6 août 2011
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Editions : Plon
Parution : Décembre 2010
194 pages
18 €
Ce livre, sans prétention mais plein de vérités et d’arguments d’autorité, répond à un besoin de nos contemporains trop souvent désorientés dans une société par trop matérialiste, profiteuse à court terme, mais sans beaucoup d’espérance. C’est avec générosité et simplicité que Frédéric Lenoir propose une recette pour mieux vivre, faisant référence autant aux sages de l’antiquité et à l’Evangile qu’à nos philosophes des quatre coins de la planète et à ses propres expériences personnelles. L’homme est responsable de son propre bonheur, de celui des autres, et la mort apparaît alors comme le parachèvement naturel d’une vie bien remplie. L’action comme la méditation sont toutes deux indispensables, et pour cela un recul face aux événements extérieurs et une confiance en la vie sont nécessaires. Mais l’auteur ne s’arrête pas là, et avec courage enfile la veste du politicien dont il n’a pas la carrure : en faisant l’éloge du partage, il en vient à faire celui du communisme, oublie la dignité qu’acquiert l’homme par le travail et les crimes commis au nom de l’égalité. Il confond politique et religion, morale et économie, jusqu’à même comparer Bouddha à Jésus, et Mohamed à François d’Assise !!! Le syncrétisme culturel et religieux a ses limites que F. Lenoir dépasse allègrement. La religion catholique, qui étymologiquement signifie l’universel, n’est pas un melting-pot de religions ni de philosophies de la sagesse pour qui la vertu et la pensée positive suffisent au bonheur. Elle est basée sur l’amour du prochain jusqu’à mourir sur la croix. Heureusement que l’humour est selon F. Lenoir une des grandes qualités de l’esprit humain et qu’il saura rire de ses confusions et de sa sympathique naïveté.
Brigitte Clavel
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2010
1 août 2011
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Editions : Actes Sud
Parution : Mai 2011
158 pages
17 €
Les nouvelles de Laurent Gaudé qui composent son dernier livre présentent quatre situations d’époques différentes, toutes également riches en leçon. Les noms, « le vieux Négus », « le bâtard de l’Aventin », « le golem », « la bête », scandent chacune des histoires, Gaudé voulant faire de ses personnages fictifs des réalités vivantes. Et il y parvient. A partir de faits et gestes individuels, c’est l’universel qu’il décrit, la folie de l’homme engendrée par les horreurs de la guerre, son aveuglement face à l’anéantissement imminent de la civilisation ou sa lucidité impuissante face aux forces du mal. Il n’oublie rien : la tristesse incurable, la nature consolatrice ou vengeresse, la peur inextinguible, la honte de la capitulation. Le style est magnifique, la description des lieux et des sentiments unique, le message important et à décrypter d’urgence.
Brigitte Clavel
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2011
1 août 2011
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Editions : Actes Sud
Parution : Mai 2011
216 pag
18 €
Sans doute Siri Hustvedt bénéficie-t-elle de deux atouts majeurs pour que son livre se trouve sur les étalages de toutes les librairies : d’abord le fait d’être l’épouse de Paul Auster et ensuite l’à-propos de son titre pendant cette période estivale. Mais le lecteur a le droit d’être déçu par un style et une traduction aussi pauvres l’un que l’autre et même être choqué par les expressions crues d’une féministe invétérée ou mieux d’une refoulée en mal d’amour et de reconnaissance. Et pourtant, malgré la meurtrissure de celle-ci, il décèlera une femme capable de se tourner vers les autres au lieu de s’abandonner à des remèdes psychiatriques. Mia, que son mari a quittée, ouvre son cœur à plus malheureuses qu’elle. Mais, en chacune de celles-ci, femmes âgées ou adolescentes, elle découvre un vide infernal, une libido inassouvie. Son remède ? Faire éclater au grand jour le noir obscur de l’âme, la souffrance trop souvent prise pour de la folie. L’urgent est de faire appel à « la danse de l’imagination », peu importe la qualité des ouvrages réalisés. Une aide à la détresse, une invitation à mieux vivre, voilà ce que Mia veut apporter à son triste entourage ; et elle y parvient , même si elle a perdu l’innocence et la pureté de sa fille Daisy qui n’a d'autre souci que la réconciliation de ceux qu’elle aime.
Brigitte Clavel
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2011
27 juin 2011
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Editions : Sabine Wespieser
Parution : Avril 2011
100 pages
14 €
Ce petit ouvrage, sans grande intrigue, est touchant de sensibilité et d’innocence. Le lecteur y trouve toutes les limites de la nature humaine, la maladresse, l’incapacité d’expression, l’obsession du travail et des grossesses inévitables. De plus les non-dits comme les commérages et les indiscrétions sont lourds à porter dans cette campagne irlandaise où chacun guette et envie l’autre. Alors où sont « les trois lumières » annoncées par un titre si prometteur ? Dans la candeur et la confiance aveugle de l’enfant aînée, dans l’accueil chaleureux et désintéressé de ses hôtes, dans la prise de conscience que seules l’affection et la tendresse apportent la maturité nécessaire au savoir. Alors le lecteur referme le livre en pensant à ce beau prénom de Perle, symbole du rare, du pur et du précieux, symbole de vérité cachée qui ne demande qu’à être découverte.
Brigitte Clavel
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2011
26 juin 2011
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Editions : Gallimard
Parution : Mars 2011
90 pages
10 €
Ce livre est un hommage que rend Philippe Le Guillou au Finistère et à ceux qui surent le lui faire aimer. En suivant les méandres des rivières et des bocages, l’auteur retourne sur les lieux de son enfance. Tremenic, Kerdour, Rumengol, les sonorités sont joyeuses, et les histoires vraies sont devenues légendes avec le temps. Cette promenade poétique au cœur d’un monde plein de mystères est comme un conte de fée où la maturité de l’adulte serait la baguette magique de la sublimation. Petit ouvrage à conseiller à tout passionné de la Bretagne profonde ou tout lecteur doté d’une curiosité séculaire.
Brigitte Clavel
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2011
20 juin 2011
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Editions : Gallimard
Parution : Avril 2011
81 pages
9,50 €
A la première lecture de ce roman d’Erri De Luca le lecteur découvre la beauté des sommets alpins, source de liberté où l’enivrement succède à l’émerveillement. A ce tableau vivant s’ajoute l’histoire pleine de similitudes des « deux rois de la montagne » : un chamois, chef de sa harde, et un braconnier, qui s’est juré de le tuer. Si une étrange coïncidence les oppose, une très nette ressemblance les unit. Chacun d’eux est un grand solitaire, conscient de sa suprématie, mais aussi de son déclin. Peu importe le vainqueur.L’essentiel réside dans l’apesanteur, dans le trophée et non dans le gain, dans l’astuce et non dans l’exploit, dans un merci à l’impossible « maître de tout », dans le poids du papillon, symbole de la légèreté nécessaire autant à la victoire qu'à la mort et la réconciliation. Livre à offrir aux amoureux des cimes!
B.Clavel
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2011
18 juin 2011
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Editions : Galimard
Parution : 2011
163 pages
16,50
La littérature contemporaine bénéficierait-elle d’un nouveau Jean Raspail, d’un romancier visionnaire, non pas craignant de voir arriver une ère nouvelle, mais souffrant de constater une certaine continuité dans les erreurs humaines ? Sept histoires et non pas sept nouvelles, car elles remontent à la nuit des temps, à celle qui doit céder sa place à une aube nouvelle. Et si tout jour nouveau est synonyme d’espoir, celui-ci n’empêche pas de regarder en arrière et de contempler une dernière fois l’innocence qu’on ne verra jamais plus. Tel est le dernier livre de Rufin:l’insulaire comme le montagnard sont conscients de la finitude de leur espace naturel ; mais cette prise de conscience est semblable à celle du médecin devant le cadavre qui n’a rien d’un mort, mais renferme une vie riche d’enseignements ; de même, comme l’histoire d’un amour trop parfait, rompu car imperfectible, ou celle de l’humanitaire malade de son impuissance devant la sempiternelle barbarie, ou celle de la bru méprisée, ce livre est comme la vie, admirable de beauté et de surprises.
Brigitte Clavel
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2011
14 juin 2011
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Editions : Gallimard
Parution : Avril 2011
94 pages
11,50 €
Dans son dernier ouvrage de poésie en prose, C.Bobin rend hommage à la vie. Avec justesse il discerne la beauté, pas toujours là où l’esthète s’y attend, mais dans la moindre créature digne de ce nom. Chantre du paradoxe et des « éphémères chefs-d’œuvre », il affirme que « toute créature est pleine de Dieu ». Simultanément il perçoit sa fragilité, les hommes sont « des miracles qui s’ignorent », portant en eux les souffrances du Christ. Et c’est précisément dans cet incontournable sort que « l’assassin » va être dénoncé, qui n’est autre que le Temps et auquel Bobin prête la blancheur divine.
Le Dieu de Bobin est « aveugle », « enfant » capricieux, qui « multiplie les apparitions et aussitôt s’en lasse » et qui joue à cache-cache « derrière le chatoiement des apparences et derrière le néant ».
Le Lucifer de Bobin est celui qui « empêche de voir », « la sinistre économie mondiale », la modernité qui supprime « le désir de vieillir » et se révèle être « une guerre menée contre la vie ».
Alors Bobin recourt à la poésie qui, selon lui, n’est « pas un genre littéraire mal vieilli mais une affaire vitale, la dernière chance de respirer dans le bloc du réel ».
Brigitte Clavel
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2011
10 juin 2011
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Editions : Presses de la Cité
Parution : Janvier 2011
454 pages
21 €
Quoi de plus énigmatique que cette couverture de livre où un vieillard en pyjama rose et à la mine des plus sérieuses se tient au garde à vous, avec, dépassant de sa poche, une bougie d’anniversaire ou un détonateur? Le lecteur a vite fait de comprendre le caractère du vieux Allan Karlsson qui, maître en matière d’explosifs toute sa vie durant, préfère être en cavale plutôt qu’enfermé dans une maison de retraite. Jonas Jonasson alterne alors avec beaucoup d’humour le présent et le passé de ce centenaire qui, depuis sa jeunesse, ne cesse d’échapper, grâce à sa débrouillardise et à sa naïveté, aux truands comme aux grands politiciens. Car Allan est aussi candide qu’apolitique. Il n’hésite pas à mettre ses talents de dynamiteur au service des hommes mais ne veut adhérer à aucune révolution. Le lecteur le voit faire sauter les ponts de la dictature espagnole tout en sauvant la peau du général Franco, aider la femme de Tchang Kaï-Check et se sauver avec celle de Mao Tsé-toung, déjouer en Iran un attentat contre W.Churchill, participer, par le plus grand des hasards, à la réalisation de la bombe atomique du président Roosevelt comme plus tard à celle du camarade Staline avant de se retrouver au Goulag avec Einstein… L’auteur a plaisir à ironiser sur le XXème siècle en multipliant les situations comiques et en tournant en dérision toutes les idéologies politiques qui paraissent bien incongrues au lecteur du XXIème siècle. Mais en 2005, ce sympathique Allan parviendra-t-il, malgré son grand âge, à mater le gang de malfrats et à échapper à la police à ses trousses ?
Brigitte Clavel
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2011
6 juin 2011
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Editions : Seuil
Parution : Mars 2011
499 pages
Prix : 23 €
L’originalité de Fabrice Hadjadj n’est pas nouvelle, mais dans son dernier ouvrage elle est à son paroxysme. Références éclectiques, réalisme cru quant à la nature humaine, et pragmatisme en sont la base. Le bonheur de l’homme étant en permanence gâché par l’angoisse de la mort, il s’évertue à montrer « le paradis à la porte ». Au diable l’optimisme mièvre, le règne des pontifes, le culte de l’immédiateté, l’idée d’une vallée de larmes récompensée par un monde meilleur ! A ces jugements hâtifs sur la vie et donc sur la mort, F. Hadjadj oppose l’étymologie de la béatitude et de la joie : point de béatitude sans béance donc conscience d’un abîme, point de joie sans le joug qui relie à l’autre. Alors que l’homme cherche la solution en creusant le passé et en scrutant l’avenir, F. Hadjadj se plonge dans l’ « aujourd’hui », celui qui révèle l’existence de Dieu comme l’auteur premier de tout sujet d’émerveillement, dans le charnel qui rend spirituel, dans ce qui est fait pour être loué, non pas aux normes de la perfection, mais à celles de la fragilité et de l’humilité. « Chaque corps glorieux ne rendra jamais autant grâces aux richesse de son Créateur qu’en étant créatif à son tour ». C’est ainsi qu’en partant du jardin d’Eden Hadjadj mène à la Cité céleste aux douze portes, non pas pour engendrer un rêve utopique, mais un esprit d’ouverture et de créativité sans cesse renouvelé.
B.Clavel
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2011