11 juin 2010
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Editions : CERF
Parution : Octobre 2009
189 pages
20 €
Il a paru bon à Béatrice Marchal de rendre justice à Cécile Sauvage (1883-1927), mère du célèbre compositeur de musique sacrée Olivier Messiaen. Méconnue pour avoir trop longtemps dissimulé une poésie dédiée à un amour illégitime, Cécile Sauvage n’en demeure pas moins une des plus grandes poètes amoureuses de notre siècle. Comme son fils, elle ne dissocie pas passion et mysticisme. L’acte charnel est entièrement spirituel : « Enlacement aérien…/ Où ton âme à mon âme arrive ». L’amour perfectionne et rend la fusion amoureuse rencontre divine. Et quand l’amour ne répond plus « tout est calice d’amertume ». Béatrice Marchal réussit ainsi à mettre à jour les talents d’une femme qui méritait d’avoir sa place dans notre littérature du XXème siècle.
Brigitte Clavel
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2009
9 juin 2010
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Editions : Flammarion
Parution : Avril 2010
392 pages
20 €
Jean-Christophe Rufin ne finira pas de nous étonner par la qualité de son écriture et son éclectisme. Après des aventures historiques ou visionnaires, il nous transporte au cœur de l’Islam extrémiste contemporain. Réalisme plus que fiction, analyse psychologique plus que roman, ce livre fascine, effraie, bouleverse. La nature humaine se dévoile, perfide ou héroïque. A quoi joue l’élégante Jasmine, jeune fonctionnaire du Quai d’Orsay depuis la mort de son mari, consul de France en Mauritanie où elle n’a pas peur de retourner ni de rendre service à un groupe d’extrémistes ? Drogue, camps d'entraînement du jihad - plus précisément les katibas- sensualité, filatures privées, services secrets, esprit de concurrence et amour du risque, Rufin n’a oublié aucune des caractéristiques de notre XXIème siècle divisé en deux mondes, l’Occident et l’Orient, qui, selon lui et son héroïne, se ressemblent étonnamment!
Brigitte Clavel
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2010
8 juin 2010
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Editions : Grasset
Parution : Mai 2010
427 pages
20,90 €
La plume de deux auteurs était nécessaire pour réussir un tel thriller. Tout est réuni pour que ce roman américain séduise : du suspense, des références historiques originales, des exploits rocambolesques dans un monde manichéen sans pitié. Les uns sont des aventuriers sans peur ni reproche : Carina Mechadi, « l’ange gardien » des antiquités volées au musée de Bagdad en 2003, est censée retrouver une statue phénicienne dénommée « le navigateur » ; Austin et Zavala, membres d’une société réputée dans le monde entier pour ses recherches sous-marines, se révèlent à plusieurs reprises deux sauveteurs héroïques ; Saxon, explorateur et écrivain, est à la recherche de la statue de la reine de Saba pour sa prochaine réalisation cinématographique et découvre un monde de mafieux ; Angela, petite archiviste de Philadelphie, décèle les cryptogrammes de Thomas Jefferson dont le couple Trout aidera à découvrir le secret. D’autres personnages sont des monstres humains, n’ont de cesse de traquer et tuer sous la couverture d’une fondation bienfaitrice. Nos héros ont à faire face aux pires cruautés, tandis qu’ils font découvrir au lecteur tout un monde d’art, de graphologie, de mystères historiques, de sociétés secrètes : un roman américain original et plaisant, à multiples rebondissements. Qui aurait pensé que la course à la découverte d’une simple sculpture conduise à la mine d'or du roi Saloman et aux archives de Thomas Jefferson?
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2010
24 mai 2010
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Editions : Le Laurier
Parution : Décembre 2009
55 pages
5 €
Ces confidences de l’auteur dont le fils se consacre à Dieu sont touchantes. Dans la déchirure momentanée que celle-ci éprouve, elle a une pensée pour toute mère qui souffre de la séparation, pas toujours évidente ni compréhensible, due à la vocation religieuse de son enfant. Heureusement l’angoisse ressentie est éphémère et bien vite remplacée par la joie profonde d’un appel au service de Dieu et des hommes. Petit recueil qui permet de « plonger dans le firmament » de son enfant, de le porter comme à ses premiers jours. Mais ce livret ne se limite pas à des conseils : le miracle s’effectue quand l’enfant devient guide lui-même en direction de Dieu et source de liberté intérieure pour chacun. La solidarité est totale, le jeune consacré a autant besoin des prières de ses proches que les parents eux-mêmes de celles de leur enfant.
Brigitte Clavel
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2009
22 mai 2010
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« Le prix à payer » de Joseph Fadelle
Editions : L’œuvre
Parution : Avril 2010
220 pages
18 €
« Le prix à payer » n’est pas un roman, mais une histoire vraie, celle d’un islamiste irakien, Mohammed, descendant d’une grande famille chiite. Jeune réserviste à la caserne de Bassorah, il est séduit par la vie intérieure et la bonté de Massoud, un chrétien dont il partage la cellule. Suite à une étude comparée entre Bible et Coran sous les conseils de ce dernier, Mohammed n’hésite plus entre religion d’amour et soumission à la charia. Désormais il a, pour seule arme, sa foi au Christ qu’il transmet secrètement à son épouse. Prison, torture, agressions et dépouillement, fatwa exigeant son exécution, exil en Jordanie jusqu’où ses frères le poursuivront pour le tuer, rien ne lui est épargné. Le lecteur assiste à une course éperdue vers une terre d’accueil. La survie aux épreuves encourues relève autant du courage héroïque et discret des chrétiens qui l’ont aidé que d’une présence divine qui semble l’envelopper. Livre qui nous fait frissonner du début à la fin et révèle ce que nous savions déjà : l’intolérance de l’Islam.
Brigitte Clavel
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2010
17 mai 2010
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Editions : Albin Michel
Parution : Mai 201O
284 pages
19 €
Ce livre, aussi pittoresque que son titre, nous transporte au XIX ème siècle quand l’armée française est en pleine colonisation et peuple la Nouvelle-Calédonie de bagnards. C’est avec une grande lucidité que Berthe Villmonti, d’origine bretonne et pleine de nobles convictions, voit Auguste, son mari, jusqu’ici sous-officier dans plusieurs campagnes militaires, se retrouver surveillant du bagne de Nouméa. Un monde nouveau s’ouvre à elle: elle découvre la mondanité des garden-parties du gouverneur, la franc-maçonnerie colonisatrice opposée aux frères maristes convertisseurs, les ambitions de Jules Ferry, la rigueur de l’armée. Aussi romanesque qu’historique, cet ouvrage est très vivant et ne laisse pas le lecteur indifférent au cœur généreux et sans préjugés de cette petite couturière bretonne qui devint une grande modiste d’outre-mer et un modèle de femme aimante.
Brigitte Clavel
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2010
17 mai 2010
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Editions : Gallimard
Parution : Février 2010
172 pages
16,50 €
« Des souvenirs en forme de nuages flottants », ainsi Modiano oscille entre journal intime, thriller et puzzle à reconstituer pour mieux comprendre l’existence. Tout rapproche Bosmans de Margaret Le Coz : d’abord le hasard qui les jette dans les bras l’un de l’autre lors d’une manifestation, leur solitude dans Paris, la menace qui pèse sur chacun d’eux et des réminiscences qui surgissent au moment où ils s’y attendent le moins. Mais beaucoup de faits échappent au narrateur omniscient qui ne comprendra jamais le départ subit de Margaret. C’est alors qu’il essaie de reconstituer le passé, mais en vain. La vie serait-elle un simple carrefour où il faut choisir la bonne direction à suivre, sans ressasser les souvenirs ? C’est ce que semble vouloir nous dire Bosmans quand « pour la première fois il a dans la tête le mot : avenir, et un autre mot : l’horizon » et qu’il court à Berlin…
Brigitte Clavel
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2010
7 mai 2010
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Editions : Verdier
Parution : Mars 2010
114 pages
14 €
Quelle raison, en Novembre 1823, incite Anselme, fabricant de couleurs, à quitter subitement l’atelier de son maître artiste-peintre, alors qu’une toile est en cours ? C’est ce que le lecteur essaie de comprendre du début à la fin de ce roman où tous les personnages rencontrés ont pour maladie la folie des couleurs. Les paysages racontés par les uns ou traversés par les autres offrent eux aussi des tons pleins de vie qui incitent le fugueur à poursuivre son chemin. Lui-même ignore la raison pour laquelle il a tout qu. Est-ce pour sauvegarder une indépendance mise en danger par un maître trop autoritaire ? Est-ce pour rejoindre un ami d’enfance propriétaire à Paris d’une galerie de peinture ? Est-ce à cause de cette reproduction de Géricault qui le fait rêver ? En fait Anselme n’a rien quitté. Sur son chemin des teintes multicolores l’enrobent comme l’assaillent ses souvenirs. Alors il n’hésite plus, il avance, désireux d’aller au-devant de Géricault pour être son préparateur attitré. Mais ses couleurs prennent la tonalité de l’hiver car Anselme arrive trop tard au chevet du grand peintre. Thème cher à l’auteur, décédé avant la parution de ce roman, pour qui la mort arrive toujours plus tôt que prévu. Et le livre se termine comme une peinture qu’on laisse derrière soi, malgré soi.
Brigitte Clavel
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2010
7 mai 2010
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Editions : P.O.L
Parution : Février 2010
270 pages
14,90 €
Dans ce journal de Charles Juliet, le lecteur a du mal à réaliser que ces pages sont celles d’un septuagénaire. Tout est empli de jeunesse : le style est spontané, la pensée fluide et avant tout sincère, le but celui d’un adolescent qui a besoin d’être lui-même pour mieux comprendre le sens de l’existence. Il réfute toute autorité, qu’elle soit laïque ou cléricale, toutes privations qui gâchent l’existence. Comme un adolescent il confond croyance et soumission, il veut tout expliquer par la raison. L’important pour lui c’est de « travailler à être vrai, à être libre » et « se mettre activement au service de la vie ». C’est aux hommes de lettres que Charles Juliet rend hommage, « vous qui m’avez aidé à me construire, qui m’avez réconforté, épaulé, nourri, qui m’incitez à creuser davantage ». Comme eux, il veut aider ceux qui souffrent : « l’écrivain est celui qui parle pour ceux qui ne peuvent prendre la parole ». Puisse-t-il alors, dans son prochain journal à la lueur des lumières d’hiver, laisser tomber son agnosticisme et reconnaître l’insuffisance du positivisme !
Brigitte Clavel
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2010
7 mai 2010
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Editions : Sabine Wespieser
Parution : Mars 2010
388 pages
24 €
« Le blues des grands lacs » est un long et très beau livre. Le lecteur, comme le héros, oscille sans cesse entre présent et passé, entre l’eau des lacs du Michigan et les cabarets de Chicago. Les mots et le temps y coulent, comme le blues et la vodka. Jason, est fils et petit-fils de marins, mais sa Toison d’or est tout autre. Il s’est rebaptisé d’un nom qui fait davantage musicien américain, Coleman Moore, pour conquérir le monde avec sa guitare électrique. Dès la première page, le lecteur le trouve seul avec ses souvenirs, dans le cockpit de son yacht, avec des mains déformées qui ne lui permettent plus d’utiliser son instrument de musique et de ne rien faire d’autre que de paraître « un sombre, imbécile malchanceux » que plus personne ne vient écouter jouer. Et c’est alors que le seul temps qui existe est celui des souvenirs et de l’expiation. A la fois excuse pour s’éloigner du monde et offrande au destin qui s’offre, révolte ou prière, le blues est consolation, « capable de défier le temps et de vivre éternellement. »
Brigitte Clavel
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2010