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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 13:24


 

 

 

Editions : Atelier Joëlle Vulliez-Matringe

Parution : Avril 2011

87 pages

 

Quand on sait que le haïku est une poésie d’origine japonaise

et que Hyacinthe Vulliez est savoyard ,

Que l’illustration est composée par sa nièce Joëlle Vulliez

 de douces peintures dégradées entre le noir et le blanc

Tandis que le poète est un prêtre qui scande  le  temps,

Le lecteur se dit que l’art est ouverture sur le monde

Enchantement de l’existence

Essence divine 

Où l’alpha et l’oméga se rejoignent

Comme la femme  et l’ascète

Comme le tic tac de l’horloge

et les pas pressés sur les trottoirs

Comme la braise et la cendre

L'instant et l'éternité.

Plein de questions assaillent l’esprit :

Où va le temps ?

D’où vient la lumière ?

Qu’est-ce la transfiguration ?

Pourquoi tant de contraires évanescents ?

Toujours la même  réponse :

Tout est  «  vertige de l’instant »

Car il est celui qui était et qui sera

Celui de l’avant et de l’après

Celui de l’ombre et la lumière

Comme deux présences  se complètent

Se hissant  l’une  vers l’autre

Avant de descendre en soi et se reconnaître.

Tout coexiste

La neige et les sables

La nuit et le jour

La mort et la naissance

L’aigle et sa proie insouciante

La muette forêt où résonne le coucou de l’aube

La rade d’Afrique et les hautes  cimes

Bourgeons et nuages de plomb

Nièce légère en couleurs  et roi mage lourd de pensées  

Ce siècle retentit de poètes

Du nom de Bobin, Clavel et Vulliez.

B.C

 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:17


Editions : JOSE CORTI

Parution : Janvier 2011

325 pages

19 €

 

Tatiana Artel semble écrire, comme peint « le môme », avec un style prolixe et coloré, voire même parfumé des intentions de son tendre clown Giacomo : apaiser les souffrances de ceux mis au rebut de la société. Le lecteur, dès le début, est frappé par la réitération du rouge qui s’oppose au gris, comme si la vie était une lutte constante  entre la  chance  et la   malchance, entre la  vie et la mort qui lui court après. Le môme est un enfant abandonné qui s’élève seul dans une décharge avec, pour seul jeu, les couleurs qui suintent des plastiques bleus. Melle B. a un toit, et des parents sans cœur  qui la font passer pour folle. Giacomo, lui, reçoit l’amour de parents artistes que  la mort vient interrompre sans crier garde. Ainsi se construisent peu à peu, avec des mots et des couleurs, des vies bien différentes.  A la joyeuse piste multicolore du cirque où chacun est solidaire, s’oppose un « salon bourgeois » où pèse un silence exécrable nourri d’anxiolytiques.  Giacomo vieillit, mais le gris de sa vieillesse tant redoutée a la douceur de celui qui précède le soir et non de « l’épaisse poussière de l’indifférence du monde ». Roman magnifique qui transforme l’existence comme par magie. Le lecteur se retrouve avec un cœur d’enfant. Il réalise qu’il s’est fait bercer par le style envoûtant de Tatiana Arfel. Certes il lui a concédé quelques préjugés contre une société avilissante et des solutions utopiques, mais il est heureux d’avoir  fait un très beau rêve.

Brigitte Clavel

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 10:16


 

 

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Mai 2010

226 pages

17,50€

 

 

 

 

Fin 1945 l’Allemagne est en pleine défaite. Les Alliés se sont partagé l’occupation de ce pays en déroute et le capitaine français Louyre est responsable d’un canton qui possède le calme apparent de la campagne profonde. Mais plusieurs indices suspects arrêtent son attention.  Une adolescente, Maria Richter, a été retrouvée dans une ferme  où, dans le plus grand abandon, elle se cache des pilleurs et assassins.  Pourquoi son père, grand exploitant agricole, est-il parti précipitamment sur le front russe ? Pourquoi l’hôpital, seule activité rentable du village, a-t-il fermé ses portes sans laisser ressortir sa mère? Marc Dugain plonge le lecteur dans la société nazie où les hommes obéissent avec la peur au ventre et deviennent criminels au nom de grands principes. A la plaidoirie du docteur Halfinger pour  l’amélioration de la race, il oppose la  probité et le dévouement du capitaine Louyre . Le thème de ce livre est celui du bien et du mal, non le bien qui fait des discours doctrinaires, mais celui qui donne en silence et aime avec humilité, non le mal qui engendre le remords, mais celui qui est fait avec bonne conscience et l’ambition d’être reconnu par la collectivité. Rien de la nature humaine n’échappe à l’auteur, ni la bassesse du faible, ni la léthargie de l’administration mise en place, ni la force d’âme  de ceux qui gardent leur liberté intérieure. Et le lecteur reste  imprégné à jamais de l’image du train qui emmène Maria au pays de la liberté et de celle du petit garçon qui  claudique, symboles d’espoir ou de miracle.

Brigitte Clavel 

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 20:14

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2011

129 pages

12,50€

 


 

Le dernier livre de Sylvie Germain est plus qu’une oraison funèbre adressée à ses parents défunts, il est un hommage rendu à  tous ceux trop vite oubliés. En embarquant dans le Transsibérien, Sylvie Germain pense échapper au temps comme au deuil. Une vaste étendue de paysages variés s’impose à elle et ne peut l’empêcher de penser à sa mère « claquemurée » sous terre. Son seul  réconfort est la poésie de Mandelstam qui, comme le roulement régulier du train, unit espace et temps. Si le poète interdit  est mort, ses vers perdurent. Mais nul besoin de laisser un héritage écrit : l’amour de la vie, dont faisait preuve sa mère, est autant leçon de poésie. « Tout est écriture, et effacement continu »,  écho et silence. Tout meurt mais tout subsiste. Ainsi une fresque  de Piero della Francesca , par son harmonie dans les formes comme dans le jeu des lumières, rappelle à Sylvie Germain la sobre beauté de son père et la noblesse de ses ancêtres horticulteurs. Intuition toute  poétique qui« spatialise le temps » et apporte à la mort  une autre image que celle habituellement donnée. Celle-ci n’est plus un « poids », mais une « grâce », et le lecteur devine la fin du titre inachevé: le monde sans vous  est encore plein de vous.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 14:25

                            

 

Editions : Wespieser

Parution : Avril 2011

89 pages

13 €

 

C’est toujours le même lyrisme et la même poésie que le lecteur retrouve chez Michèle Lesbre. Avant de s’enfermer dans son bureau, Edith Arnaud, la narratrice, a pour habitude de s’arrêter au Café lunaire où elle entend un Italien  parler de Ferrare, ville dont elle n’a jamais pu se détacher. A partir de ce moment elle va attendre cet homme. Mais, avec la neige qui tombe sur le Jardin des Plantes, c’est un autre qui la rejoint, celui de sa jeunesse qui n’est jamais revenu mais qui lui avait fait aimer « un lac immense et blanc » de l’Aubrac. D’innombrables souvenirs submergent Edith et se confondent, brouillent sa vue et sa mémoire. Très beau récit allégorique où la pâleur de la  neige  contraste avec le noir de la ville, comme la pureté de l’amour avec les dictatures. Sans le corbeau preux, personne à qui parler, sauf  peut-être cet Italien de Ferrare …

Brigitte Clavel

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 15:59


 

 

 

 

Editions  de Fallois

Parution : Mars 2011

245 pages

18 €

 

L’œuvre posthume de Jacqueline de Romilly révèle une sensibilité qui ne fait qu’accroître sa  renommée. Connue comme grande helléniste qui a consacré sa vie à sa passion de l’Antiquité, sans cesser de vouloir la partager avec tous,  elle fait preuve d’une grande sensibilité non dénudée de psychologie et d’un sens aigu d’observation. Intellectuelle comme son père, elle  a su cerner  le cœur de sa mère, Jeanne, veuve trop jeune, mais déterminée à faire aimer la vie à sa fille. A partir de quelques photos, de non-dits devinés et d’articles de journaux, elle compose un portrait d’une femme qui fut non seulement son soutien mais un modèle de courage et de créativité littéraire. Jeanne  ne se contenta jamais d’être heureuse, elle se voulait utile et elle le sera auprès de sa fille toute sa vie durant.

Brigitte Clavel

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 18:12


 

 

 

 

 

 

EDITIONS : Zulma

Diffusion : Seuil

PARUTION : Septembre 2010

333 pages

20 €

 

 

Où part ce jeune islandais Arnljotur au tempérament si contraire à la jeunesse d’aujourd’hui qu’il pourrait être pris pour un simple d’esprit ? Pourquoi laisse-t-il derrière lui sa terre natale pour un pays jamais nommé, avec le  seul rêve de faire revivre une roseraie disparue?  Rien dans ses bagages si ce n’est quelques boutures d’une fleur au nom qui lui ressemble : «  Rosa candida » ; aucune attache dans son cœur, pas même une enfant à qui il a donné la vie en toute ingénuité. Et si ce conte était plus actuel qu’il le paraît ? Si l’auteur, en révélant un libertinage sans lendemain et une vaine  quête de soi à travers de savants diplômes, voulait offrir une voie du bonheur autre  que celles trop souvent empruntées aujourd’hui ? Rien de niais dans ce roman, l’amour des fleurs y est contagieux comme la gaieté des moines à la culture aussi biblique que contemporaine.

Brigitte Clavel

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 09:45

 

 

 

Editions de l’Emmanuel

Parution : Mars 2011

120 pages

13 €

 Ce livre est plus qu’un témoignage, les sujets abordés vont au-delà de la trisomie, il s’agit de la réflexion d’une femme qui incite à avoir un cœur de mère en toute circonstance. Carmel Gindre est franche, ne joue ni à la catholique conformiste ni à l’héroïne. Les préjugés de son époque  ne l’intéressent pas. Pour elle, la  seule richesse est la vie, et la dignité de l’homme réside dans la reconnaissance et l’amour de l’autre, quelles que soient sa race, sa religion, son physique et son intelligence. Pourquoi, lui objecte-t-on, laisser en vie des êtres fragiles voués à toujours souffrir d’un manque d’autonomie ? Carmel Gindre est consciente des maux de ce siècle où individualisme et égalitarisme riment avec égoïsme et eugénisme. C’est l’interdépendance des hommes qui  les rend " frères en l’humanité » et qui donne à la vie toute sa raison d’être. Livre passionnant dont la vivacité de l’écriture n’est pas dépourvue d’humour quant aux arcanes d’une administration autoritaire et aux contradictions des écologistes ! Mais c’est surtout la  capacité d’écoute de l'auteur  et sa considération pour tout être humain qui apportent à cet ouvrage  une dimension  spirituelle. Car la fragilité n’est pas seulement dans la trisomie, elle est dans la maladie, l’accident, le désespoir. Elle est autour de tout un chacun.

Brigitte Clavel

 

     

 

 

 

 

 

 

 


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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 08:58


 

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2010

154 pages

12,50    

 

 

François Sureau offre au lecteur un parcours tourmenté : celui d’Ignace de Loyola,  « Inigo » dans sa langue natale du Pays Basque, ce qui signifie « enflammé ». Ce chevalier du roi veut devenir chevalier de Dieu. Jusqu’ici il a toujours connu la gloire à la guerre et le succès auprès des femmes. Mais c’est vaincu et grièvement blessé qu’il sort de la bataille de Pampelune. Souffrant autant physiquement que moralement, il éprouve le besoin de s’épancher, de reconnaître son orgueil belliqueux et d’avouer ses fautes contre la chair. Les souvenirs de la cour du roi l’assaillent tandis qu’une vie d’ascète l’attire. A un vocabulaire guerrier  succède  peu à peu celui de la souffrance  de l’âme due à l’abîme qui le sépare de Dieu. Inigo n’est plus qu’un corps squelettique brûlant d’absolu, se mortifiant jusqu’à ce qu’il ressente en lui la présence divine tant attendue. Avec ce roman, François Sureau a reçu le prix des écrivains croyants. Peut-être  a-t-il connu lui-même les tourments de la foi pour relater, avec tant d’empathie, ceux de ce grand saint, connu plus comme auteur  des « Exercices spirituels" et fondateur de « l’Ordre des Jésuites » que par ses angoisses métaphysiques.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 21:41

Editions : Robert Laffont

Parution : Janvier 2011

304 pages 

19 €

 

Ce roman, très prisé en  Espagne  et tout  récemment  traduit en France, est le  préféré  de l’auteur. Les raisons sont nombreuses. Le narrateur, Oscar Drai, est son alter-ego. Comme lui, il aime la Barcelone d’autrefois avec ses belles demeures envahies par la mousse et l’oubli. Comme lui, aventureux et romantique, il ne résiste pas à pousser la porte de l’une d’entre elles. Amoureux  du mystère qui attire la belle Marina, il nous entraîne dans une aventure qui tourne vite  en  enquête, à ses risques et périls. Le décor devient alors  lugubre et les évènements cauchemardesques. Comment expliquer la présence  de formes humaines suspendues dans une  petite serre recouverte de lierre ? Comment justifier un album rempli exclusivement de photos de petits monstres ? Pourquoi une tombe anonyme peut-elle servir d’entrée à un souterrain ? Voilà ce que veulent élucider Oscar et Marina qui bien vite vont trouver les traces  de Mihaïl Kolvenik, savant russe immigré, enrichi puis disparu. Dans ce roman, apparemment pour adolescents  amateurs d’émotions fortes,  l’auteur adopte  le genre fantastique pour aborder  les sujets les plus graves. L’échec du progrès, de la médecine comme des enquêtes judiciaires, l’invincibilité de la mort sont compensés par la noblesse de l’amour et de la fidélité. Le voyage initiatique d’ Oscar Drai est celui de C. R. Zafon. Il ne  se termine pas  dans les couloirs d’un hôpital, mais dans l’écriture. La fuite et l’oubli ne peuvent rien contre le souvenir. C’est pourquoi  Marina et Oscar Drai s’acharnent à décrire leur descente dans les enfers de Barcelone, comme C. R. Zafon tient à retourner aux sources de l’être et nous rappeler que c’est folie de vouloir «  faire le travail de Dieu ».

Brigitte Clavel

 

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