

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 21:24

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Aout 2010

351 pages

21,80 €

 

 

 Au festival d’Avignon 2003, la ville étouffe autant par la chaleur estivale que par l’ébullition des intermittents en grève et des touristes mécontents. Le lecteur lui aussi est vite asphyxié car tout est contradiction : un style laconique au rythme très  lent multiplie des détails sans intérêt apparent mais  suscite l’impatience de savoir où veut en venir l’auteur ; l’absurde se mêle à l’authentique, les amours sont sincères mais font souffrir ; les acteurs sont  aussi désireux de faire la grève que de jouer leur pièce et les protagonistes aussi attachants que désespérants. C’est dans cette atmosphère que se promène Marie, la torturée, avec pour objectif de ressusciter la mémoire de son frère écrivain et  que passe Mathilde, la provocatrice, qui ne travaille qu’en vue de sa célébrité .La passion  serait-elle  comme une île qui isole, qui lutte contre les flots agressifs pour sauvegarder sa liberté intérieure ?  A l’écart de la ville, sur sa péniche, Odon porte en silence  toutes les  souffrances,  les erreurs du passé  faites dans l’insouciance. Et s’il fallait se détacher des contingences plutôt que de se brûler les ailes  à force de désespoir ? Une fois de plus Claudie Gallay ensorcelle ….   

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